Navigation polynésienne

La navigation polynésienne est l'ensemble des techniques de navigation maritime utilisées par les peuples polynésiens. Elle a été pratiquée pendant des millénaires dans de longs voyages à travers l'océan Pacifique.

Navigateurs hawaïens naviguant en pirogue à deux coques, vers 1781.

Pratique

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Les Polynésiens ont visité la quasi-totalité des îles du triangle polynésien, à bord de pirogues à balancier ou de pirogues à double coque, ressemblant à un catamaran traditionnel. Ces dernières étaient constituées de deux coques de même longueur, assemblées côte à côte. L'espace entre les deux coques servait au stockage notamment de nourriture, de matériel de chasse et des filets[1].

Hōkūleʻa, réplique en fibre de verre d'une pirogue hawaïenne à double coque naviguant au large d'Honolulu, 2009.

Les navigateurs polynésiens utilisaient des techniques d'orientation telles que la navigation astronomique (Te lapa), l'observation des oiseaux, de la houle et des vents, et s'appuyaient sur un riche ensemble de connaissances transmises oralement[2],[3],[4],[5].

Cette pratique de la navigation d'île en île était une solution à la rareté des ressources utiles, comme la nourriture, le bois, l'eau et les terres disponibles, sur les petites îles du Pacifique. Lorsque les ressources nécessaires à la survie sur une île commençaient à s'épuiser, ses habitants utilisaient leurs compétences en navigation et partaient explorer de nouvelles îles. Cependant, avec l'occupation croissante des îles du Pacifique Sud et l'importance internationale des questions de citoyenneté et de frontières nationales, cette solution devenait impossible. Les populations se retrouvaient ainsi enfermées sur des îles qui ne pouvaient plus subvenir à leurs besoins[6],[7],[8].

Les navigateurs se rendaient sur les petites îles inhabitées en utilisant des techniques de navigation et un savoir transmis oralement de maître à apprenti, souvent sous forme de chants. Généralement, chaque île possédait une guilde de navigateurs d'un statut social très élevé : en temps de famine ou de difficultés, ils pouvaient obtenir de l'aide en commerçant notamment via le troc avec les îles voisines ou bien faire migrer la population vers d'autres îles. En 2014, ces méthodes traditionnelles étaient encore enseignées à Taumako, île polynésienne isolée des Îles Salomon, et par des sociétés de navigateurs à travers le Pacifique.

Les techniques d'orientation maritime ainsi que les méthodes de construction des pirogues traditionnelles ont longtemps été gardées secrètes au sein des guildes, mais la renaissance moderne de ces savoir-faire en a permis la publication.

Bibliographie

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  • Jean Neyret, Pirogues Océaniennes : Polynésie, Micronésie, Indonésie, Inde, Autres continents, t. II, Paris, Association des Amis du Musée de la Marine, , 315 p.

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Polynesian navigation » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ Peter Bellwood, The Polynesians Prehistory of an Island People, NY, Thames and Hudson, , 39 (ISBN 978-0-500-02093-7, lire en ligne)
  2. ↑ Clark, « Polynesia's Genius Navigators », PBS, (consulté le )
  3. ↑ Peter Bellwood, The Polynesians Prehistory of an Island People, NY, Thames and Hudson, , 42 (ISBN 978-0-500-02093-7, lire en ligne)
  4. ↑ Holmes, « Island Migrations (1): The Polynesian Navigators Followed a Unique Plan », XXV(11) Pacific Islands Monthly, (consulté le )
  5. ↑ Holmes, « Island Migrations (2): Birds and Sea Currents Aided Canoe Navigators », XXVI(1) Pacific Islands Monthly, (consulté le )
  6. ↑ (en) Anderson, « No meat on that beautiful shore: the prehistoric abandonment of subtropical Polynesian islands », International Journal of Osteoarchaeology, vol. 11, nos 1–2,‎ , p. 14–23 (ISSN 1047-482X, DOI 10.1002/oa.542)
  7. ↑ (en) Eckstein et Schwarz, « The Making of Tupaia's Map: A Story of the Extent and Mastery of Polynesian Navigation, Competing Systems of Wayfinding on James Cook's Endeavour, and the Invention of an Ingenious Cartographic System », The Journal of Pacific History, vol. 54, no 1,‎ , p. 1–95 (ISSN 0022-3344, DOI 10.1080/00223344.2018.1512369)
  8. ↑ Kirch, « Polynesian Prehistory: Cultural Adaptation in Island Ecosystems: Oceanic islands serve as archaeological laboratories for studying the complex dialectic between human populations and their environments », American Scientist, vol. 68, no 1,‎ , p. 39–48 (ISSN 0003-0996, JSTOR 27849718, lire en ligne)

Voir aussi

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