Navire perdu du désert

  

Le navire perdu du désert est au cœur de légendes racontant l'histoire de divers navires qui se seraient échoués et auraient disparu dans les déserts du Sud-Ouest des États-Unis, notamment dans le désert du Colorado en Californie. Depuis la guerre de Sécession, les récits de galions espagnols chargés de trésors, enfouis sous les sables du désert au nord du golfe de Californie, sont devenus des légendes populaires du folklore américain (en).

Histoires

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Le « galion perdu »

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Les premiers récits concernant un galion espagnol disparu apparurent peu après les inondations du fleuve Colorado en 1862. Le colonel Albert S. Evans (en) rapporta avoir aperçu un tel navire en 1863. Dans le Los Angeles Daily News d'août 1870, le navire était décrit comme une épave à moitié enfouie dans un marais alcalin asséché ou un lac salé, à l'ouest de Dos Palmas (Californie) et à 65 kilomètres au nord de Yuma (Arizona). On pouvait facilement l'apercevoir à plusieurs kilomètres de distance depuis un plateau situé entre Dos Palmas et Palma Seca (Californie). Les récits ont donné à Palma Seca d'autres noms : Soda Springs, Indian Springs et Bitter Springs, car la région n'était pas bien cartographiée en 1870. Des expéditions furent envoyées à sa recherche, mais le navire n'avait soit jamais existé, soit disparu à nouveau sous le sable et la vase. Selon la légende, le galion, repose désormais sous les eaux de la mer de Salton[réf. nécessaire].

Une autre hypothèse affirme que le navire est Content de Thomas Cavendish, rempli de butin de pirates ; une autre estime qu'il s'agit de l'Iqueue, un navire de mutins espagnols[réf. nécessaire].

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Cette légende pourrait concerner le même navire que le Galion Perdu, mais son récit le situe toujours dans un lieu différent, plus près des dunes à l'ouest d'El Centro (Californie). D'après les descriptions, il aurait la taille d'une des petites caravelles de Christophe Colomb. Ce navire perlier aurait été aperçu jusque dans les années 1970[réf. nécessaire].

La légende raconte qu'en 1615, l'explorateur espagnol Juan de Iturbe entreprit une expédition perlière. Son équipage remonta le golfe de Californie à bord d'une caravelle à faible tirant d'eau. Un fort mascaret le projeta par-delà un détroit jusqu'au lac Cahuilla (en), un lac d'eau salée relié périodiquement au golfe et qui était déjà en voie d'assèchement. Après avoir exploré le lac pendant plusieurs jours, Iturbe se trouva dans l'incapacité de reprendre la mer. Il échoua alors son navire et regagna à pied le village espagnol le plus proche, laissant derrière lui une fortune en perles noires.

Le navire supposé d'Iturbe a été aperçu puis perdu de vue à plusieurs reprises, et de nombreuses histoires circulent quant à son pillage. Un muletier participant aux expéditions de Juan Bautista de Anza à travers la Haute-Californie aurait dérobé les perles en 1774. En 1907, un ouvrier agricole nommé Elmer Carver remarqua des poteaux de clôture de forme étrange alors qu'il travaillait à la ferme de Niles Jacobsen à Imperial (Californie). Mme Jacobsen affirma qu'une tempête avait mis au jour l'épave d'un navire, que les Jacobsen avaient transformée en clôture. M. Jacobsen y aurait également trouvé des pierres précieuses qu'il vendait à Los Angeles[1].

Ferry ou goélette fluviale

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Plusieurs hypothèses sont nées d'une tentative d'expliquer ou de réfuter la légende du galion perdu. Un ferry ou un bateau à vapeur abandonné, ayant déraillé lors d'une crue du fleuve Colorado et échoué sur les vastes étendues de sable du delta, serait à l'origine des rumeurs. Ou bien il s'agirait d'une goélette construite à Los Angeles par des chercheurs d'or désireux d'explorer les parties les plus inaccessibles du fleuve Colorado. Cette goélette aurait ensuite été tirée à travers le désert par un attelage de mules ou de bœufs jusqu'à ce que les animaux périssent, laissant l'embarcation ensablée.

L'histoire du ferry a évolué au fil du temps plus souvent que celle du galion perdu. Selon une version, un petit ferry (un bateau contenant deux hommes) aurait été construit à l'écart du fleuve, à une centaine de pieds au-dessus du niveau de la mer, où l'on avait trouvé une source de bois, et une équipe de six bœufs (ou plus) aurait péri en le tirant à travers le sable près de Los Algodones[2].

Évaluation des légendes

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À partir de quelques témoignages de première, deuxième et troisième main, diverses versions de l'histoire du navire perdu ont été créées. Sans surprise, les témoignages directs sont extrêmement rares. Nombre des références citées s'inscrivent dans la lignée des histoires de mines perdues (en) et des légendes urbaines, où le récit se transmet oralement, les preuves disparaissant au fil du temps.

La recherche et la localisation de l'épave d'un navire disparu sont aujourd'hui devenues très problématiques. La majeure partie du bassin de Salton (en) est submergée par la mer de Salton depuis 1905, et une grande partie des terres adjacentes est sous contrôle militaire et a même servi de champ de tir, ce qui rend les recherches sur le terrain extrêmement dangereuses, voire illégales.

Les terres bordant la Laguna Salada en Basse-Californie, et situées entre le golfe de Californie et la mer de Salton, reçoivent régulièrement du sable éolien provenant du delta asséché du fleuve Colorado. Son cours a été fortement dévié, formant ainsi de vastes systèmes dunaires. Des recherches aériennes utilisant un radar à pénétration de sol pourraient révéler des épaves, mais aucune agence n'a encore entrepris ce projet ni divulgué ses résultats. Que de tels navires aient réellement existé ou non, les légendes persistent et continuent de fasciner.

Vers 1500, le lac était 26 fois plus grand que la mer de Salton actuelle. À cette époque, son niveau d'eau se situait à 12 mètres au-dessus du niveau de la mer, selon les données d'ArcGIS[3]. Si l'on ajoute à cela les importantes marées et l'éventuelle augmentation du niveau due aux pluies, la navigation semblait tout à fait possible. Le lac a été inondé et asséché à huit reprises entre 1824 et 1905. En 1540, l'explorateur espagnol Diaz se trouvait dans la région, et entre 1700 et 1750, le lac s'était comblé. Actuellement, un relief de plus de 6 mètres d'altitude se trouve dans le nord du Mexique. Un navire d'un tirant d'eau de 2,4 mètres aurait donc besoin de 9 mètres d'eau supplémentaires au-dessus du niveau de la mer. Bien que les grandes marées d'été et d'hiver soient les plus importantes, et qu'une onde de tempête puisse éventuellement ajouter de l'eau, poussée par le vent dans la mer de Cortez, une profondeur supplémentaire de 9 mètres paraît très improbable.

Dans la culture

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Bande dessinée

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Les Sept Cités de Cibola de Carl Barks (1954) présente le navire comme un galion autrefois dirigé par Francisco de Ulloa, dont le journal raconte qu'il explorait l'actuel Mexique pour le compte d'Hernán Cortés, à la recherche des légendaires sept cités d'or de Cibola, que Donald Duck et sa famille découvriront.

Voir aussi

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Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Lost Ship of the Desert » (voir la liste des auteurs).
  1. Alexander Nazaryan, « Searching for California's Lost Viking Treasure Ship », Newsweek, (lire en ligne, consulté le )
  2. Los Angeles Daily Star, 31 May 1862.
  3. ArcGIS Hub, "Shoreline of Ancient Lake Cahuilla"

Liens externes

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