Nedîm
Ahmed Nedîm, mieux connu sous le nom de Nedîm, est un poète de cour ottoman du XVIIIe siècle, représentatif de l'Ère des tulipes.
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Biographie
modifierPeu d'informations sur sa vie sont disponibles[1]. Il est sans doute né en 1681 (1092 AH) à Constantinople[2]. Son grand-père exerçait la fonction de qadi[1]. Lui-même étudie les sciences religieuses, l'arabe et le persan, et devient enseignant dans une madrasa[2]. Il commence à sa faire une réputation grâce à ses vers, puis le grand vizir Ibrahim Pacha lui confie la responsabilité de sa bibliothèque[2],[3]. Il se lie d'amitié avec le ministre, mais aussi avec le sultan Ahmed III. C'est probablement l'origine de son surnom de Nedîm, qui désigne un ami proche[4],[5]. Il participe aux fêtes données par le vizir dans ses palais, notamment celui de Saad-Abad nouvellement construit, où il récite ses poèmes. On raconte même qu'Ibrahim Pacha lui remplissait la bouche de joyaux, mais ce n'est peut-être qu'une façon d'exprimer la générosité de ses mécènes[1]. Les dépenses de la cour mécontentent le peuple. En octobre 1730, la révolte éclate et met fin à l'ère des tulipes : Ahmed III est détrôné et Ibrahim Pacha exécuté. Nedîm se serait tué en tombant d'un toit pour essayer de fuir la foule[4]. Mais plusieurs versions de sa mort sont rapportées[2].
Œuvre
modifierLe mérite reconnu à Nedîm est d"avoir su saisir et exprimer dans sa poésie l'atmosphère de cette époque de paix où les arts et les plaisirs sont valorisés à la cour[2],[1]. On loue en outre sa sensibilité et sa délicatesse légère, et la pureté de sa langue[1],[4]. Écrire en turc est de sa part un choix, puisqu'il connaît aussi le persan[1]. En cela, il est un continuateur de la résistance de Zekeriyazade Yahya (tr) à la mode du « persianisme »[1].
La musicalité de ses vers ont facilité leur mise en musique. Il est chanté de son vivant par Enfî Hasan Ağa, puis dans l'opérette Lale devri (« L'ère des tulipes ») de Musahipzade Celal (tr)[2].
Son Divan comporte des qasidas à la gloire d'Ibrahim et du sultan[1], des qit'as (en), murabbas (composés de strophes de quatre vers), des ghazals[2] et des sharqis (poèmes lyriques courtois d'inspiration persane)[1]. Cinq de ses poèmes sont en arabe et 39 en persan[2]. Il a écrit des takhmis dans lesquels il rend hommage à ses contemporains Razi, Nesati, Ahmed Çelebi Dede. Il exprime son admiration pour Fuzouli, Nefi et Yahya[2].
En prose, il a traduit de l'arabe en turc l'Histoire de Munejjim Bashi Ahmed Dede (en) et participé à la traduction du Collier de perles de Badr al-Din el-'Ayni[4],[2].
Postérité
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) Elias John Wilkinson Gibb, A History Of Ottoman Poetry, vol. IV, Londres, Luzac, (lire en ligne), p. 29-57
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (tr) Muhsin Macit, « NEDÎM », sur TDV İslâm Ansiklopedisi, (consulté le )
- ↑ Rechad Noury, « Le poète Nedim et la société ottomane au XVIIIe s. », sur Gallica, Mercure de France, (consulté le )
- 1 2 3 4 (en) F. Babinger, « NEDIM, AHMED », dans Encyclopædia of Islam, vol. 8, Brill, (lire en ligne), p. 1
- ↑ (en) « Ahmed Nedim », sur Britannica, (consulté le )
Liens externes
modifier- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :