Nicolas Pineau

architecte français

Nicolas Pineau, né le , et mort le , est un sculpteur ornemaniste et architecte français. Il est l'un des inventeurs de la rocaille française.

Nicolas Pineau
Le château d'Asnières, à l’aménagement duquel participe Nicolas Pineau.
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Formation
Maîtres
Lieu de travail
Mouvement
Enfant
Dominique Pineau (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Nicolas Pineau[1] est le fils de Jean-Baptiste Pineau, sculpteur ordinaire du roi, et de Marguerite Beaujean. Son père meurt lorsqu'il a dix ans.

Formation

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Il est élève d’Hardouin Mansart et de Boffrand, suit les cours de sculpture de l’académie de Saint-Luc, reçoit les conseils de Coysevox pour les figures, et fréquente l’atelier de Thomas Germain, l’orfèvre du roi.

Séjour en Russie

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François Le Fort, qui a la confiance de Pierre le Grand, l’attire en Russie. Il quitte la France en 1716 avec son beau-frère, le peintre Louis Caravaque et l’architecte Alexandre Leblond.

Il reçoit le titre de « premier sculpteur de Sa Sacrée Majesté Césarienne ». Il apporte à Saint-Pétersbourgle style de Versailles, modèle pour les souverains européens au XVIIIe siècle.

Sa formation lui permet de réaliser ses œuvres dans leur intégralité. Il suit tous les détails de leur exécution. Il sait tracer les plans d’un palais comme d’un arsenal, modeler le masque d’une clef de voûte et l’esquisse d’un monument commémoratif, sculpter la caisse d’un carrosse et le piédestal d’une statue, dessiner un surtout de table en orfèvrerie et la lanterne en bronze doré d’un escalier d’apparat.

Il donne satisfaction au tsar. Il présente plus de dix projets pour la décoration d’une salle de fêtes. Il se dégage des influences de Daniel Marot et de Jean Bérain, et trouve dans des combinaisons de rocailles, les éléments de son style. Certains panneaux à décors chinois composés à Saint-Pétersbourg offrent des encadrements originaux : les motifs contrariés s’écartent nettement des principes de rigoureuse symétrie de l’école de Versailles.

Retour en France

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Peu après la mort de Pierre le Grand, Nicolas Pineau rentre en France[2]. Il renonce à l’architecture pour la sculpture d’ornements et le décor d'intérieurs. La mode veut que tous les murs soient revêtus de lambris sculptés en plein bois : il s'investit dans les aménagements des hôtels construits à Paris au début du règne de Louis XV.

Ses dessins illustrent ses recherches pour les appartements des gens de cour ou des financiers.

Commandes

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Louise-Jeanne de Durfort le sollicite pour son hôtel, lui demandant des sculptures pour le bâtiment, des rampes pour l’escalier, des bronzes pour les portes de son cabinet et même des charnières en bois sculpté pour ses carrosses.

Le trésorier de la maison du roi, Étienne-Michel Bouret, lui commande la boiserie de sa salle à manger, à Croix-Fontaine, et le dessin de son mausolée avec inscription latine à la gloire du défunt.

Le prince d’Isenghien et le comte de Middelbourg Baltazar de Gand lui confient la décoration de leur maison de Suresnes.

La famille de Voyer de Paulmy d'Argenson, Simon Boutin père, receveur général des finances de la généralité de Tours, Bon Boullogne, et la famille Rouillé furent de ses clients.

Pineau compose des cartouches et des tympans pour les portes cochères des hôtels duc de Chatillon[Lequel ?], du prince de Conti[Lequel ?], du marquis de Feuquières[Lequel ?], du maréchal de Villars[Lequel ?], du duc d’Harcourt[Lequel ?] ; il dessine les dessus-de-porte du cabinet du roi, invente deux modèles de candélabres pour la marquise de Pompadour et fournit à Nattier un cadre en bois sculpté avec attributs galants destiné à un portrait de la favorite.

Nicolas Pineau devient le sculpteur attitré du grand architecte rocaille Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne. Ses ornements les plus remarqués sont ceux de la cathédrale Saint-Louis de Versailles (agrafes de la nef, du transept et du chœur ; de l'ancien tabernacle et maître-autel ; décoration de la chapelle de la Vierge), ainsi que ceux de l'ensemble du financier Simon Boutin père, rue de Richelieu à Paris (grand et petit hôtel et maison à loyer)[3] et du château d'Asnières[4].

Il dessine la chaire, les boiseries du chœur et de la salle capitulaire de la Chartreuse de Lugny et réalise les fonts baptismaux de l’église Saint-Paul à Paris. Il est aussi le sculpteur de la Maison des Dames de Saint-Chaumont ( 1734-1735 ). Ses voisins à Paris, les religieux de Notre-Dame de Nazareth, lui commandent les sculptures de leur chapelle, et toute une ornementation, ce qui est mentionné dans l’Almanach d’Hébert de 1779.

À sa mort, Pineau est membre de l’Académie de Saint-Luc.

Hommages

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Son confrère Blondel dit de lui qu’il fut l’inventeur « du contraste dans les ornements » et loue la sobriété de ses compositions.

Pineau rompt avec son système de courbes inégales et avec l'ancienne symétrie. Au moyen de rocailles habilement combinées et pleines de fantaisie, Pineau conserve dans ses décorations l’équilibre et la pondération. Ses réalisations deviennent des modèles pour les architectes, mais aussi pour les sculpteurs sur bois, les ferronniers, les fabricants de bronzes et les ébénistes.

Vie privée

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Il a épousé Anne Simon (?-1735). Le couple vit dans la manufacture des Gobelins, et a quatre enfants : Marine Esther, Marie Anne Françoise (née en 1712), Dominique, qui sera sculpteur du roi, et Louise.

Cet article est la copie modifiée par l'historien de l'art Philippe Cachau d'un texte tombé dans le domaine public, paru dans le Bulletin des Musées de France, publié sous la direction de Paul Vitry, en 1908[5].

Notes et références

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  1. ↑ « Architecte, décorateur, ornemaniste : 25 dessins de Nicolas Pineau des collections du Musée des Arts Décoratifs », sur madparis.fr (consulté le )
  2. ↑ Son retour est antérieur à 1728, date de son association avec Antoine Nicolas Rivet, sculpteur - menuisier, fils d'Antoine Rivet, menuisier ordinaire du roi de 1689 à 1702 et de Marie Moulin. Katie Scott, The Rococo Interior. Decoration and Social Spaces in Early Eighteenth-century Paris, New Haven, London, Yale University Press, 1995, note 42, p. 268.
  3. ↑ « "Le fabuleux ensemble de M. Boutin, rue de Richelieu" », sur philippecachau.e-monsite.com, (consulté le )
  4. ↑ « Cheminée du château d'Asnières », sur philippecachau.e-monsite.com (consulté le )
  5. ↑ Et actuellement disponible en ligne à cette adresse.

Annexes

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Bibliographie

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  • Émile Biais : Les Pineau, sculpteurs, dessinateurs du cabinet du roi, graveurs, architectes (1682-1886), Paris, 1892.
  • Stanislas Lami : Dictionnaire des sculpteurs de l'école française sous le règne de Louis XIV, t. II, Paris, 1906, p. 259-261.
  • Musées et monuments de France, Paris, Librairie centrale d’art et d’architecture, 1908, p. 68-69.
  • Philippe Cachau : Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, dernier des Mansart (1711-1778), thèse de doctorat d'histoire de l'art soutenue à Paris-I, 2004, t. I, p. 322-347.
  • Philippe Cachau : "La maison des Musiciens Italiens de Montreuil à Versailles", Cahiers Philidor, n° 35, , p. 1-59 (étude en ligne sur le site du Centre de Musique Baroque de Versailles, http://philidor.cmbv.fr).
  • Philippe Cachau : La cathédrale Saint-Louis de Versailles, un grand chantier royal du règne de Louis XV, éd. Somogy, Paris, 2009, p. 41-45.
  • Philippe Cachau : "Le château de Jossigny : une réalisation pittoresque de Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne (1753)", Les Cahiers d’Histoire de l’Art, n° 9, 2011 (1ère partie), p. 52-71.
  • Philippe Cachau : "Le château de Jossigny : une réalisation pittoresque de Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne", Les Cahiers d'Histoire de l'Art, n° 10, 2012 (2e partie), p. 60-74.
  • Philippe Cachau : "Le château de Christian IV, duc des Deux-Ponts, à Jägersburg. Un château français en Allemagne (1752-1756)", revue Francia, n° 39, Institut historique allemand, Paris, 2012, p. 135-165.
  • Philippe Cachau : "L’entrepôt général d’Asnières ou les beaux haras oubliés du marquis de Voyer (1752-1755)", Revue des Amis du Cadre noir de Saumur, n° 89, 2016, p. 57-60.
  • Philippe Cachau : "Le fabuleux ensemble de M. Boutin, rue de Richelieu", Paris au cœur, Bulletin de la Société historique et archéologiques des 1er et 2e arrondissements de Paris, n° 7, 2017, p. 7-9.
  • Philippe Cachau : "Le mécénat du marquis de Voyer au château et aux haras d'Asnières-sur-Seine : enjeux politiques et culturels (1750-1755)", Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art français, année 2013, 2017, p. 139-171.
  • Philippe Cachau : "Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, premier architecte des États de Bourgogne (1742-1746-1776), Revue Dijon Histoire et Patrimoine, n° 81, 2021, p. 17-29.
  • Philippe Cachau : "Blondel et les Mansart : une leçon d’architecture particulière", Jacques-François Blondel, la dernière leçon d’architecture « à la française », actes du colloque international Jacques-François Blondel, Cité de l’Architecture et du Patrimoine, Aurélien Davrius (dir.), Bruxelles, 2022, p. 33-53.
  • Bénédicte Gady (dir.), Turner Edwards (dir.) et François Gilles (dir.), Nicolas Pineau (1684-1754 : un sculpteur rocaille entre Paris et Saint-Pétersbourg, Paris, le Passage, , 503 p. (ISBN 978-2-84742-512-3)

Liens externes

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