Nicolas Princen
Nicolas Princen, né le à Rennes, est un entrepreneur français des nouvelles technologies et de l'intelligence artificielle, fondateur de Glose.com et du Marshmallow Project. Ancien conseiller technique de Nicolas Sarkozy chargé de l'économie numérique à l'Élysée de 2007 à 2012, il fut aussi le directeur des campagnes numériques pour les élections présidentielles de 2007 et 2012[1],[2].
Formation
modifierNicolas Princen grandit dans la banlieue de Lyon. De 2001 à 2003, il suit la classe préparatoire B/L au lycée Henri-IV. Il intègre l'École normale supérieure de la rue d'Ulm en 2003 et poursuit un Master de philosophie politique à l'université Paris IV-Sorbonne. En parallèle, en 2005, il suit un Master de recherche en relations internationales à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po Paris), qui se conclut sur la rédaction d'un mémoire sur le droit d'ingérence et la responsabilité de protéger. En 2007, il sort diplômé d'HEC, où il a suivi la majeure Entrepreneurs[3],[4],[5].
Au cours de ses études, Nicolas Princen a effectué des stages en tant que rapporteur auprès du comité éditorial du Figaro et chef de projet à Euro-RSCG New York[6].
Carrière
modifierCampagne présidentielle 2007
modifierEn 2007, Nicolas Princen rejoint l'équipe de campagne numérique de Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle française de 2007, en tant que rédacteur en chef du site sarkozy.fr. Il anime la présence du candidat sur les plateformes de vidéo, les blogs et les réseaux sociaux et produit notamment des vidéos de soutien drôles et décalées[7].
Conseiller à la présidence de la République
modifierChargé de mission auprès du porte-parole
modifierÀ la suite de l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007, Nicolas Princen rejoint son cabinet en tant que plume et chargé de mission auprès du porte-parole David Martinon. Il est alors le plus jeune collaborateur au sein de l'équipe de Nicolas Sarkozy et le plus jeune membre d'un cabinet présidentiel sous la Ve République[8].
États généraux de la presse écrite
modifierEn 2008, Nicolas Princen est nommé rapporteur des États généraux de la presse, dans la commission la presse face au choc d'Internet présidée par Bruno Patino. La commission propose 13 recommandations, dont la création d'un statut d'éditeur de presse en ligne et un réajustement des aides publiques de manière à favoriser l'innovation en ligne. Le statut d'éditeur sera créé par décret en novembre 2009[9],[10],[11].
La même année, il devient responsable de la veille sur Internet au sein du service de communication de l'Élysée. Sa nomination lui vaut le surnom « l'œil de Sarkozy » auprès des blogueurs[12].
Service Internet de l'Élysée
modifierEn 2009, Nicolas Princen devient responsable du site Internet de l'Élysée et crée le service Internet au sein du service de communication de l'Élysée[2]. En 2010, une nouvelle version du site elysee.fr est lancée[13],[3]. Cette refonte vise à transformer le site de la présidence en véritable média institutionnel, avec production vidéo et diffusion rapide des discours et déplacements[14]. Elle fait aussi d'elysee.fr une vitrine des technologies françaises, avec la contribution des start-up Exalead et Vecsys pour le moteur de recherche vidéo Voxalead, l'IGN pour les cartes et l'INA pour certains contenus audiovisuels. Le moteur Voxalead, fruit d'une collaboration entre les laboratoires Exalead et Vecsys, est présenté comme le premier moteur capable de reconnaître et d'indexer automatiquement en texte tout contenu parlé au format vidéo[15],[16],[17],[18]. Une visite virtuelle en 3D du palais est également lancée[19],[20]. Princen lance par la suite une application Élysée sur les plateformes mobiles iOS et Android, ainsi que la présence de la présidence de la République sur les réseaux sociaux[21],[22],[23].
Conseiller technique
modifierEn 2011, Nicolas Princen est nommé conseiller technique, chargé des Nouveaux médias et de l'Économie numérique[24]. Il pilote alors un rapprochement de la présidence de la République des besoins et des enjeux des acteurs de l'Internet.
Conseil national du numérique
modifierÀ la demande de Nicolas Sarkozy, Nicolas Princen crée le Conseil national du numérique, groupe de chefs d'entreprise et d'entrepreneurs censés conseiller le gouvernement sur les questions liées au numérique[25]. Il constitue le casting des 18 membres issus des entreprises et de l'économie numérique chargés de conseiller le gouvernement sur les projets de loi liés à Internet, parmi lesquels Xavier Niel, Gabrielle Gauthey, Marie-Laure Sauty de Chalon, Gilles Babinet et Daniel Marhely, fondateur de Deezer[26],[27].
Forum e-G8
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En 2011, en amont du G8/G20 qui se tient à Deauville, Nicolas Princen organise le Forum e-G8, dans lequel sont rassemblés à Paris les grands acteurs de l'économie du Web[3],[28], parmi lesquels Mark Zuckerberg, Eric Schmidt, Hiroshi Mikitani et Yuri Milner. Il co-organise la conférence avec Maurice Lévy, PDG de Publicis. Il contribue ensuite à la rédaction de la section « Internet » de la déclaration finale du G8, « Un nouvel élan pour la liberté et la démocratie », et conduit le groupe de chefs d'entreprise qui se rendent au G8 de Deauville[29],[30],[31],[32],[33],[34].
Activité internationale
modifierNicolas Princen représente la France dans les conférences internationales telles que LeWeb, la DLD ou le Forum économique mondial. Il organise à Paris le premier rassemblement des conseillers numériques d'une douzaine de gouvernements, notamment pour évoquer l'impact d'Internet sur le Printemps arabe. Il organise cet événement avec Alec Ross, alors conseiller numérique d'Hillary Clinton. Ce séminaire donne lieu à la création du réseau « Innovation and digital diplomacy in the 21st century », rassemblant des conseillers d'une vingtaine de pays autour des questions d'innovation dans la sphère de l'État.
Il intervient dans les conférences internationales pour faire valoir les atouts de la France comme terre d'investissement et d'innovation, dans un contexte de concurrence avec le Royaume-Uni pour accueillir les investissements des leaders du numérique mondial. Il est à l'origine des rencontres et négociations qui mènent Google à investir en France et à faire de Paris la capitale de Google pour la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique) ainsi que son deuxième centre de R&D en Europe. Les bureaux de Google sont inaugurés par Nicolas Sarkozy[35],[36].
En 2012, Nicolas Princen travaille avec le Conseil national du numérique pour obtenir le maintien du statut de Jeune entreprise innovante, soutenir l'ouverture des données publiques et le lancement de data.gouv.fr, porté par l'agence Etalab, ainsi que le décret relatif aux consultations ouvertes sur Internet[37]. En lien avec le Conseil national du numérique et le ministère de l'Industrie, il lance plusieurs initiatives de la présidence de la République, dont les Journées du numérique et un premier séminaire de haut niveau entre présidents d'université et chefs d'entreprise du numérique.
Campagne présidentielle 2012
modifierEn , à la suite de l'annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy, Nicolas Princen suspend son contrat à l'Élysée[1] pour rejoindre l'équipe de campagne du candidat en tant que responsable de la campagne sur Internet[38] et du volet numérique et innovation du programme[39]. La campagne sur Internet se distingue par l'usage des données pour cartographier le bilan des réformes présidentielles, ainsi que par des actions militantes géolocalisées par smartphone et encouragées par une expérience « gamifiée », les réseaux sociaux occupant une place centrale[40].
Nicolas Princen rédige le programme « Innovation et numérique », qui insiste sur le lien entre numérique et éducation. Il débat face à Fleur Pellerin, le 26 avril 2012, à l'appel du Collectif du numérique[41],[42],[43],[44].
Entrepreneuriat
modifierEn , il est pressenti au nouveau poste de directeur général de Twitter France[45]. À partir de , il collabore avec Publicis Live pour l'organisation d'événements tech média internationaux[46].
Glose
modifierFin 2014, il lance Glose, une plate-forme de lecture numérique sociale, disponible sur iOS puis, à partir de 2015, sur Android[47]. Cette dernière vise à rendre la lecture plus engageante sur les écrans pour une nouvelle génération de lecteurs. La plateforme s'appuie sur des technologies de traitement automatique du langage naturel pour segmenter les livres numériques et permettre le partage de citations, d'extraits et d'annotations, chaque livre fonctionnant à la manière d'un « wiki » agrégeant les annotations publiques de ses lecteurs[48].
Glose est adoptée par des communautés de lecteurs, notamment des book clubs aux États-Unis, et attire l'attention de la chaîne de librairies Barnes & Noble, qui licencie ses technologies pour sa distribution numérique. En 2018, Glose lève 3 millions d'euros pour accélérer son développement et lancer un produit destiné à la lecture scolaire[49].
Glose Education et universités
modifierEn 2018, Glose lance Glose Education, une plateforme spécialisée dans la lecture scolaire, vendue aux écoles françaises et aux school districts américains. Elle propose des fonctionnalités de lecture en classe et une interface enseignant (suivi de lecture des élèves, bibliothèque de classe). En 2019, Glose lance Glose for Universities, plateforme de distribution de livres et manuels numériques pour de grandes universités américaines telles que Harvard, Stanford, Columbia et l'université de Pennsylvanie. Pendant la pandémie de Covid-19, Glose rend l'ensemble de ses services gratuits.
Rachat par Medium
modifierEn , Glose est rachetée pour plusieurs dizaines de millions de dollars par la plateforme Medium, fondée à San Francisco par Ev Williams, cofondateur de Twitter[50],[51]. Nicolas Princen devient vice-président de Medium, chargé des livres, de l'international et des nouveaux projets. Il quitte Medium en 2024[52],[53],[54].
Engagement pour l'éducation
modifierEn 2020, Nicolas Princen est élu vice-président de l'association EdTech France, qui représente les start-up françaises du numérique éducatif[55].
Investisseur
modifierNicolas Princen est investisseur dans une vingtaine de start-up françaises, dont Mistral AI, H et Ami Labs.
Marshmallow Project
modifierEn 2024, Nicolas Princen cofonde le Marshmallow Project, une start-up qui élabore une intelligence artificielle éducative pour les enfants, embarquée dans un appareil connecté. L'entreprise compte quatre autres cofondateurs : Fred Potter, Cédric O, Flore Cousin et Sébastien Boyer ; seuls Cédric O et Flore Cousin y sont engagés à plein temps. La start-up a levé plus de 10 millions d'euros en 2024 auprès d'investisseurs internationaux[56],[57].
La Meilleure École du monde
modifierEn 2026, il lance une chaîne YouTube et un podcast intitulés « La Meilleure École du monde », consacrés à l'art d'apprendre et d'enseigner. La chaîne se donne pour objectif de répertorier les meilleures pratiques susceptibles de faire de l'école française « la meilleure école du monde » et traite notamment de l'éducation à l'ère de l'intelligence artificielle[58].
Publication
modifierEn 2026, Nicolas Princen publie chez Fayard Leçons de courage : les héros de la France libre[59]. Issu d'entretiens qu'il a menés en 2009, alors qu'il était conseiller à l'Élysée, l'ouvrage rassemble les témoignages de huit des derniers Compagnons de la Libération et acteurs de la France libre, parmi lesquels Bernard Demolins, Charles Rudrauf, Pierre Simonet, Claude Lepeu, Fred Moore, Roger Nordmann, Jacques Hébert et Léon Gautier[60]. (ISBN 978-2-213-73419-4).
Articles connexes
modifierNotes et références
modifier- 1 2 « Nicolas Princen quitte l'Élysée », sur RSLN.
- 1 2 Philippe Rioux, « Sarkozy/Hollande : la guerre du web fait rage », sur La Dépêche, .
- 1 2 3 « Nicolas Princen, le monsieur internet de Sarkozy, est philosophe, geek et Lyonnais », sur Le Progrès, .
- ↑ « Nicolas Princen, à livre digital ouvert », sur Le Figaro.
- ↑ « Journal officiel », sur Légifrance.
- ↑ « Présentation de Nicolas Princen », sur Le Web 11.
- ↑ Philippe Marino, « Avalanche de « tubes » sur sarkozy.fr », sur L'Express, .
- ↑ « Grand changement d'équipe à l'Élysée », sur L'Internaute.
- ↑ « Rapport des États généraux de la presse écrite », sur vie-publique.fr.
- ↑ « Un décret définit le statut d'éditeur de presse en ligne », sur Le Monde, .
- ↑ « États généraux de la presse : vers la création d'un statut d'éditeur en ligne », sur Silicon.
- ↑ François Vignal, « Nicolas Princen, « l'œil de Sarkozy sur le web » », sur Libération, .
- ↑ Julien Martin, « Les dessous de la fabrication du nouveau site de l'Élysée », sur Rue89, nouvelobs.com, .
- ↑ « Dans les coulisses d'elysee.fr », sur Slate, .
- ↑ « Elysee.fr, la nouvelle image web de Sarkozy », sur L'Express.
- ↑ « L'Élysée a lancé un site tout neuf avec des innovations technologiques », sur franceinfo.
- ↑ « Lancement du nouveau site elysee.fr grâce à la technologie de recherche multimédia Voxalead », sur Developpez.net.
- ↑ « Quaero refait parler de lui », sur ZDNet.
- ↑ « Visitez l'Élysée en 3D », sur Le Parisien, .
- ↑ « Visitez l'Élysée en 3D », sur La Dépêche, .
- ↑ « L'Élysée lance ses applications iPhone et iPad », sur Europe 1.
- ↑ « L'Élysée se lance sur iPhone et iPad, en attendant Android », sur Journal du Net.
- ↑ « L'Élysée débarque sur iPhone et iPad », sur Mac4ever.
- ↑ « Arrêté du 21 mars 2011 portant nomination à la présidence de la République », sur Légifrance.
- ↑ Cécilia Gabizon, « Le « geek » de l'Élysée », sur Le Figaro, .
- ↑ « Nicolas Princen, l'homme du Sarkozy 2.0 », sur Slate.
- ↑ Gilles Babinet, L'Ère numérique, un nouvel âge de l'humanité, Le Passeur, (ISBN 978-2-36890-067-3, lire en ligne).
- ↑ Olivier de Gandt et Joan Tilouine, « La lente conversion de Nicolas Sarkozy à l'économie numérique », sur Slate, .
- ↑ « Déclaration du G8 — Un nouvel élan pour la liberté et la démocratie », sur France Diplomatie, .
- ↑ « Dans les coulisses de l'e-G8 », sur Stratégies.
- ↑ (en) « Internet leaders gather in Paris ahead of G8 », sur Financial Times.
- ↑ (en) « e-G8 forum », sur Financial Times.
- ↑ « Les patrons de l'Internet mondial réunis à Paris avant le G8 », sur Le Point, .
- ↑ « e-G8 : conversation avec Mark Zuckerberg », sur Le Figaro, .
- ↑ « De nouveaux locaux pour Google France », sur Les Échos, .
- ↑ « Google installe une partie de sa R&D en France », sur Le Figaro, .
- ↑ « Consultations ouvertes sur l'internet », sur Affaires publiques.
- ↑ Anne-Laëtitia Béraud, « Sur le Web, Nicolas Sarkozy cherche à étendre son réseau d'électeurs », sur 20 Minutes, .
- ↑ Bénédicte Le Châtelier et Benoît Gallerey, « Le Buzz décrypte la web-campagne de Nicolas Sarkozy », sur TF1, .
- ↑ « Nicolas Princen, l'homme du Sarkozy 2.0 », sur Slate.
- ↑ « Fleur Pellerin (PS) et Nicolas Princen (UMP) s'affrontent sur le numérique », sur Silicon.
- ↑ « Présidentielle 2012 : les programmes numériques des deux candidats », sur Le Monde informatique,
- ↑ Cécile Dehesdin, « Quelle vision de l'éducation au numérique pour Hollande et Sarkozy ? », sur Slate, .
- ↑ « Éducation et numérique : ce que proposent Hollande et Sarkozy », sur Slate, .
- ↑ Nicolas Jaime, « Twitter recrute son directeur général en France », sur L'Expansion, .
- ↑ Paul Larrouturou, « Nicolas Princen, le monsieur web de Sarkozy, va lui aussi travailler pour Publicis », sur Europe 1, .
- ↑ « La première plateforme de lecture numérique sociale « Glose » lance son offre Freemium sur Android », sur BFM Business, .
- ↑ (en) « Glose Is A New eBook Reader To Turn Reading Into A Social Experience », sur TechCrunch, .
- ↑ (en) « Glose raises $3.4 million for its collaborative reading app », sur TechCrunch, .
- ↑ « Medium rachète Glose, la pépite tricolore de l'édition », sur Les Échos.
- ↑ (en) « Medium Acquires Digital Reading Platform Glose », sur Publishers Weekly.
- ↑ « Comment Nicolas Princen et Glose ont séduit Medium et la Silicon Valley », sur French Morning.
- ↑ « Medium rachète l'appli française Glose », sur CB News.
- ↑ « Glose racheté par l'américain Medium », sur EdTech Actu.
- ↑ « Numérique : l'association professionnelle EdTech France renouvelle sa gouvernance », sur AEF info.
- ↑ « The Marshmallow Project, la start-up top secrète de Cédric O », sur Maddyness, .
- ↑ « Cédric O lance une start-up pour permettre aux enfants de converser avec des boîtiers intelligents », sur L'Usine digitale.
- ↑ « Nicolas Princen - LA MEILLEURE ÉCOLE DU MONDE », sur Youtube.
- ↑ Nicolas Cuoco, « France libre : les derniers héros racontent la guerre », sur Le Journal du dimanche, .
- ↑ Lilian Fermin, « « Léon Gautier est l'un des plus touchants » : son livre compile des entretiens avec des héros de la France libre », sur Tendance Ouest, .