Nina Bahinskaja

géologue et militante biélorusse

Nina Bahinskaja est une géologue et militante biélorusse née le à Minsk, qui manifeste de multiples fois en brandissant un drapeau blanc-rouge-blanc, ancien symbole national. Elle est détenue des dizaines de fois par la police, embarquée en hôpital psychiatrique, mais finit toujours par être libérée. En 2018, elle reçoit la médaille du centenaire de la République démocratique Biélarusse.

Nina Bahinskaja
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
Багінская Ніна РыгораўнаVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Université d'État de Bélarus d'informatique et de radioélectronique
Ivano-Frankivsk National Technical University of Oil and Gas (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Géologue, militante, personnalitéVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Front populaire biélorusse (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

Biographie

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Enfance, formation et carrière

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Nina Bahinskaja naît le à Minsk. Jeune, elle pratique la compétition cycliste. Lors d'une sortie à vélo, elle est victime d'un accident de la route avec une voiture. Elle souffre d'un traumatisme crânien et des séquelles d'épilepsie.

Bahinskaya est diplômée de l'université d'État de Bélarus d'informatique et de radioélectronique[1], où elle se spécialise dans l'assemblage d'équipements radio. Désirant devenir géologue, elle obtient un diplôme de l'Institut du pétrole et du gaz d'Ivano-Frankivsk (Ukraine) en tant que spécialiste de l'exploration pétrolière et gazière.

Elle travaille comme géologue à l'Institut de recherche géologique biélorusse (en)( BelNIGRI )[2]. Parallèlement, elle devient membre du Parti du Front populaire biélorusse et crée une section locale de ce parti au sein de son institut. En 1994, après l'arrivée au pouvoir d'Alexandre Loukachenko en Biélorussie, elle est licenciée de l'institut[3].

Prises de positions

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Manifestations

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Le , à l'occasion de Dziady (en) (la Journée du souvenir des ancêtres)[4], Nina Bahinskaja manifeste avec des militants biélorusses pour commémorer la mémoire des victimes des répressions de Staline[5]. Les participants sont dispersés avec brutalité[6].

Elle est détenue des dizaines de fois par la police[7] et passe de nombreux jours en cellule d'isolement. Le Centre Viasna des droits de l'homme indique que sur la base de l' « Article 342-2 du Code pénal - Violation répétée des règles relatives à l'organisation ou à la tenue de manifestations de masse. », elle est condamnée le à une surveillance préventive[8]. Le , elle est arrêtée pour avoir brûlé le drapeau soviétique près du bâtiment du KGB à Minsk ; sa manifestation commémorait l'autodafé, le , de dizaines de milliers de manuscrits culturels biélorusses, à la suite duquel les auteurs de ces œuvres ont été exécutés[9].

Photographie couleur d'un groupe de personnes debout, chaudement vêtues, portant des drapeaux blanc et rouge et bleu et rouge
Manifestation d'opposition après l'élection du président à Minsk le 21 mars 2006.

En 2015, Bahinskaya est arrêtée pour avoir manifesté en mémoire de Mikhaïl Jiznevski[10], mort à l'Euromaïdan en Ukraine[11]. Après les événements du 25 mars 2017, des dizaines de militants sont arrêtés à Minsk (affaire de la « Légion blanche ») et des centaines de participants interpellés à travers le Bélarus à l'occasion de la Journée de la liberté[12],[13]. Nina Bahinskaya se rend chaque jour devant le bâtiment du KGB, brandissant un drapeau blanc-rouge-blanc, symbole de l'opposition au pouvoir[3], et une pancarte où l'on peut lire « Liberté au peuple »[14].

Opposition à Loukachenko

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Photographie couleur portrait d'une femme blanche d'âge mûr, portant un chapeau noir, des lunettes et une broche avec le drapeau blanc-rouge-blanc
Nina Bahinskaja lors d'une manifestation à Minsk le 26 octobre 2020.

En , elle participe aux manifestations contre Alexandre Loukachenko[15],[16],[17],[18]. Le , elle s'oppose avec vigueur à la police pour récupérer le drapeau blanc-rouge-blanc qui lui a été confisqué. En passe d'être embarquée par la « police/milice », la foule s'interpose en criant son prénom et elle est laissée libre[19]. Le , Nina Bahinskaja fait un piquet de grève pour rappeler le 31e anniversaire du drapeau blanc-rouge-blanc, déchu de son statut son symbole national en 1995[20],[21]. Elle est embarquée dans une ambulance qui l'emmène à Navinki, une clinique psychiatrique, avant d'être libérée[20]. Les autorités ont confisqué sa maison d'été et son terrain ainsi qu'une partie de sa pension de retraite pour couvrir le montant des amendes qu'elle refuse de payer[20],[22].

Postérité

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En 2020, au titre de la « résistance culturelle », une exposition de Street Art dont elle est le sujet circule dans Minsk[23]. En septembre 2020, des photos de Nina Baginskaia sont publiées dans l'édition italienne de Vogue. Ces clichés sont publiés avec la légende « La mère de la révolution biélorusse », signée Ivan Raveka[24].

Prix et reconnaissance

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  • 2017 : récipiendaire de la médaille Ivashkevich[25] ;
  • 2018 : première lauréate de la médaille Sergei Khanzhenkov (1942-2016), prisonnier politique du régime soviétique dans les années 1960 et 1970[14] ;
  • 2018 : récipiendaire de la médaille du centenaire de la République démocratique Biélarusse (BNR)[26] ;
  • 2020 : prix Personnalité de l'année pour la Liberté, décerné par Radio Freedom[27].

Notes et références

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  1. ↑ (en) « Nina Bahinskaja, notable alumni dans Ivano-Frankivsk National Technical University of Oil and Gas [ Statistics] », sur EduRank.org - Discover university rankings by location, (consulté le )
  2. ↑ (en) Belarusian Research Geological Prospecting Institute (BelNIGRI) dans Directory of Geoscience Organizations of the World, Geological Survey of Japan, , 51 p. (lire en ligne [PDF]), p. 3
  3. 1 2 (en) Madeline Roache, « The 73-Year-Old Grandmother Defying Belarusian Authorities », sur TIME, (consulté le )
  4. ↑ (be) « Зрабіць Дзяды непрацоўным днём – даць магчымасць ушанаваць продкаў! » [« Faisons de Dzyady un jour férié – pour nous donner l'occasion de rendre hommage à nos ancêtres ! »], Зрабіць Дзяды непрацоўным днём – даць магчымасць ушанаваць продкаў! |,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  5. ↑ « 2 novembre : Dziady, une fête des morts très politique en Biélorussie dans Almanach international », sur Les éditions Bibliomonde, (consulté le )
  6. ↑ (ru) Валерия Уласик, « "Вышла, подняла флаг и стоит". Пенсионерка из Беларуси должна государству 16 тысяч долларов за акции протеста » [« « Elle est sortie, a hissé le drapeau et reste là ». Une retraitée biélorusse doit 16 000 dollars à l'État pour avoir participé à des manifestations »], sur Настоящее Время (Le Temps présent),‎ (consulté le )
  7. ↑ (en) « Nina Bahinskaja detained in Minsk » [archive du ], sur viasna via spring96.org, (consulté le )
  8. ↑ (en) « Nina Bahinskaya », sur Viasna Human Rights Center
  9. ↑ (ru) Larisa Tymoshik, « Репрессии 1937 года в Беларуси и пламя из рукописей в внутреннем дворе Минской тюрьмы НКВД » [« Les répressions de 1937 en Biélorussie et les flammes qui s'élevaient des manuscrits dans la cour intérieure de la prison du NKVD à Minsk »], sur www.bel-jurist.com, Journal "Zvyazda",‎ (consulté le )
  10. ↑ (be) « «Калі на нас нападуць, як на Украіну, я вазьму ў рукі зброю», — Ніна Багінская » [« « Si nous sommes attaqués, comme l'Ukraine, je prendrai les armes », a déclaré Nina Baginska. »], sur Наша Ніва,‎ (consulté le )
  11. ↑ Alain Guillemoles, « En Ukraine, l'Europe décide de sanctions », sur La Croix, (consulté le )
  12. ↑ Muriel Pomponne, « Biélorussie : nombreuses arrestations d'opposants et de manifestants à Minsk », sur RFI, (consulté le )
  13. ↑ Le Monde avec AFP et Reuters, « En Biélorussie, des centaines de manifestants contre le pouvoir arrêtés », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. 1 2 (be) Алег Грузьдзіловіч, « Першым ляўрэатам мэдаля імя Сяргея Ханжанкова стала Ніна Багінская » [« La première lauréate de la médaille Sergueï Khanzhankov fut Nina Baginskaya. »], Радыё Свабода (Radi Liberty),‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. ↑ Ania NOWAK, « À 74 ans, Nina Baginskaya est devenue l’égérie de l’opposition au régime biélorusse », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  16. ↑ Ania Nowak, correspondante à Minsk, « Nina Baginskaya, l’opposante biélorusse intouchable », sur La Libre.be, (consulté le )
  17. ↑ (en-GB) « Belarus protests: Opposition icon, 73, among hundreds detained in Minsk », BBC,‎ (lire en ligne, consulté le )
  18. ↑ (en) « Meet the Belarusian protester, 73, who takes on riot police », sur euronews, (consulté le )
  19. ↑ Vincent Gibert et AFP, « Cette manifestante biélorusse de 74 ans ne se démonte pas face à la police », sur Le HuffPost, (consulté le )
  20. 1 2 3 (en) « Defiant senior activist Bahinskaja says police sent her to psychiatric clinic a few times », sur Pozirk, (consulté le )
  21. ↑ Bruno Cadène, « Bélarus ou Biélorussie ? Une question très symbolique, un enjeu démocratique », sur France Culture, (consulté le )
  22. ↑ (en-US) « Monitoring of violations of cultural rights and human rights of cultural figures. Belarus, January – June 2025 », sur PEN Belarus, (consulté le )
  23. ↑ (en-US) « More Solidarity than Arrests: What Belarusian Culture Experienced Over the Week (newsletter 8) », sur PEN Belarus, (consulté le )
  24. ↑ (ru) « Такого еще не было. Фотографии Нины Багинской появились в итальянском Vogue » [« C'est une première. Des photos de Nina Baginskaya ont été publiées dans le Vogue italien »], lady.tut.by,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  25. ↑ (be) « Партыя БНФ  » Ніна Багінская ўганараваная памятным знакам імя Івашкевіча » [« Nina Baginskaia a reçu la médaille commémorative Ivashevich »] [archive du ], sur narodny.org,‎ (consulté le )
  26. ↑ (be) « Уручэньне Мэдалёў да стагодзьдзя БНР, верасень 2020 г. – Рада Беларускай Народнай Рэспублікі » [« Remise des médailles à l'occasion du centenaire de la BNR, septembre 2020. »], sur radabnr.org,‎ (consulté le )
  27. ↑ (be) Радыё Свабода, « Ніна Багінская — «Чалавек Cвабоды – 2020» » [« Nina Baginskaya — « Personnalité de l'année pour la liberté – 2020 » »], Радыё Свабода,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )

Bibliographie

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  • Ronan Hervouet et Alexandre Kurilo, « L’étoffe des Biélorusses: Usages ordinaires, symboliques et politiques des drapeaux dans la contestation de 2020 », Ethnologie française, vol. Vol. 53, no 2,‎ , p. 177–194 (ISSN 0046-2616, DOI 10.3917/ethn.232.0177, lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi

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