Nitrate d'éthylammonium

composé chimique

Le nitrate d'éthylammonium ou nitrate d'éthylamine (EAN) est un sel de formule[Laquelle ?]. C'est un liquide inodore et incolore à légèrement jaunâtre avec un point de fusion de 12 °C[2]. Ce composé a été décrit par Paul Walden en 1914[3],[4], et est considéré comme le premier exemple rapporté d'un liquide ionique à température ambiante[5].

Nitrate d'éthylammonium
Image illustrative de l’article Nitrate d'éthylammonium
Image illustrative de l’article Nitrate d'éthylammonium
Identification
Nom UICPA Ethanamine, Acide Nitrique
No CAS 22113-86-6
No ECHA 100.218.244
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule C2H8N2O3
Masse molaire[1] 108,096 5 ± 0,003 5 g/mol
C 22,22 %, H 7,46 %, N 25,92 %, O 44,4 %, 108,1
Précautions
SGH
SGH02 : InflammableSGH07 : Toxique, irritant, sensibilisant, narcotique
Danger
H315, H319, H335, P261, P264, P271, P280, P321, P302+P352, P304+P340, P305+P351+P338, P405, P403+P233 et P501

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Synthèse et propriétés

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Le nitrate d'éthylammonium peut être produit en chauffant du nitrate d'éthyle avec une solution alcoolique d'ammoniac[6] ou en faisant réagir de l’éthylamine avec de l’acide nitrique concentré[4]. Il a une viscosité relativement faible de 0,28 poise ou 0,028 Pa·s à 25 °C et donc une conductivité électrique élevée d'environ 20 mS·cm −1 à 25 °C. Il bout à 240 °C et se décompose à environ 250 °C. Sa densité à 20 °C est de 1,261 g/cm3[7].

L'ion éthylammonium possède trois protons facilement détachables qui sont disposés de manière tétraédrique autour de l'atome d'azote central, tandis que la configuration du L'anion est plan. Malgré les différences structurelles, l'EAN partage de nombreuses propriétés avec l'eau, telles que la formation de micelles, l'agrégation d'hydrocarbures, l'enthalpie négative et l'entropie de dissolution des gaz, etc. Semblable à l'eau, l'EAN peut former des réseaux de liaisons hydrogène tridimensionnels[8].

Applications

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Le nitrate d'éthylammonium est utilisé comme solvant conducteur en électrochimie et comme agent de cristallisation des protéines[9],[10]. Il a un effet positif sur le repliement du lysozyme dénaturé, avec un rendement de repliement d'environ 90 %. L'action de repliement a été expliquée comme suit : le groupe éthyle du nitrate d'éthylammonium interagit avec la partie hydrophobe de la protéine et la protège ainsi de l'association intermoléculaire, tandis que la partie chargée de l'EAN stabilise les interactions électrostatiques[11].

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ethylammonium nitrate » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. ↑ Marsh, Boxall et Lichtenthaler, « Room temperature ionic liquids and their mixtures—a review », Fluid Phase Equilibria, vol. 219,‎ , p. 93–98 (DOI 10.1016/j.fluid.2004.02.003)
  3. ↑ Paul Walden, « Über die Molekulagrösse und elektrische Leitfähigkeit einiger geschmolzenen Salze. », Chemisches Zentralblatt, vol. 85,‎ , p. 1800–1801.
  4. 1 2 P. Walden, « Ueber die Molekulargrösse und elektrische Leitfähigkeit einiger geschmolzenen Salze », Bull. Acad. Imper. Sci. St. Pétersbourg, 6e série, vol. 8,‎ , p. 405–422 (lire en ligne)
  5. ↑ (en) Mihkel Koel, Ionic Liquids in Chemical Analysis, Boca Raton, CRC Press, , 414 p. (ISBN 978-1-4200-4646-5, lire en ligne), xxvii
  6. ↑ Rudolph Fittig, Wohler's Outlines of Organic Chemistry, Read Books, (ISBN 978-1-4097-9043-3, lire en ligne), p. 56
  7. ↑ « Safety Data Sheet », Carlroth (consulté le )
  8. ↑ Allen, Evans et Lumry, « Thermodynamic properties of the ethylammonium nitrate + water system: Partial molar volumes, heat capacities, and expansivities », Journal of Solution Chemistry, vol. 14, no 8,‎ , p. 549 (DOI 10.1007/BF00649520, S2CID 93627627)
  9. ↑ Garlitz, Summers, Flowers et Borgstahl, « Ethylammonium nitrate: a protein crystallization reagent », Acta Crystallographica D, vol. 55, no 12,‎ , p. 2037–8 (PMID 10666583, DOI 10.1107/S0907444999011774)
  10. ↑ (en) M. Riad Manaa, Chemistry at extreme conditions, Amsterdam, Elsevier, , 522 p. (ISBN 0-444-51766-9, lire en ligne), p. 441
  11. ↑ Jochen Decker et Udo Reischl, Molecular diagnosis of infectious diseases, Humana Press, (ISBN 1-58829-221-5, lire en ligne), p. 247