Nitrate de strontium

composé chimique

Le nitrate de strontium (Sr(NO₃)₂) est un composé chimique réactif (comburant), contenant les éléments strontium, azote et oxygène dont la formule est Sr(NO3)2. I

Nitrate de strontium
Image illustrative de l’article Nitrate de strontium
Identification
No CAS 10042-76-9
No ECHA 100.030.107
No CE 233-131-9
SMILES
InChI
Apparence cristaux blancs cubiques
Propriétés chimiques
Formule N2O6SrSr(NO3)2
Masse molaire[1] 211,63 ± 0,01 g/mol
N 13,24 %, O 45,36 %, Sr 41,4 %,
Propriétés physiques
fusion 570 °C
ébullition 645 °C
Solubilité 80,2 g/100 g dans l'eau à 25 °C.
Peu soluble dans l'éthanol et l'acétone
Masse volumique 2.99
Précautions
Directive 67/548/EEC
Irritant
Xi
Comburant
O



Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Ce sel cristallin (à double réfraction optique)[2], incolore et inodore, très soluble dans l'eau (~660 g/l à 20 °C), est utilisé en pyrotechnie pour des effets de couleur rouge quand il est exposé à une forte température (Schmeisser en 1794 est le premier à caractériser le strontium par la couleur de flamme, et il l'a fait avec du nitrate de strontium Sr(NO3)2)[3] ; c'est aussi lui qui donne la couleur rouge intense des fusées de détresse, visible de loin, même de jour, quand elles sont lancées en mer. Comme c'est aussi un oxydant puissant, il contribue à entretenir les réactions de combustion, ce qui le rend également dangereux. Il est présent dans certaines encres[4] (encres techniques ou de sécurité) en tant que métal alcalino-terreux qui, combiné à d'autres substances, contribue à la luminosité et à la durabilité de certaines teintes rouges.

Au début du XXe siècle, le minéralogiste Paul Gaubert constate que le bleu de méthylène colore aussi les cristaux de nitrate de strontium hydraté qui se montrent alors très polychroïques, même s'ils sont très petits[5].

Du point de vue toxicologique, et en matière de santé environnementale, il est notamment classé comme irritant et substance dangereuse (comburant) par le règlement européen CLP (Classification, Labelling and Packaging). Voici les principaux risques associés :

  • Nocif en cas d'ingestion (H302) : peut provoquer des troubles gastro-intestinaux ;
  • Irritant pour la peau (H315) : peut causer des rougeurs ou des démangeaisons ;
  • Irritation sévère des yeux (H319) : risque de lésions oculaires importantes ;
  • Irritation des voies respiratoires (H335) : en cas d'inhalation de poussières ;
  • Comburant puissant (H271) : il peut aggraver un feu ou un incendie ; il réagit vivement avec certains produits (ex : Magnesium-Poudre, Poudres métalliques, PVC: polychlorure de vinyle, Soufre) et peut causer une explosion en présence de matières combustibles, Réducteurs, Anhydride acétique, Hydrures et par forte chaleur. Il est incompatible avec certains matériaux (ex. : PVC, polychlorure de vinyle).

Il est aussi classé par la Directive cadre sur l'eau dans la Liste indicative des principaux polluants (polluants métalliques (« Métaux et leurs composés ») ; et eutrophisants Substances contribuant à l'eutrophisation »).

Évaluation de la sécurité chimique : Selon sa fiche de sécurité « Aucune évaluation de la sécurité chimique n'a été effectuée pour la substance »[note 1]

Solubilité dans l'eau

Selon une étude en double aveugle (2001), le nitrate de strontium pourrait réduire certaines sensations d'irritation cutanée chimiquement induite, ce qui pourrait peut être le rendre intéressant pour certaines formulations dermocosmétiques selon les auteurs. L'étude n'a cependant porté que sur huit personnes, volontaires, qui ont reçu un seul irritant, une seule fois, sur un avant-bras, une application topique d'un mélange contenant 20 % de nitrate de strontium dans 70 % d'acide glycolique (pH = 0,6), tandis que l'autre bras recevait l'acide glycolique seul en tant que témoin positif. L'intensité de l'irritation (picotements, brûlures, démangeaisons) a été mesurée chaque minute pendant 20 minutes, selon une échelle de 0 à 4. Le nitrate de strontium a significativement diminué la durée moyenne de l'irritation (passant de 24,4 ± 4,1 minutes à 8,9 ± 3,7 minutes ; p < 0,01), ; et il a atténué l'intensité globale de la sensation à tous les temps de mesure (p < 0,05)[6],[7]. D'autres auteurs envisagent de l'utiliser sous forme de nanoparticules thérapeutiques.

Notes et références

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  1. En droit européen, la notion de sécurité chimique désigne l'ensemble des mesures visant à garantir que les substances chimiques utilisées, produites ou mises sur le marché ne présentent pas de risques inacceptables pour la santé humaine ou l'environnement. Cette approche est encadrée principalement par le règlement REACH (CE n°1907/2006), qui impose aux industriels l'obligation d'évaluer les dangers et les risques liés à leurs substances, de documenter ces évaluations dans un rapport de sécurité chimique (Chemical Safety Report, CSR), et de mettre en œuvre des mesures de gestion appropriées.

Références

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  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. J. Morel, « Note sur les propriétés optiques des nitrates cubiques », Bulletin de la Société française de Minéralogie, vol. 10, no 9, , p. 318–323 (ISSN 0366-3248, DOI 10.3406/bulmi.1887.2082, lire en ligne, consulté le )
  3. Mostachi D, Vaillant T & Widemann R (2013) Le Strontium: un feu d'artifice de propriétés. Journal de physique et de chimie des étudiants Numéro 6 - 01 Avril 2023 Pages 5-15.
  4. Fiche de données de sécurité selon le Règlement (CE) no 1907/2006 (REACH), modifié par le règlement no 2020/878/UE Strontium nitrate =99 %, p.a., ACS ; mis à jour le 04.10.2016, révisé le 19.09.2024.
  5. Paul Gaubert, « Sur la syncristallisation de deux substances différentes », Bulletin de la Société française de Minéralogie, vol. 28, no 4, , p. 180–184 (ISSN 0366-3248, DOI 10.3406/bulmi.1905.2754, lire en ligne, consulté le ).
  6. (en) Hongbo Zhai, Whitney Hannon, Gary S. Hahn et Alessandra Pelosi, « Strontium nitrate suppresses chemically‐induced sensory irritation in humans », Contact Dermatitis, vol. 42, no 2, , p. 98–100 (ISSN 0105-1873 et 1600-0536, DOI 10.1034/j.1600-0536.2000.042002098.x, lire en ligne, consulté le )
  7. (en) Gary S. Hahn, « Strontium Is a Potent and Selective Inhibitor of Sensory Irritation: », Dermatologic Surgery, vol. 25, no 9, , p. 689–694 (ISSN 1076-0512, DOI 10.1046/j.1524-4725.1999.99099.x, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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