Nitrate de strontium
Le nitrate de strontium (Sr(NO₃)₂) est un composé chimique réactif (comburant), contenant les éléments strontium, azote et oxygène dont la formule est Sr(NO3)2. I
| Nitrate de strontium | |
| Identification | |
|---|---|
| No CAS | |
| No ECHA | 100.030.107 |
| No CE | 233-131-9 |
| SMILES | [N+](=O)([O-])[O-].[N+](=O)([O-])[O-].[Sr+2] , |
| InChI | InChI : InChI=1/2NO3.Sr/c2*2-1(3)4;/q2*-1;+2 |
| Apparence | cristaux blancs cubiques |
| Propriétés chimiques | |
| Formule | Sr(NO3)2 |
| Masse molaire[1] | 211,63 ± 0,01 g/mol N 13,24 %, O 45,36 %, Sr 41,4 %, |
| Propriétés physiques | |
| T° fusion | 570 °C |
| T° ébullition | 645 °C |
| Solubilité | 80,2 g/100 g dans l'eau à 25 °C. Peu soluble dans l'éthanol et l'acétone |
| Masse volumique | 2.99 |
| Précautions | |
| Directive 67/548/EEC | |
Symboles : Xi : Irritant O : Comburant Phrases R : R8 : Favorise l’inflammation des matières combustibles. R36/38 : Irritant pour les yeux et la peau. Phrases S : S17 : Tenir à l’écart des matières combustibles. S26 : En cas de contact avec les yeux, laver immédiatement et abondamment avec de l’eau et consulter un spécialiste. |
|
| Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire. | |
| modifier |
|
Ce sel cristallin (à double réfraction optique)[2], incolore et inodore, très soluble dans l'eau (~660 g/l à 20 °C), est utilisé en pyrotechnie pour des effets de couleur rouge quand il est exposé à une forte température (Schmeisser en 1794 est le premier à caractériser le strontium par la couleur de flamme, et il l'a fait avec du nitrate de strontium Sr(NO3)2)[3] ; c'est aussi lui qui donne la couleur rouge intense des fusées de détresse, visible de loin, même de jour, quand elles sont lancées en mer. Comme c'est aussi un oxydant puissant, il contribue à entretenir les réactions de combustion, ce qui le rend également dangereux. Il est présent dans certaines encres[4] (encres techniques ou de sécurité) en tant que métal alcalino-terreux qui, combiné à d'autres substances, contribue à la luminosité et à la durabilité de certaines teintes rouges.
Au début du XXe siècle, le minéralogiste Paul Gaubert constate que le bleu de méthylène colore aussi les cristaux de nitrate de strontium hydraté qui se montrent alors très polychroïques, même s'ils sont très petits[5].
Du point de vue toxicologique, et en matière de santé environnementale, il est notamment classé comme irritant et substance dangereuse (comburant) par le règlement européen CLP (Classification, Labelling and Packaging). Voici les principaux risques associés :
- Nocif en cas d'ingestion (H302) : peut provoquer des troubles gastro-intestinaux ;
- Irritant pour la peau (H315) : peut causer des rougeurs ou des démangeaisons ;
- Irritation sévère des yeux (H319) : risque de lésions oculaires importantes ;
- Irritation des voies respiratoires (H335) : en cas d'inhalation de poussières ;
- Comburant puissant (H271) : il peut aggraver un feu ou un incendie ; il réagit vivement avec certains produits (ex : Magnesium-Poudre, Poudres métalliques, PVC: polychlorure de vinyle, Soufre) et peut causer une explosion en présence de matières combustibles, Réducteurs, Anhydride acétique, Hydrures et par forte chaleur. Il est incompatible avec certains matériaux (ex. : PVC, polychlorure de vinyle).
Il est aussi classé par la Directive cadre sur l'eau dans la Liste indicative des principaux polluants (polluants métalliques (« Métaux et leurs composés ») ; et eutrophisants (« Substances contribuant à l'eutrophisation »).
Évaluation de la sécurité chimique : Selon sa fiche de sécurité « Aucune évaluation de la sécurité chimique n'a été effectuée pour la substance »[note 1]

Selon une étude en double aveugle (2001), le nitrate de strontium pourrait réduire certaines sensations d'irritation cutanée chimiquement induite, ce qui pourrait peut être le rendre intéressant pour certaines formulations dermocosmétiques selon les auteurs. L'étude n'a cependant porté que sur huit personnes, volontaires, qui ont reçu un seul irritant, une seule fois, sur un avant-bras, une application topique d'un mélange contenant 20 % de nitrate de strontium dans 70 % d'acide glycolique (pH = 0,6), tandis que l'autre bras recevait l'acide glycolique seul en tant que témoin positif. L'intensité de l'irritation (picotements, brûlures, démangeaisons) a été mesurée chaque minute pendant 20 minutes, selon une échelle de 0 à 4. Le nitrate de strontium a significativement diminué la durée moyenne de l'irritation (passant de 24,4 ± 4,1 minutes à 8,9 ± 3,7 minutes ; p < 0,01), ; et il a atténué l'intensité globale de la sensation à tous les temps de mesure (p < 0,05)[6],[7]. D'autres auteurs envisagent de l'utiliser sous forme de nanoparticules thérapeutiques.
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ En droit européen, la notion de sécurité chimique désigne l'ensemble des mesures visant à garantir que les substances chimiques utilisées, produites ou mises sur le marché ne présentent pas de risques inacceptables pour la santé humaine ou l'environnement. Cette approche est encadrée principalement par le règlement REACH (CE n°1907/2006), qui impose aux industriels l'obligation d'évaluer les dangers et les risques liés à leurs substances, de documenter ces évaluations dans un rapport de sécurité chimique (Chemical Safety Report, CSR), et de mettre en œuvre des mesures de gestion appropriées.
Références
modifier- ↑ Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
- ↑ J. Morel, « Note sur les propriétés optiques des nitrates cubiques », Bulletin de la Société française de Minéralogie, vol. 10, no 9, , p. 318–323 (ISSN 0366-3248, DOI 10.3406/bulmi.1887.2082, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Mostachi D, Vaillant T & Widemann R (2013) Le Strontium: un feu d'artifice de propriétés. Journal de physique et de chimie des étudiants Numéro 6 - 01 Avril 2023 Pages 5-15.
- ↑ Fiche de données de sécurité selon le Règlement (CE) no 1907/2006 (REACH), modifié par le règlement no 2020/878/UE Strontium nitrate =99 %, p.a., ACS ; mis à jour le 04.10.2016, révisé le 19.09.2024.
- ↑ Paul Gaubert, « Sur la syncristallisation de deux substances différentes », Bulletin de la Société française de Minéralogie, vol. 28, no 4, , p. 180–184 (ISSN 0366-3248, DOI 10.3406/bulmi.1905.2754, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Hongbo Zhai, Whitney Hannon, Gary S. Hahn et Alessandra Pelosi, « Strontium nitrate suppresses chemically‐induced sensory irritation in humans », Contact Dermatitis, vol. 42, no 2, , p. 98–100 (ISSN 0105-1873 et 1600-0536, DOI 10.1034/j.1600-0536.2000.042002098.x, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Gary S. Hahn, « Strontium Is a Potent and Selective Inhibitor of Sensory Irritation: », Dermatologic Surgery, vol. 25, no 9, , p. 689–694 (ISSN 1076-0512, DOI 10.1046/j.1524-4725.1999.99099.x, lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- J. C. Voegele, J. Fischer et R. Weiss, « Complexes de cations alcalins et alcalino-terreux avec des ligands tripodes. III. Structure cristalline du complex triéthanolamine–nitrate de strontium », Acta Crystallographica Section B Structural Crystallography and Crystal Chemistry, vol. 30, no 1, , p. 66–69 (ISSN 0567-7408, DOI 10.1107/s0567740874002214, lire en ligne, consulté le )
- Luu Dang Vinh, M. Abenoza, A. Armengaud et J.M. Pastor, « Effets de temperature sur les modes normaux du monocristal de nitrate de strontium », Spectrochimica Acta Part A: Molecular Spectroscopy, vol. 33, no 2, , p. 213–220 (ISSN 0584-8539, DOI 10.1016/0584-8539(77)80017-2, lire en ligne, consulté le )
- Pierre Lerch et Paul Bergier, « Nouvelle Installation de comptage à bas niveau pour la mesure du Strontium-90 dans les os humains », CHIMIA, vol. 18, no 1, , p. 16 (ISSN 2673-2424 et 0009-4293, DOI 10.2533/chimia.1964.16, lire en ligne, consulté le )
- Sheng Dai et Y. H. Ju, « Solvent extraction of strontium nitrate by a crown ether using room-temperature ionic liquids † », sur Journal of the Chemical Society, Dalton Transactions, (ISSN 0300-9246, DOI 10.1039/a809672d, consulté le ), p. 1201–1202