La Nordic League (NL) est une organisation politique d’extrême droite britannique antisémite fondée par Archibald Maule Ramsay en 1935 et dissoute en 1939, dont l'ambition était de coordonner les divers courants extrémistes tout en s’attachant concomitamment à la diffusion du nazisme. Cette ligue privée s'est abstenu de toute manifestation publique[1].

Histoire

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Fondation

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La Nordic League (NL) nait en 1935, lorsque des émissaires de la Nordische Gesellschaft d’Alfred Rosenberg parviennent en Grande-Bretagne afin d’y instituer une version britannique de leur mouvement[2]. L’artisan principal de ce nouveau groupement est le député unioniste Archibald Maule Ramsay, qui préside le conseil de direction composé de quatorze membres. La charte constitutive du groupe le définit comme une « association de Britanniques conscients de leur race » et se propose de fédérer l’ensemble des mouvements d’extrême droite et fascistes, en accordant une importance particulière à l’antisémitisme[3].

La Ligue s’emploie à fédérer les figures de l’extrême droite, ainsi qu’en atteste en avril 1939 une assemblée où Ramsay s’exprime, présidée par un adhérent de la British Union of Fascists, secondée par l’ancien président des British Fascists R. B. D. Blakeney et par E. H. Cole[1], affilié à l'Imperial Fascist League. Figurent parmi les autres adhérents de premier plan J. F. C. Fuller, Serocold Skeels — chef du United Empire Fascist Party et agent nazi —, Henry Hamilton Beamish, Arnold Leese ainsi que P. J. Ridout[3]. Ce dernier se distingue par sa contribution à l’accréditation du slogan du N. L. « Périssez Juda », fréquemment abrégé en « P. J. » dans l’espace public[4].

Oswald Mosley, dirigeant de la British Union of Fascists, redoutant une association trop étroite avec la rhétorique extrémiste de la Ligue, refuse d’y adhérer ; il autorise néanmoins les membres de son parti à le faire, ce que des figures telles que Fuller, Robert Gordon-Canning et Oliver C. Gilbert accomplissent sans réserve[2]. Par le truchement de ces liens, la BUF absorbe le National Socialist Workers Party, formation modeste dirigée par le lieutenant-colonel Graham Seton Hutchison, adhérent du National League[5].

Groupes de front

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La NL entretient des liens étroits avec les White Knights of Britain, société secrète également désignée sous l’appellation Hooded Men, dont les rites initiatiques s’inspirent de la franc-maçonnerie et se trouvent rapprochés de ceux du Ku Klux Klan ; cette formation demeure en activité de 1935 à 1937[6]. Les White Knights et la NL occupent conjointement le même édifice à titre de siège[2]. Un autre groupement, les Militant Christian Patriots, actif après la crise de Munich et qui adjure Neville Chamberlain de se tenir à l’écart d’une « guerre juive », se trouve également en relation étroite avec la NL et est regardé par le MI5 comme une organisation-écran[5]. Par le truchement de ce groupement et d’une autre structure de couverture, la Liberty Restoration League, la NL parvient à s’assurer le concours de personnalités de premier plan telles que le duc de Wellington, la duchesse de Hamilton, le baron Brocket et Michael O’Dwyer[3].

Réponse et disparition

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Après la Nuit de Cristal, la NL fait l’objet d’un examen de plus en plus attentif, notamment en raison de la virulence des discours antisémites de Ramsay, William Joyce et A. K. Chesterton[7]. D’autres, tel Elwyn Wright, qui jusqu’en 1937 occupait le secrétariat de l’Anglo-German Fellowship, préconisent la fusillade des Juifs, tandis que le commandant E. H. Cole stigmatise la Chambre des communes comme peuplée de « porcs juifs bâtardisés »[7]. Un tel langage extrémiste se retourne toutefois contre la NL, car ses orateurs sont tenus par le public pour fort aliénés, si bien que leurs arguments favorables à la politique d’apaisement demeurent négligés[8].

Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, deux membres éminents, T. Victor-Rowe et Oliver Gilbert, se trouvent placés en internement ; la NL entre alors largement en sommeil, ses adhérents se rattachant à d’autres formations antimilitaristes plus ostensibles[8]. La Ligue se dissout officiellement dès la déclaration de guerre, bien qu’elle poursuive des conciliabules clandestins au domicile de Gilbert jusqu’à l’incarcération de celui-ci à la fin de septembre 1939[9]. Deux de ses membres, Joyce et Margaret Bothamley, quittent la Grande-Bretagne pour l’Allemagne nazie après l’ouverture des hostilités[10]. Eu égard à l’affinité de la NL avec le nazime, l’organisateur de la BUF, Alexander Raven Thomson, préconise même que Mosley stigmatise publiquement la Ligue comme traître afin de conférer à son mouvement une apparence plus patriotique ; toutefois, le règlement de défense 18B entre en vigueur avant que cette démarche puisse être tentée[pas clair][11].

Références

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  1. 1 2 Benewick 1969, p. 289.
  2. 1 2 3 Dorril 2007, p. 425.
  3. 1 2 3 Thurlow 1987, p. 80.
  4. Thurlow 1987, p. 81.
  5. 1 2 Dorril 2007, p. 426.
  6. Thurlow 1987, p. 80-81.
  7. 1 2 Thurlow 1987, p. 82.
  8. 1 2 Thurlow 1987, p. 83.
  9. Dorril 2007, p. 465.
  10. Thurlow 1987, p. 170-171.
  11. Dorril 2007, p. 493.

Liens externes

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