Nyctalus lasiopterus
La Grande Noctule (Nyctalus lasiopterus) est une espèce de chauve-souris européenne de la famille des Vespertilionidae, et la plus grande d'Europe.
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VU : Vulnérable
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Nyctalus lasiopterus (von Schreber in E. A. W. von Zimmermann, 1780)[1]
- Protonyme : Vespertilio lasiopterus von Schreber in E. A. W. von Zimmermann, 1780[1]
- Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Grande noctule[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9], Noctule géante[5],[6], Noctule de Fatio[5]
- Noms vernaculaires (langage courant) : gau-saguzar handi (basque)[6], nòctul gegant (catalan)[6], nozigell vras (breton)[6]
Description
modifierC'est la plus grande des espèces de chauves-souris présentes en Europe. Sa taille atteint 14 à 17 cm pour une envergure de 41 à 46 cm. Elle pèse autour de 45 g[10]. Elle est peu commune et bien des aspects de sa biologie sont encore mal connus.
Habitat et répartition
modifierElle se rencontre surtout dans la péninsule ibérique, le sud-est de l'Europe et autour du bassin méditerranéen. Bien que rare en France, elle est régulièrement détectée au sud d'une ligne Besançon-Nantes. La majorité des observations se concentre dans les Landes, le sud du Massif central et la Corse. Des colonies de mise-bas (femelles et jeunes) ont été vues en France en 2012 dans le Massif central dans le Puy-de-Dôme et l'Aveyron. Sa reproduction est également mise en évidence dans les Monts du Lyonnais en 2016. Depuis 2016, des colonies de mâles ont également été découvertes dans l'Aveyron puis dans le Cantal.
La grande noctule vit dans les forêts, de feuillus comme de conifères. La plupart des gîtes connus sont cependant situés dans des forêts de feuillus[11].
Avant les suivis des populations françaises du Massif central, il était admis que les femelles migraient loin des mâles pour aller mettre bas. Mais la présence de groupes de mâles dans des secteurs géographiques correspondant à ceux des femelles reproductrices remet en question ce schéma de ségrégation sexuelle des migrations. D'autant que, dans le Puy-de-Dôme, une population de mâles co-exploite même les habitats et certains arbres gîtes des femelles reproductrices.
Écologie et comportement
modifierUne étude[12] de 2007 basée sur le suivi de la composition isotopique du sang des grandes noctules et de celle des proies potentielles montre que cette espèce qui consomme ordinairement de gros insectes s'alimente de petits passereaux lors de la migration nocturne de ceux-ci. Ce phénomène est surtout sensible lors des migrations d'automne. Après l'observation de la présence de plumes dans les excréments de noctules décrite en 2001, cette étude confirme l'hypothèse de cette prédation qui n'a jusqu'à présent pas pu être observée en direct. La grande noctule était le seul prédateur nocturne connu à l'époque capable d'attraper des oiseaux en plein vol et de les consommer sans se poser à terre. Il est cependant possible que deux autres espèces de chauves-souris, Ia io en Asie et Eumops underwoodii en Amérique, présentent un comportement analogue. Personne n'a encore jamais été témoin de cette chasse nocturne, guidée par l'écholocation, qui serait souvent pratiquée à plus de 1 000 mètres d'altitude[13].
Son vol est décrit comme rapide, notamment ses plongeons lors de la chasse.
Avec le molosse de Cestoni (Tadarida teniotis), la grande noctule fait partie des rares espèces européennes dont les cris d'écholocalisation se situent dans le domaine audible et non ultrasonore[14], aux alentours de 14 kHz typiquement. Ses signaux peuvent donc être écoutés et enregistrés sans l'aide de matériel spécialisé habituellement utilisé pour les autres espèces.
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Marc Duquet, Hervé Maurin, Patrick Haffner : Inventaire de la faune de France, Nathan, 2005 (ISBN 2092780468)
Liens externes
modifier- (en) Animal Diversity Web : Nyctalus lasiopterus (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Nyctalus lasiopterus (Schreber, 1780) (consulté le )
- (fr) CITES : taxon Nyctalus lasiopterus (sur le site du ministère français de l'Écologie) (consulté le )
- (en) Fauna Europaea : Nyctalus lasiopterus (Schreber, 1780) (consulté le )
- (fr) INPN : Nyctalus lasiopterus (Schreber, 1780) (TAXREF) (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Nyctalus lasiopterus (Schreber, 1780) (consulté le )
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Nyctalus lasiopterus Schreber, 1780 (consulté le )
- (en) UICN : espèce Nyctalus lasiopterus (Schreber, 1780) (consulté le )
- (en) NCBI : Nyctalus lasiopterus (taxons inclus) (consulté le )
- Séquence d'écholocation de N. lasiopterus.
- (fr + en) EOL : Nyctalus lasiopterus (Schreber 1780) (consulté le ).
- (fr + en) GBIF : Nyctalus lasiopterus (Schreber, 1780) (consulté le ).
- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Nyctalus lasiopterus (von Schreber in E. A. W. von Zimmermann, 1780) (consulté le ).
Références
modifier- 1 2 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- ↑ Catalogue of Life Checklist, consulté le .
- ↑ Christian Meyer, « noctules », sur le Dictionnaire des Sciences Animales (en ligne), Montpellier, CIRAD (consulté le ).
- ↑ CITES, consulté le .
- 1 2 3 (la + en + de + fr + it) Murray Wrobel, Elsevier's Dictionary of Mammals, Amsterdam, Elsevier, , 868 p. (ISBN 008048882X et 9780080488820, lire en ligne).
- 1 2 3 4 5 EOL, consulté le .
- ↑ GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le .
- ↑ MNHN & OFB [Ed]. 2003-présent. Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), Site web : https://inpn.mnhn.fr, consulté le .
- ↑ UICN, consulté le .
- ↑ Nathaniel Herzberg, « La grande noctule, chauve-souris mangeuse de rouges-gorges : Chaque année, le mammifère volant guette la migration des passereaux pour lancer la chasse. Des chercheurs ont équipé 17 spécimens de capteurs miniaturisés pour une observation inédite de leur comportement. », sur lemonde.fr, Le Monde,
- ↑ Jon Russ, Les chauves-souris par le son, Paris, Delachaux & Niestlé, (ISBN 978-2-603-02963-3), p. 288
- ↑ Popa-Lisseanu AG, Delgado-Huertas A, Forero MG, Rodríguez A, Arlettaz R, et al. (2007) Bats' Conquest of a Formidable Foraging Niche: The Myriads of Nocturnally Migrating Songbirds dans PLoS One 2(2): e205. doi:10.1371/journal.pone.0000205
- ↑ (en) Carlos Ibáñez, Javier Juste et Pablo T. Agirre-Mendi, « Bat predation on nocturnally migrating birds », PNAS, vol. 98, no 17, , p. 9700-9702 (PMID 11493689, PMCID 55515, DOI 10.1073/pnas.171140598, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ on peut trouver des enregistrements sonores sur batcalls.com.