Oblates de Saint François de Sales
Les Oblates de Saint François de Sales (en latin : Oblati Sancti Francisci Salesii) forment une congrégation religieuse féminine enseignante et missionnaire de droit pontifical.
| Oblates de Saint François de Sales | |
Devise : Nec Plus, Nec Minus | |
| Institut de droit pontifical | |
|---|---|
| Approbation pontificale | 4 avril 1911 par Pie X |
| Institut | congrégation religieuse |
| Type | apostolique |
| Spiritualité | salésienne |
| But | enseignement, mission |
| Structure et histoire | |
| Fondation | 11 octobre 1871 Troyes |
| Fondateur | Léonie Aviat & Louis Brisson |
| Abréviation | O.S.F.S. |
| Patron | François de Sales |
| Site web | site officiel |
| Liste des ordres religieux | |
Histoire
modifierAu milieu du XIXe siècle, Troyes connaît un grand essor industriel avec l'ouverture de filatures, mais les conditions sociales des ouvrières sont précaires. Avec les encouragements de mère Marie de Sales Chappuis, visitandine et supérieure du couvent de la Visitation de Troyes, l'abbé Louis Brisson fonde pour les ouvrières des patronages et des maisons d'accueil[1], d'abord confiés à des demoiselles pieuses[2]. Pour assurer la stabilité de l'œuvre, l'abbé Brisson décide de fonder une nouvelle congrégation religieuse[3]. En 1866[4], la direction de l'œuvre est confiée à Léonie Aviat et Lucie Canuet, deux anciennes élèves de la Visitation de Troyes,[1]qui sont formées à la vie religieuse par la mère Marie de Sales Chappuis[3].
Le , Léonie Aviat et Lucie Canuet reçoivent l'habit religieux des mains de Gaspard Mermillod, évêque de Genève. Léonie prend le nom de Françoise de Sales[5]. Le , elle fait sa profession religieuse[4]en présence de Louis-Gaston de Ségur, qui préside la cérémonie[6]. Par la formation reçue à la Visitation, les sœurs sont imprégnées de spiritualité salésienne. Elles adoptent le directoire spirituel de saint François de Sales et les premières constitutions sont inspirées de celles des visitandines[1]. En 1872, la communauté de Sainte-Marie de Lorette fondée le 7 mars 1827 à Paris par l'abbé Christophe-Édouard-François de Malet (1784-1843)[7], qui avait pour but d'accueillir les jeunes filles pauvres[8]et de prier pour les âmes du purgatoire[9], fusionne avec les oblates[10].
Le but premier de la congrégation est l'accueil et la formation des ouvrières mais le manque de connaissance élémentaire constatée chez les apprenties incite les fondateurs à créer des écoles primaires à Troyes et ses environs pour les enfants des milieux populaires[11], puis des pensionnats de jeunes filles[12]. Après Troyes, l’institut s'installe dans plusieurs villes de France avec la création d’œuvres ouvrières et de maisons d’éducation[13]. Elles s'implantent ensuite en Europe (Autriche, Suisse, Angleterre et Italie) et s'associent également à l'apostolat missionnaire des Oblats de Saint François de Sales en ouvrant une maison en Afrique du Sud, puis une autre en Équateur[4]. Elles sont chassées de France par les lois antireligieuses de la Troisième République en 1901. La maison-mère et le noviciat s’installent à Pérouse, en Italie[14]. Les sœurs qui restent en France sont obligées de quitter l’habit religieux. Elles sont autorisées à le reprendre en 1941[15]. Elles reviennent à Troyes en 1948. À partir de 1950, elles ouvrent de nouvelles maisons en Allemagne, aux États-Unis et en Colombie[16]. Pie X approuve la congrégation le [4].
Activité et diffusion
modifierLes sœurs gèrent des écoles et des œuvres de promotion sociale, ainsi que des maisons de retraite et des orphelinats.
Elles sont présentes en[17]:
- Europe : France, Autriche, Suisse, Italie.
- Amérique : États-Unis, Équateur, Colombie.
- Afrique : Afrique du Sud, Namibie.
La maison généralice est à Troyes.
En 2017, la congrégation comptait 334 sœurs dans 46 maisons[18].
Notes et références
modifier- 1 2 3 Mesnard 1998, p. 457.
- ↑ Deshairs 1998, p. 566.
- 1 2 Deshairs 1998, p. 566-568.
- 1 2 3 4 Balboni 1980, p. 607-609.
- ↑ Deshairs 1998, p. 569-570.
- ↑ Hédouville 1957, p. 469.
- ↑ Anonyme 1877, p. 105.
- ↑ Leboeuf 1867, p. 210.
- ↑ Anonyme 1877, p. 109.
- ↑ Molette 1974, p. 268.
- ↑ Stiegler 2001, p. 365.
- ↑ Mesnard 1998, p. 458.
- ↑ « Léonie Aviat » (consulté le )
- ↑ Stiegler 2001, p. 365-366.
- ↑ « Notre histoire » (consulté le )
- ↑ Stiegler 2001, p. 366.
- ↑ « Nos communautés » (consulté le )
- ↑ (it) Annuaire pontifical, Vatican, Librairie éditrice vaticane, , 2329 p. (ISBN 978-88-209-9975-9 et 88-209-9975-7), p. 1579
Bibliographie
modifier- Anonyme, Un modèle pour tous, ou vie de Christophe-Edouard-François Cte de Malet, Paris, René Haton, , 504 p. (lire en ligne).

- Jean Leboeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, vol. 4, t. 3, Paris, A. Durand, (lire en ligne).

- Charles Molette, Guide des sources de l'histoire des congrégations féminines françaises de vie active, Éd. de Paris, , 477 p.

- Guy Mesnard, La vie consacrée en France : ses multiples visages, Éditions de Solesmes, (ISBN 978-2-85274-198-0).

- (it) Ruggero Balboni, « Suore oblate di San Francesco di Sales », dans Guerrino Pelliccia et Giancarlo Rocca, Dizionario degli Istituti di Perfezione, vol. VI, Edizione Paoline, , p. 607-609.

- P. Durour, « Brisson (Le R. P. Louis-Alexandre) », dans Dictionnaire de spiritualité, t. I, Beauchesne, , p. 1962.

- Deshairs, Vie de la vénérée Mère Marie de Sales Chappuis de l'Ordre de la Visitation Sainte-Marie, , 723 p. (lire en ligne).

- Marthe de Hédouville, Monseigneur de Ségur : sa vie, son action, 1820-1881, Nouvelles Éditions latines, , 699 p.

- Françoise-Isabelle Stiegler, « Oblates de Saint François de Sales », dans Daniel-Odon Hurel (dir.), Guide pour l'histoire des ordres et des congrégations religieuses France XVIe au XXe siècle, vol. 111, Brepols, coll. « Bibliothèque de l'École des Hautes Études, Sciences Religieuses », (ISBN 9782503561059), p. 365-366.

- Anonyme, La congrégation des religieuses oblates de saint François de Sales, Paris, Letouzey et Ané, coll. « Les ordres religieux », , 153 p.