Observatoire cantonal de Neuchâtel

L'Observatoire cantonal de Neuchâtel est un observatoire astronomique et chronométrique fondé le par le canton de Neuchâtel. Il est situé à Neuchâtel et fait partie des biens culturels d'importance nationale. Les divers services de l'observatoire ont été fermés en 2007 et repris par diverses institutions.

Observatoire cantonal de Neuchâtel
Bâtiment dit de la méridienne
Présentation
Type
Partie de
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Destination initiale
Style
Architecte
Construction
Ouverture
Propriétaire
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486 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
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Histoire

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Sollicitation et création de l'Observatoire

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Le rapport de l'exposition universelle de 1855

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Au cours du XIXe siècle, l'industrie horlogère se développe fortement dans le canton de Neuchâtel et en devient l'activité économique principale[1]. L'ampleur de ce développement, ainsi que la volonté d'orienter la production vers une horlogerie de précision, mettent en exergue l'absence de politique globale en faveur de cette industrie[2]. La révolution de 1848 ouvre la voie à une transformation des dynamiques politiques et économique[2]. Le Conseil d'état neuchâtelois envoie des délégués à l'exposition universelle de Paris de 1855[2]. Ces derniers ont pour mission de mener une étude sur les industries du chemin de fer, des machines et de l'horlogerie. Leur rapport constitue le point de départ du projet d'observatoire à Neuchâtel[2],[3]. Les experts constatent en effet que la stagnation des industries horlogères françaises et anglaises constituent une opportunité pour les fabricants neuchâtelois, à condition que le canton mettent en place plusieurs soutiens concrets[2]. Ils réclament notamment la construction d'un observatoire gouvernemental destiné à établir des bulletins de marche pour les chronomètres fabriqués dans la région[2],[3]. Ce certificat a pour objectif de fournir un avantage commercial aux industriels[2]. Pour répondre à cet objectif pratique, l'établissement esquissé dans le rapport de 1855 est relativement minimaliste[2].

Le projet Ladame

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Le Conseil d'état accorde son attention aux conclusions du rapport de 1855 et mandatent Henri Ladame en janvier 1856 pour mener une étude approfondie du projet[2]. Ladame s'appuie sur des visites des observatoires de Zurich, Genève et Berne[2]. Il juge notamment la dimension astronomique et scientifique inutiles pour remplir les buts fixés par le rapport de 1855[2]. L'étude de Ladame est adoptée par le gouvernement neuchâtelois qui initie une première fois la concrétisation du projet lors de la session de juin 1856[2]. Cependant, la tentative de contre-révolution met un terme aux démarches de manière prématurée[2].

Le rapport Desor, Vouga et Favre

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En décembre 1857, l'exécutif neuchâtelois souhaite reprendre le projet et demande des études supplémentaires[2]. L'étude de Ladame est ainsi examinée par la Commission d'état des écoles industrielles qui souhaite l'élargir[2]. Un comité d'experts, composé de Edouard Desor, Louis Favre et Charles-Auguste Vouga, est alors sollicité[2]. Leur projet et les frais prévus sont bien plus importants que pour l'étude Ladame[2]. Face à ces avis divergent, le conseil d'état sollicite un spécialiste en la personne d'Adolphe Hirsch[2].

Le rapport Hirsch

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Alors en route pour Paris, Hirsch fait une halte au printemps 1858 à Neuchâtel pour étudier le projet d'observatoire[2]. Ce dernier rend son rapport au mois de mars 1858[4]. Le projet prend alors une nouvelle dimension en intégrant une composante de recherche astronomique absente jusqu'alors[2]. Il préconise notamment la création d'un établissement à la pointe de la technologie, capable de s'insérer dans le réseau scientifique existante[2]. Le rapport établit également la localisation idéale de l'observatoire - sur la colline du Mail à Neuchâtel - les instruments nécessaires, le personnel ainsi que leurs tâches[2]. Ce rapport fait l'unanimité auprès des politiques. Il est présenté par Aimé Humbert à la session de mai 1858[2]. La fondation de l'observatoire est officiellement actée lors de la session du 18 mai 1858[2]. L'établissement scientifique a pour double mission de déterminer et transmettre l'heure quotidiennement et de contrôler la précision des chronomètres déposés par les fabricants de la région[2].

Sous la direction d'Adolphe Hirsch (1858-1901)

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Adolphe Hirsch est engagé comme directeur de l'établissement scientifique peu de temps après sa fondation[5]. Il participe dès le départ aux travaux, supervisés par l'architecte cantonal Hans Rychner, notamment en déterminant l'orientation du bâtiment et l'emplacement des piliers du futur cercle méridien, commandé auprès du fabricant Ertel & Sohn, ainsi qu'en passant commande des instruments astronomiques - majoritairement auprès de fabricants allemands[2]. Hirsch commande deux pendules de référence, la première auprès de Joseph Thadaeus Winnerl et la deuxième de Charles Sheperd[2]. Hirsch met au concours auprès des fabricants neuchâtelois l'acquisition de deux pendules astronomiques en août 1858[2]. Cinq pendules sont déposées. Au terme des observations, le choix se porte sur une pièces fabriquée par l'Association ouvrière et sur une pendule d'Alexandre Houriet[2]. Hirsch s'installe à Neuchâtel en avril 1859 pour superviser l'installation des instruments astronomiques[2]. La construction du bâtiment se termine en 1860 et son inauguration a lieu la même année[2]. Le 25 juin 1860, le signal horaire est transmis pour la première fois par voies télégraphiques de l'Observatoire à La Chaux-de-Fonds, au Le Locle et Berne[2]. Dès lors, l'observatoire de Neuchâtel transmet quotidiennement l'heure à 13 heures à ces localités. L'observatoire étant totalement intégré à l'état, un règlement de service est édicté le 22 janvier 1861. Conformément aux missions confiées à l'observatoire, les premiers chronomètres sont déposés par les fabricants de la région à partir de 1861[2]. Durant les premières années, le personnel de l'Observatoire se limite à deux personnes: Hirsch et un gardien-concierge. Un aide-astronome est engagé en 1864, bien que la description de ses tâches soient déjà présentes dans le règlement de 1861[2]. Un concours annuel de chronométrie est instauré en 1865 dans le but de récompenser les meilleurs chronomètres déposés[2]. L'observatoire est raccordé au réseau d'eau de la ville en 1869. Durant les années 1870, plusieurs réparations urgentes doivent être effectuées sur le bâtiment[2]. En 1877, Hirsch acquiert une pendule astronomique supplémentaire auprès de l'horloger Kutter, basé à Stuttgart. Une pendule électrique fabriquée par Matthäus Hipp est ensuite installée en 1879[2]. La lumière électrique est installée en 1895[2]. Dans son testament, Adolphe Hirsch lègue l'intégralité de sa fortune à l'état de Neuchâtel, avec pour mission de développer l'observatoire, notamment la recherche astronomique. Ce patrimoine, constitué d'actions et de participations à des entreprises, constitue une opportunité pour l'établissement scientifique[2].

L'ère Louis Arndt (1901-1934)

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Après le décès d'Adolphe Hirsch, Louis Arndt reprend d'abord la direction par intérim[2]. Il est confirmé dans son poste à la fin de l'année 1901[2]. Arndt est chargé de mettre en oeuvre les dispositions testamentaires de son prédécesseur[2]. Il s'attelle tout d'abord à la réparation de la lunette équatoriale et au remplacement de la pendule Sheperd[2]. Le don de David Perret d'une pendule astronomique de sa fabrication à l'observatoire en 1901, permet de remplacer la Sheperd[2]. Le cercle méridien Ertel & Sohn présentant des signes de faiblesse, Arndt acquiert en 1907 un instrument coudé des passages auprès de Carl Bamberg[2]. Cet instrument permet de poursuivre les travaux de détermination de l'heure sans interruption[2]. Arndt entreprend ensuite plusieurs voyages afin d'étudier les possibilités d'usage du legs Hirsch[2]. Il recommande à la commission d'inspection de l'établissement de se tourner vers la photographie céleste. Un triple réfracteur est commandé à l'entreprise Carl Zeiss en 1908[2]. Cet achat impose une réorganisation spatiale complète de l'observatoire, le bâtiment de la méridienne étant sous-dimensionné pour accueillir le nouvel instrument[2]. Un nouveau bâtiment, dit pavillon Hirsch, est ainsi construit entre 1908 et 1912[2]. En parallèle, le bâtiment d'origine est entièrement rénové et le cercle méridien Ertel remplacé par un nouvel instrument fabriqué par la Société d'instruments de physique de Genève[2]. La construction du pavillon Hirsch permet une nouvelle répartition des services[2]. Le bâtiment d'origine est ainsi dédié à la détermination de l'heure et au contrôle des chronomètres, tandis que le pavillon Hirsch est consacré aux travaux astronomiques[2]. Cet agrandissement permet également l'installation d'un sismographe dans le pavillon Hirsch[2]. Cet appareil est avant tout destiné au contrôle, permettant ainsi de comprendre les variations des pendules de l'observatoire[2]. Au cours des années 1920-1930, l'observatoire est confronté à une crise sévère[2]. Le personnel réduit ne permet pas de répondre aux attentes politiques[2]. Les autorités jugent notamment que certains instruments sont sous utilisés en regard des investissements importants consacrés et que la production scientifique est insuffisante[2]. En 1923, Arndt répond aux critiques en mettant en place un vaste programme scientifique[2]. Le sismographe, jugé inefficace, est remplacé en 1925 par un nouvel appareil système Quervain-Piccard[2]. L'observatoire se retrouve également isolé[2]. La collaboration avec l'université est en effet au point mort, Louis Arndt se montrant réticent à mettre les instruments à disposition[2]. Au contraire de Hirsch, Arndt ne développe aucune activité internationale[2]. En corollaire, le rôle de l'observatoire pour le contrôle des chronomètres s'affirme[2].

Sous la direction d'Edmond Guyot (1934-1950)

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Le départ à la retraite de Louis Arndt en 1934 permet à l'observatoire de retrouver un nouveau souffle[2]. Premier neuchâtelois nommé à ce poste, Guyot propose en 1946 un projet ambitieux de transformations[2]. Rompant avec l'isolement de Arndt, Guyot noue également des contacts avec la société neuchâteloise des sciences naturelles et communique intensément[2]. Après trente ans d'utilisation du cercle méridien de la Société d'instruments de physique de Genève et de l'instrument des passages Bamberg, l'observatoire s'oriente vers l'acquisition d'un tube photographique zénital (PZT)[2]. Pour obtenir cet appareil, Guyot prend contact avec le département militaire américain en 1947 puis avec l'observatoire de Greenwich, qui cherche également à en acquérir un[2]. Guyot va alors s'allier avec l'entreprise Grubb & Parsons pour développer l'instrument neuchâtelois[2]. Son usage étant intrinsèquement lié à celui d'horloges à quartz, les trois premières sont installées en 1948 à l'observatoire[2]. Le projet aboutit en 1954 avec l'installation du PZT et de trois horloges à quartz supplémentaires[2]. Les pendules mécaniques sont conservées quelques années puis sont cédées entre 1959 et 1961 à diverses institutions muséales[2].

Bâtiments

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La création d’un observatoire à Neuchâtel se concrétise à partir de 1858, avec la nomination déjà évoquée de l’astronome Adolphe Hirsch, l’attribution du mandat de construction à l’architecte Hans Rychner et l’octroi d’un crédit de 60 000 francs par le Grand Conseil neuchâtelois[2].

Autorités et scientifiques s’accordent sans tarder sur l’emplacement de la nouvelle construction, la colline du Mail répondant à l’essentiel de leurs critères: solidité des affleurements rocheux, dégagement en direction du lac, proximité du chef-lieu et des voies de communication, mais distance suffisante de la localité et des nuisances provoquées par l’activité humaine[6].

Le premier bâtiment de l'Observatoire, appelé la Méridienne en raison de la fente qui permettait à la lunette méridienne de fonctionner.

Noyau initial ou bâtiment de la méridienne

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De 1858 à 1860, Hans Rychner réalise un bâtiment dont le programme architectural est dicté par les besoins scientifiques définis par Adolphe Hirsch. La construction est ainsi strictement orientée est-ouest, alors qu’une imposante saignée dans les façades nord et sud trahit l’utilisation d’une lunette méridienne. Certains instruments sont placés sur des piliers qui reposent directement sur le rocher, le tout entièrement isolé du plancher et du reste du bâtiment« le tout entièrement isolé du plancher et du reste du bâtiment »[7].

L’ensemble demeure de petite dimension en comparaison internationale et ne compte à dessein qu’un étage sur rez-de-chaussée. Dans un rapport au Grand Conseil, Adolphe Hirsch explique en effet qu’en matière d’observatoire, « on ne tâche plus de se rapprocher autant que possible du ciel que l’on veut observer; au contraire, on se tient le plus près possible de la terre, pour obtenir la plus grande solidité et échapper aux vibrations et aux ébranlements auxquels les édifices élevés sont plus exposés que les autres »[8].

L’édifice forme un volume compact au centre duquel se détache une sorte de tour coiffée d’un dôme; seul élément sphérique et métallique, la coupole signale clairement la destination de l’édifice. Malgré les contraintes de son mandat, l’architecte parvient à inscrire les exigences et les spécificités du programme de l’observatoire dans le cadre bien ordonné de l’architecture néoclassique. Exception faite de la fente imposée par l’usage d’une lunette méridienne, la symétrie et l’équilibre des façades sont respectés ; elles présentent un jeu discret de retraits et de saillies, ainsi qu’une facture soignée associant maçonnerie crépie et pierre de taille. La sobriété de l’ensemble rappelle qu’il s’agit d’une construction fonctionnelle plutôt qu’un édifice de prestige ; aucun élément décoratif n’indique par exemple son statut de commande publique[6].

L'ancienne maison du directeur.

Développement du site

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A l’instar des constructions industrielles et des instituts de recherches, les installations de l’Observatoire connaissent de fréquentes réparations, transformations et modernisations au gré de l’évolution de ses missions. Les contraintes techniques mentionnées plus haut empêchant de surélever les bâtiments existants, de nouvelles constructions complètent progressivement le noyau initial. La première adjonction est édifiée en 1865 au nord du bâtiment principal pour loger le directeur ; agrandie en 1948-49, elle est finalement démolie en 1991[6]. À partir de 1889, une maison du directeur abrite le logement d’Adolphe Hirsch et de ses successeurs, leur bureau et bibliothèque, ainsi qu’un réduit pour le matériel technique. En 1900, l’aide-mécanicien dispose de sa propre habitation (démolie en 1999). Commandités par l’État de Neuchâtel, ces chantiers sont alors conduits par l’architecte cantonal Auguste Ribaux. En 1912, les autorités inaugurent un nouveau lieu de recherche, le pavillon Hirsch, une réalisation de l’intendant des bâtiments de l’État, Charles-Henri Matthey (voir ci-dessous)[6].

Au cours du XXe siècle, l’observatoire connaît un développement important qui s’accompagne d’une forte demande en locaux[9]. Un édifice préfabriqué est construit en urgence en 1976 ; cette situation provisoire va durer jusqu’en 1993, date du remplacement de ce pavillon par le nouveau centre de recherche réalisé par l’architecte Didier Kuenzy[6]. L'observatoire est mis sous protection au titre de monument historique depuis 2006.

Le pavillon Hirsch, 1909-1912.

Pavillon Hirsch

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Décédé sans héritier en 1901, Adolphe Hirsch lègue sa fortune à l’État de Neuchâtel, dans l’idée de développer la recherche en astronomie. Sa générosité est en effet assortie d’une condition : les autorités disposent de dix ans pour équiper l’observatoire d’une lunette équatoriale et pour bâtir l’édifice qui l’abritera[2],[9].

Après plusieurs années de tergiversations, le chantier débute en automne 1909, sous la direction de l’intendant des bâtiments de l’État, Charles-Henri Matthey. Le gros-œuvre est suffisamment avancé en 1910 pour que la coupole – fabriquée par l’entreprise Zeiss à Iéna et envoyée en pièces détachées depuis l’Allemagne – soit montée. La construction et l’équipement arrivent à leur terme en 1911, même s’il faut attendre le pour que le pavillon soit officiellement inauguré à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de l’institution[10],[11],[12].

Respectant les clauses testamentaires, les autorités équipent le bâtiment d’une lunette équatoriale et de ses accessoires, mais elles profitent également de l’espace disponible pour aménager une salle de réunion, un laboratoire de photographie, pour créer divers locaux en sous-sol et pour installer un sismographe[2].

L'entrée du pavillon Hirsch.

Malgré le désintérêt des experts, plus versés en astronomie qu’en architecture, l’architecte va conférer à la nouvelle construction un caractère monumental et moderne en recourant au Heimatstil, un régionalisme alors en vogue en Suisse romande[13]. L’architecture du bâtiment se caractérise ainsi par son asymétrie en plan et en volume, par des façades qui reflètent la disposition intérieure et par une mise en œuvre plastique des matériaux. La juxtaposition d’une tour coiffée d’une coupole et d’une sorte de cube ou de parallélépipède à toit plat s’impose dès le début du projet pour des raisons techniques autant que stylistiques. De son côté, l’entrée renvoie à la solennité des mausolées et annonce le décor du vestibule auquel elle donne accès. Elle présente des parentés avec celle de l’Observatoire de Nice[6],[10].

Décor Art nouveau

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L'un des signes du zodiaque.

Projet et contexte

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En signe de reconnaissance, le Grand Conseil décide d’ériger un monument à la mémoire du généreux donateur. Après quelques propositions très conventionnelles, le projet connaît un profond bouleversement en 1909, lorsque Charles L’Eplattenier, artiste chaux-de-fonnier pressenti pour la confection d’un buste, propose à l’État d’étudier l’agencement de l’ensemble du vestibule et de créer une œuvre nouvelle et originale dédiée à Adolphe Hirsch[6].

Professeur à l’École d’art de La Chaux-de-Fonds, Charles L’Eplattenier cherche en effet à offrir à ses étudiants diplômés des débouchés concrets, à l’image des collaborations établies entre l’art et l’industrie dans les pays germaniques (Werkbund allemand et Wiener Werkstätte). Réunis au sein des Ateliers d’art réunis, Léon Perrin, Georges Aubert et leurs collègues vont transformer le décor du vestibule en une œuvre d’art total (Gesamtkunstwerk), s’étendant du sol au plafond, leur professeur se réservant la réalisation du buste commémoratif[4],[14].

Détail du décor de la bibliothèque.

Plus discrets mais de qualité, les rehauts décoratifs des autres locaux sont confiés au peintre neuchâtelois Alfred Blailé qui décline lui aussi une thématique stellaire[15].

Description

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L'une des portes du vestibule.

Le vestibule, en forme de cube, est orné de douze plaques de métal repoussé réparties selon un jeu de vraies et de fausses portes. « Chacun de ces panneaux comporte deux tableaux superposés. Répétition d’un modèle unique, la partie inférieure est ornée d’un décor végétal stylisé, alors que les douze motifs du zodiaque animent la partie supérieure. L’iconographie des plafonnets évoque le ciel avec les panneaux allongés ornés d’éclairs et de nuages alternant avec les carrés occupés par des oiseaux stylisés »[6]. La mosaïque du sol souligne l’ordonnance du décor et fait vraisemblablement écho à l’ancienne coupole. Aujourd’hui disparue, cette dernière était ornée d’étoiles multicolores serties dans un réseau de plâtre armé. Évocation du ciel, elle n’a malheureusement pas résisté à l’usure du temps[10].

« L’ensemble se lit du sol au plafond, soit de la terre au ciel. Le caractère minéral et l’organisation géométrique des tesselles de la mosaïque confèrent une solide assise au décor qui se développe ensuite avec les éléments végétaux à mi-hauteur, pour s’élever dans les airs avec les oiseaux et les nuages et finalement atteindre le cosmos grâce aux étoiles. De la solidité du granit à la fragilité du verre coloré, en passant par le métal repoussé, la nature des matériaux et leur façon d’absorber ou de réfléchir la lumière font partie intégrante de l’œuvre »[10].

Thème, style et postérité

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Panneau aux oiseaux.

Sous l’impulsion de Charles L’Eplattenier, le simple buste commémoratif est ainsi intégré à une œuvre d’art totale, cohérente et homogène. Les Ateliers d’art réunis réalisent un décor « déclinant des sujets chers à l’Art nouveau, comme le passage du temps, la fragilité de la vie ou les liens entre la terre et le cosmos, avec un vocabulaire ornemental souvent puisé dans les faune et flore locales. Dépassant la simple décoration, les différents éléments évoquent une vision poétique des liens que l’homme entretient avec l’univers plutôt qu’une approche scientifique de l’astronomie. »[10]

Il s’agit d’un bel exemple de déclinaison régionale de l’Art nouveau, qu’on appelle aujourd’hui le Style sapin : un vocabulaire décoratif et stylistique élaboré sur la base de l’univers végétal et animal jurassien. Cet ensemble, avec les décors du hall de la poste (aujourd’hui détruit) et du crématoire de La Chaux-de-Fonds devaient servir de vitrine aux travaux des Ateliers d’art réunis. Ces ensembles n’auront pas de postérité[14],[16].

Galerie

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Annexes

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Bibliographie

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  • Virginie Babey et Claire Piguet, « La recherche de l'exactitude », dans Jacques Bujard et Laurent Tissot (dir.), Le Pays de Neuchâtel et son patrimoine horloger, Chézard-Saint-Martin, Editions de la Chatière, , p. 224-243
  • Helen Bieri Thomson (dir.), Une expérience Art nouveau, le Style sapin à La Chaux-de-Fonds, La Chaux-de-Fonds,
  • Mika Burgat dit Grellet et Jean-Paul Schaer, « Adolphe Hirsch (1830-1901) : directeur de l'Observatoire de Neuchâtel de 1858 à 1901 » Bulletin de la Société Neuchâteloise des Sciences Naturelles, 124, 2001, 23-39, https://doi.org/10.5169/seals-89550
  • Julien Gressot, « Automating Time Determination: The Photographic Zenith Tube (PZT) of the Neuchâtel Observatory », Bulletin of the Scientific Instrument Society, 156, 2023, 16-23.
  • Julien Gressot et Romain Jeanneret, « Determining the right time, or the establishment of a culture of astronomical precision at Neuchâtel Observatory in the mid-19th century », Journal for the History of Astronomy, 53(1), 2022, 27–48, https://doi.org/10.1177/00218286211068572
  • Julien Gressot et Romain Jeanneret, « Élaborer le cercle méridien Ertel & Sohn de l’Observatoire de Neuchâtel (1858-1861) : besoins scientifiques, possibilités techniques et contraintes financières », Cahiers François Viète, III.14, 2023, 255-287, https://doi.org/10.4000/cahierscfv.4105.
  • Claire Piguet, « L'Observatoire cantonal de Neuchâtel: une architecture et un ensemble décoratif », Revue historique neuchâteloise, nos 3-4 « Fragments de patrimoine neuchâtelois », , p. 307-329 (lire en ligne)
  • Claire Piguet, « Entre ciel et terre: le pavillon Hirsch », L'Ermite herbu, Journal de l'Association des amis du Jardin botanique de l'Ermitage « Botanique et Art nouveau, de la plante vivante au décor d'apparat », , p. 8-11 (lire en ligne)
  • Lucien Trueb, L'Observatoire de Neuchâtel. Son histoire de 1858 à 2007, La Chaux-de-Fonds, Editions l'Homme et le Temps,

Article connexe

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Liens externes

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Notes et références

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  1. Jean-Marc Barrelet (dir.), Histoire du pays de Neuchâtel. 3: De 1815 à nos jours, Attinger, (ISBN 978-2-88256-063-6)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 Julien Gressot, Forger le temps. L'Observatoire cantonal de Neuchâtel (1858-1960), Neuchâtel, Alphil, (ISBN 978-2-88930-705-1[à vérifier : ISBN invalide])
  3. 1 2 Louis Richard, Dalphon Favre et Philibert Perret, Rapport présenté au Comité du canton de Neuchâtel pour l'Exposition universelle de 1855, à Paris,
  4. 1 2 Adolphe Hirsch, Rapport de M. le Dr Hirsch sur le projet de fonder un observatoire cantonal à Neuchâtel,
  5. Lucien Trueb, L'Observatoire de Neuchâtel : Son histoire de 1858 à 2007, La Chaux-de-Fonds, éditions L'Homme et le Temps, (ISBN 978-2-9700775-2-7)
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 Claire Piguet, « L'Observatoire cantonal de Neuchâtel: une architecture et un ensemble décoratif », Revue historique neuchâteloise, nos 3-4 « Fragments de patrimoine neuchâtelois », , p. 307-329
  7. Bulletin de la Société neuchâteloise des sciences naturelles, 1860, p. 232
  8. Archives de l’Etat de Neuchâtel, mémoire présenté par Adolphe Hirsch le 31 mars 1858 et publié dans Bulletin officiel des délibérations du Grand Conseil, n°18, 17 mai 1858, p. 615-616
  9. 1 2 Claire Piguet, « Entre ciel et terre: le pavillon Hirsch », L'Ermite herbu, , p. 8-11
  10. 1 2 3 4 5 Claire Piguet, « Entre ciel et terre: le pavillon Hirsch », L'Ermite herbu, Journal de l'Association des amis du Jardin botanique de l'Ermitage « Botanique et Art nouveau, de la plante vivante au décor d'apparat », , p. 98-11
  11. Feuille d'avis de Neuchâtel, 8 juillet 1912, p. 5
  12. L'Impartial, 6 juillet 1912, p. 5
  13. Claire Piguet, « Heimatstil et Art nouveau à Neuchâtel: des frères ennemis en quête de renouveau artistique », Revue historique neuchâteloise, nos 1-2, , p. 111-138
  14. 1 2 Helen Bieri Thomson (dir.), Une expérience Art nouveau, le Style sapin à La Chaux-de-Fonds, La Chaux-de-Fonds,
  15. Marie-Hélène Miauton, Alfred Blailé 1878-1967, Onelineprinters GmbH, , 110 p., p. 33
  16. Georges Aubert, Un Mouvement d’Art à la Chaux-de-Fonds, à propos de la Nouvelle Section de l’Ecole d’Art, La Chaux-de-Fonds, , p. 5-6