Odette Malossane
Odette Malossane, dite Etty, née le à Clérieux et morte le au camp de concentration de Ravensbrück, est une infirmière et résistante française.
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Etty |
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Ravensbrück (à partir de ) |
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Infirmière major de l'hôpital clandestin du maquis du Vercors, elle continue de prodiguer des soins aux blessés réfugiés dans la grotte de la Luire jusqu'à la découverte du refuge par la Wehrmacht. Arrêtée, déportée en Allemagne puis envoyée dans plusieurs kommandos disciplinaires, elle meurt d'épuisement au printemps 1945.
Biographie
modifierOdette Malossane est la fille unique de deux instituteurs, Gaston Augustin Malossane (1883-1925) et Élise Garde, née en 1885. Sa famille est originaire de Chatuzange-le-Goubet. Protestante, elle fréquente la paroisse de Romans[1].
Après l'obtention de son brevet, elle suit une formation dans un établissement américain de Normandie, où elle obtient un diplôme de puéricultrice, avant de décrocher à Paris son diplôme d'État d'infirmière. En 1943, elle étudie la psychologie infantile à Lyon et exerce comme assistante sociale auprès du tribunal de Valence[1],[2].
Engagement dans la Résistance
modifierEn , Odette Malossane est appelée pour secourir des soldats allemands grièvement brûlés dans un train que la Résistance venait de faire dérailler à Vercheny ; elle les soigne sans considération d'appartenance. Cet épisode marque son entrée dans la clandestinité[2],[1].
Suivant l'engagement de son oncle Benjamin Malossane (1886-1970), elle rejoint à son tour le maquis. Le , elle gagne l'hôpital installé par les maquisards à Saint-Martin-en-Vercors, où elle est nommée infirmière major et bientôt surnommée « Etty » par ses compagnes[2],[1],[3].
Le , après le parachutage allié sur Vassieux, l'aviation allemande bombarde Vassieux et les villages voisins. Odette Malossane organise l'accueil des blessés, assiste les chirurgiens durant toute la nuit et repart au travail dès le lendemain, ne s'accordant quasiment aucun repos[2].
La grotte de la Luire
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Face à l'offensive allemande sur le Vercors à partir du , l'hôpital de campagne de Saint-Martin, soit 122 personnes entre blessés, malades et soignants, doit se replier vers le sud. Le convoi tente de gagner Die, mais les troupes allemandes remontent la vallée de la Drôme ; il fait alors demi-tour et dissimule tout le monde dans la grotte de la Luire, sur la commune de Saint-Agnan-en-Vercors[2],[1].
Les blessés sont hissés de nuit à flanc de montagne et installés sous le porche de la grotte, dans des conditions précaires. Avec les autres infirmières, Odette Malossane y soigne aussi bien les maquisards français que les prisonniers allemands[4].
Le , jour de ses 25 ans, un détachement de la Wehrmacht découvre le refuge, signalé par une croix rouge. Les blessés sont fusillés sur leurs civières, deux Américains seulement étant épargnés ; le personnel soignant est, lui, emmené en captivité[2],[1].
Déportation et mort
modifierConduite à Grenoble, puis incarcérée à la prison Montluc de Lyon, Odette Malossane fait partie des 7 infirmières de la Luire déportées[4].
Le , elle quitte la gare de Lyon-Perrache dans le convoi no 14 166 à destination de l'Allemagne. Après un long parcours ferroviaire — Mâcon, Chalon-sur-Saône, Vittel, Épinal, Belfort —, le train traverse l'Alsace annexée de fait, où il est scindé : les wagons transportant environ 350 Juifs sont dirigés vers Auschwitz, tandis que 222 hommes non juifs sont débarqués à Rothau pour rejoindre le camp de concentration de Natzweiler-Struthof. Le , le convoi franchit la frontière au pont de Kehl[2],[4].
Les infirmières parviennent au camp de Ravensbrück le , au terme de 11 jours de voyage. Affectée à l'usine de munitions de Torgau, Odette Malossane refuse, avec ses compagnes, de participer à la production de guerre ; cette insubordination lui vaut d'être renvoyée à Ravensbrück, puis transférée au kommando disciplinaire du Petit-Koenigsberg, en Poméranie, où elle participe, par un froid extrême, au terrassement d'un terrain d'aviation[2],[1].
En , devant l'avance de l'Armée rouge, les gardiens SS évacuent le kommando vers Ravensbrück au cours d'une marche de la mort. Épuisée et réduite à l'état de squelette, Odette Malossane meurt le , d'après le Livre-Mémorial. Une version un temps avancée, puis écartée, la disait abattue le lors du transfert depuis le Petit-Koenigsberg[2],[5].
Hommages
modifierLa tombe d'Odette Malossane se trouve à Beaumont-lès-Valence où une rue porte son nom ainsi qu'à Romans-sur-Isère et Saint-Vallier. Une plaque à sa mémoire signale l'entrée de la grotte de la Luire. À Clérieux, la salle de réunion de la mairie, ancienne école publique où elle est née, porte son nom[2],[1],[6].
Distinctions
modifierElle est reconnue « déportée résistante » et « morte pour la France »[7],[3],[6].
Chevalière de la Légion d'honneur par décret du [8].
Médaille de la Résistance française par décret du [9].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 Joss 2025.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Serre.
- 1 2 Base des militaires décédés pendant la Seconde Guerre mondiale, « Malossane Odette », sur www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
- 1 2 3 Serre.
- ↑ Ramos 2025.
- 1 2 Base des sépultures de Guerre, « Malosssane Odette », sur www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Base des déportés-résistants, « Malossane Odette », sur www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Liste unique des décorés, « Malossane Odette », sur archives.legiondhonneur.fr (consulté le )
- ↑ Base des médaillés de la résistance, « Malossanne Odette », sur www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
Voir aussi
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Archives conservées par :
- Service historique de la défense - site de Caen (AC 21 P 568952, AC 21 P 87085)
- Service historique de la Défense - site de Vincennes (GR 16 P 387626)
- Ressource relative aux militaires :
- Robert Serre, « Odette Malossane (Etty) », sur Musée de la Résistance en ligne (consulté le ).

- Robert Serre, « Infirmières s'affairant auprès des blessés dans la grotte de la Luire », sur Musée de la Résistance en ligne (consulté le ).

- Stéphanie Ramos, « Odette Malossane et Berty Albrecht », sur fnapog.fr, (consulté le ).

- Gilbert Joss, « Malossane Odette (1919-1945) » [PDF], sur Musée du protestantisme dauphinois, (consulté le ).

- Robert Serre, « Odette Malossane », sur Études drômoises, (consulté le ).