Marie-Anne Vaillot et Odile Baumgarten
Marie-Anne Vaillot et Odile Baumgarten sont deux religieuses, membres des Filles de la charité de Saint Vincent de Paul, et fusillées ensemble le . Elles sont martyr en haine de la foi. Béatifiées le , elles font partie des 99 martyrs d'Angers, parmi plus de deux mille hommes et femmes guillotinés à Angers et fusillés à Avrillé pour la plupart.

Biographie
modifierMarie-Anne Vaillot est née à Fontainebleau le et y reçoit le baptême. Elle entre d'abord dans la congrégation des sœurs de la Mission, puis entre chez les Filles de la Charité le ; elle est placée d'abord à Fontenay-le-Comte, à l'Île Saint-Louis, Longué, Saint-Pierre-Montlimart, et enfin Angers où elle est chargée de l'économat[1],[2].
Odile Baumgarten, elle, est née à Gondrexange en Lorraine le ; elle entre en religion le et postule à Metz. Elle est placée à Brest avant de venir à Angers où elle est responsable de la pharmacie[2].
Les Filles de la Charité dans la tourmente révolutionnaire
modifierAu début de la Révolution française, les Filles de la charité se tiennent à l'écart des conflits politiques, privilégieant les soins aux malades. Suite à la dissolution des ordres religieux par la Constitution civile du clergé, les religieuses sont autorisées en , par la Supérieure Générale des Filles de la Charité, sœur Antoinette Deleau, à quitter leur habit[3].
Le serment Liberté-Egalité du est requis par tous les membres du clergé[Information douteuse]. Prêter ce serment est pour beaucoup comme une séparation avec l’Église[réf. nécessaire] : le refuser c'est être considéré comme contre-révolutionnaire, et risquer la mort. Les Filles de la charité vont être confrontés à ce choix difficile[4].
En 1793[Quand ?], des patriotes vont à l'Hôtel-Dieu exiger des religieuses le serment de Liberté-Égalité. Trois d'entre elles (sœur Antoinette Taillade - supérieure de la communauté, sœur Marie-Anne Vaillot et sœur Odile Baumgarten), ayant une influence plus grande sur les autres, empêchent la prestation de serment..
Arrestation et jugement
modifierAvec la mise en place de la Terreur, effective depuis le et en tenant compte du fait que depuis le « la Convention charge les tribunaux ordinaires de juger révolutionnairement », « la commission militaire d'Angers [est] responsable de l'emprisonnement, de la mise à mort et de la déportation de plus d'une centaine de religieuses »[5].
L'arrestation des trois sœurs a lieu le dimanche [6]. Elles sont conduites à la maison des Pénitentes pour sœur Antoinette et à la maison du Bon Pasteur pour sœur Marie-Anne et sœur Odile[7]. Marie-Anne et Odile sont interrogées par le citoyen Vacheron de la Commission Militaire, et par le citoyen Bremaud son secrétaire[8]. Elles sont condamnées à mort, et fusillées à Avrillé le dans le champ de la ferme Desvallois.
L'historien de la Révolution Jean-Clément Martin souligne l'intransigeance du jugement : « Les sœurs Marie-Anne Vaillot et Odile Baumgarten sont exécutées parce qu'elles refusent le serment, pourtant elles ont soigné les malades dans les hôpitaux et porté la cocarde tricolore sur leurs uniformes »[9].
Mémoire et béatification
modifierLe [10], Joseph Rumeau, évêque d’Angers, introduit la cause d’un certain nombre de victimes mises à mort en haine de la foi et de l'Église catholique, Noël Pinot est alors béatifié. Plus de 40 ans après, en 1949, le journal La Croix publie les noms proposés pour la béatification. En 1951 le procès est ouvert et le chanoine Tricoire, archiviste diocésain est chargé du procès de béatification qui aboutit le à un décret. La béatification est célébrée le au Vatican devant des milliers de fidèles venus de l'Ouest[11],[12].
Fête et mémoire liturgique
modifier- Le [13].
Bibliographie
modifier- Simon Gruget, Les fusillades du Champ des Martyrs : Mémoire rédigé en 1816 par l'abbé Gruget, E. Queruau-Lamerie, (lire en ligne) (le témoignage de l'abbé Gruget est d'autant plus précieux qu'il a vécu directement cette époque, à Angers et alentours)
- François Chamard, Les vies des saints personnages de l'Anjou, t. 3, Paris, J.Lecoffre, , 656 p.

- François Uzureau, Histoire du Champ des martyrs, Angers, Imprimerie Siraudeau, , 227 p. (lire en ligne)

- François Uzureau, Les filles de la Charité d'Angers pendant la Révolution ; martyre des sœurs Marie-Anne et Odile, Angers,
- Lucien Misermont, Le premier hôpital des Filles de la Charité et ses glorieuses martyres les sœurs Marie-Anne et Odile, fusillées à Angers le 1er février 1794, Paris, Emile-Paul, , 434 p.[3]
- Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul, Martyres de la foi. Sœur Marie-Anne Vaillot, sœur Odile Baumgarten, Angers, Imprimerie Hallépée, , 71 p.
- André Merlaud (préf. Jean Orchampt), Les martyrs d'Angers 1793-1794, Paris, SOS Éditions, , 140 p. (ISBN 978-2-718-50942-6, BNF 34743575, lire en ligne) {Gallica)
Notes et références
modifier- ↑ « Une héroïque martyre — Le centenaire de la mort de la sœur Marie-Anne, de Fontainebleau », L'Abeille de Fontainebleau, vol. 59, no 45, , p. 2/4 (lire en ligne
, consulté le ) - 1 2 Uzureau 1906, p. 89.
- 1 2 André Lesort, « Compte-rendu de Lucien Misermont, prêtre de la Mission, Le premier hôpital des Filles de la Charité et ses glorieuses martyres les sœurs Marie-Anne et Odile, fusillées à Angers le 1er février 1794 », Annales de Bretagne, t. 29, no 3, , p. 547-549 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Martyrs d’Angers. Les Filles de la Charité – Martyrs de la Révolution française », sur Congrégation de la mission des Filles de la charité, (consulté le ).
- ↑ (Collectif) Germain Sicard, Justice et politique : la Terreur dans la Révolution française, Presses de l’Université Toulouse 1 Capitole, (lire en ligne).
- ↑ Site des Filles de la charité
- ↑ Uzureau 1906, p. 89-90.
- ↑ Uzureau 1906, p. 87-88.
- ↑ Jean-Clément Martin, Révolution et Contre-Révolution de 1789 à 1989, Presses Universitaires de Rennes, , 237 p. (ISBN 9782753524507, lire en ligne), p. 63
- ↑ Les Questions ecclésiastiques, (lire en ligne), p. 231
- ↑ « Bienheureux Martyrs d'Angers », sur nominis.cef.fr (consulté le )
- ↑ Jean-Paul II, « Discours du pape Jean-Paul II aux pèlerins d'Angers à l'occasion de la béatification de Guglielmo Repin et ses compagnons », sur vatican.va, (consulté le )
- ↑ « Bienheureuses Marie-Anne Vaillot et quarante-six compagnes, Martyres sous la Révolution française (+ 1794) », sur Nominis (consulté le ).