Offensive éthiopienne de 2026

Le 23 septembre 2026, les Forces de défense du Tigré, la branche militaire du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF, Tigray People's Liberation Front), ainsi que des groupes alliés, ont lancé une offensive militaire contre le gouvernement fédéral éthiopien dans les régions du Tigré, de l'Afar et de l'Amhara[2]. Le TPLF affirme avoir déclenché une « guerre défensive » contre le gouvernement fédéral éthiopien[3],[4],[5].

Offensive éthiopienne de 2026
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte de la situation militaire en  :
Informations générales
Date 23 septembre 2026-présent
Lieu Éthiopie
Casus belli Maintien de Abiy Ahmed au poste de Premier ministre d'Éthiopie après les élections législatives de 2026
Issue En cours
Belligérants
Coalition des forces populaires éthiopiennes pour la survie (en) Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie
Commandants
Debretsion Gebremichael Abiy Ahmed
Unités impliquées
Front de libération du peuple du Tigré
Forces de défense du Tigré (en)
Gouvernement fédéral éthiopien
Forces armées éthiopiennes
Forces spéciales régionales éthiopiennes
Pertes
272 combattants tigréens tués et 260 blessés (selon l'Éthiopie)[1] Inconnues

Guerre civile éthiopienne

Contexte

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Le TPLF était l’un des partis qui faisaient partie du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE), une coalition de partis qui a gouverné depuis la chute de Mengistu Haile Mariam de 1991 jusqu’à 2018, lorsque Abiy Ahmed est devenu Premier ministre. Des tensions ethniques sont apparues, débouchant sur la guerre du Tigré. Celle-ci a pris fin en 2022, lorsque l’Éthiopie et le TPLF ont signé un accord de paix. Toutefois, la situation est restée instable et les tensions élevées[6]. Le gouvernement éthiopien manœuvre pour marginaliser le Tigré des processus politiques démocratiques d’Éthiopie, puis lance plusieurs attaques de drones contre cette région[6]. Parallèlement, il attise les rivalités politique au Tigré en rationnant les flux de carburant et de liquidités envoyés vers cette région[6]. Ces manœuvres sont considérées par plusieurs analystes comme des provocations destinées à « humilier un vaincu »[6], tandis que le chercheur Mehdi Labzaé va jusqu'à l'accuser d'avoir « organisé la famine » par ce blocus[7]. En 2025 le TPLF masse des troupes à la frontière[8], puis annonce la restauration de l’administration d’avant-guerre et rétabli Debretsion Gebremichael[9] à la présidence régionale du Tigré, mettant en place un gouvernement rival de celui de l’administration intérimaire[10],[11],[12].

Forces en présence

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En juin 2026, le Front de libération du peuple du Tigray (TPLF) lance une vaste campagne de conscription forcée alimentée par de vaste rafles dans les campagnes[6]. Se préparant à une nouvelle guerre, il affirme la nécessité de « sauvegarder l’existence et la sécurité du peuple du Tigray »[6]. L'ONG Human Rights Watch dénonce la brutalité de cette décision et redoute redoute également que la proclamation ne serve de justification à « de nouvelles atrocités contre les civils tigréens »[6]. Les quelque 45 000 Tigréens démobilisés après le conflit sont incités à rejoindre les camps d’entraînement[6].

Le 20 septembre 2026, sept groupes rebelles éthiopiens ont annoncé la formation de la Coalition des forces populaires éthiopiennes pour la survie[13]. Cette coalition, outre le TPLF, regroupe le Mouvement national amhara Fano, le TPLF, l’Armée de libération oromo, le Front national de libération de l'Ogaden, le Front uni démocratique révolutionnaire afar, le Mouvement de libération populaire du Benishangul et le Mouvement démocratique populaire gumuz[10]. Ces différents groupes, constitués le plus souvent sur des bases ethniques, entretiennent des relations complexes, avec parfois des objectifs contradictoires. Les renversements d'alliance sont courants[14]. Cette coalition s’engage à renverser le gouvernement dirigé par Abiy Ahmed et à établir un gouvernement de transition[10] Cependant, le Front de libération nationale de l’Ogaden nie faire partie de la coalition[15].

Le TPLF s'allié à l'Érythrée, qu'il la combattait lors de la précédente guerre du Tigré de 2020-2022, et obtient le soutien du Soudan ainsi que de l'Égypte[7]. Le gouvernement soudanais reproche à son homologue éthiopien de soutenir les Forces de soutien rapide, une milice rebelle soudanaise accusée de génocide au Darfour[7].

Le gouvernement éthiopien est de son côté soutenu par la Turquie et par les Émirats arabes unis, mais ceux-ci sont affaiblis depuis le début de la guerre d'Iran de 2026[7]. Les gouvernements américains et israélien pourraient être tentés de soutenir des groupes armés érythréens d’opposition basés en Éthiopie, leur permettant de se positionner sur le détroit de Bab-el-Mandeb[7]. Ils deviendraient ainsi les alliés objectifs d'Addis-Adeba[7].

Déroulement du conflit

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Préludes

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En août, à la frontière soudanaise, d'importants combats sont signalés, ainsi que des frappes qui font beaucoup de victimes[7]. Les forces gouvernementales visent des convois militaires, mais aussi des écoles et des dispensaires, y compris en région Amhara[7]. Le chercheur Mehdi Labzaé affirme que : « Comme pour la précédente guerre, il est difficile de savoir qui a tiré le premier. »[7].

Offensive tigréenne

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Le 22 septembre 2026, l’Éthiopie aurait lancé au moins cinq drones et mené plus de 21 frappes aériennes ; deux des frappes de drones ont touché deux écoles à Alamata, faisant au moins 14 morts et 22 blessés[10]. À la suite des attaques, le TPLF a accusé le gouvernement de lancer une « invasion ouverte » et a déclaré le début d’une « guerre défensive » en réponse[9].

Dans la matinée du 23 septembre 2026, le TPLF lance une offensive et pris le contrôle de trois aéroports du Tigré qui étaient contrôlés par la police éthiopienne[16], dont l’aéroport Alula Aba Nega à Mekele[10], ce qui a conduit Ethiopian Airlines à annuler tous les vols à destination de la région. Le TPLF a également lancé des offensives contre des positions gouvernementales dans les régions voisines de l’Afar et de l’Amhara[5].

Le gouvernement régional de l’Afar a déclaré que ses forces se défendraient contre l’invasion menée par le TPLF. Dans la région voisine de l’Amhara, les forces gouvernementales lançaient des attaques à l’arme lourde à Lalibela. L’attaque visait les milices Fano alors qu’elles menaient une offensive[3]. Le 25, de combats éclatent autour du site archéologique de Lalibela, en Amhara. Située à 330 kilomètres d’Addis-Abeba, ainsi que dans la région de l’Afar[17]. L'armée fédérale éthiopienne donne une bilan de 272 rebelles tigréens tués et 260 blessés[17]. Le 27, tandis que les combats se poursuivent, Addis Abeba accuse l'Érythrée, le Soudan et l'Égypte de soutenir ces derniers, alors que le gouvernement érythréen était allié de son homologue éthiopien lors de la guerre du Tigré qui avait fait plus de 600 000 morts entre 2020 et 2022[18]'[19].

Contre-offensive de l'armée fédérale

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À partir du 27 septembre, les troupes fédérales éthiopiennes lancent une contre-offensive et reprennent le contrôle de la ville d'Alamata[20]. Des combats très intenses s'y déroulent, tandis que les localités voisines de Kobo et Waja sont prises par l'armée éthiopienne[21]. Le 30, des forces loyales au gouvernement éthiopien atteignent la ville de Korem, à envion 100 kilomètres de Mekele, la capitale du Tigré[20]. Le même jour, des drones frappent Addis-Abeba[22]. En réaction, le gouvernement éthiopien ferme son ambassade à Asmara en Érythrée qui réplique en rompant à son tour tous ses liens diplomatiques avec l’Éthiopie[22]. L’Éthiopie déclaré le même jour un diplomate égyptien persona non grata, entraînant une mesure égyptienne similaire par réciprocité[23].

Le , le président du TPLF Debretsion Gebremichael reconnait les revers de ses troupes tandis qu'à l’est, le TPLF a abandonné tous les territoires initialement conquis dans l’Etat voisin de l’Afar[23]. Mais il prône un basculement vers la guérilla pour « frapper l’ennemi où nous voulons », tout en promettant une victoire future[23]. Le lendemain, les forces gouvernementales poursuivent leur avancée vers le nord et s'emparent de l'aéroport de Mekele, situé à 1 km de la capitale régionale du Tigré (une dizaine de kilomètres de son centre-de la ville)[24].

À partir du 3 octobre, les rebelles tigréens, quittent en masse la capitale régionale Mekele avec leurs armes, à bord de véhicules[23]. Des scènes de pillages sont rapportées dans des commerces et des institutions régionales, alors que les bâtiments officiels et postes de police sont vides[24]. L'armée fédérale éthiopienne entre dans al ville et s'en empare sans combats[25]. Mais plusieurs analystes soulignent que le conflit n'est pas terminé puisque le TPLF contrôle encore une partie du Tigré et affirme son intention de poursuivre la guerre[25]. Le 4, des drones frappent durant un camp de réfugiés à Adi Abay, proche de la frontière érythréenne, à 150 kilomètres au nord-ouest de Mekele et tuent au moins huit personnes, dont un enfant[25]. Des frappes éthiopiennes touchent également la localité d'Adwa, à environ 100 km au nord-ouest de Mekele[25].

Le 5, en pleine guerre, Abiy Ahmed est reconduit par le parlement Premier ministre d'Éthiopie[25]. À la tribune, il accusé sans les nommer les « les traîtres de l'intérieur et les ennemis de l'extérieur de travailler ensemble à entraver le progrès »[25]. Parallèlement, la contre-offensive victorieuse des troupes éthiopiennes s'approche de plus en plus de l'Érythrée et pousse Asmara à s’engager sur le terrain, craignant un basculement vers une guerre régionale[26]. Abiy Ahmed insiste également sur la nécessité de l'Éthiopie de trouver un accès à la mer Rouge, perdu la sécession de l'Érythrée en 1990[25].

Le 7, des troupes érythréennes se déploient au nord du Tigré, notamment autour des villes éthiopiennes de Fatsi, d'Edaga Hamus, de Rama et de Sheraro, proches de la frontière entre les deux pays[26]'[27]. Celles-ci sont bombardées par des drones de l'armée éthiopienne qui détruisent plusieurs camions de munitions, forçant une partie de ces forces à se replier au nord d'Adigrat, à flanc de colline[28].

Références

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  1. ↑ (ar) « جبهة تيغراي تعلن حربا شاملة ضد الحكومة الإثيوبية والجيش يعلن مقتل المئات » [« Le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) déclare la guerre totale au gouvernement éthiopien et l'armée annonce la mort de centaines de personnes. »], sur Al Jazeera,‎ (consulté le )
  2. ↑ (en) Martin Plaut, « Ethiopia Conflict Alert: The TPLF Move On Critical Sites After Heading a New Alliance. A new phase of the next war? », sur Martin Plaut, (consulté le )
  3. 1 2 (en) « Tigrayan leaders say new war with Ethiopian government has begun, as fighting erupts », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. ↑ (en) « Tigray forces launch offensive against Ethiopian government » [archive du ], sur Al Jazeera (consulté le )
  5. 1 2 (en-GB) Teklemariam Bekit, « Ethiopia and Tigray accuse each of launching offensives, fuelling fears of new war » [archive du ], sur BBC, (consulté le )
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 Nadia Lesdos, « Éthiopie. Au Tigray, recrutements forcés et peur du retour de la guerre », sur Afrique XXI, (consulté le )
  7. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Michael Pauron et Mehdi Labzaé, « L’Éthiopie pourrait connaître une famine aussi dramatique qu’en 1984 », sur Afrique XXI, (consulté le )
  8. ↑ (en) « Ethiopia: Fighting resumes in Tigray », sur dw.com
  9. 1 2 (en) « Ethiopia and Tigray accuse each of launching offensives, fuelling fears of new war », BBC,
  10. 1 2 3 4 5 (en) « Can Ethiopia’s seven-group rebel alliance challenge Abiy Ahmed? », Al Jazeera
  11. ↑ (en) Fred Harter, « Power struggle leads to coup in Tigray as war looms between Ethiopia and Eritrea »,
  12. ↑ (en) « Getachew Reda: Ethiopia's Abiy Ahmed to replace Tigray president amid fears of war », sur www.bbc.com, (consulté le )
  13. ↑ (en) « AFRICA/ETHIOPIA - New rebel alliance reignites the struggle over the Red Sea - Agenzia Fides », sur www.fides.org
  14. ↑ Maëlle Duhamel, « L’Ethiopie, géant africain rattrapé par la guerre : qui sont les belligérants, quels sont leurs objectifs ? », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  15. ↑ (en) « ONLF denies joining Ethiopian opposition alliance against Abiy Ahmed government », Hiiraan Online
  16. ↑ (en) « Explainer-Why New War in Ethiopia's Tigray Threatens to Trigger Wider Conflict »
  17. 1 2 « Éthiopie: de nouveaux combats dans le nord du pays, les appels à la désescalade se multiplient », sur RFI, (consulté le )
  18. ↑ « Les combats se poursuivent en Éthiopie, Addis Abeba accuse Asmara, Khartoum et Le Caire de soutenir les rebelles tigréens », sur RFI, (consulté le )
  19. ↑ « La fabrique du monde - En Éthiopie, les combats reprennent dans un contexte international explosif », sur RFI, (consulté le )
  20. 1 2 « Éthiopie: l'armée fédérale poursuit sa contre-offensive et gagne du terrain au Tigré », sur RFI, (consulté le )
  21. ↑ « Éthiopie: l’armée fédérale intensifie sa contre-offensive dans le nord, la télévision publique frappée par un drone », sur RFI, (consulté le )
  22. 1 2 Maëlle Duhamel, « Guerre en Ethiopie : des attaques de drones ciblent la capitale, les forces gouvernementales gagnent du terrain dans le nord du pays », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  23. 1 2 3 4 « En Ethiopie, les rebelles abandonnent Mekele, capitale du Tigré », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le )
  24. 1 2 « Éthiopie: une milice alliée au gouvernement fédéral revendique la prise de l'aéroport de Mekele », sur RFI, (consulté le )
  25. 1 2 3 4 5 6 7 « Éthiopie : Abiy reconduit Premier ministre, des frappes au Tigré tuent des déplacés », sur France 24, (consulté le )
  26. 1 2 « Éthiopie: des troupes érythréennes se déploient dans le nord du Tigré », sur RFI, (consulté le )
  27. ↑ « Conflit en Éthiopie : de premières images montrent la présence de troupes érythréennes au Tigré », sur France 24, (consulté le )
  28. ↑ « Ethiopie: frappes de drones contre des forces érythréennes déployées dans le nord du Tigré », sur France 24, (consulté le )