Olaf Metzel

sculpteur allemand

Olaf Metzel, né le à Berlin (Allemagne), est un sculpteur allemand également connu pour ses d'installations artistiques.

Olaf Metzel
Olaf Metzel en 2010.
Biographie
Naissance
Nationalité
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Distinctions
Liste détaillée
Prix de Rome de l’Académie allemande Villa Massimo (-)
Arnold-Bode-Preis ()
Prix Wilhelm Loth ()
Prix Lichtwark (d) ()
Prix culturel de Bavière (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Olaf Metzel (2020).
Stammheim (1984), Stuttgart.
13.4.1981 (de) sur le campus EUREF (de) de Berlin-Schöneberg.

La provocation, en tant qu'élément incitant à la réflexion, est au cœur de son art. Il utilise également des matériaux considérés comme des déchets pour ses sculptures, tels que des barrières pour le 13.4.1981 (ou Randale-Denkmal, « Mémorial des émeutes ») à Berlin ou des sièges de stade mis au rebut pour le projet de football « Auf Wiedersehen » à Nuremberg. Dans les deux cas, d'importantes manifestations ont eu lieu dans les villes respectives, entraînant à Berlin le déplacement de l'œuvre.

Biographie

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De 1971 à 1977, Olaf Metzel suit des études à l'Université libre de Berlin et à l'Université des arts de Berlin.

En 1984, il participe à l'exposition collective Von hier aus – Zwei Monate neue deutsche Kunst in Düsseldorf (de) à Düsseldorf. En 1987, il participe à la documenta 8 à Kassel ainsi qu'aux Skulptur Projekte de Münster. La même année, il est pensionnaire de l'Académie allemande de Rome, à la Villa Massimo. En 1997, il participe de nouveau à Skulptur Projekte[1].

En 1994, il reçoit le prix Arnold Bode à Kassel et en 1996 le prix Wilhelm Loth de la ville de Darmstadt.

Depuis 1990, Metzel est professeur de sculpture à l'Académie des beaux-arts de Munich, dont il est recteur de 1995 à 1999. En 2012, il est commissaire de l'exposition Circus Wols au musée d'art moderne Weserburg de Brême[2].

Œuvres (sélection)

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Stammheim (litt. « Ambiguïté »). Devant la nouvelle salle plénière, Bonn (1993).
  • 1981 « Boeckhstr. 7, 3e étage » à Berlin-Wedding (action artistique : destruction d'un bâtiment industriel)
  • 1982 Türkenwohnung Abstand 12 000 DM VB Appartement turc, prix demandé 12 000 DM ») à Berlin (action artistique)
  • 1984 Stammheim (litt. « Ambiguïté ») à Stuttgart
  • 1987 : 13.4.1981 (de), surnommée aussi Randale-Denkmal (litt. Mémorial des émeutes), à Berlin, où l'œuvre a fait partie du Skulpturenboulevard (litt. Boulevard de sculptures) du Kurfürstendamm. Elle est retirée après des manifestations et réinstallée en à côté de l'Eierkühlhaus (de), l'ancien entrepôt frigorifique d'œufs, Stralauer Allee, devenu peu après le siège social d'Universal Music Group)[3]. 13.4.1981 se trouve maintenant sur le site d'EUREF (de)[4].
  • 1993 « Ambiguïté » à Bonn (devant l'entrée des membres du bâtiment de la salle plénière, sculpture en acier galvanisé)
  • 1999 « Turbocapitalisme » à Berlin (Haus am Waldsee (de), sculpture réalisée en tuyaux d'acier)
  • 2000 « Nicht mit uns » à Munich-Riem (Willy-Brandt-Platz (de), surnommé « Riem-Reibe », démonté en raison de travaux de réaménagement de la place, remis en place depuis 2005)
  • 2002 « Le voyage à Jérusalem » à Munich, Pinakothek der Moderne
  • 2003 « Double rôle » à Fribourg (Faculté technique de l'Université de Fribourg )
  • 2005 Cash Flow, aluminium et acrylique, 765 × 500 cm, dans le hall d'entrée de l'IBC, Francfort-sur-le-Main
  • 2006 « Auf Wiedersehen » à Nuremberg. Sculpture réalisée à partir de sièges de stade empilés sur la fontaine « Schöner Brunnen » dans le cadre d'un projet artistique de la DFB pour la Coupe du monde de la FIFA 2006.
  • 2007 « Délice turc » (sculpture en bronze). Initialement installée devant la Kunsthalle de Vienne, elle a été retirée après avoir été vandalisée. La sculpture faisait partie de l'exposition « 60 ans – 60 œuvres » (rétrospective d'art de la République fédérale d'Allemagne).
  • 2010 Hartz IV fête ses 5 ans.
  • 2013 « Des questions ? ». Salle de lecture de la Bibliothèque d'État de Berlin.
  • Erst rechts, dann links, dann immer geradeaus D'abord à droite, puis à gauche, puis toujours tout droit », installation), Munich, station de métro Olympia-Einkaufszentrum[5]
  • 2022 « Libre et en plein air », sculpture de fontaine sur la Bauhausplatz dans le Domagkpark, Munich[6].

Expositions (sélection)

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Mur réfléchissant. Münster.
« Schicht im Schacht (Turm für Duisburg) » (litt. « Fin de poste (Tour pour Duisbourg) » ou « Fin du travail dans la mine », 2009/2010), installation artistique lumineuse pour la capitale européenne de la culture 2010.

Réalisations

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13.4.1981

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Réalisée en 1987, 13.4.1981, souvent surnommée « Randale-Denkmal » monument à l'émeute »), prend la forme d'une tour d'environ douze mètres de haut constituée d'éléments empilés de manière apparemment chaotique, soit des barrières de police (Absperrgitter), des chariots de supermarché géants, des blocs de béton et des pavés évoquant les émeutes urbaines[7],[8].

Le titre renvoie à la date du , jour où une manifestation violente eut lieu au carrefour du Kurfürstendamm et de la Joachimsthaler Platz à Berlin-Ouest, à la suite de la mort d'un militant de l'extrême gauche allemande. Des affrontements opposèrent manifestants et police. Olaf Metzel a utilisé les « vestiges » symboliques de ces affrontements  barrières, pavés, chariots  pour en faire une sculpture monumentale[9].

Présentée en 1987 sur le Skulpturenboulevard (litt. Boulevard des sculptures) dans le cadre des célébrations du 750e anniversaire de Berlin, l'œuvre déclencha immédiatement une vive controverse. Plusieurs responsables politiques, tel que le maire de Berlin Eberhard Diepgen, la qualifient de tas de ferraille et demandent son retrait[10]. Cette réaction faisait partie du projet de Metzel : montrer que les conflits sociaux et politiques ne peuvent être effacés derrière l'image d'une ville harmonieuse. L'œuvre rappelle que la violence urbaine, la contestation et les tensions sociales font aussi partie de l'histoire de Berlin[11].

Après plusieurs déplacements, 13.4.1981 est aujourd'hui installée sur le site de l'EUREF-Campus à Berlin.

Sprachgitter

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Sprachgitter (litt. « grille de langage » ou « grille de parole ») est une installation dont la dénomination renvoie au recueil de poèmes Sprachgitter de Paul Celan.

Le terme évoque l'idée d'une parole entravée, filtrée ou fragmentée, ce qui est particulièrement pertinent dans le contexte d'une ancienne synagogue et d'un lieu de mémoire. L'installation, réalisée en 2009, a été exposée dans la synagogue de Stommeln à Pulheim. Elle consiste en une immense structure métallique et cristalline suspendue sous la voûte, remplissant presque entièrement l'espace tout en laissant le centre vide. L'œuvre invite à réfléchir sur le silence et la mémoire[12],[13].

Schicht im Schacht (Turm für Duisburg)

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Schicht im Schacht (Turm für Duisburg) (2009/2010) est une installation lumineuse crée à Duisbourg, capitale européenne de la culture 2010.

L'expression allemande « Schicht im Schacht » est une locution populaire issue du vocabulaire minier du bassin de la Ruhr. Elle signifie « fin du travail », « la journée est terminée », « c'est fini », voire « rideau » dans un sens figuré.

Dans le contexte de l'œuvre d'Olaf Metzel, le titre joue délibérément sur l'héritage minier de Duisbourg et de la Ruhr, ancienne région charbonnière. L'installation lumineuse n'évoque pas seulement la fin d'un poste de travail, mais aussi la fin d'une époque industrielle, tout en suggérant un renouveau pour la région.

Türkenwohnung Abstand 12 000 DM VB

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Türkenwohnung Abstand 12 000 DM VB Appartement turc – reprise de bail 12 000 DM, prix à débattre »), 1982, est une intervention artistique réalisée par Olaf Metzel dans un appartement de Berlin-Wedding. En reprenant le vocabulaire des annonces immobilières et en mettant en scène un logement précédemment occupé par une famille turque, l'œuvre dénonçait les discriminations et le racisme visant les immigrés en Allemagne de l'Ouest.

L'œuvre consistait en une intervention dans un appartement de Berlin-Wedding précédemment occupé par une famille immigrée turque. Metzel loua l'appartement, le dégrada volontairement, grava notamment une croix gammée dans un mur à l'aide d'une meuleuse, puis publia une annonce proposant le logement à la relocation sous le titre provocateur « Türkenwohnung Abstand 12 000 DM VB ».

L'objectif n'était pas de célébrer ce racisme ordinaire, mais de mettre en évidence les discriminations dont étaient victimes les travailleurs immigrés turcs en Allemagne de l'Ouest au début des années 1980. Plusieurs sources décrivent l'œuvre comme une réflexion sur la xénophobie quotidienne, les rapports de propriété et la marchandisation du logement.

Le terme « Türkenwohnung » est volontairement choquant : c'est précisément ce caractère stigmatisant qui constituait le sujet de l'œuvre.

Nicht mit uns

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Nicht mit uns Pas avec nous ») est une sculpture publique monumentale réalisée en 2000 par Olaf Metzel. Installée sur le Willy-Brandt-Platz à Munich-Riem et surnommée Riem-Reibe (« la râpe de Riem »), elle évoque à la fois les tensions suscitées par la transformation urbaine du quartier et l'héritage politique du chancelier allemand Willy Brandt.

Le titre de l'œuvre renvoie à une formule souvent employée par le chancelier : « Nicht mit uns, mit uns kann man das nicht machen ! » (« Pas avec nous, on ne peut pas nous faire cela ! »).

Bibliographie

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Notes et références

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(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Olaf Metzel » (voir la liste des auteurs).
  1. « Skulptur Projekte Archiv », sur www.skulptur-projekte-archiv.de (consulté le )
  2. (de) Peter Groth, « Ein Zirkus voller Sinnlichkeit », Weser Kurier, , p. 22
  3. 13.4.1981 sur le site d'Olaf Metzel
  4. 13.4.1981 Randale-Gitter, Randale-Denkmal
  5. (de) « U-Bahnhof Olympia-Einkaufszentrum (U3) », sur U-Bahn München (consulté le )
  6. (de) Stefan Simon, « Domagkpark in München: Ein Brunnen wie aus einer Wetten-dass-Wette », (consulté le )
  7. (de) « 13.4.1981 – Bildhauerei in Berlin » (consulté le )
  8. (de) Birgit Rieger, « Kolumne „Berliner Trüffel“: Folge 13: Symbol für eine neue wütende Generation », Tagesspiegel, (ISSN 1865-2263, lire en ligne, consulté le )
  9. (de) Ulrich Amling, « Kunst vorm Bau (4): Zwölf Meter Wut », Tagesspiegel, (ISSN 1865-2263, lire en ligne, consulté le )
  10. (en-US) « 13.4.1981 by Olaf Metzel », sur BERLIN SIDEWALK, (consulté le )
  11. (de) « »Andere hängen an der Nadel, ich an der Kunst« », sur KUNSTFORUM International (consulté le )
  12. (de) « Olaf Metzel - Projekt Synagoge Stommeln 2009 (4.10.09 - 17.1.10) », sur art-in.de (consulté le )
  13. (en) « Synagoge-Stommeln », sur www.synagoge-stommeln.de (consulté le )
  14. (de) « Preisverleihung 2016 » (consulté le )
  15. BAdSK: Olaf Metzel

Liens externes

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