Olba (Cilicie)
Olba, plus tard nommée Diokaisareia (Διοκαισάρεια) en grec et Diocaesarea en latin (aujourd'hui Uzuncaburç) est une ancienne cité de Cilicie (Turquie).
| Olba (tr) Uzuncaburç | |||
Temple de Zeus Olbien | |||
| Localisation | |||
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| Pays | |||
| Province | Mersin | ||
| District | Silifke | ||
| Région de l'Antiquité | Cilicie | ||
| Coordonnées | 36° 34′ 51″ nord, 33° 55′ 31″ est | ||
| Altitude | vers 1 200 m | ||
| Géolocalisation sur la carte : Turquie
Géolocalisation sur la carte : province de Mersin
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La ville se trouve à environ 20 km à vol d'oiseau au nord-ouest de Corykos (Κώρυκος) et 25 km au nord de Séleucie (Silifke) sur un plateau élevé, à une altitude d'environ 1 200 m.
Selon Strabon[1], Olba se situe dans la contrée montagneuse qui domine Cyinda et Soles. À Olba appartenait aussi la cité de Canytellis (Kanlıdivane), à 30 km environ au sud-ouest.
Histoire
modifierDurant la période hellénistique, la région de Diokaisareia faisait partie de l'Empire séleucide. Elle était contrôlée par les rois et reines d'Olba, agissant pour le compte de l'Empire séleucide. C'était le lieu sacré du peuple d'Olba, mais leur principal centre urbain se trouvait à Ura, à 4 kilomètres à l'est de Diokaisareia. Cependant, après la conquête de la région par l'Empire romain, l'empereur Vespasien ( r. 69-79) transforma le lieu sacré en ville, lui conférant le droit de frapper monnaie. À l'époque chrétienne, la plupart des temples de Diocæsarea furent convertis en églises[2].
William Mitchell Ramsay a pensé que l'emplacement d'Olba correspondait à celui de la cité connue à la période hittite sous le nom d'Ura, mais des recherches ont ensuite montré que cette dernière était un port, ce qui rend cette identification impossible[3].

Le pouvoir des prêtres de Zeus Olbios s'étendait sur la Trachéotide (Cilicie Trachée), qui comprenait aussi Zénophane[4]. Une descendante de la famille Aba aida Marc-Antoine et Cléopâtre VII et fut pour cette raison renversée par Auguste, mais Olba resta sous le contrôle de cette famille.
Au Moyen Âge, la ville tomba en désuétude. Sous l'Empire ottoman , les Turkmènes établirent leur propre village à l'est du site antique et le nommèrent Uzuncaburç, d'après la tour hellénistique toujours debout, ce qui signifie la « tour longue » ou le « haut bastion » en turc. Aujourd'hui, la ville et le site antique portent le même nom.
Description
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Les vestiges d'Olba sont répartis dans le village actuel d'Uzuncaburç et dans ses environs immédiats. On peut y voir, un théâtre, un nymphée, un aqueduc et un grand nombre de tombes creusées dans la roche.

On entre dans la ville par une porte monumentale, dont cinq colonnes ont survécu. Puis une rue à colonnade longe le temple de Zeus Olbios et mène au temple de Tyché. De celui-ci subsistent également cinq colonnes de granite à chapiteaux corinthiens reliés par des architraves massives comportant des dédicaces.
Au nord-ouest, une porte à trois arcs d'époque romaine mène hors de la ville. Sur une autre partie du mur de la ville, au nord, se dresse une tour de guet à cinq étages, haute de 20 m, éponyme du nom du village actuel, Uzuncaburç, qui signifie la tour longue en turc, déjà représentée sur des monnaies antiques d'Olba. Plusieurs nécropoles, parfois très importantes, s'étendent en dehors de la ville.
Le sanctuaire de Zeus Olbios, situé à environ 4 km de la ville, a été fondé d'après la légende d'Ajax, fils de Teucros[5]. Étienne de Byzance la nomme Olbia (Ὀλβία)[6].
Temple de Zeus
modifierLe temple de Zeus, au centre du site, fut probablement commandé par Séleucos Ier Nicator (r. 305–281 av. J.-C.). Il subsiste 36 colonnes. Le temple est de type périptère, de 6 x 12 colonnes reposant sur un stylobate d'environ 21 × 39 m. Les colonnes s'élèvent sur des bases attiques sans plinthes. Les fûts de colonnes sont à 24 cannelures, réduites à de simples facettes dans le tiers inférieur. Les arêtes des cannelures se prolongent sur les facettes en fines bandes convexes, les facettes étant elles-mêmes légèrement concaves. L'exécution des facettes n'atteint pas la même hauteur sur toutes les colonnes. Les chapiteaux corinthiens sont constitués de trois pièces séparées. Ce mode d'exécution, qui appartient à la culture ptolémaïque, peut être observé sur le temple d'Auguste à Philae.
Des restes de l'entablement dorique gisent parmi d'autres vestiges d'éléments architecturaux. La date de construction du temple est controversée, variant entre le début du IIIe et le milieu du IIe siècle av. J.-C.[7].
À l'époque chrétienne, une cathédrale a été aménagée à l'intérieur du temple les espaces entre les colonnes. On distingue au sol les traces de fonts baptismaux avec un plan en croix.
- Temple de Zeus Olbios.
- Intérieur du temple de Zeus.
- Temple de Zeus Olbien.
Porte cérémonielle
modifierLa porte se trouve à l’est du site. Seules six colonnes subsistent. Le rayon de chaque colonne est d'un mètre et sa hauteur de 7 mètres. Chaque colonne comporte des consoles qui servaient à ériger de petites statues.
Porte romaine
modifierLa porte principale se situe au nord-ouest du site. De chaque côté, on trouve une porte monumentale et deux portes auxiliaires.
Temple de Tyché
modifierThéâtre
modifierIl se trouve à l’est. C’est un édifice romain construit sous le règne de Marc Aurèle (161-180) et de Lucius Verus (161-169).
Tour hellénistique
modifierElle se situe près de l’angle nord-est de l’enceinte fortifiée. Sa base mesure 16 × 13 m et sa hauteur 23 mètres . Elle fut commandée par un certain Teukros, fils de Tarkyaris[8].Elle servait probablement de refuge à la population durant les guerres.
Mausolée
modifierIl est situé hors de l'enceinte fortifiée, au sud-est. Sa surface au sol est de 5,5 x 5,5 m². Sa hauteur est de 15 mètres (49 pieds).
Nécropole
modifierNotes et références
modifier- ↑ Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne] (XIV, 5, 10)
- ↑ Mersin Valiliği:Mersin Ören Yerleri kaleleri Müzeleri, (ISBN 978-605-4196-07-4), pp. 224-227
- ↑ (en) R. H. Beal, « The Location of Cilician Ura », dans Anatolian Studies 42, 1992, p. 65-73
- ↑ Sur le nom de Zénophane, voir A. M. Vérilhac - C. Dragon dans Revue des études anciennes, n° 76, 1974, p. 273 et suivantes.
- ↑ Modèle:Cite Ptolemy
- ↑ Modèle:Cite Stephanus
- ↑ Voir : Ralf Schenk, Der korinthische Tempel bis zum Ende des Prinzipats des Augustus. Internationale Archäologie n° 45, 1997, p. 25-28.
- ↑ Paper by Umit Aydınoğlu
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- (de) « Neue Forschungen in Uzuncaburc »
- (de) « DAI Diokaisareia in byzantinischer Zeit »
- « Uzuncaburç, l'antique Olba », sur Turquie | culture
- (en) « Mersin (İçel) Highlands », sur T.C. Kültür ve Turizm Bakanlığı (Ministère turc de la culture et du tourisme)
- (en) « Archaeological Surveys in Mersin - Olba (Uğuralanı) in 2005 », sur ANMED (News of Archaeology from Anatolias's Mediterranean Areas)
Bibliographie
modifier- Ekrem Akurgal, Griechische und römische Kunst in der Türkei, 1987, p. 441.
- Y. Boysal, Uzuncaburç ve Ura Kilavuzu Istanbul, 1963.
- T. S. MacKay, Olba in Rough Cilicia, 1968.
- T. S. MacKay, dans Aufstieg und Niedergang der römischen Welt II 18,3. 1990, p. 2083 et suivantes.
- Ralf Schenk, Der korinthische Tempel bis zum Ende des Prinzipats des Augustus. Internationale Archäologie n° 45, 1997, p. 24-28. Rahden, Leidorf, (ISBN 978-3-89646-317-3)
- Detlev Wannagat, Neue Forschungen in Diokaisareia / Uzuncaburç, Bericht über die Arbeiten 2001-2004. dans Archäologischer Anzeiger. 2005, p. 117-166.
- Roberta Schiavo, « La Cilicie au IIIe siècle avant J.-C. : une région frontière dans les conflits entre les Séleucides et les Lagides », Dialogues d'histoire ancienne, Année 2021, Suppl. 22, p. 97-123