Olivia Forsyth

espionne sud-africaine

Olivia Anne Marie Forsyth, née le à Kensington à Londres, nom de code « Lara » ; numéro d’agent RS407, est une ancienne espionne sud-africaine.

Olivia Forsyth
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Biographie

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Jeunesse

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Olivia Forsyth naît le à Kensington, un quartier de Londres en Angleterre, de parents sud-africains, Yvonne et Peter Forsyth. La famille retourne en Afrique du Sud en et s'installe dans la province du Natal. Forsyth commence sa scolarité à la Westville Infant School de Durban. Après que sa mère ait déménagé avec les enfants à Pietersburg dans le Transvaal, Forsyth fréquente la Capricorn High School, où elle passe son baccalauréat en 1977. Elle fut membre du conseil municipal junior de Pietersburg[1]. De 1978 à 1980, elle intègre l'université du Witwatersrand, où elle étudie l’anglais, l’afrikaans, le zoulou et l’allemand. Elle part ensuite étudier à l'Université Rhodes de 1982 à 1985, où elle se spécialise dans le journalisme. Elle est diplômée d'études africaines avec mention. En 1985, Forsyth s’inscrit à un master en journalisme, mais ne le terminera jamais.

Carrière d’espionnage

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Début au ministère des Affaires étrangères sud-africaine

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De mai à , Forsyth travaille au ministère des Affaires étrangères à Pretoria en tant qu'agent du service extérieur[2]. Elle est affectée au Protocol Departement, où elle est approchée par le National Intelligence Service (en). Elle rejoint la police sud-africaine en , date à laquelle elle est recrutée par Craig Williamson (en) et formée au centre d'entraînement à l'espionnage, connu sous le nom de Daisy Farm[3].

Opération à l’université Rhodes

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Forsyth travaille à l'université Rhodes sous couverture de son statut d'étudiante de 1982 à 1985. Elle y devient une figure de la lutte anti-apartheid. Elle est élue présidente du comité de l'Union nationale des étudiants sud-africains (en) de Rhodésie du Sud et de l’End Conscription Campaign. Elle obtient des pouvoirs importants en devenant également trésorière du mouvement des femmes du campus et rédactrice en chef du journal étudiant Rhodeo et du journal Grahamstown Voice[4]. Janet Cherry, ancien agent du Congrès national africain (ANC) déclarera que Forsyth avait mené une double vie en « s'intégrant complètement dans la vie étudiante engagée »[5].

Opération Olivetti et changement de camp

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À partir de 1985, Forsyth se rend dans plusieurs pays des Frontline States, sous la couverture d’une employée de la société John Fitzgerard and Associates. Elle y est envoyée dans le cadre de « l’Opération Olivetti ». Durant sa mission, elle s’arrange pour que des journalistes rédigent des articles sur une dizaine de pays membres de la conférence de coordination pour le développement de l'Afrique australe[6]. Elle parvient à s’infiltrer dans une conférence du SADCC pour tirer des informations sur les personnes présentes. Elle arrive également à rentrer en contact avec plusieurs membres de l’ANC, mais décide finalement de proposer ses services au parti en tant qu’agent double[réf. nécessaire]. À Lusaka en Zambie, elle rencontre Ronnie Kasrils, alors chef des services de renseignements de l’Umkhonto we Sizwe, la branche armée du parti. L’ANC accepte alors sa proposition et l’envoie en mission en Afrique du Sud[réf. nécessaire].

Emprisonnement

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À partir de , un certain nombre de responsables de l'ANC cesse de croire aux qualifications de Forsyth en tant qu'agent double ; et le chef de la sécurité de l'ANC, Mzwai Piliso (en), décide de l'envoyer à Quatro, le camp de détention de l'ANC dans le nord de l'Angola, où elle est retenue prisonnière pendant près de sept mois[7]. En , Forsyth est libérée à la suite de l'intervention de Kasrils et de Chris Hani[8]. Elle est emmenée dans un refuge de l'ANC à Luanda, où elle reste pendant les quinze mois suivants[n 1]. Pendant cette période, l'ANC tente de négocier avec le gouvernement sud-africain l'utilisation de Forsyth dans le cadre d'un échange de prisonniers avec des membres de l'ANC condamnés à mort[9].

Fuite à l’ambassade britannique

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Le , Forsyth s’enfuit à l’amabssade du Royaume-Uni en Angola ; sa présence fait la une des journaux deux mois plus tard[10]. En réaction, Luis Neto Kiambata déclare qu’elle constitue un « problème régional » car elle « espionne tous les Frontline States »[11] Le gouvernement angolais propose d’échanger Forsyth contre plusieurs prisonniers en captivités en Afrique du Sud[12],[13]. Mais le Royaume-Uni refuse l’accord[14]. Le ministre des Affaires étrangères britannique, Sir Geoffrey Howe, signale au gouvernement angolais que les relations entre leur pays respectif seraient largement refroidies tant que le problème Forsyth n’est pas réglé[15]. Forsyth demeure à l’ambassade jusqu’au , date à laquelle elle obtient un visa angolais. La presse locale explique alors aux citoyens que la concernée est une espionne active depuis plusieurs années, dorénavant expulsée[16]. Forsyth est raccompagnée à l’aéroport de Luanda pour un vol à Paris avant de gagner à Londres, où elle retourne avec son père[17].

Retour en Afrique

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Après quelque temps au Royaume-Uni, Forsyth et son père retourne en Afrique du Sud dès le début de l’année 1989[18]. Dès son retour, elle tente de redorer son image en lançant une campagne dans les journaux pour persuader qu’elle fut une espionne efficace[19],[20]. Parallèlement, l’ANC affirme qu'il avait contacté le gouvernement sud-africain pour tenter d'échanger Forsyth contre des membres de l'ANC condamnés, notamment les Six de Sharpeville et Robert McBride (en). De plus, elle relève les noms et coordonnées des agents et espions que leur avait transmis Forsyth[21].

Retraite

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Forsyth démissionne de la police en et part vivre dans son pays natal où elle enseigne l’anglais dans le secondaire. En , elle publie ses mémoires[22].

Ouvrages

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  • (en) Agent 407 : A South African Spy Breaks Her Silence, Kindle Edition, , 439 p.

Notes et références

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  1. ↑ Plusieurs sources au sein de l’ANC affirment qu’elle s’est échappée à deux reprises, bien que rattrapée à chaque fois.

Références

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  1. ↑ (en) Pat Devereaux, « Williamson denies spy link with Olivia », Saturday Star,‎
  2. ↑ (en) Clare Harper, « Olivia worked for Foreign Affairs », The Star, Johannesburg,‎
  3. ↑ (en) Vic McPherson, « Statement to the Truth and Reconciliation Commission », sur justice.gov.za (consulté le )
  4. ↑ (en) David Niddrie, « Into the Wilderness of Mirrors », The Forsyth Saga,‎
  5. ↑ (en) Brett Adkins, « Spy's confession may let all the spooks out », Independant Online,‎ (lire en ligne)
  6. ↑ (en) Jan Raath et Michael Hornsby, « Activist said to be Pretoria spy », The Times,‎
  7. ↑ (en) Ray Hartley, « Probe on abuses at ANC camps told of Olivia Forsyth's detention », Business Day, Johannesburg,‎
  8. ↑ Kasrils 2013, p. 190.
  9. ↑ Kasrils 2013, p. 210.
  10. ↑ (en) « ANC prisoner in embassy drama », The Star, Johannesburg,‎
  11. ↑ (en) Hamish McIndoe, « Kaunda is key to release of 'spy' Olivia », Sunday Times,‎
  12. ↑ (en) Peta Thornycroft, « Angola puts a high rate on Olivia », Sunday Times, Johannesburg,‎
  13. ↑ (en) John Matisonn, « Angola holds ANC's little drummer girl », The Observer,‎
  14. ↑ (en) « UK rejects Forsyth dea », Business Day, Johannesburg,‎
  15. ↑ (en) Michael O’Flaherty, « My daughter's no spy », Daily Express,‎
  16. ↑ (en) « SA spy Olivia Forsyth is "expelled" from Angola », Argus Foreign News Service,‎
  17. ↑ (en) « Friday 18 November 1988 », The Independant,‎
  18. ↑ (en) « Spy Olivia back in SA once more », Sunday Times, Johannesburg,‎
  19. ↑ (en) David Crary, « Police identify British native as spy », Associated Press,‎
  20. ↑ (en-US) L. A. Times Archives, « S. Africa Says British Woman Spied on ANC », sur Los Angeles Times, (consulté le )
  21. ↑ (en) « Six included in spy-swap bid », The Star, Johannesburg,‎
  22. ↑ (en-US) « ‘I was trying to do the right thing’ – former apartheid spy Olivia Forsyth », sur News24 (consulté le )

Bibliographie

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  • (en) Ronnie Kasrils, Armed and Dangerous : From Undercover Struggle to Freedom, Johannesburg, , 335 p. (ISBN 978-1431407958)

Liens externes

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