Olivier Bourgeois (clerc)

Olivier Bourgeois est un escolier clerc de l’Université de Paris, né à une date inconnue. Reconnu coupable de divers larcins et de meurtre, il est pendu au gibet de Montfaucon en octobre 1407 selon la justice séculière. Mais, à la suite des pressions de l’Université de Paris, le corps d’Olivier Bourgeois est dépendu du gibet et conduit pour être enterré dans le cloître de l’église Saint-Mathurin en mai 1408 [1].

Olivier Bourgeois
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Biographie
Décès
Époque
Nationalité
Française
Activité
escolier", clerc

Contexte

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Le Breton Olivier Bourgeois est un escolier clerc de l’Université de Paris. En compagnie du Normand Léger de Montillier (ou Léger Dumoussel), il est reconnu coupable de vol sur les grands chemins et d’homicide[2]. Ils sont tous deux sont arrêtés le [3],[4] à La Villette Saint-Ladre. Selon Tuetey, ils étaient « rôdant et espiant les chemins dans ces parages »[2]. Ils sont conduits à la prison du Châtelet[5]. Le prévôt de Paris, Guillaume de Tignonville, déclare que les deux clercs sont des « voleurs publics, détrousseurs de chemins, meurtriers et ennemis publics, mêlant à une nature féroce une sauvagerie farouche, et incorrigibles[a] »[6].

À cette époque, l’évêque de Paris affirme que le jugement, la punition et la correction des clercs relèvent exclusivement de l’Église dans son diocèse et que, par conséquent, les clercs de l’Université de Paris sont soustraits à la justice laïque en vertu de leurs privilèges[7]. Dans ce contexte, le prévôt Tignonville offre aux autorités universitaires d’instruire l’affaire pour respecter les privilèges de l’Université ; mais celle-ci, dans un premier temps, refuse et dit que Bourgeois et de Montillier ne sont pas considérés comme leurs clercs[8]. Tignonville se tourne alors vers la cour du Parlement, qui rend la sentence suivante : ils sont condamnés à être pendus au gibet[8],[9]. L’exécution se fait de nuit, le , au gibet de Montfaucon, pour éviter tout rassemblement d’étudiants[1]. Mais les étudiants de la Nation de Normandie se mettent à s’agiter à propos de cette affaire ; les cours sont suspendus et une délégation de « maistres et d’escoliers » demande audience au roi[10]. Ces Normands mobilisent alors l’Université contre ledit prévôt. De fortes poursuites sont ensuite engagées contre Tignonville par l’Université et l’évêque de Paris [9],[10]. Finalement, le roi convoque ses conseillers et un arrêt du Conseil condamne l’imprudence et la précipitation du prévôt Tignonville dans l’affaire d’Olivier Bourgeois et de Léger de Montillier[11]. Guillaume de Tignonville se voit alors « imposer comme réparation la soumission à un rituel consistant à dépendre les étudiants condamnés à mort et à les restituer à leur autorité légitime »[7],[12]. Vers le milieu du mois de mai 1408, les corps des deux condamnés sont dépendus publiquement du gibet[b] par l’exécuteur public accompagné des ministres de la Justice[12],[13],[4].

Ils sont ensuite placés sur une charrette couverte d’un drap noir et amenés au parvis de Notre-Dame, où ils sont remis solennellement au recteur de l’Université. De là, ils sont menés par ce dernier à l’église Saint-Mathurin, où ils sont inhumés dans le cloître de ladite église, avec une épitaphe à leur mémoire[4],[14].

Notes et références

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  1. Traduction de : « publici latrones, insidiatores itinerum, murtrarii et inimici publici, torvis nature immiscens (sic) se sevis, et incorrigibiles »
  2. C’était l’usage à cette époque de laisser les pendus au gibet.

Références

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Voir aussi

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Bibliographie

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  • Gilles Corrozet, Les Antiquitéz chroniques de Paris, Paris, , 234 p. (lire en ligne)
  • Guillaume Cousinot, Chronique de la Pucelle, ou Chronique de Cousinot, suivie de la Chronique normande de P. Cochon, relatives aux règnes de Charles VI et de Charles VII, restituées à leurs auteurs et publiées pour la première fois intégralement à partir de l’an 1403, d’après les manuscrits, Paris, Adolphe Delahays, , 540 p. (lire en ligne)
  • Antoine Destemberg, « Morts violentes et lieux de mémoire : les réparations faites à l’université de Paris à la fin du Moyen Âge », Traverse. Revue d’histoire, no 2, (DOI 10.5169/seals-99639, lire en ligne, consulté le )
  • Claude Gauvard, De grace especial : Crime, État et société en France à la fin du Moyen Âge, Paris, coll. « Histoire ancienne et médiévale » (no 24), , LXXXV-1025 p. (ISBN 9782859442095, DOI 10.4000/books.psorbonne.35658, lire en ligne)
  • Jean Juvénal des Ursins, Histoire de Charles VI, roy de France, Paris, J. Techener, , 453 p. (lire en ligne), p. 413
  • Firmin Maillard, Le gibet de Montfaucon (étude sur le vieux Paris) : Gibets — Échelles — Piloris — Marques de haute justice. Droit d’asile — Les fourches patibulaires de Montfaucon — Documents historiques. Description — La légende des suppliciés. Scènes de la dernière heure, Paris, Auguste Aubry, , 106 p. (lire en ligne)
  • Enguerrand de Monstrelet, Chroniques d’Enguerrand de Monstrelet, vol. 1, Paris, J. A. Buchon, (lire en ligne)
  • Religieux de Saint-Denys (trad. M. L. Bellaguet), Chronique du religieux de Saint-Denys, contenant le règne de Charles VI, de 1380 à 1422, vol. 3, Paris, Imprimerie de Crapelet, , 775 p. (lire en ligne)
  • Alexandre Tuetey, Journal d’un bourgeois de Paris, 1405-1449 : Publié d’après les manuscrits de Rome et de Paris, Paris, H. Champion, libraire de la Société de l’histoire de Paris, , XLVIII-415 p. (lire en ligne)