Olivier Hamant

biologiste et biophysicien français

Olivier Hamant, né en [1], est un chercheur français en biologie et biophysique[2]. Également conférencier, il prône un modèle de société qui s'inspire du vivant, et dont les principes soient en conséquence guidés par la recherche de la robustesse plutôt que par celle de la performance Ce lien renvoie vers une page d'homonymie. Il est directeur de l'Institut Michel-Serres.

Olivier Hamant
Portrait du chercheur Olivier Hamant (INRAE) lors d'une conférence organisée par Opera Mundi.
Olivier Hamant lors d'une conférence à Marseille
Naissance
Nationalité française
Institutions École normale supérieure de Lyon (à partir de 1995)
Université Pierre-et-Marie-Curie (doctorat en 2003)
Directeur de thèse Véronique Pautot, Gerrit Beemster
Influencé par Charles Darwin
Elinor Ostrom
Bruno Latour
Renommé pour Robustesse
Œuvre principale « Antidote au culte de la performance : la robustesse du vivant »

Biographie

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Olivier Hamant est reçu à l'École normale supérieure de Lyon en 1995[3]. Inscrit en doctorat à l'Université Pierre-et-Marie-Curie en physiologie cellulaire et moléculaire des plantes[4] , il étudie la régulation de la fonction du méristème ; il démontre notamment le rôle de l'hormone éthylène dans la régulation de la fonction des boîtes homéotiques. Il soutient sa thèse en 2003 après avoir travaillé à l'Institut de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement, une instance de l'École normale supérieure de Lyon, ainsi qu'à l'Institut flamand de biotechnologie (VIB) de Gand (Belgique). Par la suite, il travaille sur la méiose des cellules de maïs, travail durant lequel il identifie et caractérise la première shugoshine végétale.

Il est engagé à l'INRA en 2007[1]. Ses travaux postérieurs sur le rôle des signaux mécaniques dans la morphogenèse végétale permettent un lien entre les biologies moléculaire et cellulaire, la modélisation et la biophysique[5].

À partir de 2022, il multiplie les conférences pour alerter sur les questions socio-environnementales. Son concept : la robustesse.

La robustesse comme principe d'action

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Dans ses conférences puis ses ouvrages, la thèse principale d'Olivier Hamant est de proposer un modèle dans lequel la valeur centrale n'est pas la performance mais la robustesse. Plus encore, il présente l'absence d'optimalité comme un but à atteindre afin de renforcer la résilience. De nombreux exemples qu'il produit montrent à quel point les plantes ont une efficacité faible, mais une capacité d'adaptation aux changements, et particulièrement aux crises, très forte[6],[2]. Cette thèse se rapproche de celle du mouvement doux, qui prône le ralentissement comme mode d'action[7]. Son approche est fondée sur le biomimétisme[8] s'inspirant de phénomènes observés dans le vivant.

À la différence de la résilience, qui a pour principe de revenir à l'état antérieur au choc externe, la robustesse a pour principe d'éviter le choc[9]. La proposition d'action prônée par Olivier Hamant peut être comprise comme un réenchantement du risque, en construisant des modèles susceptibles d'accueillir les fluctuations futures[10].

La nature connaît également des phases de performance, mais qui sont par nature transitoires, car mettant en danger la survie de l'individu ou de l'organisme. Ainsi, la fièvre est une montée en température de l'organisme permettant un meilleur fonctionnement des enzymes favorisant une réponse immunitaire efficace ; mais, prolongée, elle met la vie de l'individu en danger[11].

Principe d'action économique

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Olivier Hamant à l'ESTIA lors de la conférence sur l'ingénierie et la robustesse : le rôle d'une école d'ingénieurs.

La recherche de la performance est une tendance lourde des sociétés modernes. Mais cette performance n'est possible que du fait d'une stabilité politique et économique et d'une abondance de ressources. Face à un choc, la performance est extrêmement fragile et les excès d'optimisation rendent les sociétés très dépendantes d'externalités sur lesquelles elles n'ont pas prise. La robustesse permet d'être moins dépendant des fluctuations inévitables[9].

La recherche de la performance et de la croissance a été un moteur de la croissance économique durant la seconde moitié du XXe siècle ; mais la performance et la croissance sont fragiles et ne résistent pas aux crises inévitables. Elles ne fonctionnent que dans un monde dont toutes les composantes sont stables et où les ressources sont abondantes. À l'inverse, les êtres vivants présentent des caractéristiques peu performantes mais plutôt résilientes et adaptatives, capables de s'adapter et de dépasser les crises. L'absence d'optimalité leur permet d'avoir une stabilité dans le temps et une plus grande résistance aux aléas[6],[12],[13],[14].

Ainsi, les guerres modernes, dont l'exemple qu'il donne est l'invasion de l'Ukraine par la Russie, ne sont pas provoquées par des pénuries mais par la disparition d'un excès de ressources. Elles sont ainsi souvent le fait des pays ou des entités les plus riches, et sont le principal vecteur de recherche de performance. Cette tendance se rapproche de l'inévitable gâchis de productivité du vivant, à la différence que ce dernier alimente le cycle de la matière et donc la résilience ; alors que l'économie de guerre ne revient pas au point de départ sitôt le conflit terminé : les concepts et objets sont adaptés pour un usage civil[2]. L'optimisation des solutions techniques va de pair avec une fragilité structurelle accrue aux crises et à l'imprévu[15].

La recherche de la performance se heurte au paradoxe de Jevons, qui montre qu'une performance accrue se traduit souvent par une pression accrue sur la ressource, réduisant voire annulant complètement l'effet positif de la meilleure efficacité[2]. De manière générale, la croissance économique est incompatible avec la robustesse d'une société ; en effet, en économie, l'extraction et l'utilisation de ressources non-renouvelables ou difficilement renouvelables sont comptabilisées comme des créations de valeur, alors que ce sont des destructions de capital naturel[14].

Principe d'action politique

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À la lumière des élections européennes de 2024, Olivier Hamant analyse le succès rural des partis d'extrême-droite en tant que recherche de robustesse des milieux et populations des campagnes face à la mondialisation perçue comme déstabilisation. En conséquence, dans son analyse, les milieux ruraux ne doivent plus être perçus comme des territoires en retard mais comme des laboratoires du monde à venir, notamment dans ses fluctuations. Il prône d'y installer le laboratoire d'un contre-modèle humaniste à créer[6],[16].

Récompenses

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En 2009, Olivier Hamant et Arezki Boudaoud sont lauréats du prix du ministère de la recherche. En 2012, Olivier Hamant reçoit le prix du jeune chercheur INRA ; l'année suivante, il est lauréat d'une Consolidator grant pour son projet « Mecanodevo ». En , il reçoit le prix de la Fondation Schlumberger pour l'éducation et la recherche, pour un projet collectif axé sur le rôle des contraintes mécaniques générées lors de la croissance de la plante, sur la forme du noyau et la chromatine[17].

En 2026, il est fait Docteur Honoris Causa de l'UCLouvain en même temps qu'Izzeldin Abuelaish et Salomé Saqué[18],[19].

Publications

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Articles scientifiques

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Olivier Hamant a publié, seul ou en coopération, plus d'une centaine d'article scientifiques[2], notamment :

Ouvrages

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Engagements

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Notes et références

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  1. 1 2 « Olivier Hamant, la science en pleines formes | INRAE », sur www.inrae.fr (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 Tania Markovic, « L’homme qui parle aux plantes et aux patrons », Le Point, (ISSN 2271-0744, lire en ligne, consulté le ).
  3. « Bulletin AE ENS », sur alumni.ens-lyon.fr,
  4. Olivier Hamant, « Analyse fonctionnelle du gène à homéoboîte KNAT2 d'Arabidopsis thaliana », theses.fr, Paris 6, (lire en ligne, consulté le )
  5. (en) « Dr Olivier Hamant », sur Université de Cambridge, Sainsbury Laboratory (consulté le ).
  6. 1 2 3 Tania Markovic, « Olivier Hamant : “Les êtres vivants ne sont pas performants et robustes, ils sont robustes parce qu’ils ne sont pas performants” », RTBF, (lire en ligne, consulté le ).
  7. Marie Dupin, « Journée internationale de la lenteur : une notion d'une autre époque qui inspire de plus en plus de mouvements », France Info, (lire en ligne, consulté le ).
  8. Julien Choppin et Guillaume Nicolas, « Ringardiser la performance, construire la robustesse (dossier) », D'A. D'architectures, , p. 47 (lire en ligne, consulté le )
  9. 1 2 Sérène Nourrisson, « Olivier Hamant : “La robustesse est désirable, contrairement à la sobriété” », La Croix, (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).
  10. Charlotte Ryssen, « Olivier Hamant : de la performance à la robustesse, une vision pour un futur durable », Sfeir.dev, (consulté le ).
  11. Muriel Florin, « Performance ou robustesse ? Et si les plantes nous montraient la voie… », Le Progrès, (ISSN 2102-6807, lire en ligne, consulté le ).
  12. Caroline Lachowsky, « Que nous apprend le vivant? », RFI, (lire en ligne, consulté le ).
  13. Olivier Hamant, « Pour s'adapter, il faut s'inspirer du vivant et cesser d'optimiser à tout prix », Libération, (ISSN 2262-4767, lire en ligne, consulté le ).
  14. 1 2 Rémi Barbet, « La robustesse est la meilleure réponse à l’incertitude climatique », La Croix, (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).
  15. Olivier Hamant, « Panne informatique : « Le coût de notre obsession pour la performance, c’est un monde toujours plus précaire » », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le ).
  16. Olivier Hamant, « Vote RN : “Nous vivons un moment post-colonial intérieur” », La Croix, (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).
  17. « Olivier Hamant reçoit le prix Schlumberger », École normale supérieure de Lyon, (consulté le ).
  18. Belga, « Qui sont ces trois nouveaux docteurs honoris causa, nommés par l’UCLouvain pour leur “résistance” », sur Moustique (consulté le )
  19. « Salomé Saqué face aux étudiants de l’UCLouvain : « Il faut réinventer le modèle économique du journalisme » », sur Le Soir, (consulté le )
  20. « Play4Life : revivez un événement qui fait bouger les lignes », sur Crédit Coopératif (consulté le )
  21. « Communiqué de Presse Play4Life », sur C3D (consulté le ).

Voir aussi

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