Olympe Aguado

photographe français du XIXe siècle

Olympe Aguado, né le à Paris et mort le à Compiègne, est un photographe français d'origine espagnole. Formé auprès de Gustave Le Gray, Aguado est à l'origine de plusieurs procédés photographiques, notamment le portrait carte-de-visite et des techniques d'agrandissement photographique ; il est l'un des membres fondateurs de la Société française de photographie en 1854.

Olympe Aguado
Olympe Aguado, Autoportrait, vers 1855,
Paris, musée d'Orsay.
Titre de noblesse
Comte (d)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 67 ans)
CompiègneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Olimpio Clemente Augusto Alejandro AguadoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Olimpio Clemente Alexandro Augusto Aguado y Remirez Angulo de EstenozVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Période d'activité
Père
Fratrie
Juan Alexander Marie Manuel Aguado y Moreno (d)
Onésipe Aguado (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Maître
Personne liée
Distinction

Biographie

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Le comte Olimpio Clemente Augusto Alejandro Aguado est le second fils d'Alexandre Aguado, marquis de Las Marismas del Guadalquivir, banquier et mécène espagnol installé à Paris, et de son épouse Maria de Carmen Vidoire Moreno. Son père avait été un partisan de Joseph Bonaparte pendant la Guerre d'indépendance espagnole (1808-1814) ; il s'exile après la guerre en France, s'installe à Paris, se lance dans les affaires et crée une maison de banque qui devient l'une des plus importantes de France ; le roi d'Espagne Ferdinand VII lui confère le titre de marquis de Marismas del Guadalquivir. À sa mort en 1842, Olympe et son frère héritent d'une fortune considérable[1], ainsi que du château de Grossouvre dans le Cher que leur père a acheté en 1833[2]. Il mène dans la haute société une vie mondaine, en particulier sous le Second Empire, où lui et son frère sont fort bien introduits à la cour impériale ; il est reçu aux Tuileries, à Compiègne, suit Napoléon III et Eugénie de Montijo à Bade, les reçoit dans son château de Grossouvre[3].

À la fin des années 1840, Olympe Aguado fréquente l'atelier de Gustave Le Gray qui l'initie à la photographie[4]. Depuis son studio de la place Vendôme, il travaille d'abord avec des daguerréotypes, puis dès le début des années 1850, expérimente d'autres procédés photographiques, notamment le négatif papier et le collodion sur verre[1]. Il met au point en 1854 avec Édouard Delessert un procédé d'impression de cartes de visite afin d'y ajouter des portraits photographiques ; ce procédé dit portrait carte-de-visite est breveté par Eugène Disdéri plus tard dans l'année[5] ; il s'intéresse également aux procédés d'agrandissement[1]. Il forme à la photographie plusieurs de ses amis, parmi lesquels Camille Silvy[6].

Il est membre de la Société héliographique ; en 1854, il est l’un des membres fondateurs de la Société française de photographie qui succède à la Société héliographique[1] et qui va jouer un rôle déterminant au cours des décennies suivantes dans le développement et la promotion de la photographie en France. Aguado a souvent siégé en tant que membre du jury lors des expositions de la Société au cours des années 1850 et 1860.

Olympe Aguado réalise des photographies animalières, des paysages, des portraits et des tableaux vivants, scènes de la vie quotidienne de son milieu social aristocratique ; avec son frère Onésipe Aguado (1830-1893)[7], il travaille à la composition d'images photographiques ; Onésipe a été louvetier dans le Cher à partir de son château de Grossouvre de 1860 à 1867, puis maître d'équipage à Sivry, et réalise des clichés de chiens de chasse[1].

Olympe Aguado meurt à Compiègne en 1894.

Distinctions

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Collections publiques

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Expositions

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  • 1986 : Portraits d'artistes, Paris.
  • -  : Olympe Aguado (1827-1894) photographe, Musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg[8],[3].
  • 2002 : Gustave Le Gray, Paris, Bibliothèque nationale de France.
  • 2004 : Le photographe photographié, l'autoportrait en France, de 1850 à 1914, Paris.
  • Un dilettante chez les primitifs, 1850-1865, Paris, galerie Baudoin Lebon, 2004.
  • 2006 : Figures et portraits, Paris.
  • -  : Modernisme ou modernité : les photographes du cercle de Gustave Le Gray, Petit Palais, Paris[9],[4].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 Denis Canguilhem 2007.
  2. « Grossouvre. Château », sur Base Mérimée.
  3. 1 2 Bernard Marbot, « Olympe Aguado (1827-1894) photographe (cat. exp.), textes de R. Rapetti, H. Bocard, A. McCauley, M. Poivert, S. Morand, Strasbourg, musées de Strasbourg, 1997 [compte-rendu] », Études photographiques, no 4, (lire en ligne Accès libre).
  4. 1 2 Claire Guillot, « Avec la bande à Le Gray, primitifs de la modernité », Le Monde, (lire en ligne).
  5. (en) Helmut Gernsheim, The History of Photography from the Camera Obscura to the Beginning of the Modern Era, New York, McGraw-Hill, , p. 191, 293.
  6. (en) Gordon Baldwin, Masterpieces of the J. Paul Getty Museum. Photographs, J. Paul Getty Museum, (lire en ligne), p. 40.
  7. Notice du catalogue de la BnF (en ligne).
  8. Michel Guerrin, « Olympe Aguado, baron de la photographie d'Empire », Le Monde, (lire en ligne Accès limité).
  9. Anne de Mondenard (dir.) et Marc Pagneux, Modernisme ou modernité : les photographes du cercle de Gustave Le Gray (catalogue d'exposition), Arles, Actes Sud, , 407 p. (ISBN 978-2-330-00542-9).

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Hélène Bocard, Olympe Aguado : 1827-1894, Paris, Mission du patrimoine photographique, 1995, 2 vol. (189, 201 p.)
  • (en) Denis Canguilhem, « Aguado de Las Marismas, comte Olympe-Clemente-Alexandre-Auguste (1827-1984) and vicomte Onesipe-Gonsalve (1830-1893) », dans John Hannavy (dir.), Encyclopedia of Nineteenth-Century Photography, Routledge, (lire en ligne Accès libre), vol. 1, p. 21-22.
  • Olympe Aguado (1827-1894) photographe (catalogue d'exposition), Strasbourg, Musées de Strasbourg et Éditions Scheuer, 1997, 216 p. (ISBN 2-9510634-4-X).

Liens externes

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