Omphalotus olearius
Clitocybe de l'olivier, Pleurote de l'olivier, Faux clitocybe de l'olivier
| Règne | Fungi |
|---|---|
| Division | Basidiomycota |
| Sous-division | Agaricomycotina |
| Classe | Agaricomycetes |
| Sous-classe | Agaricomycetidae |
| Ordre | Agaricales |
| Famille | Omphalotaceae |
| Genre | Omphalotus |
Omphalotus olearius, le Clitocybe de l'olivier ou Pleurote de l'olivier, est une espèce de champignons basidiomycètes de la famille des Omphalotaceae. C'est une espèce très toxique caractérisée par sa grande taille, ses teintes orangé à rougeâtres, sa pousse en touffe sur bois de feuillus et sa répartition méditerranéenne, région où elle est très commune. Elle est souvent confondue avec la Girolle dans les régions méridionales, causant de nombreuses graves intoxications chaque année. Malgré son nom, elle peut pousser tout aussi bien sur d'autres feuillus que les oliviers.
Nomenclature
modifierLe nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Omphalotus olearius (DC.) Singer[2].
L'espèce a été initialement classée dans le genre Agaricus sous le basionyme Agaricus olearius DC.[2].
Synonymes
modifierOmphalotus olearius a pour synonymes[2] :
- Agaricus farneus Fr.
- Agaricus olearius subsp. phosphoreus Battarra
- Agaricus olearius subsp. phosphoreus Battarra ex Pers.
- Agaricus olearius DC.
- Armillariella olearia (DC.) Singer
- Clitocybe olearia (DC.) Maire
- Clitocybe phosphorea (Battarra ex Pers.) Bohus, 1957
- Crepidotus olearius (DC.) Duby
- Dryophila olearia (DC.) Quél.
- Dryophila phosphorea (Battarra ex Pers.) Quél.
- Flammula phosphorea Battarra
- Flammula phosphorea Battarra ex Quél.
- Panus farneus Fr., 1838
- Pleurotus olearius (DC.) Gillet
- Pleurotus phosphoreus (Battarra) Quél.
- Polymyces phosphoreus Battarra, 1755
Étymologie
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L'adjectif spécifique olearius fait réfèrence à Olea europaea, l'olivier, sur lequel cette espèce peut pousser. Le nom de genre Omphalotus trouve ses origines dans le grec ὀμφαλός « omphalos », qui signifie « nombril », et dans οὖς, ωτόϛ oús, otós, « oreille », en raison de la dépression centrale du chapeau, qui, chez ces champignons, prend une forme rappelant un nombril ou, pour mieux dire, une oreille avec son « nombril » au centre[3].
Noms vulgaires et vernaculaires
modifierCe taxon porte en français les noms vernaculaires ou normalisés suivants : Pleurote de l'olivier[2], Clitocybe de l'olivier, Faux clitocybe de l'olivier[2].
Description du sporophore
modifierSon chapeau mesure 6-10-(14) cm, convexe puis étalé, à la fin déprimé et souvent même en large entonnoir (méritant bien son nom de genre, composé de deux mots grecs: omphalos « nombril » + ous, ôtos « oreille ») ; marge mince, enroulée, se fendant par temps sec. Cuticule séparable, épaisse, finement rayée et gercée, jaune orangé vif à rouge cuivre ou brun mordoré. Elle réagit en vert à l'ammoniaque.
L'hyménophore est constitué de lames serrées, inégales, minces, très décurrentes, fissiles, jaune orangé plus clair, plus safranées que le chapeau, souvent bioluminescentes.
Son pied mesure 8 à 16 cm, généralement excentré, évasé sous les lames, atténué en bas, plein, fibreux, ferme et tenace, fibrilleux sur toute sa longueur, mêmes couleurs que le chapeau, mais envahi de brun rouge à partir de la base.
La chair est mince, sauf au centre, ferme, jaune safran clair, plus orangée dans le pied, astringente. L'odeur est assez forte, oléagineuse.
Caractéristiques microscopiques
modifierGalerie
modifierHabitat et distribution
modifierC'est un champignon saprotrophe lignicole. Malgré ce qu'indique son nom, qui n'est pas des mieux mérités, même si il est vrai que le Clitocybe de l'olivier est fréquent à la base des vieux oliviers, il pousse également et tout aussi bien au pied des chênes, des chênes verts, des chênes-liège, des châtaigniers, des buis, des prunellier, des cyprès, des amandiers, de la viorne et autres arbres et arbustes. Son habitat idéal est la forêt thermophile, ou en tout cas les forêts des milieux méditerranéens. Il pousse en touffes, rarement isolé, à la base des troncs, plutôt au ras du sol ou souvent à même le sol en liaison avec des racines mortes où ses chapeaux jaune safran à orangé roussâtre lumineux le font facilement remarquer. Son support étant souvent caché sous terre de cette manière, cela peut contribuer à des confusions, donnant l'impression d'être en présence de champignons terrestres, le critère important de pousse sur bois étant caché.
Il s'attaque rarement à des plantes encore vivantes. Il s'attaque surtout aux plantes malades, affaiblies ou mourantes, par exemple aux oliviers touchés par Xylella fastidiosa, une bactérie provoquant le dessèchement rapide de l'olivier, ou par Pseudomonas savastanoi (gale de l'olivier), une autre bactérie provoquant l'apparition de nodules sur les branches, ou encore aux oliviers endommagés par d'autres champignons parasites qui les affaiblissent jusqu'à les mener au bord de la mort, tels que, par exemple, Spilocaea oleagina, qui provoque des taches foliaires, Verticillium dahliae (verticillose), qui provoque le dessèchement des branches, Phytophthora spp., qui obstrue les vaisseaux conducteurs de la sève et provoque la pourriture des racines, ou Colletotrichum spp. (anthracnose), qui attaque les feuilles et les fruits[3].
De tendance méridionale, il est commun dans toutes les régions méditerranéennes d'Europe. Il est commun en Italie, en France, en Espagne, en Grèce, en Turquie, en Syrie, au Liban et en Israël. On le trouve bien sûr également en Afrique du Nord, notamment au Maroc, en Algérie et en Tunisie. En France, c'est une espèce très commune dans le Midi. Il abonde dès le printemps dans le maquis de l'île de Port-Cros, et jusqu'en hiver. Il est plus rare au nord de la Loire, sans toutefois être exceptionnel. En Suisse, il s'agit d'une espèce très rare, connue uniquement de pied d'oliviers plantés.Bien qu’assez rare, on peut également le trouver associé aux chênes en Europe centro-occidentale. Il est sporadique en Allemagne, en Belgique, au Luxembourg et en Grande-Bretagne. Il peut pousser depuis le niveau de la mer jusqu’aux collines, mais, dans le sud et sur les îles, on peut le trouver jusqu’à environ 1 300/1 400 mètres d’altitude ; en Italie centrale, il ne dépasse généralement pas les 700/800 mètres. En raison du réchauffement climatique, cette espèce a été observé modifiant, et surtout étendant, son aire de répartition[4].
Plus au Nord, il pousse le plus souvent au pied et sur les souches et troncs des chênes et des châtaigniers vivants, au voisinage immédiat de ceux-ci, appréciant également d'autres feuillus, plus rarement dans les anciennes chênaies transformées en herbus. Dans ces régions, il s'agit souvent d'une espèce voisine : Omphalotus illudens. Cette espèce aux couleurs plus vives que celle du Midi, ressemble encore plus à la girolle, ce qui lui a valu son ancien nom de illudens (trompeur). En Amérique du Nord, il est souvent confondu avec Omphalotus illudens, une espèce indigène nord-américaine très similaire ; cependant, O. olearius n’est pas présent sur ce continent[3].
Bioluminescence
modifierLe Pleurote de l'olivier présente une bioluminescence, de couleur verte, au niveau des lames et du mycélium, faiblement visible dans l'obscurité totale[5].
Toxicité
modifierLe Clitocybe de l'olivier est responsable du plus grand nombre d’intoxications dues à la consommation de champignons dans toute la région méditerranéenne, avec Entoloma sinuatum. C'est une espèce toxique dont l'ingestion provoque un syndrome gastro-intestinal pouvant atteindre un certain degré de gravité ; nausées, fortes diarrhées, avec une toxicité constante. La littérature fait état, en association avec les troubles gastro-intestinaux violents, de la présence possible de symptômes de type muscarinique (par exemple, hypersudation, hypersalivation, diplopie). Cela pourrait s’expliquer par la présence de teneurs variables en muscarine également chez O. olearius, à l’instar de ce qui a été documenté pour O. illudens (Genest et al. 1968), ou par la présence d’autres métabolites à activité de type muscarinique. À ce jour, en effet, la présence de muscarine dans O. olearius n’a jamais été démontrée de manière incontestable d’un point de vue chimico-analytique, et même pour O. illudens, une confirmation à l’aide de méthodes d’analyse plus rigoureuses serait peut-être souhaitable[6].
Confusions possibles
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La Girolle (Cantharellus cibarius), peut être confondue avec par les novices. Cependant la Girolle est plus jaune, moins grande, possède des plis et non pas des vraies lames, a une odeur d'abricot, ne pousse pas de façon cespiteuse et surtout ne pousse pas sur bois.
Le Clitocybe illusoire (Omphalotus illudens), qui est très semblable mais qui est plus jaune et qui n'est pas méditerranéen.
Le Clitocybe inversé (Paralepista inversa), comestible à chair un peu acidulée, très prisée en cédraie provençale (au point de lui avoir décerné les noms de « chanterelle des cèdres » et de « rousse des cèdres »), qui est plus clair et qui ne pousse pas en touffe ni sur bois.
La Fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca), qui a des lames fourchues, est plus petite et ne pousse pas en touffe.
Liens externes
modifier- (en) Animal Diversity Web : Omphalotus olearius (consulté le )
- (en) Index Fungorum : Omphalotus olearius (DC.) Singer (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Omphalotus olearius (DC.) Singer (consulté le )
- (en) IRMNG : Omphalotus olearius (DC.) Singer (consulté le )
- (en) MycoBank : Omphalotus olearius (DC.) Singer (consulté le )
- (en) NCBI : Omphalotus olearius (taxons inclus) (consulté le )
- (en) OEPP : Omphalotus olearius (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Omphalotus olearius (DC.) Singer (1946) (consulté le )
Notes et références
modifier- ↑ V. Robert, G. Stegehuis and J. Stalpers. 2005. The MycoBank engine and related databases. https://www.mycobank.org/, consulté le .
- 1 2 3 4 5 GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le .
- 1 2 3 4 (it) Redazione FM, « Omphalotus olearius – Fungo dell'Ulivo - funghi velenosi - Funghi Magazine », (consulté le )
- ↑ WSL, « Swiss Fungi »
, sur Swiss Fungi (consulté le ) - ↑ (en) Dennis E. Desjardin, Anderson G. Oliveira et Cassius V. Stevani, « Fungi bioluminescence revisited », Photochemical & Photobiological Sciences, vol. 7, no 2, , p. 170–182 (ISSN 1474-905X et 1474-9092, DOI 10.1039/b713328f, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (it) Nicola Sitta, Paolo Davoli, Marco Floriani, Edoardo Suriano, « GUIDA RAGIONATA ALLA COMMESTIBILITÀ DEI FUNGHI »
[PDF], sur regione.piemonte.it,
- Champignons du Nord et du Midi, André Marchand, tome I / IX, Hachette (ISBN 84-499-0649-0)