Ordre de la Couronne de Westphalie

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L'ordre de la Couronne de Westphalie (en allemand : Orden der Westfälischen Krone) est un ordre honorifique du Royaume de Westphalie destiné à récompenser les services militaires et civils. Il exista de 1809 à 1815.

Ordre de la Couronne de Westphalie
(de) « Orden der Westphälischen Krone »
Image illustrative de l’article Ordre de la Couronne de Westphalie
Décernée par  Royaume de Westphalie
Type Ordre de chevalerie
Décerné pour Récompenser les services militaires et civils
Statut N'est plus décerné
Chiffres
Date de création
Dernière attribution

Ruban de la médaille
Ruban de l'ordre
Jérôme, avec la croix et la plaque de grand-commandeur de l'ordre. Peint par Sophie Liénard.

Historique

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Le , Napoléon Ier donna à son plus jeune frère Jérôme Bonaparte le royaume de Westphalie, créé de toutes pièces à partir d'États allemands jusque-là indépendants[1] et les provinces occidentales de la Prusse. Après en avoir confié l’organisation à des hommes d'État français confirmés, tel le comte Joseph Jérôme Siméon (1749-1842), il invita Jérôme à prendre possession de son royaume le .

Le royaume organisé, il ne manquait au souverain qu’une décoration à remettre à ses sujets. Jérôme présenta à l’Empereur dès un projet d’ordre ainsi motivé :

« l’institution d’un ordre westphalien devrait plaire aux Allemands […] Votre Majesté connaît leur caractère, beaucoup d’entre eux ont été obligés de quitter leurs décorations et rien ne leur sera plus agréable que de voir fonder un nouvel ordre de leur royaume. »

L’insigne, en forme de croix à huit pointes anglée de rayons aurait été chargé au centre de l’aigle westphalien. L’institution aurait pris le nom d’ordre de l'Aigle bleu. Napoléon n’accéda pas aux vœux de son frère. L’insigne ressemblait trop à celui de la Légion d'honneur, et puis l’empereur estimait trop récente la souveraineté de son cadet pour qu’il envisageât de récompenser qui que ce soit.

Enfin, le , « nanti de l’autorisation impériale », le roi put signer les décrets royaux de création de l’ordre de la Couronne de Westphalie.

D’après le décret du , l’insigne, inspiré du blason du royaume créé en 1807 sous la direction de Talleyrand, révélait une symbolique complexe : un serpent se mordant la queue, symbole d’immortalité, entourait un ensemble de motifs illustrant la nature composite du royaume, le tout surmonté d’une aigle impériale couronnée. « Il y a trop de bêtes dans cet ordre-là ! », se serait exclamé l’Empereur en lisant le décret.

Jérôme remit donc son ouvrage sur le métier. Un nouveau décret fut rédigé, édicté le , qui fixa définitivement la composition de l’insigne, au contour général proche de celui de l'ordre de la Couronne de fer. Au-dessus d’une couronne à bandeau, on retrouve les éléments symboliques constitutifs de l’insigne précédent : animaux héraldiques, serpent en bélière, et bien entendu l’aigle impériale empiétant un foudre.

Malgré tous les fastes qui l’entourèrent, l’ordre disparut avec le royaume de Westphalie en 1813. Jérôme continua néanmoins d’en porter les insignes jusqu’à sa mort en 1860.

Organisation

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Les membres se divisaient en trois puis quatre[2] classes. Cet ordre devait se composer de :

  • 10 grands-commandeurs ou dignitaires, dont trois ayant chacun une grande commanderie ;
  • 30 commandeurs ;
  • 300 chevaliers de première classe ;
  • 500 chevaliers de seconde classe.

Ne sont pas compris dans ce nombre les princes de la famille impériale et les étrangers auxquels Sa Majesté voudrait conférer cette décoration.

Le roi est grand-maître de l'ordre.

Le prince royal seul reçoit de droit en naissant la grande décoration de l'ordre.

Les grands-commandeurs ont le titre d'Excellence, et jouissent des honneurs civils accordés aux grands-officiers de la Couronne, et des honneurs militaires rendus au plus haut grade.

Les commandeurs reçoivent les mêmes honneurs civils que les conseillers d'État, et les honneurs militaires attachés au grade d'officier.

Grands chanceliers

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  • 5 février 1810 : comte de Fürstenstein, ministre secrétaire d'État et des Relations extérieures, chargé provisoirement des fonctions de grand chancelier jusqu'à la nomination d'un titulaire[3].
  • 24 avril 1813 : comte de Bocholtz, grand-commandeur, grand maître des cérémonies et conseiller d'État, nommé grand chancelier de l'ordre[4].

Description de la décoration

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La décoration est composée d'une couronne à huit fleurons d'or sans absides, posée sur un bandeau émaillé bleu, sur lequel sont écrites en lettres romaines en or et dans tout son pourtour, la devise de l'ordre) : « CHARACTER UND AUFRICHTIGKEIT » en français : « Caractère et honnêteté », ainsi que la date de sa fondation au revers : « ERRICHTET DEN XXV DEC. M. DCCC. IX ».

Sur le fond de la couronne et au milieu posent une aigle et un lion adossés et couronnés par une seule couronne.

À droite du côté du lion, est le cheval de Westphalie ; à gauche, du côté de l'aigle, est le lion de Cassel.

Le tout est surmonté de l'aigle impériale couronnée et portée sur son foudre, sur lequel est écrit : « JE LES UNIS. »

La décoration est suspendue à un ruban gros-bleu moiré, par un anneau ayant la forme d'un serpent se mordant la queue, symbole de l'immortalité.

Le revers de la croix est absolument semblable, avec cette différence seulement, qu'il y a sur l'aigle et le lion adossés, un écu azuré sur lequel sont les lettres romaines « H N » entrelacées.

La décoration de Grand-Commandeur a trente lignes de hauteur, à partir du dessous du bandeau de la couronne jusqu'au-dessous de la couronne de l'aigle impériale. Celle de Commandeur n'a que vingt-trois ligues de haut y et celle de Chevalier n'en a que seize.

Les Grands-Commandeurs portent la décoration, par-dessus l'habit, de droite à gauche.

Les chevaliers attachaient à la boutonnière un insigne d’argent et les commandeurs suspendaient à leur cou un bijou en or. Les grands commandeurs arboraient quotidiennement une plaque – nouveauté par rapport au décret du qui n’en prévoyait pas – et un cordon. Les jours de solennité, ils portaient un collier d’or.

Une autre décoration westphalienne : la médaille d'honneur

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Jérôme se dédommagea provisoirement du refus impérial de 1808 en créant, par décret du , une « médaille d'honneur », médaille militaire destinée aux sous-officiers et soldats, « pour entretenir et fortifier davantage dans son armée le bon esprit dont elle s’était, dès sa formation, montrée animée ».

Cette médaille comportait trois classes :

  1. En or pour trente ans de service,
  2. En argent pour dix ans ;
  3. et la dernière en bronze.

Deux modèles de cette médaille sont connus un modèle rond et un modèle ovale.

Récipiendaires

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Les liens renvoient aux articles biographiques modernes ; les titres et fonctions sont donnés d'après les sources westphaliennes contemporaines citées pour chaque promotion. Les changements ultérieurs ayant une incidence sur la liste de l'ordre sont indiqués entre parenthèses.

Grands-commandeurs

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  • 12 novembre 1812[8] :
    • comte de Wintzingerode, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Sa Majesté à la cour de France

Grands-commandeurs étrangers

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Les dates d'attribution aux grands-commandeurs étrangers ne sont pas indiquées dans les éditions francophones de l’Almanach royal de Westphalie. La liste ci-dessous classe les titulaires d'après leur première attestation dans ces almanachs ; la répartition par États et l'ordre des personnes suivent l'édition correspondante. Les almanachs ne permettent pas d'établir une liste exhaustive des attributions, certaines pouvant avoir eu lieu entre deux éditions ou après la clôture rédactionnelle de l’Almanach de 1813.

Mentionnés dans l’Almanach de 1811[12]

France
Bavière
Danemark
Hesse-Darmstadt
Nassau-Weilbourg
Prusse
Saxe
Deux-Siciles
Suède
Wurtemberg
Wurzbourg

Aucun autre grand-commandeur étranger n’est mentionné pour la première fois dans l’Almanach de 1812[15].

Mentionné pour la première fois dans l’Almanach de 1813[16]

Bade

Commandeurs

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Les titres et fonctions correspondent aux sources contemporaines indiquées pour chaque nomination ; les changements ultérieurs pertinents pour la liste de l'ordre sont indiqués entre parenthèses.

  • 14 novembre 1810[18] :
    • Siméon, ministre de la Justice (grand-commandeur le 14 novembre 1811)
    • comte de Wolffradt, ministre de l'Intérieur
    • comte de Wellingerode, grand maréchal du palais († 10 septembre 1812)[19]
    • comte de Bocholtz, grand maître des cérémonies (grand-commandeur le 1er janvier 1813)[10]
    • général de division Morio, l'un des capitaines généraux de la Garde († 25 décembre 1811)[20]
    • comte de Wintzingerode, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire auprès de Sa Majesté l'Empereur et Roi (grand-commandeur le 12 novembre 1812)
    • comte von der Malsburg, premier écuyer d'honneur
    • Baron de Keudelstein, intendant général (mentionné dans l’Almanach de 1813 parmi les commandeurs étrangers de France sous le nom de « de la Flèche, baron de Keudelstein »)[21]
    • Comte de Jagow, chambellan
    • baron de Malchus, conseiller d'État
    • Baron de Retterode, trésorier général
    • baron de Münchhausen, trésorier général et administrateur de l'ordre de la Couronne de Westphalie
  • 14 novembre 1811[7] :
    • von Bar, président de la section de la Justice au Conseil d'État
    • comte de Merveldt, maître général des requêtes
    • Von Biedersee, président de la cour d'appel de Cassel
    • Allix, général de brigade et directeur général de l'artillerie
  • 22 février 1813[26] :
    • prince de Salm-Salm, l'un des aides de camp de Sa Majesté
    • Colonel comte von Oberg, premier écuyer d'honneur de Sa Majesté la Reine

Commandeurs étrangers

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Les dates d'attribution aux commandeurs étrangers ne sont pas indiquées dans les éditions francophones de l’Almanach royal de Westphalie. La liste ci-dessous classe les titulaires d'après leur première attestation dans ces almanachs ; la répartition par États et l'ordre des personnes suivent l'édition correspondante. Les almanachs ne permettent pas d'établir une liste exhaustive des attributions, certaines pouvant avoir eu lieu entre deux éditions ou après la clôture rédactionnelle de l’Almanach de 1813.

Mentionnés dans l’Almanach de 1811[27]

France
Lucques et Piombino
  • Cenami, grand écuyer de la Princesse
Saxe
  • Général Thielmann
Wurtemberg
  • Baron de Phul-Rieppour, grand maître de la maison de S. A. R. le Prince royal

Aucun autre commandeur étranger n’est mentionné pour la première fois dans l’Almanach de 1812[28].

Mentionnés pour la première fois dans l’Almanach de 1813[21]

France
  • D’Albignac, comte de Ried
  • De la Flèche, baron de Keudelstein

Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Notes et références

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  1. ↑ Le Brunswick et Hesse-Cassel
  2. ↑ En 1812, les chevaliers sont subdivisés en deux classes.
  3. ↑ Le Moniteur westphalien, no 17, 8 février 1810 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  4. ↑ Le Moniteur westphalien, no 114, 25 avril 1813 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  5. ↑ Bulletin des lois et décrets du Royaume de Westphalie, vol. 4, décembre 1809, no 52, décret royal du 25 décembre 1809, art. 3, p. 446–447 (numérisation de l’Internet-Portal « Westfälische Geschichte »).
  6. 1 2 3 Hof- und Staats-Handbuch des Königreichs Westphalen, Hanovre, 1811, p. 71 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  7. 1 2 Le Moniteur westphalien, no 273, 16 novembre 1811 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  8. ↑ Le Moniteur westphalien, 14 novembre 1812, p. 1278 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  9. ↑ Le Moniteur westphalien, no 2, 2 janvier 1813 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  10. 1 2 Digitale Westfälische Urkunden-Datenbank, Archiv Hinnenburg, Bestand P Familie von Bocholtz, P Urk. 476 : Jérôme Napoléon nomme, le 24 avril 1813, le grand-commandeur comte (Wilhelm) von Bocholtz, grand maître des cérémonies et conseiller d'État, grand chancelier de l'ordre de la Couronne de Westphalie (regeste).
  11. ↑ Le Moniteur westphalien, no 282, 19 octobre 1813 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  12. ↑ Almanach royal de Westphalie, pour l'an 1811, Cassel, 1811, p. 93–94 (p. 93 et p. 94, numérisations de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  13. ↑ Le Moniteur westphalien, 20 octobre 1811 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  14. ↑ Almanach royal de Westphalie, pour l'an 1813, Cassel, 1813, p. 110 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  15. ↑ Almanach royal de Westphalie, pour l'an 1812, Cassel, 1812, p. 99–100 (p. 99 et p. 100, numérisations de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  16. ↑ Almanach royal de Westphalie, pour l'an 1813, Cassel, 1813, p. 111 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  17. ↑ Le Moniteur westphalien, no 21, 17 février 1810 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  18. ↑ Le Moniteur westphalien, no 157, 15 novembre 1810 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  19. ↑ Le Moniteur westphalien, no 225, 20 septembre 1812 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  20. ↑ Le Moniteur westphalien, no 309, 27 décembre 1811 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  21. 1 2 Almanach royal de Westphalie, pour l'an 1813, Cassel, 1813, p. 112 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  22. ↑ Le Moniteur westphalien, no 14, 18 janvier 1811 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  23. ↑ Le Moniteur westphalien, no 75, 29 mars 1811 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  24. ↑ Le Moniteur westphalien, no 122, 24 mai 1812 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  25. ↑ Le Moniteur westphalien, 14 novembre 1812 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  26. ↑ Le Moniteur westphalien, no 54, 23 février 1813 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  27. ↑ Almanach royal de Westphalie, pour l'an 1811, Cassel, 1811, p. 94 (numérisation de la Bibliothèque d'État de Bavière).
  28. ↑ Almanach royal de Westphalie, pour l'an 1812, Cassel, 1812, p. 100–101 (p. 100 et p. 101, numérisations de la Bibliothèque d'État de Bavière).

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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