Orfeo Sellani
Orfeo Sellani, né le 1er janvier 1907 à Gualdo Tadino, est un syndicaliste, journaliste et homme politique fasciste italien.
| Podestà of Pistoia | |
|---|---|
Luigi Venturi (d) | |
| Conseiller à la Chambre des corporations XXXe législature du royaume d'Italie | |
| - |
| Naissance | |
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| Décès |
Inconnu |
| Pseudonyme |
Lisa Oloferne |
| Nationalité | |
| Activité |
| Parti politique |
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Biographie
modifierJeunesse (1922-1934)
modifierNé en janvier 1907 à Gualdo Tadino dans une famille aristocratique, Orfeo Sellani s'inscrit à l'âge de quinze ans, le 20 juin 1922, au Parti national fasciste (PNF)[1].
Après avoir obtenu un diplôme en sciences économiques et commerciales dans un institut technique, il débute dans la vie active comme employé de banque[1]. À vingt-sept ans, il devient secrétaire fédéral fasciste de Nuoro (20 mai 1934), et sera successivement fédéral de Pistoie (novembre 1936-octobre 1938) et de Bergame (octobre 1938-août 1940)[1].
Carrière politique sous le régime (1934-1945)
modifierAprès avoir combattu comme volontaire durant la guerre d'Éthiopie, il intègre en novembre 1939 la direction nationale du PNF et fait son entrée à la Chambre des faisceaux et des corporations où il représente le secteur du papier et de la presse[1].
Vice-commandant de la Gioventù italiana del littorio (GIL), il dirige à cette période le périodique La Piccola Italiana et organise des voyages en Allemagne pour les jeunes du régime[2]. En 1941, il devient commissaire extraordinaire de l'Opera nazionale per gli orfani di guerra puis, à l'âge de trente-cinq ans, président de l'INFAIL (novembre 1942)[1], commissaire de l'Ente di assistenza degli orfani dei lavoratori morti per infortunio, puis membre des conseils d'administration de l'INPS et de l'Istituto Luce[1], postes qu'il occupe jusqu'à la chute du régime en 1943 ; il adhère à la République sociale italienne (RSI) en septembre de la même année.
Sous la République : médiateur entre la « gauche fasciste » et le Parti communiste
modifierParmi les « plus actifs pour favoriser les rapprochements entre fascistes et communistes »[3] dans l'immédiate après-guerre, Sellani fut mis en contact, entre le 25 juillet et le 8 septembre 1943 « avec la cellule communiste du Lavoro d’Italia, ancien Lavoro fascista, et quelqu'un le présenta à Salvato Cappelli, qui était alors communiste »[4].
Dès 1946-1947, il participe de façon continue à la mise en liens de personnalités communistes comme les frères Puccini, Giacinto Cardona, Mario Spinella et Tullio Vecchietti avec les anciens fascistes républicains qui, durant la RSI « avaient adopté des positions ouvertement révolutionnaires et socialisatrices »[3]. Entre la fin de 1946 et le début de 1947, il contacte le journaliste Stanis Ruinas, figure de proue de la « gauche fasciste » sous le régime, pour l'inciter à reprendre l'action politique comme le racontera ce dernier :
« En 1946, alors que nous étions occupés à des travaux littéraires et historiques non ordinaires, bien décidés à ne plus nous mêler de politique, Sellani nous appela : il s'était fait interviewer par une revue communiste, La Settimana, et voulait que nous devenions les initiateurs d'une alliance avec les communistes. Il prit des accords avec les frères Puccini pour une rencontre avec Luigi Longo. Il y eut d'autres rencontres nombreuses, toujours promues par lui, au domicile de Giacinto Cardona, en présence de Mario Spinella, Tullio Vecchietti et d'autres. »[4]
Alors désireux de conclure une « alliance avec les communistes », Sellani participe, avec Ruinas lui-même, Giorgio Pini et Fausto Brunelli, le 11 février 1947, à une rencontre avec Luigi Longo au n° 4 de la Via delle Botteghe Oscure, siège du Parti communiste italien (PCI)[4]. Selon ce que rapporte Brunelli, Longo déclara que « tout en considérant le fascisme comme un régime réactionnaire, il croyait en la bonne foi d'entières masses d'anciens fascistes qui avaient eu la conviction de lutter pour la justice sociale »[4]. À la même période, avec Ugo Manunta, Sellani travaille à une « très intense œuvre de médiation entre fascistes et antifascistes aux fins de la pacification et d'une collaboration avec les gauches » et écrit dans un journal la « première déclaration au sens absolu d'un ex-fasciste républicain en faveur des gauches »[4].
Au sein du MSI : « aile gauche » et déviation
modifierEn janvier 1948, Sellani adhère au Mouvement social italien (MSI), au sein duquel il se range immédiatement dans l'« aile gauche »[4]. Devenu secrétaire de la Fédération romaine du parti, Sellani exprime durant ces années « une position idéologico-politique très en phase » avec celle de la revue de Ruinas, Il Pensiero nazionale, dont il partage l'anticapitalisme, l'antiaméricanisme, l'hostilité au Pacte atlantique et au gouvernement De Gasperi (défini comme le « gouvernement de police décrédibilisé » du « chancelier autrichien »), mais attribue à la gauche antifasciste, qui rejette et criminalise les membres du MSI, la responsabilité de leur rapprochement avec les forces de droite, des « ententes indirectes, non désirées, avec des hommes et des institutions réactionnaires »[4].
Sellani ne manque cependant pas de rassurer Ruinas en affirmant que l'« aile gauche » s'assurera que « la réaction sociale ne triomphera pas ! »[4], comme il a déjà eu l'occasion de l'affirmer lors d'une intervention publique au Théâtre Quirino de Rome, dont il rapporte un extrait :
« [...] nos jeunes et nous tous du MSI ne sommes pas et ne serons jamais les gardes blancs du capitalisme ni les auxiliaires de la police « atlantique », nous sommes au contraire l'authentique, la solide digue contre le mercantilisme et le colonialisme anglo-américain et contre l'obscurantisme et l'impérialisme slave [...]. »[4]
Suite à la manifeste déviation à droite du MSI, Sellani démissionne de son poste de secrétaire provincial de Rome[4].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 Jean-Yves Dormagen, Logiques du fascisme : l'état totalitaire en Italie, Fayard,
- ↑ Flavia Citrigno, « The Duce’s Cheerleaders and the Führer’s Vanguard. The Dynamics of a Fascist Network of Girls’ Organizations », Fascism. Journal of comparative fascist studies, no 13, (lire en ligne)
- 1 2 Giuseppe Parlato, Fascisti senza Mussolini: le origini del neofascismo in italia (1943-1948), Bologna, Il Mulino,
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Paolo Buchignani, Fascisti rossi. Da Salò al PCI, la storia sconosciuta di una migrazione politica (1943-53), Arcadia Edizioni,
Bibliographie
modifier- Jean-Yves Dormagen, Logiques du fascisme : l'état totalitaire en Italie, Fayard, 2008.
- Giuseppe Parlato, Fascisti senza Mussolini: le origini del neofascismo in italia (1943-1948), Il Mulino, Bologna 2006.
- Paolo Buchignani, Fascisti rossi. Da Salò al PCI, la storia sconosciuta di una migrazione politica (1943-53), Arcadia Edizioni, 2025.
- Flavia Citrigno, The Duce’s Cheerleaders and the Führer’s Vanguard. The Dynamics of a Fascist Network of Girls’ Organizations, Fascism. Journal of comparative fascist studies, n°13, 2024.
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la vie publique :