Organisation de l'OTAN
L'organisation de l'OTAN s'articule autour d'instances de décision, d'organismes civils et de structures militaires qui ont été modifiées à de nombreuses reprises depuis la création de l'Alliance atlantique en 1949.
Origines
modifierOrganisation durant la guerre froide
modifierDurant la guerre froide, l'organisation militaire de l'OTAN reposait principalement sur une division géographique, au plus haut niveau de laquelle existait le Commandement allié pour l'Europe (ACE) identifié le plus souvent sous le nom de son quartier général, le SHAPE, et le Commandement allié pour l'Atlantique (ACLANT) auxquels treize quartiers généraux étaient subordonnés.
Les agences de l'OTAN doivent acquérir et maintenir les capacités collectives de défensive et d'offensive de l'OTAN. Initialement il en existait deux, constituées de scientifique et ingénieurs venus des pays membres :
- Centre technique du SHAPE (ou STC), dédiée au développement des capacités aériennes alliées, basée à La Haye, au service du SHAPE ; en 1996 ce centre fusionne avec le NATO Consultation, Command and Control AgencyNACISA aussi dit « NC3A » ;
- Centre de recherches pour la guerre anti-sous-marine du SACLANT ou (SACLANTCEN), dédiée à lutte anti-sous-marine, basée et à La Spezia en Italie, au service du SACLANT et des autres Grands Commandements de l'OTAN ainsi que des pays participants
Organisation depuis la fin de la guerre froide
modifierRéorganisation de 2003
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Avec la réorganisation de 2003, toute la fonction opérationnelle est concentrée en un seul commandement : le Commandement allié des opérations (Allied Command for Operations - ACO), par fusion des anciens commandements Europe (ACE) et Atlantique (ACLANT)[1]. Son quartier général, le « SHAPE » (Supreme Headquarters Allied Powers in Europe, Grand Quartier général des puissances alliées en Europe) est basé à Mons, en Belgique. Le Commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) est un commandement double car il dirige non seulement l'ACO mais aussi le Commandement des forces des États-Unis en Europe[2],[3]. Le Commandement allié des opérations dirige alors trois états-majors interarmées basés à Brunssum (Pays-Bas), à Oeiras dans la banlieue de Lisbonne (Portugal) et à Naples(Italie) et six états-majors de composante (air, terre, mer) :
- états-majors air : Izmir (Turquie) et Ramstein (Allemagne) ;
- états-majors terre : Heidelberg (Allemagne) et Madrid (Espagne) ;
- états-majors mer : Northwood (Royaume-Uni) et Naples (Italie).
Cette réorganisation s'accompagne de la création du Commandement allié pour la transformation (ACT, Allied Command Transformation) situé dans la base navale de Norfolk (Virginie, États-Unis), utilisant les infrastructures de l'ancien Commandement allié Atlantique (ACLANT). L'ACT dirige les efforts militaires visant à adapter les forces de l'Alliance à un environnement en mutation rapide.
Les deux commandements « ACO » et « ACT » sont tous deux rattachés au Comité militaire (MC) de l'OTAN.
Réorganisation de 2011
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Faisant suite à l'adoption d'un nouveau concept stratégique au sommet de Lisbonne en 2010, une nouvelle réorganisation est initiée en 2011 qui vise à réduire les coûts et à améliorer la capacité de l'OTAN à faire face avec rapidité et flexibilité à des menaces diversifiées partout dans le monde. Les suppressions et regroupements de formations décidés, qui touchent surtout l'ACO, sont opérationnels depuis 2013, réduisant de 10 à 6 le nombre de quartiers généraux majeurs et de 13 000 à8 800 leurs effectifs[4].
La structure de commandement de l'OTAN[5],[6] s'appuie d'une part sur des structures permanentes multinationales propres à l'OTAN et d'autre part sur des états-majors organisés et préparés par certains de ses États membres pour intervenir dans le cadre des opérations conduites par l'OTAN. La plupart d'entre eux peuvent aussi être mobilisés pour conduire des opérations de l'Union européenne.
Placée sous l'autorité du Comité militaire, l'organisation militaire de l'OTAN est principalement constituée[7],[8],[9] :
- de l'État-major militaire international (EMI), qui est l'organe exécutif du Comité militaire. L’EMI est chargé de préparer les évaluations, les études et d’autres documents relatifs aux questions militaires concernant l’OTAN, et il veille à ce que les décisions et les politiques relatives aux questions militaires soient mises en œuvre par les organismes militaires compétents ;
- du Commandement allié Opérations (ACO)[8], dirigé par le Commandant suprême des Forces alliées en Europe(SACEUR) et son état-major, le SHAPE, basé à Mons, en Belgique. Ce poste est confié à un général américain qui dirige non seulement l'ACO, mais aussi le Commandement des forces des États-Unis en Europe[3]. Il a remplacé le Commandement allié pour l'Europe (ACE). L'ACO est responsable de la planification et de l'exécution de toutes les opérations militaires de l’Alliance ;
- du Commandement allié Transformation (ACT)[9],[10], dirigé par le Commandant suprême allié Transformation(SACT). Ce poste est depuis la réintégration par la France de l'organisation militaire de l'OTAN confié à un officier général français. Implanté sur la base navale de Norfolk (Virginie, États-Unis), il a remplacé le Commandement allié Atlantique. L'ACT dirige la transformation de la structure, des forces, des capacités et de la doctrine militaires de l'OTAN. Ses responsabilités principales englobent la formation, l'entraînement et les exercices, ainsi que la conduite d'expériences destinées à évaluer de nouveaux concepts et la promotion de l’interopérabilité à l'échelle de l'OTAN.
Organisation du Commandement allié opérations (ACO)
modifierLes structures rattachées à l'ACO comprennent[7],[8] :
- des commandements de niveau opératif : deux commandements de forces interarmées permanents (JFC), le JFC allié Brunssum (Pays-Bas) et le JFC allié Naples (Italie). Tous deux doivent être prêts à assurer la planification, la conduite et le soutien dans la durée d'opérations de l'OTAN d'ampleur et de portée différentes. Dans les faits, ils doivent pouvoir gérer une opération interarmées de grande envergure depuis leur emplacement fixe de Brunssum ou de Naples, ou depuis un quartier général déployé lorsqu'ils agissent directement sur un théâtre d'opération ;
- des commandements de niveau tactique : trois commandements d'armée (SSC), terrestre, maritime et aérien, le quartier général du Commandement terrestre LANDCOM est basé à Izmir (Turquie), le quartier général du Commandement maritime MARCOM à Northwood (Royaume-Uni)[11], et le quartier général du Commandement aérien AIRCOM à Ramstein (Allemagne)[12]. Ces trois états-majors sont très largement multinationaux : par exemple, plus de 300 personnes de 22 nationalités, dont une trentaine de Français, arment l’état-major MARCOM qui peut ainsi faire fonctionner 24h/24 un centre opérationnel de commandement des forces et des opérations maritimes de l'OTAN[13].
- le Groupe des services d'information et de communication de l'OTAN (CIS GP), basé à Mons (Belgique) qui concentre les capacités SIC déployables de l'OTAN.
Lors du sommet du pays de Galles en 2014, l’OTAN adopte un « plan d’action pour la réactivité (RAP) » afin de renforcer sa posture de dissuasion et de défense de l’Alliance en assurant une présence avancée à ses frontières est et sud-est[14]. Parmi les mesures adoptées, figure l'établissement de huit petits quartiers généraux, appelés « unité d’intégration des forces OTAN (NFIU) »[15].
Le sommet de Bruxelles en 2018 entérine le renforcement de la structure de commandement de l'OTAN par la création d'un nouveau commandement basé à Norfolk aux États-Unis pour aider à protéger les routes de communication maritimes entre l’Amérique du Nord et l’Europe et d'un autre commandement basé à Ulm en Allemagne pour améliorer le mouvement de troupes et d’équipements au sein de l’Europe[16],[17].
Références
modifier- ↑ « Commandement allié Opérations (ACO) », sur nato.int (consulté le ).
- ↑ Kempf 2010.
- 1 2 Olivier Kempf, « A quoi sert l'OTAN pour les États-Unis », Conflits, hors série no 4, Automne 2016, p. 23-24.
- ↑ James Stavridis (Amiral), « For the Soldiers: NATO's New Land Component Command », sur nato.int, (consulté le ).
- ↑ (en) « NATO organization », sur nato.int.
- ↑ « Organisation et structures militaires », sur nato.int.
- 1 2 (en) « The NATO Command Structure », sur NATO, (consulté le ).
- 1 2 3 « Commandement allié Opérations (ACO) », sur nato.int;
- 1 2 « Commandement allié Transformation (ACT) », sur nato.int.
- ↑ (en) « Allied Command Transformation », sur ACT, (consulté le ).
- ↑ « Allied Maritime Command », sur nato.int, (consulté le ).
- ↑ (en) « History of the NATO AIRCOMs at Ramstein Air Base », sur nato.int, (consulté le ).
- ↑ « Les activités maritimes de l’OTAN », sur nato.int.
- ↑ « Renforcer la présence de l'OTAN à l'est et au sud-est », sur nato.int.
- ↑ « La création de NFIU confirme la pertinence et la poursuite de l’adaptation de l’OTAN », sur nato.int.
- ↑ « L’Otan crée deux commandements pour renforcer sa dissuasion à l’égard de la Russie », sur Opex.360, (consulté le ).
- ↑ « Les chefs d’État et de gouvernement des pays de l’OTAN prennent des décisions pour la sécurité de l’Amérique du Nord et de l’Europe », sur nato.int, (consulté le ).