Osgod Clapa
Osgod ou Osgot, surnommé Clapa (mort en 1054), est un seigneur anglais du XIe siècle.
| Osgod Clapa | |
| Titre | staller |
|---|---|
| Souverains | Knut le Grand Harold Pied-de-Lièvre ? Harthacnut |
| Biographie | |
| Décès | |
| Enfants | Gytha |
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Biographie
modifierLe surnom d'Osgod, clapa, signifie « grossier, vulgaire »[1]. Son nom, une forme anglicisée du norrois Ásgautr suggère qu'il est d'origine danoise et qu'il est arrivé en Angleterre dans la foulée de la conquête du pays par Knut en 1016[2]. L'historienne Ann Williams avance une autre hypothèse : il pourrait être un descendant d'un autre Osgod apparenté à l'évêque de Londres Theodred, les deux Osgod étant décrits comme propriétaires d'un domaine situé à Pakenham, dans le Suffolk[1].
Osgod Clapa apparaît dans les sources en 1026 comme témoin d'une charte du roi Knut le Grand. Il occupe une position importante à la cour sous le règne de Knut (1016-1035) et de son fils Harthacnut (1040-1042). La Chronique anglo-saxonne lui attribue le titre de staller et la Chronique de Bury (en) le décrit comme maior domus regis, « maître du palais royal »[1]. Il apparaît souvent dans les chartes aux côtés d'un autre seigneur d'origine danoise, Tovi le Fier, qui épouse sa fille Gytha en 1042. Le roi Harthacnut trouve la mort durant leur banquet de noces[3].
Osgod Clapa est particulièrement lié à la région de l'Est-Anglie : son nom apparaît dans le liber vitae (en) de l'abbaye de Thorney, dans le Cambridgeshire, tandis que la Chronique de Bury lui reproche d'avoir spolié l'abbaye de Bury St Edmunds[4]. Ce dernier texte offre une description remarquable d'Osgod vêtu d'un manteau en peau de mouton lui descendant jusqu'aux chevilles, avec des bracelets en or à chaque bras et une hache dorée sur l'épaule[1]. Quelques sources permettent aussi de relier Osgod Clapa à la ville de Londres ; il pourrait avoir commandé la flotte stationnée dans cette ville[4].
Osgod reste un personnage important dans les premières années du règne d'Édouard le Confesseur jusqu'à sa condamnation à l'exil en 1046, peu avant Noël[5]. Les sources ne précisent pas pourquoi il est ainsi chassé d'Angleterre, mais sa disgrâce s'inscrit dans une série qui concerne plusieurs autres figures majeures de la période anglo-danoise, dont la reine-mère Emma de Normandie en 1043[4]. Réfugié à Bruges, dans le comté de Flandre, Osgod rassemble une flotte de 39 (d'après la Chronique anglo-saxonne) ou 29 (d'après Jean de Worcester) navires à Wulpe, près de L'Écluse, qu'il utilise pour mener un raid de pillage sur le Naze, dans l'Essex. Ses navires essuient une grave tempête sur le chemin du retour dont seulement deux (d'après Jean de Worcester) ou quatre (d'après la Chronique) parviennent à réchapper[1],[6].
Jean de Worcester affirme qu'Osgod se serait ensuite réfugié au Danemark. Néanmoins, la Chronique anglo-saxonne rapporte qu'il meurt « dans son lit » en 1054, ce qui pourrait indiquer qu'il a fini sa vie en Angleterre[4].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 Williams 2004.
- ↑ Bolton 2009, p. 20.
- ↑ Williams 2008, p. 26.
- 1 2 3 4 Williams 2008, p. 27.
- ↑ Bolton 2009, p. 310.
- ↑ Williams 2008, p. 163.
Bibliographie
modifier- (en) Timothy Bolton, The Empire of Cnut the Great : Conquest and the Consolidation of Power in Northern Europe in the Early Eleventh Century, Leyde et Boston, Brill, (ISBN 978-90-04-16670-7).
- Alban Gautier, « Osgod Clapa († 1054) : pirate, corsaire, mercenaire ou rebelle ? », dans C. Borde et C. Pfister (dir.), Histoire navale, histoire maritime : Mélanges offerts à Patrick Villiers, Paris, Éditions SPM, (ISBN 978-2-901952-92-3), p. 77-83.
- (en) Ann Williams, « Tovi the Proud (fl. 1018–1042), nobleman and administrator », dans Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, (lire en ligne
). - (en) Ann Williams, The World Before Domesday : The English Aristocracy, 900–1066, Londres, Continuum, (ISBN 978-1-84725-239-5).
Liens externes
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