Outarde de Vigors
Heterotetrax vigorsii
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Aves |
| Ordre | Otidiformes |
| Famille | Otididae |
| Genre | Heterotetrax |
Répartition géographique
- Présent à l'année.
Statut CITES
L'Outarde de Vigors (Heterotetrax vigorsii) ou Outarde grisâtre, est une espèce d'oiseaux de la famille des Otididae, native d'Afrique australe.
Description
modifierLa femelle est différente du mâle. Celui-ci à sa tête, son cou et ses parties supérieures brun grisâtre avec de minuscules vermiculures noires. Les parties inférieures sont plus claires, avec un ventre blanc rosâtre. La gorge et le menton sont noirs avec une fine bordure blanche. Une tache noire se trouve au niveau de la nuque. La queue porte trois fines bandes foncées. Le cou de l'Outarde de Vigors est plus brun et ses motifs faciaux différents de ceux de l'Outarde de Rüppell (Heterotetrax rueppelii).
La femelle, elle, a une taille inférieur à celle de son partenaire. Sa gorge est moins noire et elle a des couvertures alaires plus mouchetées.
La sous-espèce H. v. namaqua qui vit dans le sud de la Namibie affiche un plumage plus pâle et rosé.
Répartition
modifierL'Outarde de Vigors est endémique de l'ouest de l'Afrique du Sud et du sud de la Namibie[1].
Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.1, 2025)[2], l'Outarde de Vigors est représentée par 2 sous-espèces (ordre phylogénique) :
- Heterotetrax vigorsii namaqua Roberts, 1932 — du sud de la Namibie au nord-ouest de la province du Cap-Nord ;
- Heterotetrax vigorsii vigorsii (Smith, A, 1831) — de l'État libre à la province du Cap-Occidental.
Il y a peu de temps encore, l'Outarde de Vigors et l'Outarde de Rüppell constituaient une espèce unique. Certaines études n'ont pas encore pris en compte cette nouvelle division en 2 espèces à part entière, si bien que tous les livres ne donnent pas la même limite à leur aire de répartition dans le sud de la Namibie où ces 2 outardes cohabitent.
Habitat
modifierElles préfèrent vigoureusement les régions arides où les sols caillouteux et sableux sont recouverts de broussailles ou de petits buissons rabougris.
Ces oiseaux ne vit presque que dans un biotope qui porte le nom local de karoo, un espace géographique bien particulier ne recevant qu'une quantité de précipitations minimes (250 mm par an). Ils sont bien plus nombreux dans les régions pluvieuses en été, mais beaucoup moins dans les régions arrosées en hiver. Parfois, il arrive que des Outarde de Vigors s'aventurent dans des régions de savanes (des veldes), recouvertes de buissons plus élevés. Dans la province du Cap, le long du littoral, elles ont même colonisé des pâtures et des champs de céréales dans des habitats de type maquis ou fynbos. Mais ce cas est exceptionnel et représente quasiment le seul exemple au cours duquel cette espèce s'aventure hors de la végétation du type karoo.

Cris
modifierCet oiseau chante peu la journée, mais on peut entendre des chants de duo le soir. Les cris sont sonores et semblables au coassement d'une grenouille. Ce sont de puissants wrok-rak ou des wrok-rak-rak. Le mâle prononce la première syllabe en accentuant, puis la femelle lui répond.
Comportement
modifierL'Outarde de Vigors vit très rarement seule : elle est presque toujours en couple ou dans un groupe de 3 à 5 autres individus.
Grâce à son plumage mimétique, elle se fond facilement dans son environnement. Il faut donc se fier à sa voix puissante et à ses fréquentes vocalisations pour la repérer - mais son identification n'est pas très aisée en raison de la ressemblance de son cri avec celui de l'Outarde plombée (Eupodotis caerulescens).
L'Outarde de Vigors cohabite avec l'Outarde de Rüppell. On confond assez fréquemment ces deux espèces, il faut donc beaucoup d'attention et de vigilance pour les différencier.
Les Outardes de Vigors préfèrent les endroits secs, c'est pourquoi dans les régions où tombent 250 mm de pluie par an, les territoires et les groupes sont réduits. En revanche, dans les régions où les pluies avoisinent 100 mm par an, les territoires sont plus grands (aux alentours de 3 km2) et les groupes sont plus importants.
La plupart des observateurs s'accordent sur le fait que cette espèce est sédentaire. Les Outardes de Vigors paraissent plus nombreuses en hiver, du moins en Afrique du Sud. Cette plus grande visibilité s'explique par une plus grande activité à cette période de l'année. A contrario, les Outardes de Vigors semblent presque inexistantes en été en raison de leurs mœurs extrêmement discrètes à l'époque de la reproduction. La composition des groupes sociaux (un couple + 1 ou 2 subadultes mâles) incite à penser que les femelles immatures montrent une plus grande tendance à la dispersion.
Alimentation
modifierLes Outardes de Vigors mangent la plupart du temps végétarien. À certains moments de l'année, elle consomme surtout des fleurs d'asteracées, de brassicacées et de Mésembryanthémacées, mais les fruits, les feuilles et les bulbes sont également très importants pour leur alimentation. À ceci s'ajoutent des insectes comme les fourmis, les charançons ou les termites.
Reproduction
modifierEn Afrique du Sud, la période de reproduction s'étale de juillet à avril, mais la plupart des pontes sont déposées en été, entre octobre et mars.
L'Outarde de Vigors est monogame et les liens conjugaux sont forts. Le nid est une simple dépression creusée sur le sol nu et souvent caillouteux. La femelle dépose habituellement un œuf, rarement 2, de couleur chamois-olive avec des petites stries brunes. Sa couleur est extrêmement mimétique et il se fond étonnamment bien dans l'environnement. Une fois qu'ils ont acquis leur autonomie, les oisillons restent en compagnie de leurs parents pendant une longue période qui peut durer plusieurs mois. Ils s'intègrent alors au groupe familial et participent à la défense du territoire.
Menace
modifierL'Outarde de Vigors est un oiseau très courant en Afrique australe. Rien qu'en Afrique du Sud, les populations sont estimées à plusieurs centaines de milliers d'individus[3]. Selon de nombreux observateurs, les effectifs sont en constant accroissement, principalement en raison des pratiques pastorales qui favorisent la mise en valeur de leur habitat. L'espèce a colonisé de nouveaux habitats, notamment dans les terres agricoles du sud de la province du Cap-Occidental. Elle ne bénéficie d'aucune mesure spécifique de protection. Seuls quelques centaines d'oiseaux vivent dans les parcs ou les zones protégées.
Étymologie
modifierLe nom de l'espèce est un hommage au zoologiste et homme politique irlandais Nicholas Aylward Vigors (1785–1840)[4].
Références
modifier- ↑ (en) « Karoo Bustard Heterotetrax vigorsii », sur BirdLife International.
- ↑ Congrès ornithologique international, version 15.1, 2025.
- ↑ (en) W. R. Siegfried, « Conservation status of the South African endemic avifauna. », South African Journal of Wildlife Research, vol. 22, no 3, , p. 61-64 (lire en ligne [PDF]).
- ↑ (en) James A. Jobling, The Helm Dictionary of Scientific Bird Names: From Aalge to Zusii, Christopher Helm, (ISBN 978-1-4081-2501-4, lire en ligne), p. 401.
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- Oiseaux.net : Heterotetrax vigorsii (+ répartition)
- (en) Congrès ornithologique international : Heterotetrax vigorsii dans l'ordre Otidiformes
- (en) Zoonomen Nomenclature Resource (Alan P. Peterson) : Eupodotis vigorsii dans Otidiformes
- (en) Tree of Life Web Project : Eupodotis vigorsii
- (en) Catalogue of Life : Eupodotis vigorsii (A. Smith, 1831) (consulté le )
- (fr + en) Avibase : Heterotetrax vigorsii (+ répartition)
- (en) CITES : Eupodotis vigorsii (Smith, 1831) (+ répartition sur Species+) (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Eupodotis vigorsii (A. Smith, 1831)
- (en) Animal Diversity Web : Eupodotis vigorsii
- (en) UICN : espèce Heterotetrax vigorsii (Smith, 1831) (consulté le )
- (fr) CITES : taxon Eupodotis vigorsii (sur le site du ministère français de l'Écologie) (consulté le )