Ouvrage du Billig
L'ouvrage du Billig est un ouvrage fortifié de la ligne Maginot, situé sur la commune d'Oudrenne, dans le département de la Moselle.
| Ouvrage du Billig | ||
Les créneaux du bloc 5. | ||
| Type d'ouvrage | Gros ouvrage d'artillerie | |
|---|---|---|
| Secteur └─ sous-secteur |
secteur fortifié de Thionville └─ sous-secteur d'Elzange |
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| Numéro d'ouvrage | A 18 | |
| Année de construction | 1930-1936 | |
| Régiment | 167e RIF et 151e RAP | |
| Nombre de blocs | 8 | |
| Type d'entrée(s) | Entrée mixte | |
| Effectifs | 521 hommes et 16 officiers | |
| Coordonnées | 49° 21′ 00″ nord, 6° 19′ 00″ est | |
Localisation de l'ouvrage | ||
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C'est un gros ouvrage d'artillerie, comptant huit blocs. Construit à partir de 1930, il a combattu du au de manière quasi continue contre les infiltrations allemandes locales. L’équipage remit l'ouvrage intact aux Allemands le sur ordre de l'état-major français. L'ouvrage eut à subir ensuite des tests de destructions notamment des charges creuses sur les cloches et tourelles de la part des Allemands et des Américains entre 1940 et 1945.
Position sur la ligne
modifierFaisait partie du sous-secteur d'Elzange dans le secteur fortifié de Thionville, l'ouvrage du Billig, portant l'indicatif A 18, est intégré à la « ligne principale de résistance » entre d'une part au nord-ouest la casemate CORF d'intervalle du Bois-de-Kœnigsmacker (C 52) et un blockhaus RFM[1] et d'autre part à l'est trois blockhaus RFM et la casemate CORF de Hummersberg Nord (C 53), à portée de tir des canons des gros ouvrages de Métrich plus loin à l'ouest et de Hackenberg plus à l'est[2].
Description
modifierL'ouvrage est composé en surface de sept blocs de combat et d'un bloc d'entrée, avec en souterrain une caserne, une cuisine, des latrines, un poste de secours, des PC, des stocks d'eau, de gazole et de nourriture, des installations de ventilation et de filtrage de l'air, des magasins à munitions (plusieurs M 2) et une usine électrique, le tout relié par des galeries profondément enterrées. Ces galeries sont construites au minimum à 30 mètres de profondeur pour les protéger des bombardements. L'énergie est fournie par quatre groupes électrogènes, composés chacun d'un moteur Diesel SGCM GVU 33 (fournissant 120 chevaux à 500 tr/min)[3] couplé à un alternateur, complétés par un petit groupe auxiliaire (un moteur CLM 1 PJ 65, de 8 ch à 1 000 tr/min)[4] servant à l'éclairage d'urgence de l'usine et au démarrage pneumatique des gros diesels. Le refroidissement des moteurs se fait par circulation d'eau.
Ce gros ouvrage a la particularité de n'être doté que de son entrée des munitions, devenu par la force des choses entrée mixte (les deux seules vraies entrées mixtes du Nord-Est sont celles de Vélosnes et du Chesnois). L'ouvrage n'a également pas reçu de magasin à munitions (M 1).
- Bloc 1 : casemate d'infanterie flanquant vers le nord avec un créneau pour JM, un créneau mixte pour JM/AC 47 (avec un canon antichar de 47 mm) et deux cloches GFM (guetteur fusil-mitrailleur, dont l'une sert d'observatoire avec un périscope, indicatif O 25).
- Bloc 2 : bloc d'infanterie avec une tourelle de mitrailleuses et une cloche GFM.
- Bloc 3 : casemate d'infanterie flanquant vers le sud-est avec un créneau pour JM, un créneau mixte pour JM/AC 47 (avec un canon antichar de 47 mm) et deux cloches GFM.
- Bloc 4 : casemate d'artillerie flanquant vers le nord-ouest avec deux créneaux pour canon de 75 mm R modèle 1932, une tourelle de 75 mm R modèle 1932, une cloche LG (lance-grenades) et une cloche GFM.
- Bloc 5 : casemate d'artillerie flanquant vers le sud-est avec deux créneaux pour canon de 75 mm modèle 1932 et une cloche GFM.
- Bloc 6 : bloc d'artillerie avec une tourelle de 81 mm et une cloche GFM.
- Bloc 7 : bloc observatoire avec une cloche VDP (vue directe et périscopique, indicatif O 1), une cloche GFM et une cloche LG.
- Entrée mixte : en plan incliné descendant, armée avec un créneau mixte pour JM/AC 47 (avec un canon antichar de 47 mm) et deux cloches GFM[5].
Équipage
modifierHistorique
modifierCombats de 1940
modifierL'ouvrage ouvre pour la première fois le feu sur une cible allemande le (la tourelle de 75 du bloc 4 visant la route de Kontz à Berg). Le gros des troupes d'intervalle se retirent le au soir, laissant les équipages des ouvrages et des casemates se défendre seuls ; en conséquence, les fantassins allemands commencent à pénètrer dans le bois de Billig dès le lendemain. Le 15 vers 7 h, les ouvrages réalisent une concentration de tir sur le village de Lemestroff, y mettant en fuite les Allemands et effondrant plusieurs maisons. À 8 h, un obus de 81 mm explose dans la tourelle du bloc 6 faisant deux blessés graves[6].
Le 16, les équipages des casemates se replient à leur tour vers le sud ; le Billig détache quelques hommes pour occuper les petites casemates voisines. Le 17, les Allemands sont repérés sur les arrières, mais les infiltrations se rapprochant trop de la ligne principale de résistance attirent les tirs croisés de l'artillerie des ouvrages (notamment le Hackenberg et le Métrich). De 16 h 15 à 23 h 30, le Billig participe aux tirs de soutien sur l'ouvrage du Mont-des-Welches (tirant 880 obus de 75, panachés à balles et explosifs). Le 18 de 1 h à 4 h, c'est au tour de la casemate CORF du Hummersberg Nord et de l'abri du même nom, puis de l'ouvrage du Billig (tirs des 50 mm des cloches : 1 800 obus de mortiers)[6].
Le 19, l'ouvrage tire contre des infiltrations signalées entre le Mont-des-Welsches et le Hackenberg. Le 20 au matin, nouvelle tentative sur l'ouvrage déclenchant les tirs d'épouillage ; le 21 à 2 h, nouveaux tirs au profit de la casemate du Hummersberg Nord, comprenant un tir de contre-batterie sur une position d'artillerie allemande. du 22 au , les tirs du Billig visent les rassemblements signalés sur les routes voisines. De 22 h le jusqu'à 0 h 17 le 25, tirs des différents ouvrages en soutien du Hackenberg (demi-ouvrage ouest et entrée du matériel attaqués) : le Billig arrose la zone avec un total de 2 030 obus. Le cessez-le-feu entre en application le à 0 h 30. À 23 h 30, le colonel O'Sullivan du Métrich transmet les ordres de remise des ouvrages aux forces allemandes. L'équipage du Billig sort le au matin, remettant l'ouvrage à un détachement allemand, qui garde avec lui quelques hommes du 2e génie pour le fonctionnement de l'ouvrage[6].
Guerre froide
modifierL'ouvrage a été restauré dans le cadre de la guerre froide (notamment la tourelle de mitrailleuses du bloc 2 en 1955-1956, remise en état en récupérant les éléments sur d'autres petits ouvrages)[6], puis entretenu.
État actuel
modifierL'ouvrage est désormais à l'abandon. L'intérieur ayant été vandalisé et pillé, les accès à l'ouvrage (comme nombre de ses homologues) ont finalement été remblayés pour prévenir toute intrusion. Les parties supérieures ainsi que les vestiges du casernement extérieurs sont pour la plupart encore bien visibles de nos jours.
Notes et références
modifier- ↑ Le niveau de protection d'une casemate de la ligne Maginot dépend de son modèle et de sa période de construction. De 1928 à 1935 sont construits les modèles les plus puissamment protégés : les casemates et ouvrages CORF (Commission d'organisation des régions fortifiées), avec des murs et dalles épais jusqu'à 3,5 mètres de béton). Puis viennent à partir de 1935 les blockhaus MOM (main-d'œuvre militaire), avec de 0,60 à 1,5 m de béton, avec des modèles très variés selon la région : RFM (région fortifiée de Metz), RFL (région fortifiée de la Lauter), 1re, 2e, 20e et 7e RM (région militaire). Les MOM les plus protégés sont appelés FCR (fortification de campagne renforcée). De 1937 à 1940, le STG (Service technique du Génie) standardise les constructions, avec une protection de 1,50 à 2 m de béton.
- ↑ Mary et Hohnadel 2003, t.3, p. 87.
- ↑ La SGCM, Société Générale de Constructions Mécaniques, construisait des moteurs de marine à La Courneuve sous licence MAN. Les moteurs SGCM GVU 33 du Billig ont quatre cylindres, chacun avec 6 600 cm3 de cylindrée (un alésage à 200 mm et une course de 330 mm).
- ↑ Le nom du petit moteur Diesel CLM 1 PJ 65 correspond au fabricant (la Compagnie lilloise de moteurs, installée à Fives-Lille), au nombre de cylindres (un seul fonctionnant en deux temps, mais avec deux pistons en opposition), au modèle (PJ pour « type Peugeot fabriqué sous licence Junkers ») et à son alésage (65 mm de diamètre, soit 700 cm3 de cylindrée).
- ↑ Mary et Hohnadel 2003, t.3, p. 98.
- 1 2 3 4 « BILLIG - A18 ( Ouvrage d'artillerie ) », sur wikimaginot.eu (consulté le ).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean-Yves Mary, Alain Hohnadel, Jacques Sicard et François Vauviller (ill. Pierre-Albert Leroux), Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 1, Paris, éditions Histoire & collections, coll. « L'Encyclopédie de l'Armée française » (no 2), (réimpr. 2001 et 2005), 182 p. (ISBN 2-908182-88-2).
- Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 2 : Les formes techniques de la fortification Nord-Est, Paris, Histoire et collections, , 222 p. (ISBN 2-908182-97-1).
- Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 3 : Le destin tragique de la ligne Maginot, Paris, Histoire et collections, , 246 p. (ISBN 2-913903-88-6).
Liens externes
modifier- Localisation
- « Cartographie vectorielle », sur cartomaginot.com.
- « Photographie satellite », sur wikimapia.org.
- « Localisation sur carte IGN, photographies, infos et documents sur l'ouvrage du Billig », sur wikimaginot.eu.
- Descriptions et photos
- « Gros ouvrage du Billig (A18) », sur Mablehome.
- « L'ouvrage du Billig », sur alsacemaginot.com.
- « Ouvrage du Billig », sur lignemaginot.com.