Oxyde de cobalt(II,III)

composé chimique

L'oxyde de cobalt(II,III) est un composé chimique de formule Co3O4. Il s'agit d'un solide noir, cristallisé dans le groupe du spinelle. On l'obtient par chauffage de l'oxyde de cobalt(II) CoO à l'air libre à 400–500 °C : 6 CoO + O2 → 2 Co3O4.

Oxyde de cobalt(II,III)
Maille conventionnelle de l'oxyde de cobalt(II,III)
Identification
Synonymes

oxyde cobalto-cobaltique,
tétraoxyde de tricobalt

No CAS 1308-06-1
No ECHA 100.013.780
No CE 215-157-2
PubChem 11651651
SMILES
InChI
Apparence poudre noire
Propriétés chimiques
Formule Co3O4  [Isomères]
Masse molaire[1] 240,797 2 ± 0,001 2 g/mol
Co 73,42 %, O 26,58 %,
Propriétés physiques
T° fusion décomposition à environ 900 °C[2]
Masse volumique 6,97 g·cm-3[2] à 20 °C
Cristallographie
Système cristallin Cubique
Classe cristalline ou groupe d’espace (no 227)
Structure type Spinelle
Précautions
SGH[2]
SGH07 : Toxique, irritant, sensibilisant, narcotiqueSGH08 : Sensibilisant, mutagène, cancérogène, reprotoxiqueSGH09 : Danger pour le milieu aquatique
Danger
H317, H351, H410, P261, P280, P321, P302+P352, P405 et P501
Transport[2]

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Structure cristalline

modifier

Co3O4 cristallise dans la structure spinelle normale, avec les cations Co2+ dans les sites tétraédriques et les cations Co3+ dans les sites octaédriques du réseau des anions O2−, cubique à empilement compact[3].

En 2026, un polymorphe trigonal est synthétisé, du groupe d'espace P-3m1. Dans sa structure compacte à trois couches, les ions Co2+ et Co3+ sont en coordination octaédrique [CoO6] à arêtes partagées, selon un rapport 1:2[4].

Propriétés

modifier

L'oxyde de cobalt(II,III) est un composé à valence mixte contenant des ions cobalt divalents et trivalents, dont une formule plus exacte serait CoO·Co2O3. Il appartient au groupe du spinelle cubique inverse, de groupe d'espace Fd3m et de paramètre cristallin a = 809 pm, avec 8 moles par maille. Les anions d'oxygène O− sont distribués selon un empilement compact cubique à faces centrées tandis que les cations de cobalt Co2+ occupent les sites tétraédriques et les cations de cobalt Co3+ occupent la moitié des sites octaédriques.

L'oxyde de cobalt(II,III) se décompose en oxyde de cobalt(II) CoO aux environs de 900 °C. Ce composé est réduit en cobalt élémentaire par des réducteurs tels que le coke ou encore l'aluminium. Il est insoluble dans l'acide chlorhydrique HCl(aq), l'acide nitrique HNO3 et l'eau régale, mais est soluble dans l'acide sulfurique H2SO4 concentré et l'hydrogénosulfate de potassium KHSO4 fondu.

Ce composé est considéré comme cancérogène et mutagène.

Applications

modifier

L'oxyde de cobalt(II,III) est un intermédiaire important dans la production de cobalt métallique. On l'obtient par grillage et lixiviation de différents minerais de cobalt, essentiellement des sulfures et des arséniures ; il est réduit en cobalt élémentaire à l'aide de carbone ou par procédé aluminothermique.

Il peut est utilisé comme catalyseur pour l'oxydation de l'ammoniac NH3 en acide nitrique HNO3, ce qui revient bien moins cher que les alliages de platine utilisés habituellement. L'inconvénient est la sélectivité plus faible des catalyseurs à base d'oxyde de cobalt(II,III).

Comme d'autres composés du cobalt, c'est également un pigment bleu utilisé pour la coloration des céramiques.

Notes et références

modifier
  1. ↑ Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. 1 2 3 4 Entrée « Cobalt(II,III) oxide » dans la base de données de produits chimiques GESTIS de la IFA (organisme allemand responsable de la sécurité et de la santé au travail) (allemand, anglais), accès le 2 février 2013 (JavaScript nécessaire)
  3. ↑ (en) Norman N. Greenwood et Alan Earnshaw, Chemistry of the Elements, Butterworth-Heinemann (en), , 2e éd. (ISBN 978-0-08-037941-8, DOI 10.1016/C2009-0-30414-6), p. 1118.
  4. ↑ (en) Yue Wang, Yujin Ji, Jing Zhou, Jinxin Chen, Chenchen Li et al., « Octahedral-coordinated Co3O4 for water electrolysis in acid », Nature, vol. 656, no 8127,‎ , p. 370-375 (DOI 10.1038/s41586-026-10851-7).

Voir aussi

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :