Padmapāda
Padmapāda ou Padmapadacharya est un philosophe indien du VIIIe siècle, disciple direct de Śaṅkara, fondateur de l'école du Vivaraṇa au sein de l'Advaita Vedānta.
Vie
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Les dates précises de Padmapāda sont inconnues. Les sources le situent approximativement au milieu du VIIIe siècle, contemporain plus jeune de Śaṅkara dont il fut l'un des premiers disciples. Selon les sources textuelles, il était originaire de la région Chola, dans le sud de l'Inde (actuel Tamil Nadu), bien qu'une tradition kéralaise le rattache à la communauté Nambūdiri de Vemannillom. Il fut le premier pontife du Govardhana Matha de Puri[1].
Œuvre
modifierLa Pañcapādikā
modifierLa seule œuvre authentifiée de Padmapāda est la Pañcapādikā (« Les cinq sections »). Rédigée à la demande de Śaṅkara comme commentaire de son propre Brahmasūtrabhāṣya, elle fut détruite par un oncle de Padmapāda hostile à l'Advaita. Le texte qui nous est parvenu représente ce que Śaṅkara put reconstituer de mémoire — soit un commentaire étendu des quatre premiers aphorismes seulement[2].
La Pañcapādikā développe une théorie de la connaissance fondée sur la notion d'adhyāsa (surimposition) de Śaṅkara — « la présentation apparente à la conscience d'une chose comme étant une autre chose »[3]. En développant, étendant et critiquant cette notion, Padmapāda jeta les bases de l'épistémologie de l'Advaita Vedānta.
La théorie du reflet (pratibimbavāda)
modifierPadmapāda élabore également une « critique de la différence » : la relation entre le jīva (le soi empirique) et l' ātman (le soi spirituel sous-jacent) est celle d'un reflet à son prototype. Selon cette théorie du reflet (pratibimbavāda), le jīva est une apparition de la réalité absolue (brahman/ātman) telle qu'elle se reflète dans l'ignorance. Cette perspective déplace l'accent : il ne s'agit plus de « rejeter » le soi comme n'étant pas brahman, mais de reconnaître que tout est brahman — « le jīva, ou "visage dans le miroir", n'est autre que l'ātman, le visage original »[4].
L'école du Vivaraṇa
modifierAvec Sureśvara, autre disciple direct de Śaṅkara, Padmapāda est à l'origine de l'école du Vivaraṇa. Cette école constitue l'un des deux grands courants d'interprétation de l'Advaita qui se développèrent après Śaṅkara, parallèlement à l'école de la Bhāmatī fondée sur l'œuvre de Vācaspatimiśra[5]. L'école du Vivaraṇa fut prolongée notamment par Prakāśātman (Xe siècle) et Vidyāraṇya (XIVe siècle).
Notes et références
modifier- ↑ Les matha sont des monastères philosophiques fondés par Śaṅkara dans les quatre points cardinaux de l'Inde.
- ↑ Martine Chifflot, « Le moi, le monde et Dieu : perspectives dualistes et non-dualistes du Vedānta », Aditi, n° IV, 2022, p. 34.
- ↑ John Grimes, « Padmapāda », in Robert L. Arrington (dir.), A Companion to the Philosophers, Oxford, Blackwell, 2001, (ISBN 0-631-22967-1), p. 602.
- ↑ Grimes, op. cit., p. 602.
- ↑ Chifflot, op. cit., p. 34.
Bibliographie
modifierSources primaires
modifier- The Pañcapādikā of Padmapāda, trad. D. Venkatramiah, Gaekwad's Oriental Series 107, Baroda, Oriental Institute, 1948.
- The Pañcapādikā of Padmapāda, éd. S. Srirama Sastri & S. R. Krishnamurthi Sastri, Madras Government Oriental Series 155, Madras, 1958.
Sources secondaires
modifier- Martine Chifflot, « Le moi, le monde et Dieu : perspectives dualistes et non-dualistes du Vedānta », Aditi, n° IV, 2022.
- Michael Comans, « Later Vedānta », in Brian Carr & Indira Mahalingam (dir.), Companion Encyclopedia of Asian Philosophy, Londres, Routledge, 2001, (ISBN 0-415-24038-7).
- John Grimes, « Padmapāda », in Robert L. Arrington (dir.), A Companion to the Philosophers, Oxford, Blackwell, 2001, (ISBN 0-631-22967-1).