Palais du Gouverneur de Metz

Das neue Generalkommando. Absteige-Quartier des Kaisers, carte postale datée du 31 juillet 1917.

Palais du commandant du XVIe corps d'armée, au début du XXe siècle

Façade ouest, vue latérale.

Façade ouest, pignon central.
Détail sculpté de la façade ouest.
Véranda de la façade sud.
Façade sud-est vue depuis les jardins.
![Détail ornemental de la façade ouest.]()
Détail ornemental de la façade ouest.
Conciergerie du palais.
![Hall d'entrée principal vu depuis le vestibule.]()
Hall d'entrée principal vu depuis le vestibule.
Une des salles de réception du palais.
Ours brun naturalisé, offert au commandant Plessier en 1898.
![Élévation de la façade principale.]()
Élévation de la façade principale.
![Élévation de la façade sur jardin.]()
Élévation de la façade sur jardin.
![Plan de situation.]()
Plan de situation.
![Plan du rez-de-chaussée.]()
Plan du rez-de-chaussée.
Le palais du Gouverneur, anciennement appelé General-Kommando, est un édifice construit à Metz entre 1902 et 1905 pour servir de résidence au général commandant le XVIe corps d'armée allemand. Il accueille également l'empereur Guillaume II lors de ses séjours à Metz. Il est situé square Giraud au sud-ouest du quartier de Metz-Centre, mais reste historiquement lié au quartier impérial plus à l’est. Les façades et les toitures du palais sont inscrites au titre des monuments historiques par arrêté du 15 janvier 1975[1],[2].
General-Kommando
| Type | |
|---|---|
| Destination initiale |
Palais du gouverneur militaire du XVIe corps d’armée allemand |
| Style | |
| Architecte |
Ferdinand Schönhals (conception) Max Stolterfoth (réalisation) |
| Construction |
1902-1905 |
| Patrimonialité |
| Pays | |
|---|---|
| Commune |
| Coordonnées |
|---|
Contexte historique
modifierL'ancien palais du Gouverneur de la province des Trois-Évêchés, situé de l'autre côté de l'Esplanade, est devenu le palais de justice de Metz. Il avait été construit au XVIIIe siècle pour accueillir le gouverneur de la province[3].
À la suite de la création à Metz du XVIe corps d'armée, en 1890, Guillaume II décide d'y faire construire une résidence de fonction pour le général commandant cette unité. Le choix de son emplacement, sur des terrains militaires, bénéficie des projets d'agrandissement de la ville[4]. Désigné à l'origine comme l'« hôtel du général commandant le XVIe corps d'armée », le palais du Gouverneur est construit sur l'emplacement de l'ancienne citadelle de Metz, édifiée après 1552.
Construction et aménagements
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Les plans de l’architecte berlinois Ferdinand Schönhals[5], responsable de la section des Bâtiments du ministère de la Guerre à Berlin, sont confiés en 1902 à l’architecte Max Stolterfoth[1]. Sur le chantier, l'inspecteur militaire Borowski supervise les travaux, confiés à l’entrepreneur Mungenast[1]. D’après le cartouche des plans d’exécution de 1905, le projet est établi à la section des Bâtiments du ministère prussien de la Guerre par le conseiller secret supérieur des bâtiments (Geheimer Oberbaurat) Schönhals ; l’exécution, d’avril 1902 à mars 1905, est conduite sous la surveillance du conseiller d’intendance et des bâtiments (Intendantur- und Geheimer Baurat) Stolterfoth par l’inspecteur militaire des bâtiments (Militär-Bauinspektor) Borowski, également chargé de la direction locale du chantier[6]. L’emplacement choisi pour la construction se trouve à l’intérieur des anciens remparts romains et médiévaux à proximité du magasin aux Vivres de la Citadelle. En 1902, au moment des travaux de fondation, plusieurs monuments romains sont mis au jour sur le site[7]. Le chantier entraîne également, en , la disparition des derniers vestiges de l'ancienne abbaye Sainte-Marie-aux-Nonnains, dont les bâtiments avaient été réaffectés à des usages militaires après la construction de la citadelle. Plusieurs éléments architecturaux provenant de cet ensemble sont remployés dans le mur de la terrasse du palais[8].
La construction en pierre de Jaumont est de style néo-Renaissance rhénane[9],[5] et présente un plan en « V » évasé. L'édifice se compose d'une aile principale et de deux ailes latérales asymétriques, selon une composition caractéristique de l'architecture de la Renaissance allemande[10]. Schönhals conçoit l’édifice comme un château de la Renaissance dans le style de l’Allemagne du nord. Les travaux de construction, confiés à l’architecte Stolterfoth, durent trois ans et se terminent en 1905.
Le palais compte 31 pièces habitables et 70 espaces annexes. Son architecture comprend des tourelles et cinq pignons à degrés, chacun orienté différemment. Il est également équipé de 400 lampes.
Les appartements réservés à l'empereur Guillaume II étaient situés au premier étage. La salle d'armes, conçue en , servait de salle de réception et de bal. Elle comporte une loge des musiciens (Musikloge) pouvant accueillir trois ou quatre instrumentistes. De grandes portes coulissantes la relient au salon des Oiseaux, orné de motifs d'oiseaux en stuc[11]. Le salon chinois, entièrement décoré de motifs asiatiques, servait à l'origine de salon d'accueil (Empfangs Salon) pour les invités du général commandant le XVIe corps d'armée, avant leur réception dans la pièce attenante [11]. Le salon Guillaume II conserve un poêle en faïence d'apparat, l'un des rares éléments du mobilier historique encore présents dans le palais. Ce poêle avait une fonction uniquement décorative, le bâtiment étant équipé d'un système de chauffage central installé dans les sous-sols [11]. La façade arrière comporte une loggia et une véranda. Les ornements mêlent les références aux styles gothique et Renaissance[12]. Le décor extérieur comprend notamment des balustrades en pierre, des frontons brisés et de nombreuses figures sculptées sur les façades[10].
L'inauguration de l'hôtel du général commandant le XVIe corps d'armée a lieu le en présence du général Stoetzer. Le général Stoetzer prend officiellement possession du palais le [13]. L'empereur Guillaume II s'y rend à plusieurs reprises à partir de .
Affectations successives
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Après la Première Guerre mondiale, la France reprend possession de l’Alsace et de la Moselle. Le général de Maud’huy, nouveau gouverneur de Metz, s'installe au palais en 1919. L’« Hôtel du Général commandant le XVIe corps d’armée » devient « Hôtel du Général commandant supérieur des troupes en Lorraine[1] », puis « palais du Gouverneur » en 1922 avec le général de Lardemelle. Le palais conserve également un ours brun naturalisé, offert en au commandant Plessier par des militaires russes[14]. D'abord conservé à Toul, il est remis au gouverneur militaire de Metz en , lors de la dissolution du régiment qui le détenait[13]. Les vitraux aux armes impériales sont remplacés en 1925 par le maître-verrier Michel Thiria[5]. Ils représentent notamment les armoiries de Metz et celles des garnisons de Sedan, Verdun, Mézières et Thionville[13]. Pendant la Seconde Guerre mondiale, lors de l'annexion de fait de la Moselle par l'Allemagne nazie, le palais du Gouverneur est utilisé comme Kommandantur. La tour d'Enfer, vestige de l'enceinte médiévale de Metz situé sous les jardins du palais, est utilisée par les forces allemandes comme abri antiaérien et centre de communications pendant la Seconde Guerre mondiale[13]. Les souterrains du palais servent également de poste de commandement durant la bataille de Metz en [15].
De 1966 à 1991, le gouverneur militaire de Metz est également commandant de la 6e région militaire ainsi que du 1er corps d'armée à partir de 1976. De 1991 à 2000, il est commandant de la circonscription militaire de défense de Metz.
Le palais demeure la résidence officielle du gouverneur militaire de Metz. Depuis le , cette fonction est exercée par le général de corps d'armée Laurent Cluzel, également officier général de zone de défense et de sécurité Est, commandant de zone terre Nord-Est et commandant des forces françaises et de l'élément civil stationnés en Allemagne[16].
L'état-major interarmées de la zone de défense et de sécurité Est est implanté à Metz, aux côtés de celui de la zone Terre Nord-Est. La zone de défense et de sécurité Est couvre les régions Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté[17], tandis que la zone Terre Nord-Est comprend également les Hauts-de-France[18].
L’édifice a été restauré en 1994-1995[1]. Dans les jardins subsistent des vestiges du rempart romain ainsi que les salles souterraines de la tour d'Enfer, ancienne tour d'angle de l'enceinte médiévale de Metz[10].
Galerie
modifierExtérieur
modifierIntérieur
modifier- Hall d'entrée principal vu depuis le vestibule.
- Une des salles de réception du palais.
- Ours brun naturalisé, offert au commandant Plessier en .
Plans d'exécution (1905)
modifier- Élévation de la façade principale.
- Élévation de la façade sur jardin.
- Plan de situation.
- Plan du rez-de-chaussée.
Quatre des treize plans d'exécution de 1905 conservés au musée d'architecture de l'université technique de Berlin (Architekturmuseum der Technischen Universität Berlin) sont reproduits ci-dessus. L'ensemble des treize planches est consultable sur Wikimedia Commons.
Bibliographie
modifier- Jean-Yves Legall, Le palais du gouverneur : Témoin de l'histoire de Metz, Longwy, Impact, , 122 p.
- Niels Wilcken, Metz et Guillaume II : L'architecture publique à Metz au temps de l'Empire allemand (1871-1918), Metz, Éditions Serpenoise, (ISBN 978-2-87692-648-6)
- Zone de défense et de sécurité Est, Gouverneurs en résidence & résidences des gouverneurs : De la citadelle au palais, une histoire des lieux militaires de Metz, Metz, État-major de la Zone de défense Nord-Est, , 103 p. (ISBN 978-2-11-167055-6)
- Christiane Pignon-Feller, Metz impérial : Patrimoine, intérieurs et art de vivre 1871-1918, Serge Domini, (ISBN 978-2-35475-048-0)
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 Palais du Gouverneur, Metz, Moselle sur culture.gouv.fr.
- ↑ « Palais du Gouverneur », notice no PA00106912, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- ↑ « Palais de Justice », sur Ville de Metz (consulté le )
- ↑ Journées européennes du patrimoine 19 et 20 septembre 2009 — 2. Le palais du Gouverneur, dans Metz Magazine, hors série no 3, 2009, p. 4.
- 1 2 3 Christiane Pignon-Feller : Metz impérial, Serge Domini Editeur, Vaux, 2011 (p.44)
- ↑ (de) « Dienstwohngebäude für den Kommandierenden General des XVI Corps (heute: Palais du Gouverneur Militaire), Metz : Grundriss Dachgeschoss 1:100 », sur Architekturmuseum der TU Berlin (consulté le ) : « Der Entwurf ist in der Bauabteilung des Kriegsministeriums durch den Geheimen Oberbaurat Schönhals aufgestellt worden. Die Ausführung erfolgte unter Aufsicht des Intendantur- und Geheimen Baurats Stolterfoth durch den Militär-Bauinspektor Borowski, welcher auch mit der örtlichen Bauleitung betraut war. Zeit der Ausführung von April 1902 bis März 1905 ».
- ↑ « Miroir du temps de Metz », sur Miroir du Temps (version du sur archive.org) — Cliché d’Émile Prillot des découvertes archéologiques faites en 1902 à l’emplacement de l’ancienne citadelle et actuel palais du gouverneur.
- ↑ « Plan de sauvegarde et de mise en valeur de Metz, rapport de présentation, diagnostics », sur Ville de Metz, (consulté le )
- ↑ Niels Wilcken, Metz et Guillaume II : l’architecture publique à Metz au temps de l’empire allemand (1871-1918), Metz, Serpenoise, (ISBN 978-2-87692-648-6)
- 1 2 3 « Palais du Gouverneur », sur Ville de Metz (consulté le )
- 1 2 3 Marguerite Silve Dautremer, « Journées du patrimoine : les secrets du palais du gouverneur de Metz », sur Ministère des Armées, (consulté le )
- ↑ Brochure du programme Constellation, « En attendant l’ouverture du Centre Pompidou-Metz », 136 p., Palais du Gouverneur, p. 93.
- 1 2 3 4 « Journées du patrimoine : les secrets du palais du gouverneur de Metz », sur Ministère des Armées, (consulté le )
- ↑ Estelle Brun, « Mission de récolement de la DELPAT au palais du Gouverneur de Metz », La Gazette du patrimoine de l'armée de Terre, no 52, , p. 12 (lire en ligne)
- ↑ René Caboz, La Bataille de Metz, Sarreguemines, 1984, p. 112-119.
- ↑ « Décret du 22 juillet 2026 portant nomination d'officiers généraux », sur Légifrance, (consulté le )
- ↑ « La zone de défense et de sécurité Est », sur Ministère des Armées (consulté le )
- ↑ « Code de la défense, article R1212-4 », sur Légifrance (consulté le )
