Julien-François Palasne de Champeaux
Julien-François Palasne de Champeaux, né le à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord), mort le à Brest (département du Finistère)[1], est un homme politique de la Révolution française.
| Député des Côtes-d'Armor | |
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| Député aux États généraux de 1789 | |
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Antoine Julien Pierre Palasne de Champeaux (d) |
Entre 1789 et 1795, il est représentant du tiers état puis député des Côtes-du-Nord à l'Assemblée nationale constituante puis à la Convention nationale où il vote la détention de Louis XVI.
Biographie
modifierSous l'Ancien régime
modifierMandat à la Constituante
modifierEn 1789, Julien-François Palasne de Champeaux est élu représentant du tiers-état pour la sénéchaussée de Saint-Brieuc, le premier sur trois, aux États-généraux de 1789[3].
Le 27 avril 1790, il est élu secrétaire de l'Assemblée, aux côtés de Louis-Maire de La Revellière-Lépeaux (député du Maine-et-Loire) et de Félix de Berton des Balbes de Crillon (député de l'Oise) sous la présidence de Jean-Louis Gouttes (député de l'Hérault)[4].
Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. Le 4 mai 1791, il vote en faveur du rattachement du Comtat Venaissin à la France[5]. Le 12 mai, il vote en faveur de l'égalité entre les hommes blancs et les hommes libres de couleur dans les colonies[6].
Mandat à la Convention
modifierLa monarchie constitutionnelle mise en application par la constitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré avec sa famille à la tour du Temple.
En septembre 1792, Julien-François Palasne de Champeaux, alors président du tribunal de Saint-Brieuc, est élu député du département des Côtes-du-Nord, le deuxième sur huit, à la Convention nationale[7].
Il siège sur les bancs de la Plaine. Lors du procès de Louis XVI, il vote la réclusion durant la guerre, et le bannissement à la paix, et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine[8] :
Après avoir rempli les fonctions d'accusateur, de juré d'accusation, on veut me faire juge. Eh bien, je ne voterai que comme législateur, et non comme juge. Mes commettants m'ont envoyé pour faire des lois, et non pour remplir les fonctions judiciaires. [...] Je ne proposerai donc que des mesures de sûreté générale. La réclusion détruit les espérances des intrigants, les tentatives des factieux et sert de barrière sur les frontières : c'est sur ces considérations qu'est appuyé mon avis pour la détention pendant la guerre, comme otage, par mesure de sûreté ; l'expulsion à la paix du territoire de la République, et la peine de mort s'il y rentre.
Le 13 avril 1793, il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat[9]. Le 28 mai, il est absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze[10]. Julien-François Palasne de Champeaux prend part à la chute de Robespierre. Dans ses mémoires, l'ancien conventionnel Pierre-Toussaint Durand de Maillane (député des Bouches-du-Rhône) affirme que les députés montagnards non-robespierristes approchèrent les députés de la Plaine pour obtenir leur concours[11] :
[...] le côté droit, plus nombreux en suffrages, était et devait être moins ami des montagnards menacés qui avait souvent demandé leur arrestation et leur accusation même, que de Robespierre qui les avait constamment protégés sans doute pour se faire d'eux un rempart en cas de besoin. [...] Des émissaires nous abordèrent [...]. Ils s'adressèrent à Palasne-Champeaux, à Boissy-d'Anglas et à moi, tous trois constituants, et dont l'exemple devait entraîner les autres.
Le 2 ventôse an III (20 février 1795), Julien-François Palasne de Champeaux est envoyé en mission, aux côtés de Jean-Nicolas Topsent (député de l'Eure), aux côtes de Brest et de Lorient. Le 5 fructidor (le 22 août), il est confirmé dans ses fonctions[12]. Il écrit le 22 vendémiaire an IV (le 14 octobre 1795) au Comité de Salut public pour rendre compte de sa mission et demander son rappel à la Convention en raison de son mauvais état de santé[13]. Il meurt peu après.
Bibliographie
modifier- Albert Mathiez (1874-1932), La Révolution française, Armand Colin, Paris, 1922
- « Julien-François Palasne de Champeaux », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
Liens internes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à la vie publique :
- Ressource relative à la recherche :
Notes et références
modifier- ↑ Archives municipales de Brest, « État civil de Brest centre, registre des décès du 23/09/1795 au 14/01/1796, vue 28 / 91, 3E7 »
, sur https://archives.mairie-brest.fr/4DCGI/Web_RegistreChangePage/ILUMP27547 (consulté le ) - ↑ Archives nationales de France. Salle de lecture virtuelle, « Grande Chancellerie (sous-série V/1). Lettres de provision d'office : années 1765-1766 »
, sur https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le ) - ↑ Laurent, Emile (1819-1897) et Mavidal, Jérôme (1825-1896), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 8, Liste des noms et qualités de messieurs les députés et suppléants à l'Assemblée nationale »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le ) - ↑ Laurent, Emile (1819-1897) et Mavidal, Jérôme (1825-1896), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 33, Bureau de l’Assemblée nationale constituante (1789-1791) »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le ) - ↑ Laurent, Emile (1819-1897) et Mavidal, Jérôme (1825-1896), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 25, séance du 4 mai 1791, Liste des membres avant répondu à l’appel nominal dans l'affaire d'Avignon »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le ) - ↑ Laurent, Emile (1819-1897) et Mavidal, Jérôme (1825-1896), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 26, séance du 12 mai 1791, Liste des députés qui ont voté oui dans l'affaire des colonies », sur https://www.persee.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924),, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Durand de Maillane, Pierre-Toussaint (1729-1814) et Lanjuinais, Jean-Denis (1753-1827), « Histoire de la Convention nationale. suivie d'un Fragment historique sur le 31 mai »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 26 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 28 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )