Pantochlora vivida
Pantochlora vivida est une espèce néotropicale d'insectes hémiptères du sous-ordre des Hétéroptères (les punaises), la seule de son genre monotypique Pantochlora. Elle appartient à la famille des Pentatomidae et la sous-famille des Edessinae.
Description
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Il s'agit d'une grande espèce (14 à 15 mm de long), au corps allongé, de couleur vert vif (devenant jaune moutarde clair chez les individus morts), de ponctuation concolore. La tête est petite, avec les jugas se prolongeant en avant du clypéus, des yeux réniformes rouge foncé, des antennes de 5 articles. Le pronotum présente des angles latéraux pointus, dont les dimensions de l'excroissance ne dépassent pas la largeur de la tête. Les segments abdominaux 3 à 7 présentent une pointe teintée de noir, celle du segment 7 largement projetée en arrière. Le scutellum est triangulaire, plus long que large, de la longueur des cories. La membrane est translucide. L'excroissance metasternale est unique chez les Edessinae, avec la partie antérieure fondue en un seul très long lobe, dépassant les hanches (coxae) antérieures qui a fait pensé à l'épine des Tessaratomidae. Chez Doesburgedessa, les deux branches antérieures sont également fusionnées en un seul lobe, mais il ne dépasse pas les hanches antérieures[2],[3].
Répartition et habitat
modifierElle se rencontre en Amérique centrale, dans le Sud du Mexique (États de Jalisco, San Luis Potosi, Guerrero, Oaxaca, Veracruz, Campeche, Chiapas, Quintana Roo), au Guatemala, au Belize et au Nord du Costa-Rica. Cette région correspond à la zone appelée « néotropique d'Amérique du Nord »[2].
Son habitat comporte la forêt tropicale humide et la forêt caduque de plaine[2].
Biologie
modifierPlantes-hôtes
modifierPantochlora vivida est phytophage, et ses plantes hôtes exclusives (oligophagie) appartiennent aux genres Lonchocarpus ssp. et Piscidia, de la famille des Fabaceae, notamment Lonchocarpus guatemalensis Benth., Lonchocarpus cruentus Lundell. et Piscidia piscipula (L.) Sang., dont elle suce la sève des jeunes pousses et des feuilles[2]. Il s'agit de plantes toxiques, qui contiennent de la roténone et des isoflavonoïdes. Pour cette raison, elles ont été utilisées pour la pêche et comme base d'insecticides. Pantochlora vivida a donc la possibilité de digérer ces composés toxiques, une caractéristique peu fréquente chez les insectes[4].
Cycle de vie
modifierLes adultes apparaissent fin février à début mars, et commencent à se reproduire en avril. Les femelles pondent sur la face inférieure de feuilles matures 14 œufs en deux rangées de 7. Les œufs ont une forme de petit tonneau, de couleur jaune lors de la ponte, puis devenant verts en deux à trois jours. En laboratoire, les oeufs éclosent après 5 à 9 jours. À leur éclosion, les juvéniles de premier stade restent autour des œufs sans se déplacer ni se nourrir. Après leur mue, ils se déplacent vers d'autres feuilles et commencent à se nourrir. Les juvénile de cinquième stade se déplacent sur d'autres plants. Les juvéniles peuvent être trouvés à partir de mai et jusqu'en septembre. le cycle dure environ 62 jours. C'est en juillet que les adultes sont les plus nombreux. Il pourrait y avoir deux générations par année pendant la saison des pluies, la plus chaude, car les jeunes pousses, nécessaires pour nourrir les juvéniles, se développent pendant toute cette période. Selon Luis Cervantes Peredo, les adultes vivent passent l'hiver jusqu'à l'année suivante en se nourrissant sur des pousses matures[2].
En cas de dérangement, les juvéniles excrètent une substance blanche de leur anus, ou se laissent tomber au sol où ils feignent la mort[2].
Systématique
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Le genre Pantochlora et son espèce Pantochlora vivida ont été décrits scientifiquement pour la première fois par l'entomologiste suédois Carl Stål dans son ouvrage Enumeratio hemipterorum de 1870[5].
Nom scientifique et espèce type
modifierLes noms scientifiques du genre et de l'espèce sont : Pantochlora Stål, 1870 et Pantochlora vivida Stål, 1870. Celle-ci est l'espèce type par monotypie.
Placement supragénérique
modifierLors de sa description, Stål considère cette espèce comme proche de Piezosternum (Tessaratomidae), à cause du caractère particulier de la partie antérieure du processus métasternal, fusionné et ressemblant à l'épine des Tessaratominae (qui ont alors au statut de sous-famille), groupe dans lequel W. L. Distant la classe également en 1880[6]. En 1900, Horváth crée pour elle une tribu séparée, les Pantochlorini, au sein des Tessaratominae[7]. En 1955, D. Leston rapproche les Pantochlorini des Edessini sur la base des genitalia des mâles et des femelles. En 1969, R. Kumar transfère Pantochlora dans les Pentatominae[8]. Retour en arrière l'année suivante, où Kumar & Ghauri replacent Pantochlora dans les Tessaratomidae[9], où la laisse également A. Pirán dans sa révision des Tessaratominae néotropicaux de 1971[10]. Finalement, en 1979, Rolston L.H. & McDonald F.J.D. élèvent les Edessini au rang de sous-famille, les Edessinae, et y placent Pantochlora[11], un classement communément accepté aujourd'hui[3]. Peredo propose de recréer une tribu distincte, les « Pantochlorini », pour y placer ce genre qui semble archaïque au sein des Edessinae[2].
Étymologie
modifierStål a choisi de construire le nom de Pantochlora sur panto-, variante de pan-, du grec πᾶν (pân), signifiant « tout, entièrement » et de « chloro- », du grec χλωρός, khlôrós, « vert ». Le nom signifie donc « entièrement verte », pour faire référence à sa coloration caractéristique, par contraste avec nombreuses espèces d'Edessinae qui ont le pronotum et le scutellum verts, mais les cories d'une couleur différente, comme chez Edessa meditabunda ou Pygoda polita. L'épithète spécifique vivida veut dire « vivide », « vif, éclatant », pour caractériser la couleur déjà indiquée.
Phylogénie
modifierDans son étude du genre et de son espèce, et en se basant sur le fait que Pantochlora présente un certain nombre de caractéristiques ancestrales, L. C. Peredo fait l'hypothèse qu'elle descendrait d'un groupe de Tessaratomidae proche de Piezosternum, venu d'Amérique du Sud en Amérique centrale lors de la formation du premier pont avec cette zone, entre le Crétacé supérieur et l'Éocène, soit entre −130 et −50 millions d'années, et qui se serait dispersé depuis l'altiplano mexicain vers les zones côtières et vers le Costa-Rica[2],[4].
Liens externes
modifier- (en) BioLib : Pantochlora vivida Stål (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Pantochlora vivida Stål, 1870 (consulté le )
- (en) IRMNG : Pantochlora Stål, 1870 (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Pantochlora Stål, 1870 (consulté le )
Notes et références
modifier- 1 2 BioLib, consulté le .
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Luis Cervantes Peredo, « Description of the Immature Stages, Adult Morphology and Biology of Pantochlora vivida Stål (Heteroptera: Pentatomidae: Edessinae) », Journal of The New York Entomological Society, vol. 107, no 4, , p. 372–385 (lire en ligne [PDF], consulté le )
- 1 2 (en) Flavio Roberto De Albuquerque Almeida, Benedito Mendes Nunes et Jose Antonio Marin Fernandes, « A new genus and new species of Edessinae (Hemiptera: Heteroptera: Pentatomidae) », Zootaxa, vol. 4377, no 2, , p. 254-268 (cf clé p. 255-256) (ISSN 1175-5334 et 1175-5326, DOI 10.11646/zootaxa.4377.2.6, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (es) Luis Manuel Cervantes Peredo, Morfología, Sistemática y Bilogía de Pantochlora vivida Stal y Piezosternum subulatum (Thunberg). Consideraciones acerca de sus Relaciones Filogenéticas y Biogeográficas (Hemiptera-Heteroptera; Tessaratomidae, Pentatomidae). (Thèse), México, Université nationale autonome de México, , 67 p. (lire en ligne)
- ↑ (la) Carl Stål, Enumeratio hemipterorum : bidrag till en förteckning öfver alla hittills kända hemiptera, jemte systematiska meddelanden / af C. Stål., vol. 1, Stockholm, P. A. Norstedt,, , 232 p. (DOI 10.5962/bhl.title.12549, lire en ligne), p. 64-65
- ↑ (en) Frederick Du Cane Godman, Maud Horman-Fisher, H. Knight, Osbert Salvin et William L. Distant, Biologia Centrali-Americana :zoology, botany and archaeology, Londres, Published for the editors by R. H. Porter, 1879-1880 (DOI 10.5962/bhl.title.730, lire en ligne), p. 102
- ↑ G. Horváth, « Analecta ad cognitionem Tessaratominorum », Természetrajzi Füzetek, vol. 23, , p. 339–374 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) R. Kumar, « Morphology and Relationships of the Pentatomoidea (Heteroptera). III. Natalicolinae and Some Tessaratomidae of Uncertain Position », Annals of the Entomological Society of America, vol. 62, no 4, , p. 681–695 (ISSN 1938-2901 et 0013-8746, DOI 10.1093/aesa/62.4.681, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) R. Kumar et M. S. K. Ghauri, « Morphology and relationships of the Pentatomoidea. (Heteroptera) 2 - World genera of Tessaratomini (Tessaratomidae) », Deutsche Entomologische Zeitschrift, vol. 17, nos 1-3, , p. 1–32 (DOI 10.1002/mmnd.19700170102, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Augusto A. Pirán, « La Subfamilia Tessaratominae (Hemiptera-Heteroptera) en la region Neotropical », Acta Zoológica Lilloana, vol. 26, no 13, , p. 196-208.
- ↑ (en) L. H. Rolston et F. J. D. Mcdonald, « Keys and Diagnoses for the Families of Western Hemisphere Pentatomoidea, Subfamilies of Pentatomidae and Tribes of Pentatominae (Hemiptera) », Journal of The New York Entomological Society, vol. 87, no 3, , p. 189–207 (lire en ligne [PDF], consulté le )