Papier coréen

type de papier fabriqué en Corée

Le papier coréen hanji (en coréen : 한지, hanja : 韓紙), ou en coréen littéraire joseon jongi (en coréen : 조선종이) est fabriqué à la main à partir d'une pâte de mûrier à papier cultivé en Corée (mucilage visqueux). Il est utilisé pour l'écriture, la peinture, le papier peint, les emballages, les papiers spéciaux et sert également de tissu pour la composition des sacs ou des vêtements. Ces nombreuses qualités rendent son utilisation permanente en Corée : longévité, résistance, pérennité, souplesse, stabilité, pureté allant jusqu'à être translucide, absorbant, excellent pour la peinture et la calligraphie, puis résistant à l'infestation. Ces qualités du papier hanji, reconnues à l'échelle internationale, permettant son utilisation par les spécialistes pour la restauration des œuvres d'art.

Les papiers traditionnels coréens, hanji, en couleur.

Histoire

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La technique du papier a été inventée en Chine au IIe siècle avant notre ère, codifiée en 105 par Cai Lun. Ce papier était principalement fait de déchets textiles (toiles de chanvre, filets de pêche, cordages, voiles, etc). Bien après le VIIe siècle commencent à apparaître des fibres provenant du liber de l'écorce de certaines plantes (Broussonnetia où Murier à papier, Wikstroemia, Sental et Bambou). Dès la fin du IVe siècle, la technique de l'imprimerie est importée en Corée par l'intermédiaire du bouddhisme, avec l'écriture et l'ensemble de la culture chinoise. Au début du VIIe siècle, le savoir-faire est transmis au Japon par le moine coréen de Goryeo, Damjing ou Doncho en japonais[1]. La technique a également été amenée en Inde au même moment. Dès le XIe siècle, la Corée se met à exporter le papier hanji, fabriqué localement, en Chine puis dans les autres pays de l'Extrême-Orient. Les papiers de hanji ont des qualités différentes selon la période de fabrication. En ce qui concerne la Corée, la qualité papetière a été au sommet pendant la période Goryeo (918-1392). Les papiers produits à cette époque sont appelés « papier Goryeo-Hanji »[1].Au monde occidental, ces papiers hanji étaient méconnus depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu'aux années 2010, contrairement au papier japonais Washi[1].

Procédé de fabrication

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La matière première se compose principalement des fibres libériennes de l'écorce interne du mûrier à papier (broussonetia papyrifera), - appelé dak - , qui n'est pas du genre mûrier (morus), bien qu'ils soient tous les deux dans la famille des moraceaes. Les branches de mûriers à papier sont récoltées, épluchées, cuites, lavées, blanchies à la lumière. Les rameaux de l'année sont généralement récoltés en hiver, puis étuvés afin de faciliter le détachement de l'écorce, au cours d'une opération appelée dakmuji[2.1].

Une œuvre d´art préparée avec du hanji

L'écorce ainsi prélevée, dite heukpi (« écorce noire »), est trempée et grattée afin d'en retirer la couche externe noire et d'obtenir le baekpi (« écorce blanche »), formé par l'écorce interne fibreuse. Le baekpi est ensuite cuit dans une solution alcaline, Dans le procédé traditionnel, celle-ci est obtenue à partir de cendres végétales, notamment de tiges brûlées de sarrasin, de soja ou d'autres plantes. Cette cuisson élimine une partie des matières non cellulosiques et facilite la séparation des fibres[2.2]. À ce stade, il ne reste que 8 % de la quantité initiale avant un lavage à l'eau courante de manière à blanchir les fibres. L'écorce cuite est lavée dans l'eau courante, puis blanchie naturellement par exposition à l'eau et à la lumière solaire. Les fragments d'écorce et les autres impuretés sont retirés manuellement à l'aide d'un couteau.

Dans un deuxième temps, il convient de préparer la pâte à papier par le mucilage des végétaux et l'ajout de racines d'hibiscus. À l'aide de maillets de bois, le papetier effectue un battage doux sur pierre ou sur bois, procédé appelé gohae[2.3].

Les fibres sont dispersées dans une cuve remplie d'eau à laquelle est ajouté du dakpul, un mucilage traditionnellement extrait des racines d'Abelmoschus monihot. Celui-ci augmente la viscosité de l'eau et permet de maintenir les longues fibres en suspension[3].

Une fenêtre en papier dans une hanok

Le papetier prélève ensuite la suspension à l'aide d'une forme composée d'un châssis et d'une claie flexible. Dans la technique traditionnelle dite heullimtteugi ou oebaltteugi, la forme est balancée dans les quatre directions - de droite à gauche, puis du haut en bas -, dessinant la forme du symbole croisillon (#), ce qui répartit les fibres plus uniformément.

Les feuilles humides sont ensuite couchées les unes sur les autres, pressées afin d'en extraire l'eau, puis séparées et séchées sur une surface plane ou chauffée. À la finition s'effectuent les actions de lissage du réseau fibreux avec des maillets, de dotchim, ou de battage manuel qui augmente la densité du papier afin que le papier offre une surface régulière et la moins poreuse possible[3]. Les panneaux appelés en occident formes sont constitués d'un châssis en bambou et de fibres en crin de cheval.

Composition

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L'analyse biochimique du papier montre une grande teneur en pectine. Le mûrier à papier est différent du genre mûrier (morus), cultivés à travers le monde, selon les espèces, pour ses fruits, pour la soie ou d'autres propriétés. Les cendres végétales comportent du sulfate de potassium (K2CO3)[réf. nécessaire]. Des tests de vieillissement sur des échantillons modernes effectués dans le laboratoire de la bibliothèque du Congrès donnent des résultats satisfaisants avec une forte stabilité du « pH » sur le long terme[réf. nécessaire].

La résistance et la longévité du hanji sont souvent évoquées par l'expression coréenne : « 견오백 지천년 (絹五百 紙千年) », qui signifie : « La soie dure cinq cents ans, tandis que le papier dure mille ans »[4].

Utilisation

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Le hanji est destiné à divers usages, allant de la création contemporaine d'objets d'art à la conservation-restauration d'œuvres et d'archives, en Corée du Sud comme dans plusieurs pays européens, notamment en France, en Italie, et au Royaume-Uni[5].

Par exemple, le hanji est utilisé lors de la restauration du bureau du prince électeur Maximilien II Emmanuel, conservé au département des objets d'Arts du musée du Louvre, par le restaurateur Frédéric Leblanc. Lors de cette restauration, il a été décidé de refixer à l'aide des bandelettes de papier hanji, l'écaille de tortue, utilisée comme support de la serrure du tiroir central, pour faciliter la prochaine intervention de restauration[1].

Références et notes

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  1. 1 2 3 4 « Centre Culturel Coréen à Paris | Paris », sur www.coree-culture.org (consulté le )
  2. Oh-Kyu Lee, Seokju Kim et Hyung Won Lee, « Evolution of the Hanji-making Technology, from Ancient Times to the Present », Journal of the Korean Wood Science and Technology, The Korean Society of Wood Science & Technology, vol. 51, no 6,‎ , p. 509–525 (ISSN 2233-7180 et 1017-0715, DOI 10.5658/WOOD.2023.51.6.509, lire en ligne, consulté le )
    1. ↑ P. 511
    2. ↑ P. 512
    3. ↑ P. 513
  3. 1 2 (en) « [Meeting People on Saturday] Reviving Hanji: The Lost Art and Science of Korean Papermaking », sur DongA Science, (consulté le )
  4. ↑ (ko) 연합뉴스, « [충북 장인열전] 1천년 끄떡없는 종이 만든다…안치용 한지장 », sur hankyung,‎ (consulté le )
  5. ↑ «La qualité du hanji a été reconnue comme la meilleure au monde», sur RFI, (consulté le )

Bibliographie

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