Paralittérature

une littérature facile à comprendre et s'adressant à un large public
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La paralittérature regroupe toutes les formes d'écrits qui se situent en marge de l'institution littéraire, autrement dit le corpus des textes dont le statut littéraire est rendu incertain par l'absence de reconnaissance sans être pour autant pleinement identifiable à un autre régime d'écriture (comme l'histoire, le journalisme, etc.)[1]. On emploie cette notion surtout pour désigner les différentes formes de littérature populaire, comme la littérature de colportage, le roman d'aventure, le roman policier, le roman de gare, le roman sentimental, etc., où l'ambition littéraire n'est pas présente et répond simplement à combler un plaisir immédiat du lecteur ou à l'appât du gain que ce plaisir laisse envisager.

Illustration drastique pour The Boy Detective Notebook ; ou, les Crimes de Londres. Une romance des temps modernes de 1866.

Typologie

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Les paralittératures sont relativement nombreuses. On peut les classer en grands groupes comme :

Toutes ces littératures sont encore souvent méprisées par l'institution universitaire, sauf en ce qui concerne le roman historique et maintenant le roman policier, mais certaines universités proposent des cours pour permettre de découvrir la littérature populaire.

La littérature numérique est une littérature qui permet de mettre en ligne des œuvres littéraires déjà existantes ou d'en créer de nouvelles. Les ouvrages sont publiés sur une plateforme virtuelle qui utilise le dispositif informatique comme medium[2].

Une typologie générale des genres paralittéraires a été établie dès 1975, puis corrigée et enrichie en 1979, dans un ouvrage solidement documenté[Lequel ?] sous la supervision d'Yvon Allard pour le compte des bibliothèques du Québec. Par ailleurs, la somme des ouvrages consacrés à la paralittérature connaît aussi un essor depuis la publication des travaux de Norbert Spehner (voir biblio).

Le concept de littérarité

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Concept complexe, la littérarité peut dépendre de critères internes à l’œuvre — inscription dans un genre, style, niveau de langue, etc. — comme de critères externes — richesse d'une thématique, liberté d'un imaginaire, processus par lesquels une œuvre accède à la reconnaissance, voire à la consécration.

Pour la première conception de la littérarité, on peut se référer à l'essai de Gilles Philippe intitulé Sujet, verbe, complément.[3] dans lequel l'universitaire montre l'évolution de l'épistémè littéraire au cours de cette période : la littérarité tient alors moins à des faits extérieurs au texte qu'à la grammaire, désormais considérée comme le lieu où peuvent se réaliser des choix d'auteurs et s'effectuer un travail artistique.

La définition de la littérarité par le recours à des critères extérieurs au texte amène au contraire à s'aventurer dans le domaine de la sociologie de la littérature, en analysant par exemple les procédés parfois arbitraires utilisés par « l'institution littéraire » pour juger de la valeur d'une œuvre (voir sur ce point l'essai de Jacques Dubois, L'Institution de la littérature[4]).

Critique du concept de paralittérature

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Le concept de paralittérature fait l’objet de critiques, notamment en raison de la hiérarchie qu’il peut instaurer, implicitement ou non, entre différentes formes de production littéraire[5]. Certains chercheurs préfèrent ainsi considérer les œuvres traditionnellement qualifiées de paralittéraires comme appartenant à des genres ou sous-genres littéraires plutôt qu’à un corpus distinct de la littérature[6]. Ainsi, la paralittérature ne serait pas parallèle à la littérature, mais une partie intégrante de celle-ci. Le terme « paralittérature » peut revêtir par ailleurs une connotation péjorative dans les milieux universitaires comme dans l’usage courant[7],[5].

Notes et références

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  1. ↑ Angenot, Marc, « Qu’est-ce que la paralittérature ? », dans Études littéraires, vol. 7,‎ (lire en ligne).
  2. ↑ Nathalie Lacelle et Prune Lieutier, « Littérature numérique : typologie, caractéristiques et écriture collaborative », Érudit,‎ , p. 56-57 (ISSN 1923-5119, lire en ligne)
  3. ↑ Gilles Philippe, Sujet, verbe, complément. Le moment grammatical de la littérature française (1890-1940), Paris, Gallimard, « Bibliothèque des idées », 2002, 258 p.
  4. ↑ Jacques Dubois, L'Institution de la littérature, Bruxelles, Labor, 1978, 188 p.
  5. 1 2 Jacques Migozzi, « Chapitre II - Turbulences et valses-hésitations terminologiques : les traces d’une théorie tâtonnant entre idéologie et typologie des genres », dans Boulevards du populaire, Presses Universitaires de Limoges, , 28–34 p. (DOI 10.25965/ebooks.1723, lire en ligne)
  6. ↑ Cyril Camus, « Chapitre 1. Traiter des genres, des media, de la fabulation et du mythe », dans Mythe et fabulation dans la fiction fantastique et merveilleuse de Neil Gaiman, Presses universitaires de Rennes, coll. « Univers anglophones », , 17–38 p. (ISBN 979-10-413-0599-5, DOI 10.4000/14n3o, lire en ligne)
  7. ↑ Natacha LEVET, « DEUXIEME PARTIE UN STATUT COMPLEXE DANS LE CHAMP », sur www.unilim.fr (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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Reproduction en fac-similé : Noël Arnaud (dir.), Francis Lacassin (dir.) et Jean Tortel (dir.) (avertissement d'Édith Heurgon), La paralittérature : Colloque du Centre culturel international de Cerisy-la-Salle, -, Paris, Hermann, coll. « Cerisy archives : littérature », (1re éd. 1970), 466 p. (ISBN 978-2-7056-8416-7, présentation en ligne).

Articles connexes

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Liens externes

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