Parc Güell

parc de Barcelone, une des réalisations de l'architecte catalan Antoni Gaudí

Le parc Güell est l'une des réalisations de l'architecte catalan Antoni Gaudí à Barcelone qui figure sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Il fut édifié entre 1900 et 1914. Les architectes José Antonio Martínez Lapeña et Elías Torres l'ont restauré de 1984 à 1993. Cette restauration a donné lieu à des polémiques notamment concernant l'habillage en céramique du banc de forme ondulée de la terrasse du Parc Güell.

Parc Güell
Image illustrative de l’article Parc Güell
Entrée du parc Güell.
Géographie
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté autonome Drapeau de la Catalogne Catalogne
Province Drapeau de la province de Barcelone Province de Barcelone
Commune Barcelone Barcelone
Superficie 17,18 ha
Histoire
Création 1900-1914
Ouverture 1926
Personnalité(s) Antoni Gaudí
Caractéristiques
Type Parc public (payant)
Gestion
Propriétaire Mairie de Barcelone
Protection liste du patrimoine mondial de l'UNESCO
Lien Internet https://parkguell.barcelona/fr?q=fr
Localisation
Coordonnées 41° 24′ 50″ nord, 2° 09′ 10″ est

Carte

Origine et construction du parc

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Celui-ci devait être à l'origine une cité-jardin que le mécène de Gaudi, Eusebi Güell, lui avait demandé d'édifier sur une colline au nord-ouest de la ville (El Carmel). Le parc était conçu sur le modèle anglais, sous le nom initial était Park Güell en anglais et non Parc Güell en catalan. Il devait abriter une chapelle et 60 maisons. Il était conçu d'après les théories de l'urbaniste anglais Ebenezer Howard qui avaient été introduites peu avant, au début du XXe siècle par Cebrià de Montoliu dans la revue Civitas (1911-1919). Le comte Güell qui avait déjà l'expérience de l'organisation anglaise du travail s'en était inspiré pour la construction de la cité ouvrière de la Colonie Güell à Santa Coloma de Cevello. Cependant, ce nouveau parc résidentiel s'adressait à la bourgeoisie. Il choisit comme source d'inspiration la ville de Nîmes où il avait vécu enfant, et en particulier de la zone pavillonnaire des jardins de la fontaine.

Le projet fut peu populaire pour les barcelonais, qui considérèrent que la zone choisie, alors peu urbanisée, était loin du centre de Barcelone, à une époque où la mode était aux grands bâtiments de l'Eixample, particulièrement ceux du Passeig de Gracia. Seules deux parcelles furent vendues : l'actuel Maison-Musée Gaudí, où vécut l'architecte de 1906 à 1925, construite par son confrère Francesc Berenguer; et la maison Trias, propriété de Martí Trias i Domènech, avocat et ami de Güell et de Gaudí, construite par Juli Batllevell.

À partir de 1906, on pouvait soupçonner que le projet ne serait pas rentable. Pourtant, les travaux continuèrent pour terminer les zones communes du nouveau quartier, jusqu'en 1914, époque à laquelle les travaux furent paralysés par la Première Guerre mondiale. L'échec commercial eut plusieurs racines. L'une d'entre elles fut la grève générale de 1902. Celle-ci accentua les distances entre la bourgeoisie et le prolétariat, généra une période d'instabilité politique qui culmina avec la semaine tragique de 1909. Un autre facteur fut la catalanité affichée du parc au moment où la classe dirigeante barcelonaise se rapprochait du gouvernement central pour s'assurer du rôle des armées face aux insurrections ouvrières. Enfin, les directives rigoureuses de Güell quant à la surface constructible et la gestion de ce parc résidentiel ont été mis en avant comme causes de cet échec.

Finalement seuls furent achevés le parc et quatre maisons. Le parc fut ouvert au public en 1905 et Güell y organisa multitudes de concerts, fêtes, festivals... Il devint propriété de la ville de Barcelone en 1923, cinq ans après la mort du mécène.

Le Parc Güell fut inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 1984 pour sa contribution au développement de l'architecture et des techniques de construction à la fin du XIXe siècle et au début de XXe siècle.

Description

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Trencadis décorant le banc ondulé situé sur la place.

Gaudí s'est efforcé de conserver le relief naturel et, laissant libre cours à son imagination, a produit une œuvre originale tout en courbes qui s'intègre à la nature et la reproduit (Modernisme), les colonnes des allées simulant par exemple des troncs d'arbres. L'architecte voulait un quartier résidentiel chargé de symboles de la Catalogne et du Christianisme.

Le parc Güell[1], est avant tout un jardin, seules quelques constructions à l'intérieur du parc ayant été achevées, comme les deux maisons en forme de champignon encadrant l'entrée. Une fois le portail passé, le visiteur se trouve devant des escaliers avec des îlots-fontaine au centre, en particulier l'emblématique fontaine en forme de salamandre. La dénivellation des escaliers est de 8,10 m. Il y a quatre volées, trois de onze marches et une de douze, séparées par trois fontaines aux formes organiques.

Sur la première fontaine, on retrouve un cercle, symbolisant le monde, et un compas gradué, outil d'architecte, entremêlés à des imitations de troncs à travers lesquels l'eau s'écoule. Il semble évoquer le lieu-dit « Argenterie » dans le défilé de Collegats (ca) creusé par la rivière Noguera Pallaresa[2]. La deuxième fontaine représente une tête du serpent Nehushtan sortant du drapeau catalan, référence à la légende de Saint Georges très présente dans les héraldiques catalans depuis Pierre le Cérémonieux, et utilisé par Gaudi dans la Casa Batlló. Enfin, c'est à la troisième fontaine, la plus connue, qu'on retrouve un dragon symbole du feu qui est interprété comme la salamandre emblème de Nîmes[Information douteuse], ville où Gaudi passa une partie de sa jeunesse et dont les Jardins de la Fontaine lui inspirèrent ce parc[3].

En haut de ces escaliers, on accède à la salle hypostyle aux cent colonnes doriques, qui n'en compte en fait que 86. La salle devait servir de marché et fait référence à une forêt. Les colonnes (m de haut et 1,20 m de diamètre, avec une base recouverte de trencadis) et la voûte sont construites de telle sorte que l'eau de pluie soit récupérée dans des citernes situées sous le marché pour permettre l'arrosage gratuit et écologique des jardins, ainsi que l'alimentation des fontaines. La voûte de la salle est décorée de quatre soleils en céramique de m de diamètre.

En longeant la salle, le visiteur arrive sur "La place de la nature" avec le plus long banc ondulé du monde (110 m). Ce banc est remarquable : assis dans une boucle, on est à la fois dans un espace intime et ouvert sur les voisins, et sur la place, lieu de rencontres très apprécié. Cette vaste place que Gaudí a conçue à l'image des agoras antiques, mesure 86 m de long par 43 m de large.

La place initialement prévue pour un marché qui n'a jamais été établi attire de nombreux marchands à la sauvette.

Le trencadis - une technique de mosaïque utilisant des morceaux cassés et dépareillés de faïence ou de verre de couleur - est abondamment utilisée sur les bâtiments, les fontaines, le banc principal et d'autres constructions du parc.

Les monuments du calvaire imitant un talayot, construction préhistorique des Baléares, ont été construits sur l'emplacement prévu pour la chapelle. Le Calvaire qui est le plus haut point de la colline se compose de trois croix dont la plus grande représentant Jésus. Elles sont disposées en direction des points cardinaux.

Gaudí a construit une série de viaducs piétons dans le parc, mais ils sont assez larges pour le passage des voitures.

La maison-musée de Gaudí, dans le parc Güell a été construite par Francesc Berenguer, un collaborateur de Gaudí. Gaudí y vécut jusqu'en 1925. Ce musée comprend une importante collection d’œuvres de Gaudí et de certains de ses employés. Il est réparti sur trois étages dont deux consacrés à Gaudí. Au rez-de-chaussée se trouve une exposition de meubles conçus par Gaudí pour les maisons Batlló et Calvet et au premier étage le bureau et la chambre de l'artiste.

Galerie de photographies

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Notes et références

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Références

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  1. « Parque Güell - El parque más conocido de Barcelona », sur www.conocerbarcelona.com (consulté le )
  2. Rojo Albarrán 1997, p. 32.
  3. Bassegoda i Nonell 1989, p. 408.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (ca) Eduardo Rojo Albarrán, Antoni Gaudí, aquest desconegut : el Park Güell : Los libres de la Frontera, Barcelone, , 198 p. (ISBN 84-85709-53-5)
  • (ca) Eduardo Rojo Albarrán, El Park Güell. Historia y simbología, Sant Cugat del Vallès, Los libros de la Frontera, (ISBN 84-8255-023-3)
  • (es) Joan Bassegoda i Nonell, El gran Gaudí, Sabadell, Ausa, , 610 p. (ISBN 84-86329-44-2)
  • (es) José Maria Carandell et Pere Vivas (phot.), Park Güell : utopía de Gaudí, Triangle Postals, Menorca, 1999, 126 p. (ISBN 84-89815-64-X)
  • (es) Jose Antonio Martínez Lapeña et Elías Torres, Park Güell, Editorial Gustavo Gili, Barcelone, 2002, 87 p. (ISBN 84-252-1796-2)
  • (fr) « Le parc Güell, Barcelone » in Caroline Holmes, Folies et fantaisies architecturales d'Europe (photographies de Nic Barlow, introduction de Tim Knox, traduit de l'anglais par Odile Menegaux), Citadelles & Mazenod, Paris, 2008, p. 184-187 (ISBN 978-2-85088-261-6)
  • Barcelone
  • Parc Güell

Articles connexes

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Liens externes

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