Pari à cote fixe
Le pari à cote fixe (plus simplement « pari à cote », par opposition au « pari mutuel ») est une forme de pari sportif proposé par des bookmakers[1],[2], des particuliers ou sur une bourse de paris, cette dernière modalité étant interdite en France[3].
Le pari à cote fixe est un contrat dont le déroulement repose sur trois éléments. Le bookmaker fixe d'abord une cote pour chaque issue possible. La cote à laquelle le parieur valide son pari devient ensuite définitive. En cas de succès, le gain est égal à la mise multipliée par cette cote[4].
Dans la notation européenne des paris, une cote fixe est toujours supérieure à 1 (1 correspondant au remboursement de la mise initiale).
Histoire
modifierLe pari à cote fixe se développe en Angleterre à la fin du XVIIIe siècle, parallèlement à l'essor des courses hippiques. Harry Ogden, qui propose dans les années 1790 des cotes déterminées à l'avance plutôt qu'une répartition mutuelle des mises sur l'hippodrome de Newmarket, est souvent présenté comme le premier bookmaker professionnel. Le terme anglais bookmaker renvoie à la pratique consistant à inscrire les paris dans un registre[5].
Variabilité des cotes des paris à cote fixe
modifierPour un même pari proposé pour une même rencontre, la cote du pari à cote fixe peut varier chez un même bookmaker en fonction de la variation des éléments qu'il prend en compte pour établir sa proposition. Cette évolution dans le temps de la cote proposée n'influe pas sur le contrat passé entre le parieur et le bookmaker, qui ne connaît que la cote proposée au moment de la validation de son pari par le parieur.
Exemple : Avant un match de tennis, un parieur mise sur la victoire du joueur X avec une cote à 2. Pendant la rencontre, le joueur Y prend l'avantage. En toute logique, la cotation du pari pour la victoire de X augmente car le risque à prendre a augmenté. Cependant le pari signé précédemment reste coté à 2 quelle que soit l'évolution et l'issue du match entre X et Y. Si l'événement prévu se réalise (le joueur X gagne), le gain pour le pari signé avec une cote à 2 sera de 2 fois la mise. Dans le cas contraire, le parieur perd la totalité de sa mise.
Bourse de paris
modifierSur une bourse de paris, les parieurs parient directement les uns contre les autres au lieu de jouer contre un bookmaker. Chaque participant peut « parier pour » (back) ou « parier contre » (lay) une issue, la plateforme se limitant à apparier les deux camps et à prélever une commission sur les gains nets, sans marge intégrée aux cotes. Ce modèle, popularisé par Betfair à partir de 2000, fonctionne comme un carnet d'ordres proche de celui d'un marché financier[6]. Cette modalité est interdite en France[3].
Différence entre pari à cote fixe et pari mutuel
modifierDans le pari mutuel, le bookmaker collecte les mises des parieurs. L’État et le bookmaker prélèvent chacun ses pourcentages sur les sommes engagées. Le solde est réparti entre les différents gagnants. Le gain n'est donc pas fixé d'avance. Dans le pari mutuel, les parieurs jouent donc les uns contre les autres, alors que dans le pari à cote, le parieur joue contre le bookmaker et ses prévisions.
Réglementation en France
modifierEn France, les paris sur les courses hippiques relèvent de la loi du 2 juin 1891 et demeurent soumis au pari mutuel, le Pari mutuel urbain (PMU) conservant un monopole sur la collecte de ces paris dans son réseau de points de vente[7]. La loi du 12 mai 2010 relative à l'ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard en ligne a ouvert les paris sportifs en ligne, y compris à cote fixe, à des opérateurs agréés, tout en maintenant l'interdiction des bourses de paris[3]. La régulation est assurée depuis 2019 par l'Autorité nationale des jeux (ANJ), qui a succédé à l'Autorité de régulation des jeux en ligne (ARJEL)[8].
Notes et références
modifier- ↑ En France, le nom officiel des bookmakers est : "opérateurs de jeux d'argent et de hasard".
- ↑ https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000039167499&categorieLien=id
- 1 2 3 « Loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 relative à l'ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard en ligne », sur Légifrance, (consulté le )
- ↑ (en) Tim Kuypers, « Information and efficiency: an empirical study of a fixed odds betting market », Applied Economics, vol. 32, no 11, , p. 1353-1363 (DOI 10.1080/00036840050151449)
- ↑ (en) Tim Lambert, « The History of the First Professional Bookmakers », sur Local Histories (consulté le )
- ↑ (en) Karl Whelan, « Agreeing to Disagree: The Economics of Betting Exchanges », sur karlwhelan.com (consulté le )
- ↑ (en) Autorité de la concurrence, « PMU proposes commitments in order to distinguish its online horserace betting activities from those dealing with horserace betting in physical outlets », sur autoritedelaconcurrence.fr (consulté le )
- ↑ Autorité nationale des jeux, « Présentation de l'Autorité nationale des jeux », sur anj.fr (consulté le )
