Partage de rêves
Le partage des rêves est une occupation consistant à raconter ses rêves, qu'ils surviennent pendant le sommeil ou à l'état éveillé. Les rêves sont des simulations à la fois imaginatives et crédibles de la vie sociale vécue lorsqu'on est éveillé[1]. L'un des buts de ce partage est de se divertir[1].
Le partage des rêves est une approche qui permet de tester et de consolider les relations entre les individus. Un rêve peut être perçu comme une forme d'interaction sociale réfléchie, servant à rapprocher les personnes. Ainsi, on tend à raconter ses rêves à des gens avec qui l'on est déjà proche ou avec qui l'on souhaite créer un lien[1].
Les rêves constituent un point commun à tous les êtres humains, peu importe leur origine ou leur culture. Multiplier les échanges à leur sujet peut favoriser une meilleure compréhension de la personnalité d'autrui, même lorsque des obstacles linguistiques ou culturels rendent le lien plus difficile à établir[2].
Données démographiques
modifierDe nos jours, le partage des rêves est plus répandu dans certains groupes démographiques. Les femmes ont tendance à raconter et à discuter de leurs rêves et cauchemars plus fréquemment que les hommes. Dans cette étude, les fréquences de rappel des rêves et des cauchemars ont été équilibrées entre les deux sexes, ce qui suggère que les écarts observés ne s'expliquent pas par des facteurs biologiques, comme la mémoire, mais plutôt par la stigmatisation entourant l'expression des pensées personnelles chez les hommes. Ces derniers valorisent souvent l'indépendance et peuvent rejeter le besoin de soutien social, des attitudes influencées par des normes sociales masculines[3]. Par ailleurs, des traits de personnalité comme l'ouverture d'esprit et l'extraversion sont associés à une plus grande fréquence de partage des rêves[4].
Relations
modifierLorsque les couples échangent au sujet de leurs rêves, leur relation semble se renforcer. En d'autres termes, plus ils partagent leurs expériences oniriques, plus leur intimité s'accroît. Cela laisse penser qu'une communication ouverte autour des rêves peut approfondir le lien amoureux[5]. Parler de ses rêves suscite également davantage d'empathie chez l'interlocuteur et favorise une connexion plus intime en explorant les aspects inconscients. Le partage des rêves offre ainsi un accès privilégié aux pensées, aux émotions et aux aspirations de chacun, contribuant à une compréhension mutuelle plus riche et à une meilleure appréciation du vécu et des points de vue de l'autre[1].
Soulager le stress
modifierLe partage des rêves est aussi lié à une diminution du stress[5]. Toutefois, cette relation demeure complexe et varie selon les individus. Le fait de rêver et d'en discuter peut aider à réduire le stress de différentes façons, notamment par le traitement des émotions, la catharsis, l'interprétation symbolique, le renforcement des liens sociaux, ainsi que par des effets de pleine conscience et de relaxation.
Histoire
modifierLe partage des rêves remonte à au moins à 4000 à 3000 avant J.-C., notamment à travers des inscriptions sur des tablettes d'argile. Dans l'Égypte antique, les rêves faisaient partie des éléments retranscrits en hiéroglyphes. Dans cette société, leur partage avait une portée religieuse, les prêtres jouant aussi le rôle d'interprètes.
Dans ces sociétés anciennes, les individus ayant des rêves particulièrement intenses ou jugés significatifs étaient perçus comme favorisés, ce qui leur conférait un statut spécial. De même, ceux capables d'interpréter les rêves étaient considérés comme dotés d'un don d'origine divine et bénéficiaient, eux aussi, d'une position privilégiée.
La perception des rêves a profondément changé au début du XIXe siècle. À cette époque, ils étaient souvent vus comme de simples réactions à l'anxiété, aux bruits environnant ou encore à une mauvaise alimentation, voire à une indigestion. On les considérait alors comme dépourvus de sens, ce qui a entraîné un désintérêt marqué pour leur interprétation. Cette vision à toutefois été transformée à la fin du XIXe siècle avec l'arrivée de Sigmund Freud, qui a révolutionné la psychiatrie en mettant en lumière l'importance des rêves et en ravivant l'art de leur interprétation, jusque-là largement oublié.
L'interprétation de Freud
modifierFreud défendait l'idée que, pour comprendre son inconscient, il fallait disséquer et analyser ses rêves.
Références
modifier- 1 2 3 4 Blagrove, Hale, Lockheart et Carr, « Testing the Empathy Theory of Dreaming: The Relationships Between Dream Sharing and Trait and State Empathy », Frontiers in Psychology, vol. 10, , p. 1351 (ISSN 1664-1078, PMID 31281278, PMCID 6596280, DOI 10.3389/fpsyg.2019.01351)
- ↑ « Testing the Empathy Theory of Dreaming: The Relationships Between Dream Sharing and Trait and State Empathy », Frontiers in Psychology, vol. 10, , p. 1351 (PMID 31281278, PMCID 6596280, DOI 10.3389/fpsyg.2019.01351)
- ↑ McKenzie, Collings, Jenkin et River, « Masculinity, Social Connectedness, and Mental Health: Men's Diverse Patterns of Practice », American Journal of Men's Health, vol. 12, no 5, , p. 1247–1261 (ISSN 1557-9883, PMID 29708008, PMCID 6142169, DOI 10.1177/1557988318772732)
- ↑ « Dream Sharing, Dream Recall, and Personality in Adolescents and Adults: The UK Library Study », Imagination, Cognition and Personality, vol. 36, no 1, , p. 64–74 (DOI 10.1177/0276236615626337, S2CID 148559960)
- 1 2 (en) Olsen, Schredl et Carlsson, « Sharing dreams: Frequency, motivations, and relationship intimacy », Dreaming, vol. 23, no 4, , p. 245–255 (DOI 10.1037/a0033392, lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Jung CG II, Beyond & Through the Personal
- Freud S, The Interpretation of Dreams, München, (ISBN 978-3-7368-1765-4)
- Dreamtime and dreamwork: decoding the language of the night, Los Angeles, CA, J.P. Tarcher, , 1st éd. (ISBN 978-0-87477-594-5)
- MacKenzie N, Dreams and Dreaming, New York, Vanguard Press, Inc.,
- Parkaman S, Dream and Culture. An Anthropological Study of the Western Intellectual Tradition, Praeger Publishers,
