Parti communiste palestinien
Le Parti communiste palestinien (PCP) est un parti politique de Palestine, né dans l'entre-deux-guerres mondiales, issu de la fusion, en 1923, du Parti communiste de Palestine (en) et du Parti communiste palestinien. Il fut reconnu en 1924 comme la section palestinienne de la IIIe Internationale.
| Parti communiste palestinien (ar) الحزب الشيوعي الفلسطيني | |
| Présentation | |
|---|---|
| Fondation | 1923 |
| Fusion de | Parti communiste palestinien (en) Parti communiste de Palestine (en) |
| Disparition | 1948 |
| Fusionné dans | Maki |
| Positionnement | Extrême gauche |
| Idéologie | Communisme Antisionisme |
| Affiliation internationale | Internationale communiste |
Naissance
modifierLe Parti communiste de Palestine (en) a été créé en 1920 lors d'une scission du parti sioniste d'extrême gauche Poale sion gauche, fondé en 1906, l'autre tendance créant le Parti communiste juif (en), ancêtre de l'actuel Parti communiste d'Israël. Enfin, une autre tendance créa le Parti communiste palestinien, qui se distinguait de son alter-ego en adoptant une position moins critique et plus ouverte à la coopération avec le mouvement sioniste. Le Russe Marc Chirik fit partie des fondateurs de ce parti communiste, avant de se rendre en France. En 1924, les deux tendances rivales du « communisme palestinien » se réunissent pour former le PCP, qui a donc une origine marxiste et sioniste.
Histoire
modifierLe Parti communiste milite pour la création d'un État palestinien indépendant de l'Empire britannique dans lequel Arabes et Juifs seraient des citoyens égaux en droits. Il critique le sionisme comme un mouvement colonialiste illégitime, estimant que les Juifs du monde entier ne constituaient pas une nation spécifique, et ne croyant pas qu’après deux mille ans ils puissent revendiquer des droits historiques en Palestine. Il rejette la déclaration Balfour comme impérialiste et milite pour la fin du mandat britannique en Palestine[1],[2]. Il s'ouvre ainsi largement aux Arabes palestiniens. Najati Sidqi figure parmi les premiers membres arabes du PCP. Cette opposition au sionisme provoque de vives discussions internes comme en témoigne l'exclusion de Léo Lev, responsable de la section de Tel Aviv, en 1936[3].
Parti mineur dans les années 1920, il gagne en influence, en particulier parmi les travailleurs urbains, pendant la grande révolte arabe des années 1930[1].
En , le parti est à l'origine d'une déclaration appelant à organiser une campagne internationale en vue de stopper l’invasion de Éthiopie par l'Italie fasciste. Il organise des groupes de solidarité avec le peuple éthiopien[4].
Pendant la guerre d'Espagne, des membres arabes et juifs du parti rejoignent les Brigades internationales. Parmi eux se trouvent Ali Abdel Khaleq Al-Jibaoui, membre du comité central, tué en Espagne, et Najati Sidqi, membre du secrétariat du parti, chargé par l'Internationale communiste d'organiser des campagnes d’information à l’adresse des Marocains enrôlés dans les rangs franquistes. L'hebdomadaire clandestin du PCP, Al-Jabha Al-Chabiyya, consacre régulièrement ses pages à porter à la connaissance des lecteurs palestiniens le déroulement de la guerre contre le franquisme[4].
Le Parti communiste palestinien est, dans les années 1920, 1930 et 1940, le seul parti politique juif et arabe, une caractéristique que la branche israélienne tente de préserver après 1948. À cette époque, il milite pour un État judéo-arabe unitaire dans la Palestine mandataire.
Toutefois, dans un contexte de controverses autour du projet sioniste auquel adhérent la majorité des militants juifs, la question nationale prend progressivement le pas sur la dimension sociale et le positionnement anti-impéraliste. Les fractures entre communistes juifs et arabes autour du sionisme s’approfondissent au début des années 1940 et la division entre eux est actée en . Ses militants arabes fondent la Ligue de libération nationale – celle-ci reconnaît néanmoins le Plan de partition onusien de [5],[6].
Après 1948
modifierAprès 1948, ce qu'il reste de ce parti contribue à la naissance du Parti communiste d'Israël. Une partie des membres arabes se tournent vers le Parti communiste syrien et embrassent le panarabisme[6].
Parti communiste palestinien est ensuite le nom d'un parti créé sur les restes de la section arabe extérieure aux frontières d'Israël.
En , les communistes de Cisjordanie intègrent le Parti communiste jordanien.
Notes et références
modifier- 1 2 Shlomo Sand, « Le vieux rêve d'un État binational », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )
- ↑ Mona M. Younis, Liberation and Democratization: The South African & Palestinian National Movements, University of Minnesota Press, 2000, p. 117 (ISBN 0-8166-3299-5).
- ↑ Cf. Alain Brossat, Sylvia Klinberg, Le Yiddishland révolutionnaire, Éditions Syllepse, Collection Yiddishland, mars 2009, p. 277 (ISBN 9782849502174).
- 1 2 « Les communistes arabes et la lutte contre le fascisme et le nazisme (1935-1945) », Orient XXI, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Nicolas Dot-Pouillard, « Gauche palestinienne. L’impossible troisième voie. », Revue Projet, (lire en ligne)
- 1 2 « Panarabisme et internationalisme. Entretien avec Edna Bonhomme », sur contretemps.eu, (consulté le ).
Annexes
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Alain Brossat, Sylvia Klinberg, Le Yiddishland révolutionnaire, Éditions Syllepse, coll. « Yiddishland », (ré-édition). (ISBN 9782849502174)