Pas de la Bergère
Le pas de la Bergère aussi connu sous le nom du pas de la Pastourelle ou pas de Tarascon, est un pas d'armes organisé en 1449 par René d'Anjou à Tarascon, dans le sud de la France, lorsque celui-ci s'installe dans un château a proximité[1].

Histoire
modifierCe tournoi succède aux joutes organisées par René en 1445 et en 1446. Le déroulement de ce tournoi nous est notamment connu par la description rédigé en vers réalisée par Louis de Beauvau, grand sénéchal du duc d’Anjou[2].
L'événement débute le et dure cinq jours[3]. Des nobles déguisés en bergers doivent défendre à tour de rôle une noble déguisée en bergère. Le vainqueur reçoit un baiser et des fleurs de cette femme[2].
Ce pas est un véritable tournant car il est l'un des derniers organisé au sein de la sphère angevine, concurrencé par la cour de Bourgogne. Mais il est aussi différent sur le sujet qu'il aborde. En effet, les combats sont secondaires pour laisser une plus grande place à l'idéal pastoral[3].
Déroulement du pas
modifierS’inscrivant dans la tradition de l’idéal pastoral médiéval, le pas a protégé une femme, en l’occurrence Isabelle de Lenoncourt[3], figurée sous les traits d’une bergère, dite la Pastourelle des avances des chevaliers. Celle-ci est protégée par Philippe de Lenoncourt, grand écuyer à la cour de René et par Philibert de l'Aigue (ou de Laigue), chambellan de René, alors déguisés en bergers[2],[4]
Comme l'a représenté Barthélemy d'Eyck dans sa miniature, un grand arbre est présent, sur lequel sont accrochées deux targes, l’une noire, l’autre blanche, que les chevaliers entrepreneurs arborent et qui détermine qui de « Liesse » ou de « Tristesse » est défié par le chevalier voulant relever le défi[3].
Participants
modifierGénéralement l'identification des participants pose problème car la majorité d'entre eux sont désignés par un surnom héréditaire qui le plus souvent correspond au nom de la seigneurie dont ils sont possesseurs[1]. Néanmoins, grâce à la description de Louis de Beauvau, et à sa retranscription par Crapelet, il est possible de déterminer l'identité des combattants ainsi que le déroulement des journées de joute[5].
| Nom de l'assaillant | Phillipe de Lenoncourt | Philibert de Laigue |
|---|---|---|
| Pierre Carrion | X | |
| Louis de Montbron | X | |
| Philibert de la Jaille | X | |
| Couraze[6] | X |
| Nom de l'assaillant | Phillipe de Lenoncourt | Philibert de Laigue |
|---|---|---|
| Guillaume d'Yve | X | |
| Louis de Beauveau | X | |
| Tannguy IV du Châtel | X | |
| Ferry de Lorraine | X | |
| Gaspard de Cossé | X | |
| Phillibert de Stainville | X | |
| Robert de Fay | X |
| Nom de l'assaillant | Philippe de Lenoncourt | Philibert de Laigue |
|---|---|---|
| Antoine de Ponteves | X | |
| Jean de Cossé | X | |
| Guerri de Charno | X | |
| Fouques d'Agoult | X | |
| Honoré de Berre | X | |
| Guy de Laval | X | |
| Jean Bezelin | X |
Notes et références
modifier- 1 2 Christian de Mérindol, Les fêtes de chevalerie à la cour du roi René, C.T.H.S, (ISBN 2735502651)
- 1 2 3 Rosalind Brown-Grant et Christina Normore, Pas d'armes and Late Medieval Chivalry, Liverpool University Press, , 625 p. (DOI 10.2307/jj.13083358), p. 111-152
- 1 2 3 4 Guillaume Bureaux, « Union et désunion de la noblesse en parade. Le rôle des Pas d'armes dans l'entretien des rivalités chevaleresques entre cours princières occidentales, XVe-XVIe siècles (Anjou, Bourgogne, France, Saint-Empire) », theses.hal.science, Normandie Université, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Denis Hüe, « La Bergère et le tournoyeur, coutumes et costumes des parades amoureuses à la cour d’Anjou-Provence », dans Les Arts et les Lettres en Provence au temps du roi René, Presses universitaires de Provence, , 243–259 p. (ISBN 978-2-85399-889-5, DOI 10.4000/books.pup.19414., lire en ligne)
- ↑ Georges Adrien Crapelet, Le pas d'armes de la bergère, maintenu au tournoi de Tarascon ..., Crapelet, (lire en ligne)
- ↑ Christian de Mérindol suggère que Couraze (ou Courage) pourrait être Raymond-Arnaud de Coarraze, un conseiller de Charles VII.