Patek Philippe

entreprise suisse d'horlogerie de luxe

Patek Philippe est une entreprise suisse d'horlogerie de luxe.

Patek Philippe
logo de Patek Philippe
Logo de Patek Philippe depuis 1887
illustration de Patek Philippe
La boutique Patek à Madrid en Espagne, Au-dessus de l'entrée.

Création et Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs Antoine Norbert de Patek Prawdzic et Adrien PhilippeVoir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique Société anonyme suisseVoir et modifier les données sur Wikidata
Slogan Jamais vous ne posséderez complètement une Patek Philippe. Vous en serez juste le gardien pour les générations futures
Siège social GenèveVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées 46° 09′ 59″ N, 6° 06′ 44″ E
Direction Thierry Stern (président), Claude Peny (CEO)
Actionnaires Philippe Stern (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité Horlogerie et Industria relojera suiza (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Produits Horloge et montre-bracelet (en)[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Effectif 2 688Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web www.patek.comVoir et modifier les données sur Wikidata

Chiffre d'affaires 66,7 millions d’euros (filiale française)
Résultat net 10,6 millions d’euros

Historique

modifier

Antoni Norbert Patek (1812-1877) et Franciszek Czapek (1811-après 1869) sont deux émigrés polonais établis à Genève dans les années 1830. Tous deux avaient participé à l'insurrection de Novembre de 1830-1831. Czapek, horloger d'origine tchèque, arrive à Genève en 1832 ; Patek s'y établit quelques années plus tard. En 1839, ils fondent à Genève la société Patek, Czapek & Cie[2].

En 1844, lors de l'Exposition des produits de l'industrie française à Paris, Patek rencontre l'horloger français Jean Adrien Philippe, qui y présente son système de remontage et de mise à l'heure sans clé. Philippe rejoint Patek à Genève l'année suivante. Après la dissolution de Patek, Czapek & Cie en 1845, l'entreprise poursuit ses activités sous la raison sociale Patek & Cie. En 1851, elle prend le nom de Patek, Philippe & Cie[3].

Patek Philippe est spécialisée dans l'horlogerie de très haute qualité. La firme est l'une des rares à avoir archivé les coordonnées de tous ses clients depuis le début de son activité. Elle a apporté de nombreuses nouveautés à l'horlogerie, comme la montre bracelet pour femme ou encore les montres à remontoirs (faciles à remonter). Depuis 1845, elle a déposé plus de 70 brevets[4], dont :

  • 1881 : régulateur de précision ;
  • 1889 : mécanisme du quantième perpétuel ;
  • 1902 : double chronographe ;
  • 1923 : seconde aiguille des secondes pour la mesure;
  • 1925 : montre bracelet à quantième perpétuel[5];
  • 1949 : balancier Gyromax (en) ;
  • 1959 : montres mécaniques à fuseaux horaires ;
  • 1964 : mouvement mécanique avec rotor périphérique ;
  • 1985 : mécanisme indicateur de la date de Pâques ;
  • 1996 : quantième annuel ;
  • 2000 : mécanisme de représentation astronomique.

Autrefois sise à Genève, l'entreprise a regroupé toutes ses activités dans la périphérie genevoise, à Plan-les-Ouates et à Perly ainsi qu'à La Chaux-de-Fonds.

Patek Philippe crée en 2009 son propre poinçon et renonce au Poinçon de Genève, pour répondre à de nouvelles exigences. Des voix critiquent en effet la certification genevoise qui ne concerne que le mouvement de la montre[6].

Henry Graves Supercomplication

modifier
Siège social de Patek Philippe à Plan-les-Ouates, à Genève.

En 1925, la maison Patek Philippe reçoit la commande d'un banquier new-yorkais souhaitant posséder la montre la plus compliquée du monde. Après 8 ans de travail (dont 3 années de recherche et développement et 5 années de réalisation), les horlogers de la manufacture présentent la montre de poche Henry Graves Supercomplication qui restera pendant près d'un demi-siècle la montre la plus compliquée au monde grâce à ses 24 complications horlogères.

Elle est également connue pour être la montre la plus chère jamais vendue aux enchères : vendue en 1999 pour 11 millions de dollars, elle bat son propre record le lors d'une vente à Genève menée par Sotheby's (pour les 175 ans de la marque), adjugée à un acheteur resté anonyme pour la somme de 21,3 millions de dollars[7] (hors commission).

Calibre 89

modifier

Pour fêter ses cent cinquante ans d'existence, Patek Philippe a fabriqué en 1989 la montre la plus compliquée du monde[8] : le calibre 89, doté de 33 complications ainsi que du poinçon de Genève.

La durée totale du projet fut de neuf ans, dont cinq de recherche et développement et quatre de réalisation. Le calibre est composé de 1 728 pièces[9], a un diamètre de 88,2 mm, une épaisseur de 41 mm et un poids total de 1 100 grammes.

Modèles emblématiques

modifier

Le modèle le plus connu est la « Calatrava »[10], une gamme qui remonte aux années 1930 et a été déclinée depuis en de très nombreuses versions.

Parmi les autres modèles connus, on peut citer :

  • Gondolo ;
  • Ellipse d'Or ;
  • Nautilus : modèle sport-chic sorti en 1976[11], dans sa version dite "jumbo" référence 3700, puis en 1981 dans une version toujours automatique mais en taille "intermédiaire". Son designer est l'horloger Gérald Genta, également connu pour avoir aussi dessiné en 1972 la Royal Oak d'Audemars Piguet. Depuis quelques années, la "Nautilus" a été déclinée en version phase de lune/réserve de marche/date, puis chronographe, quantième annuel et double fuseau horaire[12]. C'est une montre qui a une lunette octogonale avec des angles relativement doux. De plus, le boitier est inspiré d'un hublot et elle a également un cadran avec un relief horizontal frappé[13]. En raison d’une spéculation excessive autour de la référence 5711 (2006, acier, cadran bleu), qui menaçait l’identité de la maison[14], ce modèle a été interrompu en [15], mais son apparence a été reprise sur le modèle qui lui succède, toutefois dans des matières plus nobles - et des prix plus élevés[16].
  • Aquanaut qui se distingue par son cadran dit "télévision", modèle d'accès de gamme sport
  • Twenty-4 pour les dames
  • De très nombreuses complications (chronographes, quantièmes perpétuels, répétition minute, tourbillon…) parmi lesquelles la Star Caliber 2000.

Propriétaires célèbres

modifier

Amateur de haute horlogerie suisse, l'ex-président de la République française Nicolas Sarkozy s'est vu remettre une Patek Philippe pour Noël 2007, offerte par sa future épouse Carla Bruni. Selon le quotidien suisse Le Matin, il s'agirait d'un modèle Patek Philippe 5140G Perpetual, « montre automatique en or blanc, diamètre 37,20 mm, avec phases de lune, quantième perpétuel. Prix public en Suisse en 2008 : 65 000 francs »[17],[18], soit environ 55 000 €.

En 2006, Claude Guéant s’est fait offrir illégalement par Alexandre Djouhri une montre Patek Philippe modèle Calatrava d'une valeur de 11 000 euros[19].

Pablo Escobar a porté des montres Patek Philippe durant son règne au sein du cartel de Medellín, en Colombie.[réf. nécessaire]

En 1851, Patek Philippe commença à fournir ses montres à la reine Victoria et à son entourage, comme le prince Albert. Victoria fit l'acquisition d'une montre Patek avec une clé créée en novembre 1851 pour la Grande Exposition de Londres. Elle se portait comme une broche, sertie d'un diamant et d'émail.

Les porteurs de montres Patek Philippe comptent notamment le pape Pie IX, le pape Léon XIII, Christian IX et la princesse Louise de Danemark (le roi et la reine de Danemark), Victor Emmanuel III d'Italie, Hussein Kamel, sultan d'Égypte de 1914 à 1918.

Musée Patek Philippe

modifier

Outre des documents d'archives de la société Patek Philippe et l'outillage ancien, le musée renferme des collections d'émaux et de nombreuses montres d'exception produites par la firme.

Activités caritatives

modifier

Patek Philippe participe régulièrement aux ventes aux enchères organisées par Only Watch, qui financent la recherche sur les myopathies[20].

Notes et références

modifier
  1. « https://en.wikipedia.org/wiki/Patek_Philippe_SA »
  2. Nadège Sougy, « Le luxe des montres (xixe-xxe siècle) : réputation et identité de l’horlogerie de Genève », sur Open Edition Journals, (consulté le )
  3. « Les fondateurs », sur Patek Philippe (consulté le )
  4. Catalogue de Patek Philippe
  5. « Patek Philippe, l'héroïsme horloger depuis plus d'un siècle et demi », sur Paris Match, (consulté le )
  6. Vincent Daveau, « Les poinçons en question », L'Express, (lire en ligne, consulté le ). Cet article présente une comparaison des exigences posées par le Poinçon de Genève, dès 2012, et le Poinçon Patek Philippe.
  7. « 19 millions d’euros pour cette Patek Philippe, what else ? », sur MagMontres.fr
  8. La tribune des Arts, Patek Philippe Museum, chapitre « Calibre 89 : La montre la plus compliquée du monde »Les montres les plus compliquées du monde sur le site de worldtempus.com
  9. Une montre mécanique simple se contente de 170 pièces.
  10. La croix de l'Ordre de Calatrava a d'ailleurs été choisi comme sigle de la firme dès la fin du XIXe siècle.
  11. « Patek Philippe Nautilus, 40 ans et pas une ride ! », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  12. Histoire de la Patek Philippe Nautilus - Time and Watches
  13. Patek Philippe S.A. Genève, « Patek Philippe | Tous les modèles | Montres & garde-temps de luxe », sur Patek Philippe SA (consulté le )
  14. Jean-philippe Tarot, « Thierry Stern s'explique dans la presse au sujet de l'arrêt de la Nautilus 5711 », sur Montres-de-luxe.com (consulté le )
  15. Hervé Gallet, « Patek Philippe : une nouvelle Nautilus, mais pas seulement », sur Le Point, (consulté le )
  16. Hervé Gallet, « Patek Philippe : découvrez la remplaçante de la 5711 », sur Le Point, (consulté le )
  17. Le cadeau de Noël de Carla à Nicolas vaut 65 000 francs - Le Matin, 13 janvier 2008
  18. Tristan Berteloot, « Sarkozy, sa montre à 55.000 euros », sur Novelobs.com, (consulté le )
  19. Arthur Frydman, « Et la montre la plus chère du monde est… », Le Point, (lire en ligne, consulté le )

Sources

modifier
  • Martin Huber & Alan Banbery, Patek Philippe Genève. Montres bracelets, Antiquorum, Genève, 1988
  • Patek Philippe, Catalogue complet, Genève, 2002
  • « La Tribune des Arts », Patek Philippe Museum, Supplément de la Tribune de Genève
  • Celia Errico, Celia Errico (dir.), Laurence Suessmeier (dir.) et Jean Siegenthaler (dir.), Star Caliber 2000, Lausanne, Editions Scriptar, , 136 p. (ISBN 978-2-880-12081-8, OCLC 83674446).

Voir aussi

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier