Patricio Escobal
Patricio Escobal, connu également sous le nom de Perico Escobal, né le à Logroño en Espagne et mort le à New York, est un footballeur espagnol qui occupe le poste de défenseur.
| Patricio Escobal | ||
| Biographie | ||
|---|---|---|
| Nom | Patricio Pedro Escobal López | |
| Nationalité | ||
| Naissance | Logroño (Espagne) |
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| Décès | (à 99 ans) New York (États-Unis) |
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| Taille | 1,90 m (6′ 3″) | |
| Période pro. | 1921-1934 | |
| Poste | Défenseur | |
| Parcours senior1 | ||
| Années | Club | M.(B.) |
| 1921-1928 | ||
| 1928-1930 | ||
| 1930 | ||
| 1930-1931 | ||
| 1933-1934 | ||
| 1 Ne sont comptabilisés que les matchs en compétitions officielles, quel que soit le statut (amateur et professionnel). Les matchs amicaux ne sont pas comptabilisés. |
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Joueur devenu capitaine du Real Madrid, il obtient six titres de Campeonato Regional del Centro et fait partie de la sélection olympique pour les Jeux olympiques d'été de 1924.
Militant de gauche et emprisonné en 1936 par les nationalistes durant la guerre d'Espagne, il est libéré en 1940 et s'exile aux États-Unis où il vit jusqu'à sa mort en 2002.
Biographie
modifierFootballeur
modifierPatricio Pedro Escobal López naît le à Logroño en Espagne[1]. Il pratique le football en parallèle de ses études au Colegio del Pilar pour devenir ingénieur[2]. Rejoignant Madrid dans ce cadre en 1920, il s'engage cette année-là avec le Real Madrid à une époque où le football espagnol se dispute en semi-professionnel[3]. Sur le terrain, son poste est celui de défenseur aux côtés de Félix Quesada[4]. En 1924, il dispute en mai et perd la finale de la Coupe d'Espagne face au Real Unión Club (1-0)[5]. Cette même année, Escobal apparaît dans la sélection olympique pour les Jeux olympiques d'été de 1924. L'équipe est éliminée dès le premier match à la suite d'un but contre son camp de Pedro Vallana. Escobal n'est pas présent sur le terrain ce jour-là[6] et il ne dispute dans sa carrière aucun match en équipe nationale.
Escobal, devenu capitaine du Real Madrid, fait partie de la première tournée de celui-ci hors d'Espagne en 1925[4]. Il quitte le club en raison selon les sources d'une maladie[7],[8] ou de divergences avec les dirigeants du club concernant la compatibilité de sa carrière de joueur et d'ingénieur[9]. Après des passages dans d'autres clubs madrilènes, le Racing de Madrid puis le CD Nacional de Madrid, Escobal fait son retour au Real Madrid en 1930. Il découvre alors la Liga et prend part à quatre rencontres de son équipe[10],[11]. Il est surnommé El faquir durant ses années madrilènes[4]. Il termine sa carrière au CD Logroño avec lequel il est champion de la région Guipuzcoana durant la saison 1933-1934[8],[12]. Escobal joue sa dernière rencontre le en tant que footballeur professionnel[4],[7]. Au cours de sa carrière, il cherche à favoriser une union des joueurs et s'investit pour la professionnalisation de son sport[4] qui est obtenue le [13]. Escobal est membre fondateur et premier président de l'Asociación de los Trabajadores del Fútbol, le premier syndicat de footballeurs apparu en Espagne en 1929[3],[13].
Carrière à Logroño et guerre civile
modifierPatricio Escobal, ingénieur de formation, s'installe à Logroño durant l'été 1933 et est embauché par la municipalité pour exercer son métier à partir du [4],[7]. Il épouse en janvier 1935, María Teresa Castroviejo, fille d'un dentiste exerçant dans cette ville[7]. Escobal est militant à Izquierda Republicana, un parti fondé par Manuel Azaña[3]. À la suite d'une bascule à droite de la municipalité, il est licencié en octobre 1934. Le , après la victoire du Front populaire, Escobal est réintégré et indemnisé pour licenciement abusif[7].
Escobal exerce son travail jusqu'au déclenchement de la guerre civile. La Rioja fait partie des territoires gagnés par la rébellion au début du soulèvement. Affilié à un parti de gauche républicaine, Escobal est arrêté quatre jours après le début de la rébellion[2]. Il est envoyé en prison par le nouveau pouvoir, accusé d'être « gauchiste » et franc-maçon[7] ainsi que s'être rendu à Madrid pour organiser la résistance et cacher des armes[2]. Condamné à trente ans de réclusion[14], il y contracte le mal de Pott en raison de ses conditions de détention et est proche d'être fusillé à quatre reprises[2],[15].
Libération et exil
modifierDurant l'incarcération d'Escobal, José Millán-Astray lui propose une libération en cas de reconnaissance par Escobal de la légitimité de la dictature, une proposition qu'il refuse[3]. Il est libéré sous l'impulsion du général Gastone Gambara, chef de troupes italiennes installées à Logroño, le général ayant lui-même pris par hasard un logement appartenant à la famille de l'épouse d'Escobal, ce qui lui permet d'apprendre le sort du prisonnier[2],[3],[15]. Gambara intervient pour faire transférer Escobal dans une prison de Pedernales[2]. L'ambassade d'Italie effectue les démarches permettant à Escobal de s'exiler sur le continent américain[3], tout d'abord à La Havane puis aux États-Unis[15]. Accompagné de son épouse, Patricio Escobal quitte l'Espagne en bateau à Portugalete[8]. Au cours d'une escale à Lisbonne, Escobal rencontre Nicolás Franco, frère du Caudillo et ambassadeur au Portugal qui croit faussement s'adresser à une victime de la « barbarie rouge »[2].
Son exil le mène avec sa femme à New York où il devient responsable de l'éclairage du quartier du Queens[4],[3],[15]. Pour son travail, il reçoit de la municipalité la médaille de la ville[14]. Il ne revient en Espagne qu'à une seule reprise, lors des funérailles de sa mère[15].
Pedro Escobal, son fils, devient lui aussi ingénieur et est impliqué dans la mission Apollo 11 du programme spatial américain de la NASA[3]. Devenu aveugle, Patricio Escobal meurt seul en 2002 à New York à l'âge de 99 ans[14]. Son corps, non réclamé, demeure abandonné plusieurs mois dans une morgue de la ville avant d'être enterré[9].
En 1974, Escobal écrit un livre, Death Row où il décrit ses conditions de vie durant son emprisonnement et les atrocités auxquelles il est confronté. Le livre s'intitule Las Sacas dans sa version en espagnol où il paraît clandestinement[15].
Palmarès
modifierDurant sa carrière en club, Patricio Escobal remporte avec le Real Madrid le Campeonato Regional del Centro en 1922, 1923, 1924, 1926, 1927 et 1931. Il est également finaliste de la Coupe d'Espagne en 1924.
Avec le CD Logroño, Escobal gagne le Campeonato Regional de Guipúzcoa en 1934.
Statistiques
modifierLe tableau ci-dessous résume les statistiques en match officiel de Patricio Escobal durant sa carrière[10],[11]. Le championnat d'Espagne a sa première édition en 1929. Certaines statistiques en championnats régionaux ou de troisième division ne sont pas connues. Le site du Real Madrid le crédite de 82 matchs officiels en son sein[1].
| Saison | Club | Championnat | Coupe(s) nationale(s) | Total | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Division | M. | M. | M. | |||||
| 1921-1922 | Campeonato Regional del Centro | 6 | 8 | 14 | ||||
| 1922-1923 | Campeonato Regional del Centro | 5 | 2 | 7 | ||||
| 1923-1924 | Campeonato Regional del Centro | 6 | 6 | 12 | ||||
| 1924-1925 | Campeonato Regional del Centro | 8 | - | 8 | ||||
| 1925-1926 | Campeonato Regional del Centro | 8 | 6 | 14 | ||||
| 1926-1927 | Campeonato Regional del Centro | 9 | 9 | 18 | ||||
| 1927-1928 | Campeonato Regional del Centro | - | 2 | 2 | ||||
| 1928-1929 | Segunda División | 10 | 6 | 16 | ||||
| 1929-1930 | Tercera División | 0 | 2 | 2 | ||||
| 1930-1931 | Primera División | 4+2 | 1 | 7 | ||||
| 1933-1934 | Tercera División | - | 1 | 1 | ||||
| Total sur la carrière | 0 | 2 | 2 | |||||
Notes et références
modifier- 1 2 (es) « Escobal », sur realmadrid.com, Real Madrid (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 (es) Miguel Ángel Lara, « Perico Escobal, el defensa que regateó a Franco », sur marca.com, Marca, .
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (es) Sebastián Vargas Rozo, « El republicano olvidado por el Madrid: "Me cago en Franco y en usted" », sur sport.es, Sport, .
- 1 2 3 4 5 6 7 (es) « Perico Escobal, futbolista y primer olímpico riojano », sur logrono.es, commune de Logroño (consulté le ).
- ↑ (en) José Vicente Tejedor Carnicero, « Spain - Cup 1924 », sur rsssf.org, .
- ↑ (en) « Match report - First round Italy - Spain 1:0 (0:0) », sur fifa.com, FIFA (version du sur archive.org).
- 1 2 3 4 5 6 (es) « Escobal », sur bermemar.com (consulté le ).
- 1 2 3 Jesús Camacho, « Real Madrid: Perico Escobal, de la gloria al exilio », sur elenganche.es, (version du sur archive.org).
- 1 2 (es) Diego Barcala, « El capitán republicano del Real Madrid murió solo en Nueva York », sur eldiario.es, .
- 1 2 (en) « Fiche de Patricio Escobal », sur BDFutbol.com.
- 1 2 (es) « Patricio Pedro "Perico" ESCOBAL López », sur elaguanis.com (version du sur archive.org).
- ↑ (es) « Los 'back' del Club Deportivo Logroño », sur bermemar.com (consulté le ).
- 1 2 (es) Alfredo Relaño, « Se crea la Asociación Nacional de Trabajadores del Foot-ball (1929) », sur as.com, As, .
- 1 2 3 Adrien Candau, « Escobal, le miraculé de la barbarie franquiste », sur sofoot.com, So Foot, .
- 1 2 3 4 5 6 (es) Edu Casado, « Quién fue... Patricio Escobal: el jugador del Real Madrid que estuvo a punto de ser fusilado cuatro veces », sur 20minutos.es, 20 Minutos, .
Bibliographie
modifier- (es) Gabino Sánchez Llamazares, Hogar fútbol, La Moderna, , 216 p. (ISBN 978-8412693096)
Liens externes
modifier- Ressources relatives au sport :