Paul Abram

romancier, critique littéraire et dramatique et directeur de théâtre

Paul Abram est un romancier, critique littéraire, metteur en scène et directeur de théâtre français né le à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) et mort le à Marseille (Bouches-du-Rhône).

Il a notamment dirigé le Théâtre de l'Odéon et le Théâtre national populaire (TNP) de Paris.

Biographie

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Jeunesse et études

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Paul-Élie Samuel Abram est né dans une famille de religion juive, fils de Benjamin Abram, avocat et maire d'Aix-en-Provence de 1888 à 1896[1] et d'Esther Baze, sans profession.

Après des études de médecine[2], il s'oriente vers la littérature et le théâtre, devenant critique dans plusieurs journaux et publiant deux romans avant la Première guerre mondiale.

Carrière littéraire

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En 1908, il publie L'Évolution du mariage dont Léon Blum, dans sa préface, souligne les qualités et l'intérêt : « Le livre de M. Paul Abram est sincère, ingénieux et convaincant. Il est le premier ouvrage d'un écrivain dont les essais de critique ont aussitôt attiré l'attention par les qualités d'ardeur, de curiosité, de loyauté intellectuelle qui s'y révèlent, mais c'est à la vivacité des convictions, non pas à l'inexpérience que l'on y trouvera la marque de la jeunesse. Je souhaite à cet ouvrage le succès qu'il mérite, c'est-à-dire que je lui souhaite d'être lu d'être approuvé ou combattu, d'être utile[3]. »

Au cours de la Première guerre, il fait partie du service de santé militaire[N 1]. Il écrit un livre, Médecins et Militaires : La Guerre du Service de santé, publié en 1920, qui décrit ce qu'il a vécu[5]. Après la guerre, il reprend son activité de critique et d'écrivain. Il devient membre du comité de l'Association syndicale des critiques littéraires[6].

Carrière théâtrale

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En 1922, Firmin Gémier (1869-1933), directeur de Théâtre de l'Odéon, lui demande de devenir son collaborateur et le nomme co-directeur en 1925. En 1930, il succède dans la fonction de directeur à Firmin Gémier qui souhaite se consacrer entièrement au Théâtre national populaire installé au palais de Chaillot. Abram s'investit dans la rénovation de la salle et parallèlement organise des tournées de la troupe tant en France qu'à l'étranger[7]. Au cours de son mandat, Paul Abram veille à présenter aussi bien des pièces classiques que modernes[8].

Paul Abram cumule, à partir de 1938, cette responsabilité avec celle de directeur du Théâtre national populaire[9], succédant à Albert Fourtier (Gémier étant mort en 1933). En 1940, il est révoqué de ses fonctions en raison des lois raciales, et quitte la France l'année suivante pour fuir le régime de Vichy et le nazisme.

La réunion de la Comédie-Française et de l'Odéon sous une même direction lui fait perdre son poste en 1946. Il est alors nommé directeur du Conservatoire national supérieur d'art dramatique (CNSAD), créé cette même année afin de promouvoir un enseignement spécifique de l'art dramatique[N 2] et le restera jusqu'en 1955[10].

Par décret du , Paul Abram est nommé vice-président du conseil supérieur de la Radiodiffusion-télévision française[11].

Il meurt le à 86 ans d'une hémorragie cérébrale[2].

Distinctions

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Ouvrages et articles

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  • L'Évolution du mariage, préface de Léon Blum, Paris, E. Sansot & Cie, 1908, XX-225 p.
  • Cartes postales. Critiques, notes et impressions, Paris, E. Sansot, 1909, 266 p. (Extrait en ligne sur Gallica)
  • Un essai d'organisation économique de la lutte contre la tuberculose. L'Office antituberculeux Jacques Siegfried et Albert Robin à l'hôpital Beaujon, Paris, G. Steinheil, 1910 : édition de sa thèse de médecine.
  • « Sur une tragédie : Marius vaincu d'A. Mortier », Revue du temps présent,‎ , p. 8-10
  • Notes et critique littéraire et dramatique, Paris, E. Sansot, 1913, 296 p.
  • Lettres pour le filleul de l'arrière, préface de Paul Margueritte, Paris, Berger-Levrault, 1917, 179 p
  • « Lettre pour le filleul de l'arrière. Pour Jean Fiolle », Le Petit Provençal, no 14857,‎ , p. 1, col. 1-2 (lire en ligne).
  • La Faiblesse de l'homme. Notes d'après-guerre, Paris, éditions des Amitiés françaises, 1919, 191 p. ; réédition en 1920.
  • Médecins et militaires : la guerre du Service de santé, Paris, La Renaissance du Livre, 1920.
  • Une femme et des hommes, Paris, J. Ferenczi, 1923, 220 p.
  • La Faute de Psyché, roman, Paris, Librairie Baudinière, 1924, 187 p.

Mises en scène

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  • 1938
    •  : Le Roi-Soleil de Saint-Georges de Bouhélier, Théâtre de l'Odéon[13].

Notes et références

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  1. ↑ Paul Abram, bien que déclaré inapte à faire campagne, obtient sur sa demande d’être affecté à une ambulance de l’avant où il sert plus de quarante mois. Retraçant cette expérience dans ses Lettres pour le filleul de l’arrière, il dédie ce recueil, paru en 1917, « à la foule glorieuse des héros anonymes et obscurs, par qui demain la France sera plus grande et plus libre »[4]
  2. ↑ Jusqu'à cette date le Conservatoire de musique et de déclamation comprenait une section « art dramatique ».

Références

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  1. ↑ Roger Klotz-Villard, « Les successeurs de Jassuda Bedarride : Benjamin Abram », sur acjp.fr (consulté le )
  2. 1 2 « Paul Abram est mort », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  3. ↑ Léon Blum, « L'auteur du Mariage juge l'auteur de L'Évolution du mariage », Gil Blas,‎ (lire en ligne sur Gallica)
  4. ↑ Christiane Derobert-Ratel, « Le Général Georges Bloch (1853-1923) et sa fille Geneviève (1891-1975) », L'Écho des carrières, no 49,‎ , p. 8-13 (lire en ligne)
  5. ↑ Médecins et Militaires : La Guerre du Service de santé, Association médicale mutuelle, janvier 1921 lire en ligne sur Gallica
  6. ↑ Annuaire de l'Association syndicale des critiques littéraires et bibliographes, 1920 lire en ligne sur Gallica
  7. ↑ « L'Odéon, une histoire », sur theatre-odeon.eu,
  8. ↑ Roger Cousin, « La renaissance des grands classiques sur scène », Excelsior,‎ , p. 4 (lire en ligne sur Gallica)
  9. ↑ « 1920-1951 : De Firmin Germier à Pierre Aldebert », sur theatre-chaillot.fr (consulté le )
  10. ↑ « Culture - Direction du théâtre et des spectacles - Conservatoire national supérieur d'art dramatique (1946-1990) », sur francearchives.fr, (consulté le ).
  11. ↑ « M. Paul Abram, vice-président du conseil supérieur de la RTF », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  12. ↑ « Cote 19800035/1069/23001 », base Léonore, ministère français de la Culture
  13. ↑ Dossier de presse lire en ligne sur Gallica.
  14. ↑ « Recueil d'articles de presse publiés lors de la création », sur Gallica.
  15. ↑ Joël Cramesnil, « 1939 de D. Amiel par Paul Abram le 10 mai 1940 au Théâtre de l'Odéon », sur blogs.mediapart.fr, .
  16. ↑ Robert Kemp, « Louise de La Vallière à l'Odéon », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  17. ↑ « Recueil d'articles de presse publiés lors de la création », sur Gallica.

Liens externes

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