Paul Neuville
Paul Neuville, né le à Béthune et mort le à Rabastens, est un ingénieur, militaire et résistant français, Compagnon de la Libération. Vétéran de la Première Guerre mondiale, il se rallie à la France libre en 1941 et travaille dans les services du génie au Proche-Orient avant de combattre en Italie et lors de la Libération de la France.
| Paul Neuville | |
| Naissance | Béthune (Pas-de-Calais) |
|---|---|
| Décès | (à 79 ans) Rabastens (Tarn) |
| Origine | |
| Allégeance | |
| Arme | Génie |
| Grade | |
| Années de service | 1939 – 1945 |
| Conflits | Seconde Guerre mondiale |
| Distinctions | Officier de la Légion d'honneur Compagnon de la Libération Croix de guerre 1914-1918 Croix de guerre 1939-1945 |
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Biographie
modifierJeunesse et engagement
modifierPaul Neuville naît d'un père avocat le à Béthune, dans le Pas-de-Calais[1].
Première Guerre mondiale
modifierLe , il est mobilisé et affecté comme soldat de 2e classe au 87e régiment d'infanterie[2]. Suivant des cours d'élève-officier, il est promu aspirant le et muté au 8e régiment d'infanterie le mois suivant puis au 3e régiment du génie le [2]. Passé dans la réserve de l'armée en , il reste cependant sur le terrain et s'illustre le en organisant la construction d'un pont de bateau en pleine nuit, sous un violent bombardement ennemi, permettant ainsi l'avancée des troupes françaises[2]. Cette action lui vaut une citation à l'ordre de la division[2]. Il est promu lieutenant à titre temporaire en avant d'être muté au 6e régiment du génie puis est démobilisé en avec le grade définitif de sous-lieutenant[2].
Entre-deux-guerres
modifierDe retour à la vie civile, il entre à l'École centrale des arts et manufactures (Promotion 1922) et en sort avec un diplôme d'ingénieur[3]. Installé en Égypte, il entre à la société générale des sucreries et raffineries, filiale du groupe Béghin dont son père est directeur juridique[4].
Seconde Guerre mondiale
modifierLors de la mobilisation de 1939, Paul Neuville est appelé à rejoindre le dépôt des troupes du Levant le [2]. Affecté à la chefferie du génie à Beyrouth en octobre, puis à Alep en , il est démobilisé après l'armistice du 22 juin 1940[3],[2]. Il retourne alors en Égypte et reprend son travail dans les raffineries de sucre[3].
Le , le général de Gaulle prononce un discours au grand sérail de Beyrouth[3]. Touché par ces propos, Paul Neuville s'engage dans les forces françaises libres le mois suivant[3]. Nommé commandant de la chefferie du génie de Damas jusqu'en , il est ensuite autorisé par les autorités militaires à regagner l'Égypte jusqu'en afin de participer à la campagne de récolte et de production de sucre[3]. De retour dans les rangs en , il est affecté à la section de l'organisation défensive du secteur de Beyrouth dont il est le chef jusqu'au mois d'octobre puis devient adjoint du commandant du génie des troupes du Levant[3]. Après une seconde campagne sucrière en Égypte, il gagne la Tunisie où, de mai à , il est adjoint au chef du génie de la 1re division française libre (1re DFL)[3]. Comme les deux années précédentes, il est autorisé en cet hiver 1943-1944 à repartir en Égypte pour un nouveau cycle de production de sucre[3]. En , il retourne à la 1re DFL, cette fois-ci en tant que commandant des troupes du génie[3].
Participant à la campagne d'Italie, Paul Neuville est blessé le lors de la traversée d'un champ de mines[5]. Refusant d'être évacué avant que ses hommes soient hors de danger, il reprend le combat avant d'être complètement guéri[3]. Il est ensuite engagé dans la bataille d'Alsace puis dans les combats du massif de l'Authion où il se distingue à chaque fois en organisant des travaux efficaces permettant le mouvement des troupes[3]. Promu chef de bataillon, il est démobilisé en [4].
Après-Guerre
modifierAprès le conflit, il retourne en Égypte et reprend son travail d'ingénieur à la société générale des sucreries avant d'en devenir directeur-général adjoint[4]. En 1956, à la suite de la crise du canal de Suez, il est contraint de quitter l'Égypte[3].
Paul Neuville meurt le à Rabastens, dans le Tarn, où il est inhumé[4].
Décorations
modifier| Officier de la Légion d'honneur | Compagnon de la Libération Par décret du 20 novembre 1944 |
Croix de guerre 1914-1918 Avec une étoile d'argent | ||||||
| Croix de guerre 1939-1945 | ||||||||
Références
modifier- ↑ « Acte de naissance de Paul Neuville - 3 E 119/125 N°122 », sur Archives départementales du Pas-de-Calais
- 1 2 3 4 5 6 7 « Registre matricule de Paul Neuville - 1R-8317 N° 1129 », sur Archives départementales du Pas-de-Calais
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Elytis, (ISBN 2-356-39033-2)
- 1 2 3 4 « Biographie - Ordre National de la Libération »
- ↑ Jean-Christophe Notin, 1061 compagnons : Histoire des Compagnons de la Libération, Éditions Perrin, (ISBN 2-262-01606-2)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean-Christophe Notin, 1061 compagnons : Histoire des Compagnons de la Libération, Éditions Perrin, , 822 p. (ISBN 2-262-01606-2).
- Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Elytis, , 1230 p. (ISBN 2-356-39033-2).
- François Marcot, Dictionnaire historique de la résistance, Robert Laffont, (ISBN 2-221-09997-4).
- Olivier Wieviorka, Histoire de la Résistance : 1940-1945, Paris, Éditions Perrin, , 575 p. (ISBN 978-2-262-02799-5 et 2-262-02799-4, OCLC 827450568).
- François Broche, L'épopée de la France libre : 1940-1946, Paris, Pygmalion, (ISBN 2-85704-633-2).