Paul Victor Romain Charvet
Paul Victor Romain Charvet, né le 22 février 1818, est un riche négociant et industriel textile du département du Nord. Issue de la haute bourgeoisie, il est le fils de Gaspard Charvet et le petit fils de Nicolas Charvet, directeur de la Manufacture royale de Vienne.
| Naissance | Lille, France |
|---|---|
| Décès |
(à 78 ans) Armentières, France |
| Activité |
Négociant |
| Père | |
| Mère |
Henriette Defrenne |
| Conjoint |
Adèle Lucie Colombier |
| Enfant |
Alfred Charvet |
| Propriétaire de | |
|---|---|
| Religion |
Chretien |
| Membre de | administrateur du bureau de bienfaisance, marguillier du Sacré-Cœur président des conférences de Saint-Vincent-de-Paul membre du conseil général des catholiques du Nord-Pas-de-Calais en 1889 |
| Distinction |
Biographie
modifierPaul Victor Romain Charvet naît le 22 février 1818 à Lille, dans le département du Nord, à une époque où la France connaît de profondes mutations économiques et sociales[1]. La région lilloise est alors l'un des principaux centres industriels du pays. L'essor du textile, de la filature et du tissage transforme progressivement le paysage économique, attirant entrepreneurs, ouvriers et investisseurs. C'est dans cet environnement dynamique que grandit Paul Victor Charvet.

Issu d'une famille bourgeoise solidement implantée dans le Nord de la France, il bénéficie d'un cadre familial favorable à l'apprentissage du commerce et de l'industrie. Il est le fils de Gaspard Charvet, négociant et personnalité politique de Lille et de Henriette Defrenne[2].Il est donc par la même occasion le petit-fils de Liévin Defrenne, seigneur de Gauquier et de Nicolas Charvet, riche homme d'affaires et propriétaire de la manufacture royale de Vienne.
Il est le benjamin d'une fratrie de 11 enfants et, comme ses ainés et comme le veut la coutume, il se marie à la fille d'un grand négociant du Nord. Le 8 juin 1845, Paul Victor Romain Charvet épouse donc Adèle Lucie Colombier à Lille. Ils fondent une famille composée de treize enfants[1].
Entreprise
modifierL'histoire commence dans les années 1840 quand Paul profite de la grande étendue industrielle de sa belle-famille, il est alors employé chez son beau-père Louis Constant Colombier fils de Louis Colombier, Paul Charvet alors associé à Lucien Erasme Delestre dans la société « Colombier-Batteur et fils » qui prospère depuis déjà bien longtemps grâce à son beau-père et son beau grand père. La société Colombier batteur employé déjà en 1825, 2000 employés pour un chiffre d'affaires de plusieurs millions de francs (2.4millions)[3]. Cela lui a permis rapidement de disposait d'équipements modernes comme une machine à vapeur en 1840. Mais en 1852 Thiebault, associé de Louis Constant Colombier quitte l'entreprise. Paul Charvet devient alors associé de Louis Constant Colombier. En 1857 les deux associés décident de réunir l'ensemble des entreprises avec l'aide financière de la famille Charvet et la famille Dubois par le beau-frère de Paul : Félix Dubois. La société devient alors "Dubois et Charvet-Colombier". En 1860, l'entreprise s'étend par le rachat d'une filature à Haubourdin. La société comporte alors un tissage à Armentières avec machine à vapeur 132 métiers mécaniques, 700 métiers à bras. Un autre tissage à Halluin comportant 145 métiers mécaniques et une autre firme à Haubourdin employant 430 personnes. Mais, en 1866, l'associé Louis Constant Colombier décède et, en 1873, la société est dissoute. En 1872, Félix Dubois et Victor Charvet recréent une société en gardant le même nom. Le capital constitué est de 2 millions de francs[3].En 1875, Félix meurt et laisse seul Victor comme patron. En 1877, Victor crée avec le fils de Félix Dubois une filature de lin de 6 400 broches rue des Fusillés / rue Guynemer. Alors, l'affaire est scindée en deux : les Charvet gardent la filature de lin à Armentières[4].



Fin et héritage
modifierEn 1897, Victor Charvet meurt après avoir prospéré et œuvrait dans la vie religieuse de la ville. Il était administrateur au bureau de bienfaisance, membre du conseil général des catholiques du Nord-Pas-de-Calais, marguiller du sacré cœur et président des conférence de saint Vincent de Paul. Pour ses loyaux services envers l'Eglise il sera fait chevalier de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand. Son héritage est évalué à 1 150 000 F correspondant à environ 5.5 millions d'euro en 2025. Alors, l'affaire est scindée en deux : les Charvet gardent la filature de lin[3]. La tradition du textile perdure encore plusieurs générations après Victor Charvet, par ce qu'ont bâti ses aïeuls ou par les alliances et mariages chez ses enfants et petits-enfants, comme les Charvet-Cuvelier, Charvet-Mottez ou autres.
Maurice et Claude Charvet sollicitent l'autorisation de réaliser une prise d'eau dans la Lys afin d'alimenter une machine à vapeur. La filature est endommagée lors de la Première Guerre mondiale. Reconstituée, elle est dirigée en 1919 par la famille Toulemonde-Parent sous la raison sociale La Cotonnière d'Armentières[5].
Distinctions
modifierRéférences
modifier- 1 2 Pierre Daudruy et Gerard Boutry, La famille Charvet dit Brandegaude,
- ↑ « Page d'accueil », sur archivesdepartementales.lenord.fr (consulté le )
- 1 2 3 Jean-Pierre Daviet et Frédéric Barbier, Le Patronat du Nord sous le Second Empire : une approche prosopographique, Librairie Droz, (ISBN 978-2-600-03408-1, lire en ligne)
- ↑ « Filature et tissage Dubois et Charvet-Colombier, puis filature de coton M. & C. Charvet, puis filature de lin et tissage de toiles A. & P. Charvet, puis tissage Charvet SA, actuellement centre de formation Greta - POP », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Filature de coton Maurice et Claude Charvet, puis Toulemonde-Parent dite Cotonnière d'Armentières (détruite) - POP », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )