Paul d'Abzac

consul général de France et commissaire général de la République

Paul d'Abzac, né Jean Louis Paul d'Abzac le à Poitiers et mort le à Paris, est un diplomate et consul français. Son nom apparaît également dans les sources sous les formes Jean-Louis-Paul d'Abzac de Laserre et Paul d'Abzac de Lasserre.

Paul d'Abzac
Biographie
Naissance
Décès
Autres noms
Jean-Louis-Paul d'Abzac de Laserre
Paul d'Abzac de Lasserre
Nationalité
Activités
Famille
Autres informations
Distinction

Entré dans l'administration des Affaires étrangères sous le Second Empire, il effectue l'essentiel de sa carrière en Amérique. Après ses débuts à New York et Philadelphie, il est nommé consul au Paraguay, puis sert à La Nouvelle-Orléans, Riga et de nouveau aux États-Unis. Consul général à New York à partir de 1888, il reçoit le grade de ministre plénipotentiaire lors de sa mise à la retraite en 1894.

Biographie

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Famille, nom et formation

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Acte de naissance de Jean Louis Paul d'Abzac.

Jean Louis Paul d'Abzac naît à Poitiers le . Il est le fils de Gabriel Alexis d'Abzac, âgé de 28 ans, et de Jeanne Élisabeth d'Auxion de la Veysse, âgée de 22 ans. Ses parents demeurent alors à Poitiers[1]. Il appartient à la famille d'Abzac, originaire du Périgord. Une notice biographique publiée en 1992 dans Le Périgord et les Amériques lui est consacrée sous l'intitulé « ABZAC, Jean-Louis Paul d', vicomte »[2].

Son nom apparaît sous plusieurs formes. Son acte de naissance porte « Jean Louis Paul d'Abzac »[1], tandis que son dossier individuel aux Affaires étrangères est classé sous « ABZAC Jean Louis Paul de LASERRE, vicomte d' »[3]. L'inventaire du consulat de France à La Nouvelle-Orléans emploie également la forme « d'ABZAC de LASSERRE (Paul, vicomte) »[4]. La Bibliothèque nationale de France retient pour sa part la forme d'autorité « Abzac de Laserre, Jean-Louis-Paul (1838-1904) »[5]. Ses publications paraissent principalement sous les formes « vicomte d'Abzac » ou « Paul d'Abzac »[6],[7].

Bachelier ès lettres en 1855, il suit au moins une première année de licence en droit. Il déclare parler l'anglais et l'espagnol et lire l'allemand[8].

En 1857, son père intervient auprès du maréchal François Certain de Canrobert afin de lui obtenir une situation dans l'administration. Paul d'Abzac adresse également une requête à Napoléon III le . Il envisage alors une place auprès du prince impérial ou dans l'administration des haras[8].

Sa candidature aux Affaires étrangères rencontre d'abord une difficulté, les emplois de surnuméraire étant normalement réservés aux titulaires d'une licence complète en droit. Une note est soumise à l'empereur le . Dans la suite de sa carrière, d'Abzac se présente comme licencié en droit, sans que son dossier permette de préciser dans quelles conditions il aurait achevé ses études[8].

Débuts dans la carrière consulaire

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Paul d'Abzac est attaché à la direction des consulats le , puis attaché payé le . Il est envoyé au consulat général de France à New York le et y devient élève-consul le [8].

Il connaît ensuite une brève affectation à Londres en 1869 avant de rejoindre Philadelphie, où il assure la gérance du consulat du au [8].

La suite de sa carrière se déroule presque entièrement en Amérique. Cette spécialisation est relevée dans une étude consacrée au réseau consulaire français aux États-Unis au XIXe siècle, où son parcours est rapproché de celui des agents durablement formés aux réalités américaines[9].

Mission au Paraguay

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Paul d'Abzac est nommé consul de seconde classe à Asuncion, au Paraguay, le . Après plusieurs mois d'attente à Buenos Aires, il rejoint son poste le , peu après la fin de la guerre de la Triple-Alliance[8].

Le pays sort alors d'un conflit particulièrement destructeur. Sa mission porte sur la protection des ressortissants et des intérêts français, le règlement de réclamations liées à la guerre, la recherche de nouveaux débouchés commerciaux et le suivi de la situation politique et financière paraguayenne. La représentation française protège également certains intérêts britanniques en l'absence d'une représentation britannique permanente[8].

Cette situation l'amène à intervenir dans les difficultés rencontrées par des immigrants britanniques connus sous le nom de « Lincolnshire Farmers », installés au Paraguay en 1872. Ces colons dépendent alors en partie de l'assistance officieuse des représentants français et italiens[10].

La mission de Paul d'Abzac se termine dans un contexte de tension avec les autorités paraguayennes. Le , le ressortissant français Berchon des Essarts et plusieurs Britanniques sont assassinés. Un différend survient ensuite entre le consulat de France et le gouvernement paraguayen à propos de la succession de Berchon des Essarts. Alors que d'Abzac envisage de quitter le pays, il accepte la protection du consul d'Italie et se rend à bord de la canonnière italienne Confianza. Le gouvernement paraguayen lui retire alors son exequatur, mettant fin à sa mission[8].

Sa correspondance constitue par la suite une source sur le Paraguay de l'après-guerre. Des dépêches rédigées pendant son séjour ont été publiées dans l'ouvrage de l'historien Luc Capdevila, Une guerre totale : Paraguay, 1864-1870[11].

La Nouvelle-Orléans et Riga

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Après son retour du Paraguay, Paul d'Abzac rejoint La Nouvelle-Orléans, où il assure la gérance du consulat de 1874 à 1876[8],[4].

Il est nommé à Riga le et accède à la première classe des consulats le . Il retourne ensuite à La Nouvelle-Orléans, où il devient consul de première classe le , puis reçoit le grade de consul général le [8].

Son activité en Louisiane est essentiellement économique et commerciale. Il suit le développement des échanges entre la France et le sud des États-Unis, notamment par le port de La Nouvelle-Orléans. Durant son séjour, la chambre syndicale du commerce français favorise la création d'une ligne maritime à vapeur entre Le Havre et La Nouvelle-Orléans. D'Abzac travaille également sur un projet de banque franco-louisianaise[8].

Il s'intéresse parallèlement aux sociétés françaises de bienfaisance et d'assistance mutuelle implantées en Louisiane[8]. En 1883, il élabore un projet d'« Union mutuelle des agents du ministère des Affaires étrangères » destiné à renforcer l'entraide entre les personnels du ministère[8].

Paul d'Abzac participe également à l'organisation de la présence française lors de l'exposition internationale de La Nouvelle-Orléans de 1884-1885, où il exerce des fonctions de commissaire français. Le , il prend part à un rassemblement de Français de Louisiane organisé dans le bâtiment principal de l'exposition[12].

Bien qu'il possède personnellement le grade de consul général, le poste de La Nouvelle-Orléans conserve alors administrativement le rang de consulat[4].

Consul général à New York

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Paul d'Abzac est nommé consul général de France à New York le [8]. Cette affectation constitue l'aboutissement d'une carrière largement consacrée aux États-Unis[9].

À New York, il poursuit ses travaux sur les questions économiques et sociales. En , il s'intéresse aux projets de transport rapide alors débattus dans la ville et à la possibilité d'y associer des capitaux français. Sa correspondance évoque notamment un projet de chemin de fer souterrain destiné à compléter les lignes aériennes et les transports de surface. Cette démarche n'a pas de suite immédiate[8].

La même année, il rédige la partie consacrée à l'État de New York d'un rapport collectif sur les conditions de travail aux États-Unis. L'ouvrage comprend également des contributions d'Adolphe de Chambrun et d'Edmond Bruwaert[13].

En 1893, Paul Claudel, qui débute alors sa carrière diplomatique, est nommé consul suppléant à New York. Arrivé au début du mois d'avril, il travaille pendant quelques mois sous l'autorité de d'Abzac avant d'être envoyé à Boston en octobre. La santé de Paul d'Abzac se dégradant, celui-ci regagne la France pour un nouveau congé[8].

Il est admis à la retraite le et reçoit à cette occasion le grade de ministre plénipotentiaire[8],[9].

Mort et archives

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Paul d'Abzac meurt le , à l'âge de 66 ans, à son domicile du 30, rue Pergolèse, dans le 16e arrondissement de Paris[14].

Une partie importante de ses papiers professionnels se trouve encore à son domicile lors de son décès. Des scellés y sont apposés le avant leur entrée aux Archives diplomatiques[8].

Le fonds « Papiers Paul d'ABZAC (1838-1904) », conservé au Centre des archives diplomatiques de La Courneuve sous la cote 1PAAP, comprend quatorze articles couvrant principalement les années 1871 à 1892. Il concerne surtout ses activités au Paraguay, à La Nouvelle-Orléans et à New York[8]. Son dossier administratif individuel est conservé séparément sous la cote 393QO/11[3].

Travaux et publications

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Les écrits de Paul d'Abzac portent principalement sur les échanges franco-américains, l'immigration, les questions sociales et l'organisation du personnel diplomatique.

  • Enquête sur la navigation, l'immigration et le commerce français à la Nouvelle-Orléans en 1876, Paris, Guillaumin, 1876, 86 p.[6]
  • La Question sociale. Un projet de réforme, Paris, Guillaumin, 1881[7]
  • Excursions en Louisiane, La Nouvelle-Orléans, 1882[15]
  • Le projet de constitution de l'Union mutuelle des agents du Département des Affaires étrangères, Paris, Wormser, 1883, 28 p.[8].
  • « Les conditions du travail dans l'État de New-York », dans Les conditions du travail aux États-Unis, Paris et Nancy, Berger-Levrault et Cie, 1891[13].

Son enquête de 1876 sur La Nouvelle-Orléans est répertoriée en 1933 par Frank Monaghan dans une bibliographie consacrée aux voyageurs français aux États-Unis[16]. Elle est également utilisée dans des travaux historiques contemporains sur les migrations françaises vers les États-Unis[17].

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (en) Frank Monaghan, French Travellers in the United States, 1765-1932 : A Bibliography, New York, The New York Public Library, (lire en ligne).
  • Le Périgord et les Amériques, Société historique et archéologique du Périgord, (lire en ligne), p. 118-119, notice « ABZAC, Jean-Louis Paul d', vicomte ».
  • François Weil, « Les migrants de France et leurs rêves américains au XIXe siècle », Diasporas. Histoire et sociétés, no 9, , p. 32-42 (DOI 10.3406/diasp.2006.1066, lire en ligne).
  • Luc Capdevila, Une guerre totale : Paraguay, 1864-1870, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2-7535-0376-2, lire en ligne).
  • Gérald Sim, « À la marge de l'impérialisme, le réseau consulaire français aux États-Unis (1815-1898) », dans Fabrice Jesné (dir.), Les consuls, agents de la présence française dans le monde, XVIIIe-XIXe siècles, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 135-155 p. (lire en ligne).
  • (en) Andrew Nickson, « Great Britain and the War of the Triple Alliance: The Lincolnshire Farmers Colonization Scheme to Paraguay and the Fourth Ally Thesis », Hispanic American Historical Review, vol. 104, no 1, , p. 31-52 (DOI 10.1215/00182168-10942793, lire en ligne).

Fonds d'archives

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  • Archives diplomatiques, fonds « Papiers Paul d'ABZAC (1838-1904) », cote 1PAAP[8].
  • Archives diplomatiques, dossier individuel « ABZAC Jean Louis Paul de LASERRE, vicomte d' », cote 393QO/11[3].
  • Archives diplomatiques, archives du consulat de France à La Nouvelle-Orléans, fonds 340PO/A[4].

Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. 1 2 Archives départementales de la Vienne et des Deux-Sèvres, état civil de Poitiers, naissances 1838, registre 9E 229, vue 39 sur 220, acte de naissance de Jean Louis Paul d'Abzac, [lire en ligne].
  2. Le Périgord et les Amériques, Société historique et archéologique du Périgord, (lire en ligne), p. 118-119, notice « ABZAC, Jean-Louis Paul d', vicomte ».
  3. 1 2 3 « ABZAC Jean Louis Paul de LASERRE, vicomte d' », sur Archives diplomatiques, Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 « La Nouvelle-Orléans, consulat, 1805-1918 », sur Archives diplomatiques, Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères (consulté le ).
  5. « Abzac de Laserre, Jean-Louis-Paul (1838-1904) — notices liées en tant qu'auteur », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  6. 1 2 « Enquête sur la navigation, l'immigration et le commerce français à la Nouvelle-Orléans en 1876, effectuée par M. le vicomte d'Abzac », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  7. 1 2 « La Question sociale. Un projet de réforme, par Paul d'Abzac », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  8. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 « Papiers Paul d'ABZAC (1838-1904) », sur Archives diplomatiques, Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères (consulté le ).
  9. 1 2 3 Gérald Sim, « À la marge de l'impérialisme, le réseau consulaire français aux États-Unis (1815-1898) », dans Fabrice Jesné (dir.), Les consuls, agents de la présence française dans le monde, XVIIIe-XIXe siècles, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 135-155 p. (lire en ligne).
  10. (en) Andrew Nickson, « Great Britain and the War of the Triple Alliance: The Lincolnshire Farmers Colonization Scheme to Paraguay and the Fourth Ally Thesis », Hispanic American Historical Review, vol. 104, no 1, , p. 31-52 (DOI 10.1215/00182168-10942793, lire en ligne, consulté le ).
  11. « Une guerre totale : Paraguay, 1864-1870 », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  12. C. D., « L'exposition scolaire française à la Nouvelle-Orléans. Discours de M. B. Buisson », Manuel général de l'instruction primaire, vol. 52, no 21, , p. 115-117 (lire en ligne, consulté le ).
  13. 1 2 « Les conditions du travail aux États-Unis », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  14. Archives de Paris, état civil du 16e arrondissement, décès 1904, acte no 1857, dressé le , vue 12 sur 28, [lire en ligne].
  15. « Excursions en Louisiane », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  16. (en) Frank Monaghan, French Travellers in the United States, 1765-1932 : A Bibliography, New York, The New York Public Library, (lire en ligne), p. 1, entrée « Abzac, Paul d', vicomte ».
  17. François Weil, « Les migrants de France et leurs rêves américains au XIXe siècle », Diasporas. Histoire et sociétés, no 9, , p. 32-42 (DOI 10.3406/diasp.2006.1066, lire en ligne, consulté le ).