Pauline Clochec
Pauline Clochec, née en , est une philosophe et féministe matérialiste française[1], principalement connue pour ses travaux sur le matérialisme trans. Elle travaille également sur Karl Marx.
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Matérialismes trans (d) |
Carrière
modifierPauline Clochec est normalienne agrégée de philosophie[2]. Elle soutient sa thèse de philosophie en 2018 à l'École normale supérieure de Lyon[3]. Elle est maîtresse de conférence à l'université de Picardie depuis 2020[1],[2] et en 2025 elle est nommée membre de l'Institut universitaire de France[4],[5].
Au début de sa carrière, elle s'intéresse à l'histoire de la philosophie matérialiste. Sa thèse porte sur les premiers écrits de Karl Marx et elle publie son premier livre sur la genèse de la pensée de Ludwig Feuerbach[6]. En parallèle, elle participe au développement de la pensée trans matérialiste avec la publication de Matérialismes trans co-dirigé avec Noémie Grunenwald[7] aux éditions Hystériques & associéEs suite au colloque du même nom organisé à l'ENS de Lyon en 2019.
Son engagement contre les discriminations envers les personnes trans est remarqué en 2022, quand 5 professeurs de l'université de Picardie signent une tribune contre le « changement de genre des mineurs » publiée par Le Point. Aux côtés de 27 autres enseignants, Clochec écrit une lettre ouverte rappelant les principes d'égalité et de lutte contre les discriminations prônés par l'université[8],[9].
Apports à la théorie du matérialisme trans
modifierLes écrits de Pauline Clochec sont remarqués comme la suite des efforts de théorisation de la transitude au Québec[10]. Le Monde fait appel à elle en 2023 pour définir et contextualiser ce terme. C'est l'occasion pour elle d'expliquer que la définition de la transitude, mot-parapluie qui regroupe toutes les déclinaisons du fait trans (transidentité, transsexualisme, travestissement, etc.), a fluctué dans le temps en fonction des « demandes et les luttes des populations trans »[1]. L'histoire de la théorie derrière la transitude est surtout marquée par les revendications de dépsychiatrisation[11],[12], c'est-à-dire l'extraction du fait trans de la sphère psychiatrique pour permettre aux personnes trans l'autonomie et l'autodétermination.
La pensée de Pauline Clochec s'insère dans un contexte où « les luttes trans et intersexes sont étudiées majoritairement sous le prisme analytique des Nouveaux Mouvements sociaux (NMS). Cette théorie centre l’étude de ces mobilisations sur l’émergence de nouvelles identités collectives, plutôt que sur l’identification d’intérêts communs »[13]. Dans une approche matérialiste et féministe, Matérialismes trans fait le constat des échecs de la notion de transidentité pour l'émergence d'une conscience de classe[14] chez les personnes trans. Après l'identité : transitude & féminisme, son deuxième ouvrage sur la question, est une analyse des différentes conceptualisations du fait trans depuis le début du xxe siècle[11],[15]. La transitude y est présentée comme une réponse aux écueils de la transidentité, du point de vue théorique et militant.
Publications
modifier- Pour lire L'essence du christianisme de Feuerbach, Les Éditions sociales, coll. « Les propédeutiques », (ISBN 978-2-35367-050-5)
- avec Noémie Grunenwald, Matérialismes trans, Fellering, Hystériques & associéEs, , 280 p. (ISBN 978-2-9567194-1-0)
- Après l’identité : transitude & féminisme, Hysteriques & associéEs, , 160 p. (ISBN 9782956719441)
Traductions
modifier- Rahel Jaeggi (trad. de l'allemand par Pauline Clochec et Éric Dufour), Critique des formes de vie [« Kritik von Lebensformen »], Paris, Vrin, coll. « Problèmes & Controverses », (ISBN 978-2-7116-3217-6)
Références
modifier- 1 2 3 Marion Dupont, « « Transitude », un nouveau terme pour décrire le fait d’être transgenre », Le Monde.fr, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- 1 2 « Clochec, Pauline (1987-....) », sur idref.fr (consulté le )
- ↑ Pauline Clochec, « Marx jeune hégélien, 1841-1844 », theses.fr, Lyon, (DOI 10.70675/60d97049z772ez47b1z992fzd04668901c77, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Les membres - Institut Universitaire de France », sur www.iufrance.fr (consulté le )
- ↑ « Deux enseignants-chercheurs de l’UPJV nommés à l’Institut Universitaire de France (IUF) », sur u-picardie (consulté le )
- ↑ Emmanuel Chaput, « Pauline Clochec. Pour lire L’essence du christianisme de Ludwig Feuerbach, Paris, Éditions sociales, 2018, 191 pages », Philosophiques, vol. 46, no 1, , p. 243 (ISSN 0316-2923 et 1492-1391, DOI 10.7202/1062021ar, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Lou Cuenot, « PauIine CIochec et Noémie GrunenwaId (dir.) – Matérialismes trans, 2021, Paris, Hystériques & AssociéEs, 288 p. », Cahiers du Genre, vol. 78, no 1, , p. 283a–287 (ISSN 1298-6046, DOI 10.3917/cdge.078.0283a, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Gael Rivallain, « Une tribune sur la transidentité sème la discorde à l’université de Picardie », Le Courrier Picard, (lire en ligne)
- ↑ Lucie Caillieret, « Transidentité : des professeurs de l'UPJV s'opposent à leurs confrères signataires d'une tribune qu'ils qualifient de "transphobe" », France info, (lire en ligne)
- ↑ Clovis Maillet et Lee Rozada, « Transitude : Histoire et mémoire. Comment appréhender les parcours et ressentis trans et non-binaires à travers l'histoire ? », Dièses, (lire en ligne)
- 1 2 Leo Le Diouron, « Transitude, transsexuation : une alternative matérialiste à la « transidentité » », Acta fabula, vol. 26, no 10, (DOI 10.58282/acta.20247, lire en ligne)
- ↑ (en) Katherine Costello, « Christine Delphy, an Anti-essentialist TERF: Materialist Feminism and the Affective Legacies of the MLF », DiGeSt - Journal of Diversity and Gender Studies, , p. 65-80 (DOI 10.21825/digest.85689)
- ↑ Kay Ponthieux Stern, « ExisTransInter : la marche des trans pour les trans ? Conceptualiser les luttes trans en France au-delà du prisme identitaire », Les Cahiers du CEDREF, no 28, (DOI 10.4000/15eww, lire en ligne)
- ↑ Soel Real Molina, « Compte-rendu : Clochec Pauline et Noémie Grunenwald (dir.), 2021, Matérialismes trans. Paris, Hystériques & AssociéEs. », Anthropologie et Sociétés, vol. 47, no 2, , p. 260-261 (DOI 10.7202/1108499ar, lire en ligne)
- ↑ Jonathan Louli, « Vers une théorie matérialiste de la transitude », sur Contretemps, (consulté le )
Annexes
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- « Compte-rendu critique – Matérialismes trans », sur Implications philosophiques, (consulté le )
- Cécile Dalla Torre, « Le «matérialisme trans» en discussion à l’Arsenic », sur Le Courrier, (consulté le )
- Valentine Bovey, « Substance du féminin : le corps dénudé », Acta fabula, no vol. 26, n° 5, (ISSN 2115-8037, lire en ligne, consulté le )
- Flavia Bujor, « Pour une lecture queer des corps et de l’autofiction : la « porosité visqueuse » », Fabula-LhT, (ISSN 2100-0689, lire en ligne, consulté le )