Pedro de Alvarado

conquistador espagnol (vers 1485, 1541)

Pedro de Alvarado, né vers 1485 à Badajoz, et mort le dans le Michoacán, est un conquistador espagnol. Il a participé à la conquête de l'empire aztèque sous les ordres d'Hernando Cortes, ainsi qu'à d'autres opérations coloniales.

Pedro de Alvarado
Pedro de Alvarado y Contreras
Pedro de Alvarado
Représentation recolorée d'Alvarado dans le Lienzo de Tlaxcala (vers 1550).

Surnom Tonatiuh, donné par les Aztèques
Naissance
Badajoz, Couronne de Castille
Décès  56 ans)
Guadalajara, Nouvelle-Espagne
Mort au combat
Allégeance Drapeau de l'Empire espagnol Empire espagnol
Grade Capitaine, Adelantado
Commandement Conquistador du Mexique et de l'Amérique centrale
Conflits Conquête de l'Empire aztèque
Conquête du Guatemala
Famille Beatriz de la Cueva (épouse)

Les Indiens lui ont attribué le surnom de Tonatio ou Tonatiuh (le Soleil en nahuatl). C'est aujourd'hui l'un des conquistadors à la réputation la plus mauvaise, en raison des violences dont il s'est fréquemment rendu coupable envers les indigènes.

Apparence

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Bernal Díaz del Castillo a laissé de lui une description succincte.

« ...Pedro de Alvarado avait bonne tournure ; il était fort agile ; ses traits, son aspect, son visage, son expression en parlant, tout était plein de grâce et comme accompagné d'un continuel sourire[1]. »

Biographie

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En 1510, Alvarado quitte l'Espagne pour les Antilles en compagnie de ses frères Jorge, Gonzalo, Gómez et Juan. Il participe en 1518 à l'expédition de Juan de Grijalva, envoyée depuis Cuba afin d'explorer le Yucatán. Un an plus tard, il accompagne la flotte d'Hernando Cortés, visant la conquête du Mexique. Il réussit à s'imposer comme l'un de ses principaux officiers. Les indigènes, impressionnés par sa chevelure blonde, lui donnent rapidement le surnom de Tonatiuh soleil » en nahuatl). Lors de la première occupation de Tenochtitlan par les Espagnols, il demeure ainsi responsable des troupes laissées dans la ville. Il déclenche alors la rébellion des Aztèques, en massacrant une assemblée des principaux notables de la cité, qui se réunissaient à l'occasion de la fête du Toxcatl. Un témoin oculaire, Juan Cano, rapporte :

« Donc les Indiens, tous seigneurs, au nombre de plus de six cents, nus, couverts de joyaux d’or, de beaux panaches, de forces pierreries, le plus noblement accoutrés et sans arme aucune, défensive ou offensive, dansaient et chantaient faisant leur areito et fête selon la coutume. Au moment où ils étaient le mieux ravis en leur réjouissance, mû de cupidité, l’Alvarado fit poster quinze hommes à chacune des cinq portes du préau où, entrant avec le reste de la troupe espagnole, il commença à les passer par les épées et massacrer sans merci si bien qu’il les acheva en peu de temps»[2].

Après ce massacre, pendant la retraite qui suit les émeutes indigènes (Noche triste), Alvarado mène l'arrière-garde. Il aurait alors sauvé sa vie en utilisant sa lance comme une perche pour sauter par-dessus un canal. C'est le Salto de Alvarado, qui est demeuré célèbre au Mexique. Le chroniqueur Bernal Díaz del Castillo affirme qu'il s'agit d'une légende :

« Si maintenant encore, quelques personnes qui ne le savent nullement et ne purent le voir, s'obstinaient à prétendre que ce saut de Pedro de Alvarado fut une réalité dans la nuit de notre fuite et sur cette tranchée de la lagune, je répète qu'il est impossible qu'il l'ait jamais franchie de cette manière[3]. »

Une fois la conquête de l'empire aztèque achevée, en 1523, Cortès l'envoie dans les Hautes-Terres du Guatemala. À la tête d'une troupe composée d'Espagnols et de Mexicains, principalement tlaxcaltèques, il entreprend de soumettre le puissant royaume k'iche'. Le 15 février 1524, aux environs de Xelajú (l'actuelle Quetzaltenango), Alvarado remporte une éclatante victoire sur une armée k'iche' de plusieurs milliers d'hommes lors de la bataille d'El Pinar. Selon la tradition, Alvarado aurait alors tué en combat singulier le chef K'iche' Tecún Umán, un épisode dont la véracité est contestée. Invité à Q'umarkaj, la capitale des K'iche', il déjoue un piège qui lui est tendu. En représailles, il incendie Q'umarkaj, puis fait brûler vifs deux hauts dignitaires k'iche'. En avril 1524, le grand royaume maya est soumis. En avril 1524, Alvarado conclut une alliance avec les Kaqchikels, ennemis traditionnels des K'iche'. Sur les instances de ses nouveaux alliés, il s'en prend aux Tz'utujils, dont la capitale, située sur une île du lac Atitlan, est prise par surprise. Il soumet également les Pipils de la région d'Escuintla. Le , il fait de Iximché, la capitale des Kaqchikels, la première capitale des nouvelles possessions espagnoles au Guatemala[5]. Les exigences exorbitantes du cupide Alvarado en matière d'or provoquent rapidement la révolte des Kaqchikels. La résistance des peuples mayas ne s'achève qu'en 1527.

Un voyage en Espagne (1527-1528) se révèle extrêmement fructueux. Non seulement il est lavé des accusations portées contre lui, mais il obtient de Charles Quint le titre d’adelantado et la fonction de gouverneur du Guatemala. Il épouse Francisca de la Cueva, nièce de l'influent duc d'Albuquerque, qui décède peu après son arrivée en Amérique..

En 1534, attiré par les richesses du Pérou, Alvarado rassemble une armée et une flotte importantes. Il fait preuve à cette occasion de sa brutalité coutumière.Au Guatemala, il « enleva à plusieurs chefs de famille leurs femmes et leurs filles pour les donner à ses matelots et à ses soldats. Il remplissait d’Indiens ses navires, et les y faisait servir à la rame ou aux autres manœuvres, sans pourvoir à leurs nourritures ; en sorte qu’on les voyait tomber les uns sur les autres, mourant de faim, de soif et de fatigue »[6]. Il débarque à Bahía de Caráquez avec l'intention de soumettre la province de Quito, au nord de l'empire inca. Mais il trouve à son arrivée une région déjà conquise par Belalcázar, lieutenant de Francisco Pizarro. Les deux forces ne sont pas loin d'en venir au combat, avant que Diego de Almagro ne réussisse à conclure un arrangement, en achetant l'armée d'Alvarado.

Lors d'une visite en Espagne, trois ans plus tard, Alvarado reçoit la charge de gouverneur du Honduras.

Mort de Pedro de Alvarado dans le Codex Telleriano-Remensis. Le glyphe à droite de sa tête représente le nom nahuatl par lequel les indigènes le désignaient : « Tonatiuh » (« soleil »).

Il meurt en 1541, accidentellement écrasé par un cheval pendant la guerre du Mixtón, alors qu'il projetait la conquête des Îles des Épices dans l'océan Pacifique. Il est enterré dans l'église de Tiripetio (Michoacán). Quatre décennies plus tard, sa fille Éléonore Alvarado Xicotencatl paye le transport de sa dépouille jusqu'au Guatemala pour que celle-ci soit placée dans la cathédrale de la ville de Santiago (de nos jours Antigua Guatemala).

Bibliographie

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  • (en) David Drew, The Lost chronicles of the Maya Kings, Londres, Phoenix, , 450 p. (ISBN 978-0-7538-0989-1)
  • Nikolai Grube (dir.) et al. (trad. Françoise Lassebille et al.), Les Mayas. Art et civilisation, Cologne, Könemann, , 480 p. (ISBN 978-3-8290-9330-9)
  • F.A. Kirkpatrick, Les conquistadors espagnols, Payot, Paris, 1935.
  • (en) Robert J. Sharer et Loa P. Traxler, The Ancient Maya, Stanford, CA, Stanford University Press, , 6e éd., 931 p. (ISBN 0-8047-4817-9)

Dans la fiction

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Notes et références

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  1. Díaz del Castillo 1996, p. 267.
  2. Georges Haldas et José Herrera Petere, Les Conquistadors, Éditions Rencontre, Lausanne, 1962, p. 184, note 1.
  3. Bernal Díaz del Castillo, La conquête du Mexique, Babel, 1996, p. 516
  4. Grube 2000, p. 380.
  5. [4]
  6. Bartolomé de Las Casas, Critique de la Conquête, Premier mémoire, 1552, dans Georges Haldas et José Herrera Petere, Op. cit., p. 387.

Article connexe

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Liens externes

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