Pluvier australien
Peltohyas australis
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Aves |
| Ordre | Charadriiformes |
| Famille | Charadriidae |
- Eudromias australis Gould, 1841 (protonyme)
- Charadrius australis Mathews, 1912
- Charadrius australis whitlocki Mathews, 1912
Répartition géographique
- Présence permanente.
Le Pluvier australien (Peltohyas australis) est une espèce de petit limicole de la famille des Charadriidae. C'est un petit limicole qui vit dans les zones arides de l'Australie.
C'est un petit oiseau au plumage jaunâtre à brun foncé strié de noir, qui lui permet de se camoufler dans son environnement. Il porte une marque noire en travers de l'œil et une bande noire entourant son cou qui le rendent caractéristique.
Son aire de répartition fragmentée s'étend à travers l'Australie, au sud-ouest, au centre et à l'est. Il est absent du nord et se déplace au gré des saisons, suivant les pluies et les sécheresses. Il vit dans des déserts de pierre ou des grandes plaines clairsemées, où il se nourrit d'invertébrés la nuit et de plantes succulentes le jour, qui lui offrent son principal apport en eau. Il niche à même le sol et donne naissance à deux ou trois petits, à n'importe quel moment de l'année, suivant des périodes de pluie.
L'espèce a une aire de répartition très étendue et vit dans des zones peu fréquentées par les humains. Bien qu'on ne connaisse pas précisément l'impact que pourrait avoir le changement de son habitat, sa population est stable et il est considéré comme une espèce de préoccupation mineure[1].
Sa classification est encore discutée aujourd'hui. Certains auteurs le placent dans le genre Charadrius, mais il est généralement admis dans le genre Peltohyas dont il est l'unique représentant[2].
Description
modifierDimensions et plumage
modifierLe Pluvier australien est un petit oiseau avec de grands yeux bruns et un court bec noir[3],[4]. Son corps mesure 19 à 23 cm, l'aile 13,2 à 14,9 cm, le bec 1,7 à 1,9 cm voire moins, et les tarses 3,1 à 3,5 cm[5]. Son envergure varie entre 43 et 47 cm et il pèse entre 64 et 107 g[6].
Son plumage lui permet de se camoufler. Sa face et le haut de sa poitrine sont entre le chamois pâle et le blanc, le dessus du corps est chamois jaunâtre à brun foncé et strié d'un motif brun sombre. L'œil est entouré d'un cercle blanc et barré d'une bande noire, qui part du sommet de la tête et forme une larme[4],[6]. De fines bandes noires à l'arrière de chaque œil rejoignent le cou pour former un V ou un Y sur la poitrine, qui sépare la partie haute pâle de la partie basse couleur noisette. L'abdomen et le dessous de la queue sont blancs ou chamois pâle, et les pattes sont sont gris-chamois avec les pieds plus foncés. Le dessus de la queue est brun foncé, avec des petites pointes blanches[3],[4].
Hors période de reproduction, durant leur mue, les adultes ont un plumage éclipse. Les marques noires disparaissent presque toutes, à l'exception de la larme et du col dont des traces restent visibles. Le sommet de la tête et les plumes du manteau sont plus pâles. Le plumage des juvéniles est identique à ce plumage d'éclipse[5],[3]. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel[5].
- La poitrine porte une marque noire caractéristique en Y.
- En plumahge éclipse et chez les juvéniles, les marques noires deviennent plus discrètes.
- Le plumage du Pluvier australien lui permet de se fondre dans son environnement.
Voix
modifierEspèces ressemblantes
modifierLe Pluvier australien est reconnaissable[7]. Il peut ressembler au Pluvier à face noire (Charadrius melanops), un autre limicole présent en Australie[3], mais s'en distingue nettement car il est deux fois plus gros[7].
Sa taille, sa silhouette et son plumage cryptique rappellent le Guignard d'Eurasie (Eudromias morinellus)[4].
Distribution et habitat
modifierDistribution
modifierL'aire de répartition du Pluvier australien est assez morcelée, formant de grandes zones au sud-ouest, au centre et à l'est de l'Australie, le long des côtes et dans les terres[6]. Il est absent des côtes est et du nord au-delà du 20e parallèle sud[3],[7]. Il est nomade et effectue des migrations nord-sud régulières[4], peut-être suivant les saisons[8]. Les sécheresses et les pluies importantes peuvent causer des départs en migration[6].
Habitat
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Son habitat est constitué de grandes plaines ouvertes et clairsemées, de terrains labourés et de regs, des déserts de pierre[3]. Sa présence sur des terres labourées est moins fréquente, et il s'aventure rarement près de points d'eau[4]. Les buissons épars lui servent de zone de chasse et d'abri contre le soleil[8]. Il s'agit principalement de buissons d'Atriplex, de Maireana et de Tecticornia de 20 à 40 cm de haut. Il est très résistant aux hautes températures atteintes dans son habitat[6].
Écologie et comportement
modifierAlimentation
modifierOn peut observer le Pluvier australien surtout la nuit, car c'est à ce moment-là qu'il est le plus actif dans sa recherche de nourriture, des invertébrés qu'il chasse plutôt en solitaire[3],[4]. Son régime comprend des coléoptères, des fourmis et occasionnellement des sauterelles[8]. En journée, il est moins actif[6]. Il se rassemble en groupes, comptant parfois jusqu'à 400 oiseaux, et se nourrit de végétaux[4],[9]. Les plantes qu'il consomme sont surtout des succulentes, notamment la Tétragone cornue (Tetragonia tetragonioides). Ces végétaux sont probablement la principale source d'eau du Pluvier australien[8].
Reproduction
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La reproduction peut commencer à n'importe quel moment de l'année et suit des périodes de pluie. Les couples sont probablement monogames et restent solitaires, ou se réunissent en petites colonies qui comptent jusqu'à six couples[6]. Il couve à même le sol, dans un creux dans le sable ou sur des pierres, parfois complété par des petites pierres ou des plantes[6]. Les deux ou trois œufs sont couvés pendant 26 à 30 jours, surtout par la femelle. En cas de dérangements, les parents couvrent rapidement leurs œufs et quittent le nid[6].
Les poussins ont un plumage rose pâle, chamois ou crème, avec des tâches brunes. Le dessous du corps est blanc cassé ou crème[6].
Effectifs, menaces et conservation
modifierSuivi des effectifs
modifierEn 2024, la population mature est estimée à 9 300 individus matures, pour 14 000 individus au total[10]. Ce nombre semble fluctuer mais reste dans une tendance stable sur le long terme. BirdLife International et l'Union internationale pour la conservation de la nature considèrent le Pluvier australien comme une espèce de préoccupation mineure, car sa démographie est stable et que son aire de répartition est étendue[10].
Néanmoins, la tendance démographique est difficile à estimer précisement, notamment car on ne connaît pas l'impact de la modification de son habitat sur l'espèce[10].
Menaces
modifierComme il vit dans des zones désertiques avec peu de présence humaine, il est probable qu'il n'y ait pas de menaces directes ou sérieuses pour la survie de l'espèce[8],[6],[10]. On connait mal l'impact que peut avoir le pâturage sur son habitat[6]. Il peut être percuté par des voitures, le long des routes[3], et les œufs et les poussins peuvent être mangés par des renards[6].
Taxonomie
modifierClassification
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L'espèce est décrite en 1841 par l'ornithologue britannique John Gould, sous le nom Eudromias australis[2],[11]. Le spécimen qu'il décrit lui a été envoyé par son ami Charles Sturt, qui l'a trouvé lors d'une expédition dans les terres aux environs d'Adélaïde[11]. En 1912, l'ornithologue australien Gregory Macalister Mathews propose de le classer dans le genre Charadrius et distingue deux sous-espèces : Charadrius australis australis, celle décrite par Gould, et Charadrius australis whitlocki, limitée à l'ouest de l'Australie et dont le plumage est plus sombre[12]. Cette sous-espèce n'est plus considérée comme valide[6].
Aujourd'hui, la classification du Pluvier australien est encore discutée. Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.1, 2025)[13], il est l'unique espèce du genre Peltohyas et est une espèce monotypique (non subdivisée en sous-espèces). Les études phylogénétiques menées dans les années 1990 et 2000 montrent qu'il est très proche du genre Charadrius et du Pluvier oriental (Anarhynchus veredus), avec qui il formerait un clade[14]. Comme les autres espèces de Charadrius, son plumage diffère selon s'il est en période de reproduction ou non. Certains auteurs l'incluent donc parmi les Charadrius, mais d'autres préfèrent lui conserver son genre à part, Peltohyas[15],[6]. Il était anciennement classé parmi les Glareolidae[6]. D'après une étude de 2007, il forme un clade avec le Pluvier ceinturé (Erythrogonys cinctus) et le Pluvier anarhynque (Anarhynchus frontalis)[15].
Noms et étymologie
modifierSon nom de genre, Peltohyas, vient du grec πέλτη (péltê) « pelta », une sorte de petit bouclier ornemental, et du personnage mythologique Hyas[16]. L'adjectif australis signifie « du sud »[17].
En français, les noms Courvite australien et Gravelot australien sont parfois utilisés[2]. En anglais, son nom habituel est Inland Dotterel (Guignard des terres), mais il est aussi appelé Australian Dotterel (Guignard australien) ou Australian Courser (Courvite australien)[4].
Références
modifier- ↑ UICN, consulté le .
- 1 2 3 Avibase, consulté le .
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Simpson et Day 2010, p. 102.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Hayman, Marchant et Prater 1986, p. 308.
- 1 2 3 Hayman, Marchant et Prater 1986, p. 309.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 del Hoyo, Elliott et Sargatal 1996, p. 441.
- 1 2 3 Lane 1987, p. 76.
- 1 2 3 4 5 Lane 1987, p. 77.
- ↑ Lane 1987, p. 76-77.
- 1 2 3 4 (en) BirdLife International, « Species factsheet: Inland Dotterel Peltohyas australis », sur DataZone by BirdLife, (consulté le ).
- 1 2 (en) John Gould, « Descriptions of new Birds from Australia », Proceedings of the Zoological Society of London, no 95, , p. 174 (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ (en) Gregory Macalister Mathews, « A reference-list to the birds of Australia », Novitates Zoologicae, vol. 18, no 3, , p. 218 (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ Congrès ornithologique international, version 15.1, 2025.
- ↑ Christidis et Boles 2008, p. 133-134.
- 1 2 Christidis et Boles 2008, p. 134.
- ↑ Jobling 2010, p. 296.
- ↑ Jobling 2010, p. 62.
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Ouvrages généraux et guides d'identification
modifier- (en) Les Christidis et Walter E. Boles, Systematics and Taxonomy of Australian Birds, Collingwood, CSIRO Publishing, , 277 p. (ISBN 978-0643095601, lire en ligne [PDF]), p. 133-134.
- (en) Peter Hayman, John Marchant et Tony Prater, Shorebirds: an identification guide to the waders of the world, Boston, Houghton Mifflin Company, , 412 p. (ISBN 0-395-37903-2, lire en ligne
), p. 308-309 & planche 44 p. 124-125.
. - (en) Josep del Hoyo, Andrew Elliott et Jordi Sargatal, Handbook of the Birds of the World : Hoatzin to Auks, vol. 3, Barcelone, Lynx edicions, , 821 p. (ISBN 978-84-87334-20-7, lire en ligne
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. - (en) James A. Jobling, The Helm Dictionary of Scientific Bird Names: From Aalge to Zusii., Christopher Helm, , 432 p. (ISBN 978-1-4081-2501-4, lire en ligne
). - (en) Brett A. Lane, Shorebirds in Australia, Melbourne, Nelson Publishers, , 187 p. (ISBN 0-17-006824-2, lire en ligne
), p. 76-77 & planche 16. - (en) Ken Simpson et Nicolas Day, Birds of Australia, Princeton, Princeton University Press, coll. « Princeton Field Guides », , 8e éd. (1re éd. 1984), 392 p. (ISBN 978-0691146928, lire en ligne
), p. 102-103.
.
Articles spécialisés
modifier- (en) G.L. Maclean, « A Field Study of the Australian Dotterel », Emu, vol. 76, no 4, , p. 207-215 (DOI 10.1071/MU9760207
). - (en) G.L. Maclean, « A Review of the Biology of the Australian Desert Waders, Stiltia and Peltohyas », Emu, vol. 73, no 2, , p. 61-70 (DOI 10.1071/MU973061
). - (en) J.A. McNamara, « Nocturnal feeding of the Inland Dotterel Peltohyas australis », Emu, vol. 80, no 1, , p. 39-40 (DOI 10.1071/MU9800039c
).
Liens externes
modifier- Genre Peltohyas
- (en) Animal Diversity Web : Peltohyas (consulté le )
- (en) Congrès ornithologique international : Peltohyas Sharpe, 1896 (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Peltohyas Sharpe, 1896 (consulté le )
- (fr + en) EOL : Peltohyas Sharpe, 1896 (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Peltohyas Sharpe, 1896 (consulté le )
- (en) IRMNG : Peltohyas (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Peltohyas Sharpe, 1896 (consulté le )
- (en) NCBI : Peltohyas (taxons inclus) (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Peltohyas Sharpe, 1896 (consulté le )
- (en) Zoonomen Nomenclature Resource (Alan P. Peterson) : Peltohyas dans Charadriiformes (consulté le )
- Espèce Peltohyas australis
- (en) Animal Diversity Web : Peltohyas australis (consulté le )
- (fr + en) Avibase : Peltohyas australis (+ répartition) (consulté le )
- (en) Congrès ornithologique international : Peltohyas australis (Gould, 1841) (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Peltohyas australis (Gould, 1841) (consulté le )
- (fr) eBird : Peltohyas australis (consulté le )
- (fr + en) EOL : Peltohyas australis (Gould, 1841) (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Peltohyas australis (Gould, 1841) (consulté le )
- (en) IRMNG : Peltohyas australis (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Peltohyas australis (Gould, 1841) (consulté le )
- (en) NCBI : Peltohyas australis (taxons inclus) (consulté le )
- Oiseaux.net : Peltohyas australis (+ répartition) (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Peltohyas australis (Gould, 1841) (consulté le )
- (en) UICN : espèce Peltohyas australis (Gould, 1841) (consulté le )
- (en) « Peltohyas australis (Gould, 1838 », sur xeno-canto.org (consulté le )
- (en) Zoonomen Nomenclature Resource (Alan P. Peterson) : Peltohyas australis dans Charadriiformes (consulté le )