Peniche

municipalité de la région Centre, Portugal

Peniche est une ville portugaise du district de Leiria, située dans la sous-région de l'Ouest, dans la province de l'Estremadura, et la région de l'Ouest et Vallée du Tage.

C'est le siège d'une commune de 77,55 km2 de superficie et 28 615 habitants (2008), subdivisée en 6 freguesias, dont 3 dans Peniche même. La ville est limitée à l'est par Óbidos, au sud par Lourinhã et à l'ouest et au nord par l'océan Atlantique. Au large se trouve l'archipel des Berlengas.

Premier port de pêche du Portugal, Peniche est en partie encerclée par des murailles du XVIe siècle. Du côté sud, près de la mer, se dresse la forteresse du XVe siècle utilisée comme prison pendant le régime de Salazar, d'où s'est évadé le secrétaire général du parti communiste, Álvaro Cunhal.

Située sur le cap Carvoeiro, avec ses églises blanches typiques, Peniche a attiré les artistes et notamment le peintre français Maurice Boitel.

La plage de Peniche est une des meilleures du Portugal pour la pratique du surf (elle a accueilli en la compétition de surf Rip Curl Pro Search), du bodyboard…

Informations essentielles

Peniche
Peniche
Drapeau de Peniche
Drapeau
Peniche
Administration
Pays Drapeau du Portugal Portugal
Région Ouest et Vallée du Tage
Sous-région Ouest
Ancienne province Estremadura
District Leiria
Maire António José Correia
Démographie
Population 28 615 hab. (2008)
Densité 369 hab./km2
Géographie
Coordonnées 39° 21′ 46″ nord, 9° 23′ 19″ ouest
Superficie 7 755 ha = 77,55 km2
Localisation
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Peniche
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Peniche
Liens
Site web cm-peniche.pt

Géographie

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Commandant l'accès d'une presqu'île longue de près de trois kilomètres que précède un isthme sableux où s'étalent des marais salants, Peniche est le second port de pêche du Portugal en même temps qu'un centre de constructions navales et de conserveries de poisson.

Plage de Peniche de Cima (Nord).

Peniche possède de vastes plages au nord et au sud de la péninsule. La plage nord s'étend au-delà de Baleal, à environ trois kilomètres, sur une longueur d'environ neuf kilomètres jusqu'à Foz do Arelho.

Le point le plus occidental de la péninsule de Peniche est le cap Carvoeiro. À l'ouest du cap Carvoeiro, à plus de six milles au large, se trouve l'archipel des Berlengas, une formation d'origine volcanique qui serait contemporaine de celle de l'îlot de Papôa[1]. Cet archipel est aujourd’hui une réserve naturelle où l’on trouve des espèces rares de flore, d’oiseaux et de poissons.

Localisation

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Communes limitrophes

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Distances

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Durée des trajets par la route (moins d’une heure)
Atouguia da Baleia Lourinhã Óbidos Bombarral Caldas da Rainha Torres Vedras Nazaré
0 h 10 0 h 20 0 h 25 0 h 30 0 h 35 0 h 40 0 h 50
Durée des trajets par la route (plus d’une heure)
aéroport de Lisbonne Aveiro Porto, Viseu Braga Vilar Formoso (frontière est) Faro Chaves
1 h 5 2 h 0 2 h 30 3 h 0 3 h 15 3 h 30 3 h 40

Toponyme

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On suppose que le toponyme Peniche provient du latin vulgaire « pinniscula » (péninsule), ce qui signifie que ce terme désigne un lieu et non une localité, et qu'il trouve son origine lors de la Conquête romaine de la péninsule Ibérique [2],[3]. En raison de l’évolution linguistique (pt), le terme aurait perdu ses deux dernières syllabes. Les dernières découvertes archéologiques à Peniche et dans l’archipel des Berlengas semblent confirmer cette hypothèse.

La ville est située au nord de Lisbonne (89,7 km par l’A8 / IP 6) et au sud de Coimbra (157,2 km via A1 / IC36 / A8 / IP 6).

Situation géographique

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Peniche, la ville la plus occidentale de l'Europe continentale, est située sur une péninsule (à l'origine une île), d'un périmètre d'environ dix kilomètres, formée par un tombolo. Le tombolo de la péninsule de Peniche s'est formé progressivement au cours du XVIIe siècle. Cette langue de sable, située sur la côte orientale de l'île, était envahie par la mer à marée haute et se retrouvait à découvert à marée basse.

Ville « très peuplée et très animée sur le plan commercial », Peniche devenait ainsi une île à la marée haute et une péninsule à la marée basse. Ce fait est attesté par une gravure de 1634 de Pedro Teixeira Albernaz. Outre les espaces urbains, cette gravure met également en évidence le port de refuge, adjacent à l'actuelle Avenida do Mar, ainsi que les salines, situées au nord-est, sur la plage de Gamboa (« Baya da Camboa » sur la gravure), qui « produisent du sel en grande quantité », indispensable au salage du poisson[4]. En raison de l'envasement croissant du tombolo par le sable, Peniche deviendra définitivement une péninsule à partir du XVIIIe siècle, bien que l’inondation du « Fosso da Muralha » à marée haute permette la navigation de petites embarcations entre le nord et le sud à travers l’isthme.

Le village a été construit sur un site rocheux considéré par les scientifiques comme unique au monde en tant qu'exemple de la transition entre le Triassique et l'extinction du Jurassique inférieur. Cette zone englobe le littoral depuis Papôa[5] jusqu'au Cap Carvoeiro. Cette particularité souligne sans équivoque la grande importance du patrimoine géologique et paléontologique de Peniche[6],[7],[8].

Histoire

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La population de la péninsule de Peniche et des terres environnantes

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La commune de Peniche possède une histoire longue et riche. Elle a été occupée successivement par des populations qui, hier comme aujourd’hui, ont fait de la pêche et de l’agriculture leurs principales activités économiques : des agriculteurs locaux devenus pêcheurs, des pêcheurs migrants venus de diverses localités de la côte portugaise, de Nazaré, de Póvoa de Varzim et de l’Algarve, qui s’y installent, ainsi que des pêcheurs résidents qui, de génération en génération, quittent Peniche pour émigrer[9]. La spécificité géomorphologique et insulaire/péninsulaire de Peniche semble avoir façonné et conditionné, d’un point de vue socio-économique et culturel, les populations qui, au fil du temps, ont occupé ce territoire[10],[11].

Peniche et sa commune ont été le théâtre d'événements historiques majeurs d'envergure nationale et internationale. Confrontée à de fréquentes attaques de pirates et à des occupations par des puissances étrangères[12], la région était défendue par une construction fortifiée, la forteresse de Peniche, dont la construction fut ordonnée par le roi D. João III en 1557 et achevée en 1645 par D. João IV[13]. Ancienne place d’armes en 1897 et bastion stratégique pour la défense de la péninsule au XIXe siècle[14], elle a accueilli des réfugiés de la guerre des Boers au début du XXe siècle (1901), ainsi que des prisonniers allemands et autrichiens pendant la Première Guerre mondiale[13]. Elle allait devenir célèbre en tant que prison politique sous le régime autoritaire d'António de Oliveira Salazar, entre 1934 et 1974, année de la révolution des Œillets. Elle a également accueilli des familles de rapatriés des anciennes colonies portugaises d'Afrique. Lorsque ceux-ci se sont intégrés à la société métropolitaine, le fort a été transformé en musée local, le Musée municipal de Peniche[15].

Sur les cartes des XVIe et XVIIe siècles, la localité apparaît sous le nom de Nova Lisboa (Noua Lisbona)[16].

C’est à partir de la seconde moitié du XVe siècle que s’ouvrent des chapitres déterminants de l’histoire sociale et politique de Peniche. En 1449, D. Alphonse V fait don des Berlengas et de Baleal[17], à infant D. Henri. En 1497, D. Manuel accorde aux habitants de Peniche le droit d’avoir une boucherie et un boucher, ce qui leur évite de devoir se rendre à Atouguia da Baleia pour acheter de la viande, ainsi que le droit de couper du bois de chauffage sur les terres du royaume. En 1503, il autorise également les habitants de Peniche à semer sur les terres sous statut du reguengo (pt)[a], entre la Gamboa et la Ribeira. En 1537, D. João III ordonne que quatre navires armés patrouillent les mers de Peniche afin d'empêcher les attaques de corsaires[13]. En 1557, le roi Sébastien fait construire le Baluarte do Redondo, près du petit port de Ribeira[18].

En 1589, une armée anglaise dirigée par Antoine, prieur du Crato débarque à Peniche, avec pour mission de s'emparer de Lisbonne et de rétablir l'indépendance du territoire portugais[19].

À la fin de la première décennie du XVIIe siècle, en 1609, le village de Peniche est élevé par Philippe III d'Espagne (Philippe II du Portugal), roi envahisseur, au rang de ville et de chef-lieu de commune. En 1642, le Conseil de guerre institué par D. João IV après la Restauration de l'indépendance (pt) considère Peniche comme « la principale clé du royaume du côté de la mer », donnant ainsi le coup d'envoi à une vaste politique de fortification de la ville, qui comptait alors environ 3 600 habitants. En 1735, les fortifications de Peniche comptaient environ 50 pièces d’artillerie, au service d’une garnison permanente composée de 316 militaires.

En 1807, la place de Peniche est occupée par un régiment de Napoléon Bonaparte, lors de la première invasion napoléonienne du Portugal[20]. En 1808, un soulèvement populaire éclate dans la ville, rapidement réprimé par l'envahisseur, qui finit par quitter cette place forte militaire encore cette même année. En 1851, les dentelles aux fuseaux de Peniche sont récompensées par une médaille d'argent lors d'expositions internationales, tant à Paris qu'à Londres[21].

Au XXe siècle, en 1901, le fort de Peniche accueille la plupart des 400 Boers réfugiés de la guerre menée contre les Anglais en Afrique du Sud. Un questionnaire de la Compagnie royale des chemins de fer, datant de 1904, révèle que les principales industries de la commune étaient la pêche et la dentelle aux fuseaux, suivies de la fabrication de tuiles, de briques et de vaisselle. Parmi les principaux produits agricoles, on cite le vin, le maïs, les haricots, l'orge, la pomme de terre et l'oignon[22]. Le salage et le séchage du poisson constituaient également une source importante de revenus pour de nombreuses personnes[23].

La pêche se motorise. Les chalutiers à voile se font de plus en plus rares. En 1924, le premier chalutier à moteur du port de Peniche, le « Carminha », appartenant à l’armateur Manuel Farto, est mis à l’eau. L’électricité arrive à Peniche en 1930. La commune compte alors plus de 16 000 habitants, à une époque où la pêche à la sardine est le moteur d’une importante industrie de la conserve, dont la main-d’œuvre est exclusivement féminine[24]. Cependant, la présence de bancs de sardines dans les mers portugaises ne se produit qu’en été, pendant environ trois mois. Le reste des prises est insuffisant pour permettre, au cours des autres saisons, de subvenir aux besoins de la population côtière, d’approvisionner l’industrie de la conserve ou de garantir un minimum de bénéfices au petit commerce. Toutes les personnes qui dépendent de la pêche sont confrontées à un mode de vie précaire, voire dramatique pour certaines familles, pendant environ neuf mois. Le versant sud de la péninsule de Peniche, où se trouve le port de refuge, est d’ailleurs particulièrement exposé aux intempéries pendant l’hiver[25].

L’année 1936 est marquée par de telles conditions, pour de graves raisons d’ordre social et politique. C’est cette année-là que la forteresse est transformée par l’Estado Novo (Portugal) en prison pour les délinquants de droit commun et, en particulier, pour les résistants antifascistes.

La Guerre des Espoletas

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La « Guerre des Espoletas »[26],[b] ou Révolte des capitaines, désigne un soulèvement populaire à Peniche pour le droit au travail, contre la faim et la misère. « Le 12 novembre, à la veille de la révolte, les capitaines et les propriétaires des navires [impliqués dans celle-ci] ont été condamnés par la capitainerie de Peniche. Les capitaines ont été condamnés à quatre mois de prison, à la prison de Caldas da Rainha, et les propriétaires à une amende de 3 950 escudos, payable au plus tard le 16 novembre ».

Le soulèvement atteint son paroxysme le 13 novembre 1935. Il rassemble « (...) environ un millier d’hommes et de femmes qui voulaient empêcher l’arrestation des capitaines des chalutiers et garantir la pêche ainsi que la production dans les conserveries ». Une soixantaine de capitaines sont alors arrêtés et condamnés. Dès le début de la révolte, la ville est envahie par les forces militaires de la Garde nationale républicaine (GNR) et par des agents de la Polícia internacional e de defesa do estado. Dans un premier temps, « (...) six agents de la Garde nationale républicaine qui se trouvaient à la forteresse ont été dépêchés pour protéger la sortie des camions et le personnel chargé de réparer les lignes de communication coupées [par les manifestants]. La Garde nationale républicaine et le technicien des télécommunications qui tentait de rétablir les communications ont été attaqués à coups de pierres à l’endroit connu sous le nom de Juncal ; selon le rapport de l’administrateur de la commune, des coups de feu ont également été tirés depuis la foule ». À la suite de ces événements, « (...) un civil, Francisco de Sousa, marin originaire de Peniche, a trouvé la mort et un autre, José Mendes, marin originaire de Nazaré, a été blessé. Du côté de la G. N. R., trois agents ont été blessés. » [27] C’est ainsi qu’une soixantaine de capitaines de chalutiers sont arrêtés et condamnés[28]. Les armateurs, propriétaires de ces bateaux, se voient infliger de lourdes amendes et leurs traineurs sont saisis.

Le gouvernement fait pression. Ce même document indique que : « Le 22 novembre, le décret-loi n° 26/084 a été publié au Journal officiel, accordant l’amnistie à tous les capitaines de chalutiers de Peniche condamnés pour les infractions commises au titre de la loi n° 1/572, et les dossiers correspondants ont été classés sans suite. Pour les armateurs, le décret-loi n° 26/085 a été publié, les condamnant au paiement d’une amende de 2 500 escudos, payable en douze mensualités. La crise du secteur de la pêche, les difficultés de paiement des armateurs et l’importance de ce secteur pour l’économie nationale ont contribué à cette issue ».

Selon la version de cet événement issue de la tradition orale des habitants de Peniche, les capitaines des chalutiers impliqués dans la mutinerie et incarcérés à la prison du Limoeiro (pt) se seraient ensuite rendus à Lisbonne[29], où ils y seraient restés détenus pendant trois mois. Sans capitaines, impossible de pêcher, et la situation devient dramatique. Sans travail ni poisson, la précarité s’aggrave. Selon certaines sources, une commission d’« hommes de bien (Homem-bom) (pt) » de Peniche se rend alors à Lisbonne pour tenter de résoudre le problème auprès du président de la République Óscar Carmona. Celui-ci se montre sensible à la cause, déclarant : « Au-dessus de la loi se trouve la conscience des hommes ». Le bruit court qu’il est certain que, lorsque la commission revient à Peniche, les capitaines s’y trouvent déjà.

« Le 15 décembre, le président de la République, le général Carmona, s’est rendu à Peniche pour inaugurer le début des travaux du port de pêche[13], accompagné des ministres de l’Intérieur et des Travaux publics, le général Amílcar Mota et le commandant Sequeira Braga. Les forces de l’ordre de Peniche ont été renforcées par le 229e bataillon et, dans son discours, le général Carmona a évoqué le temps qu’il avait passé à Peniche en tant que lieutenant. Ce qui a peut-être joué un rôle déterminant dans l’amnistie accordée aux pêcheurs, puisqu’il a abordé le sujet en déclarant : « Au-dessus de la loi se trouve la conscience des hommes ». Il est de notoriété publique que lorsque la commission revient à Peniche, les capitaines s’y trouvent déjà. (“'idem”' : « La révolte de 1935 »). Entre la première version de cette phrase et la seconde, il existe une différence à la fois minime et considérable. Dans la seconde, on lit « La loi s’imposait » et juste après « mais parfois, au-delà de la loi (...) » : ces moments-là étaient alors plus que nombreux, tandis que ceux qui touchaient le cœur des hommes étaient inexistants ou rares.

En ces années troublées, l’un des armateurs les plus importants de Peniche est Luís Correia Peixoto, qui réside juste en face de l’entrée du fort. Photographe amateur passionné par la vie maritime et la mer, il laissera un patrimoine iconographique d’un intérêt et d’une qualité considérables, dont la majeure partie se trouve dans un lieu inconnu[30], ainsi que deux ouvrages auto-édités, « Subsídios para a História da Arte de Anzol, Redes de Emalhar » et « Covos em Peniche » (2002), et encore un recueil de cartes postales illustrées (2003). Une partie de ces photographies, conservée au Musée de Peniche, a fait l’objet d’une exposition qui s’y est tenue lors de sa création.

Fernando Engenheiro, archiviste du Musée de Peniche pendant de nombreuses années, brosse avec la même minutie et le même dévouement non seulement le portrait de ce généreux démocrate à une époque où la dictature de Salazar était à son paroxysme, mais aussi celui d’un autre armateur non moins important qui, en tant que fervent catholique, était complice du régime : Francisco de Jesus Salvador. Cinéaste amateur, il est l’auteur, avec un certain talent, de courts-métrages sur la construction de ses chalutiers et sur les visites de personnalités illustres telles que l’amiral Américo Tomás, Henrique Tenreiro ou le cardinal-patriarche Manuel Gonçalves Cerejeira, surnommé le « Prince de l’Église » [31].

Ce film muet, en noir et blanc, a quelque chose d’effrayant : il dévoile naïvement les poses soigneusement étudiées et la mise en scène ostentatoire d’un grand seigneur imbu de lui-même, débordant de pouvoir et de fausse sympathie. D’ailleurs, paradoxalement, n’importe lequel des films de Francisco Salvador nous montre aujourd’hui le contraire de ce qu’il souhaitait. Il révèle non seulement des aspects de sa vie publique, comme il le souhaitait, mais aussi de sa vie privée, sans qu’il en ait conscience. On y voit aussi bien des personnes soumises vaquant à leurs tâches quotidiennes, comme ce petit garçon pauvre et bien élevé, émerveillé par le spectacle grâce à la gentillesse d’un marin au service de son bon patron (les enfants typiques de l’époque sont en général morveux, mal élevés et maltraités), que le charme coquin de sa jeune épouse, élégante et bien faite, lors de la mémorable mise à l’eau de son nouveau chalutier, le Campeão, suivi aussitôt par d’autres navires comme celles du Cabo Carvoeiro, le bateau naviguant de Peniche de Cima à Peniche de Baixo. L’arrivée du « Campeão » dans le nouveau port de pêche est glorieuse. Et rien ne laisse entendre, ni ne suggère, que cet exploit porte sa marque.

Le spectateur est aujourd’hui quelque peu choqués par de telles subtilités. À l’époque, rares étaient ceux qui n’applaudissaient pas. La signification de pratiques comme celles-ci sera indispensable à quiconque se consacre à l’étude de l’époque contemporaine. Cet ouvrage sera indispensable à tous ceux qui cherchent des réponses pour mieux connaître le musée de Peniche. Pour le bien général, la résistance au fascisme a toujours été et devra continuer d’être partagée, en toute légitimité, entre les habitants de la région et ceux qui ont été emprisonnés dans le fort[32],[33].

Archéologie

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Forteresse de Peniche (au premier plan : douves défensives de la fortification)

La commune de Peniche et le littoral adjacent ont fait l'objet, depuis la fin du XIXe siècle et, en particulier, au cours des dernières années du XXe siècle et de la décennie suivante, d'innombrables projets de recherche dans le domaine de l'archéologie, grâce auxquels son histoire et celle de ses habitants ont été progressivement reconstituées.

Peuplement à la préhistoire

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La Furninha révèle des traces de présence humaine remontant à l'époque de l'homme de Néandertal (il y a environ 30 000 ans). Il s'agit du site néandertalien le plus occidental d'Europe et du monde. De par son histoire et ses caractéristiques, la grotte de la Furninha constitue un patrimoine d'une importance considérable[34].

Colonisation phénicienne et romaine

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Les fouilles archéologiques les plus récentes, portant sur la période de colonisation phénicienne[35] et romaine, nous livre également le portrait d’un territoire qui occupait une position charnière dans le contexte de la navigation commerciale interrégionale et qui accueillait, dans ses mouillages et ses infrastructures portuaires, des navires de grand tonnage, comme semble le confirmer la découverte, au large de la Berlenga, de plusieurs têtes d’ancre en plomb, dont deux mesuraient environ 2,55 et 2,63 m et pesaient respectivement 423 et 422 kg. L’une d’elles contenait de petits fragments de la tige en bois[36] dont la datation au radiocarbone indique qu'elle remonte à une période comprise entre la fin du Ve siècle et le début du IVe siècle av. J.-C.. Ce fait nous permet d’émettre l’hypothèse « que ce bloc d’ancre préromain soit le plus ancien bloc d’ancre connu de toute l’Antiquité, ce qui pourrait même repousser la date à laquelle on pensait que l’utilisation généralisée des blocs d’ancre en plomb s’était répandue en Méditerranée » [37],[38],[39].

Ces navires transportaient des amphores contenant du vin andalou ou des conserves de poisson lusitanes. L'intégration de ce territoire dans ce réseau commercial de grande envergure a favorisé l'implantation d'une usine de production de préparations piscicoles à base de garum, soutenue par un complexe céramique précoce, situé à Morraçal da Ajuda [40] où étaient fabriquées des amphores destinées au transport de sa production de conserves, une réalité qui perpétue la mémoire d’une activité halieutique et industrielle qui, aujourd’hui encore, près de deux millénaires plus tard, continue de rythmer la vie économique et sociale des habitants de Peniche.

Géologie et paléontologie

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À l’importance des formations géologiques de la péninsule s’ajoutent des gisements fossilifères aux caractéristiques uniques et d’une importance non négligeable. Les plus importants se concentrent sur la côte nord, sur une falaise argileuse située entre l'îlot de Papôa[41] d’origine volcanique, et les falaises calcaires au sud, dont fait partie le cap Carvoeiro. On trouve dans cette région de très nombreux vestiges d'animaux marins à corps mou, exceptionnellement bien conservés, datant non seulement du Jurassique mais aussi du Cambrien : on y a notamment mis au jour des fossiles d'animaux du Cambrien qui y vivaient il y a plus de 540 millions d'années[42],[43].

Ethnographie et anthropologie culturelle

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Dentelle aux fuseaux de Peniche.

Le territoire de Peniche, initialement peuplé par l'homme de Néandertal, a été habité au fil du temps par des ethnies migrantes qui se consacraient aussi bien à la pêche qu'à l'agriculture[44],[45].

Dans les zones environnantes de la commune, l’agriculture prédominait, qui a toujours subvenu aux besoins de la population[46],[47].

Le sol des villages périphériques était et reste particulièrement fertile, tandis que celui de la péninsule était sablonneux et peu propice à la culture des légumes, permettant toutefois la plantation de certains arbres fruitiers, notamment des figuiers, qui donnaient de petites figues sucrées. Sur la côte sud, près du cap Carvoeiro, se trouvaient de petites fermes entourées de murs de pierre où l’on cultivait du raisin blanc, dont on tirait un excellent vin. L’écrivain José Cardoso Pires, œnologue dans ses moments de bohème, considérait le vin blanc de Peniche comme le meilleur du Portugal.

La mémoire des naufrages, la religiosité profondément ancrée des gens de la mer et la gastronomie typique constituent des traits importants d’un peuple qui transmet aux générations futures l’héritage d’un long passé collectif. Parcourir la commune de Peniche, c’est s’embarquer dans un voyage singulier à travers l’Histoire, riche en témoignages dans les domaines de l’anthropologie culturelle et de l’anthropologie visuelle[48].

Population et société

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Démographie

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Population du canton de Peniche (1801 – 2004)
1801 1849 1900 1930 1960 1981
2 4605 9538 19916 01922 20025 627
1991 2001 2004 2008 - -
25 88027 31528 16428 615--

Politique et administration

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Freguesias

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Freguesias de la commune de Peniche (2013).

La commune de Peniche est divisée en quatre paroisses :

Patrimoine

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Religieux

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Santuário de Nossa Senhora dos Remédios (Cabo Carvoeiro)

Militaires et civils

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Naturel

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  • Supertubos (pt) (au sud)
  • Consolação (au sud)
  • Gamboa (au nord)
  • Baleal (au nord)
  • Peniche de Cima (au nord)
  • Peniche de Baixo (au sud)

Jumelage

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Culture

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Gastronomie

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  • Caldeirada de safio
  • Pasteis Penichenses

Avec sa forte exposition au vent et aux vagues, Peniche détient un fort potentiel au niveau du surf. La ville a récemment été baptisée Capitale de la Vague.

  • Compétition

Elle accueille tous les ans depuis 2009 le Moche Rip Curl Pro Portugal, qu'elle accueillera en 2014 du 8 au .

  • Spots et écoles de surf

La ville de Peniche possède de nombreuses infrastructures dédiées au surf. Elle bénéficie de nombreux spots tels que les Supertubos, connu pour ses vagues tubulaires. Des écoles de surf fleurissent aux alentours du centre.

Galerie

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Voir aussi

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Articles connexes

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Notes et références

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  1. ↑ Le terme « reguengo » ou « realengo » (du latin tardif « regalengu ») désignait le statut juridictionnel des lieux relevant directement de l'autorité du roi, c'est-à-dire des terres dont le seigneur était le roi lui-même. Il s'agit d'une figure typique de l'Ancien Régime au Portugal et en Espagne. Des situations similaires existaient dans toute l'Europe occidentale. Les terres soumises au régime du reguengo étaient appelées « terres reguengueiras ».
  2. ↑ Le terme « espoleta » désigne ici l’utilisation de la dynamite dans la pêche à la sardine, pratique interdite par la loi car elle faisait des victimes. L’équipement des bateaux à cette époque était rudimentaire, ce qui rendait difficile l’encerclement des bancs de sardines avec des filets étendus et lourds. À Peniche, on avait pris l’habitude d’attirer les bancs à la surface à l’aide d’une bouillie d’œufs de morue, puis de provoquer une explosion qui étourdissait les poissons.

Références

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  1. ↑ (en) « The evolution of the coastline at Peniche and the Berlengas islands (Portugal) – État des lieux », sur academia.edu, Academia.
  2. ↑ (pt) dictionnaire de toponymie « Infopédia », « Peniche », Porto, Porto Editora, 2003-2018.
  3. ↑ (pt) « Romanisation de la péninsule ibérique », Infopédia.
  4. ↑ (pt) « Salage et séchage du poisson », sur fao.org
  5. ↑ (pt) « Îlot de Papôa à Peniche », sur cienciaviva.pt.
  6. ↑ (pt) Ana Rodrigues Rilo, Luís Vítor Duarte et Alexandre Tavares, « Le patrimoine géologique de la péninsule de Peniche » [PDF], sur cm-peniche.pt.
  7. ↑ Patrimoine géologique du littoral de Peniche : géomonuments à valoriser et à faire connaître – article de José Manuel Romão
  8. ↑ uminho.pt/mest/pgg/docs/tese_liliana_2014.pdf La partie actuelle de la péninsule de Peniche – fiche de caractérisation des gisements géologiques dans la thèse de master de Liliana de Sousa, pp. 48 à 52, Université du Minho, octobre 2014
  9. ↑ (pt) João Coimbra de Oliveira, « O pescador e o seu duplo: migrações transnacionais no mar europeu » [« Le pêcheur et son double : migrations transnationales en mer européenne »], Etnográfica, Lisboa, vol. 15, no 3,‎ (lire en ligne, consulté le ). – article de João de Oliveira dans SCIELO
  10. ↑ (pt) Leonor Almeida, « Peniche, Mar e História » [« Peniche, mer et histoire »] [archive du ], sur Naturlink via Internet Archive.
  11. ↑ (pt) « Peniche » [archive du ], sur inoxnet.com via Internet Archive. – article sur La région
  12. ↑ Horizontes da Memória, Paços Perdidos, Peniche, 1998 – épisode de la série A Bruma da Memória (pt) de José Hermano Saraiva (pt), RTP, 1998, 29 min. (voir le film sur YouTube en saisissant cette référence dans le moteur de recherche).
  13. 1 2 3 4 (pt) Mariano Calado, Visão Cronológica da História de Peniche, Lisbonne, SILVAS - Coopérative des travailleurs graphiques, .
  14. ↑ (pt) « Fortificações de Peniche » [« Fortifications de Peniche »](Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur cm-peniche.pt.
  15. ↑ (pt) « Forte de Peniche - Lugar de repressão, resistência e luta » [« Fort de Peniche – Lieu de répression, de résistance et de lutte »] [PDF], sur spgl.pt.
  16. ↑ Abraham Ortelius, Theatrum Orbis Terrarum, 1re éd. (lire en ligne).
  17. ↑ (pt) « As origens de Atouguia da Baleia » [« Les origines d'Atouguia da Baleia »] [archive du ], sur jf-atouguiadabaleia.pt via Internet Archive, Junta de Freguesia
  18. ↑ « Baluarte do Redondo » [archive du ], sur cm-peniche.pt via Internet Archive, CMP.
  19. ↑ « Desembarque em Peniche de um exército inglês liderado por António, Prior do Crato » [« Débarquement à Peniche d'une armée anglaise dirigée par António, Prior do Crato (1589) »] [archive du ], sur cm-peniche.pt via Internet Archive, site de la CMP.
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Liens externes

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